Chapitre 7 :

La Volonté du Feu

Lorsque Naruto sortit de l'abri de Nagato et Konan, le ciel s'était assombris. Il sourit pourtant en le regardant, observant sa main qu'il pouvait bouger à volonté en ce moment. C'était une sensation étrange que d'être libre lorsqu'on ne l'avait jamais été. Son corps irradiait toujours du chakra de ses démons, celui de Kyûbi prédominant attendrissant son regard. Il se sentait tellement étrange à cet instant, comme un rêve qu'il avait toujours eu, si longtemps souhaité, tellement qu'il ne s'était pas attendu à ce que cela arrive si soudainement. Et puis c'était là et il peinait à réaliser, ayant réellement l'impression de rêver. Il s'approcha des arbres, caressant les troncs, redécouvrant la sensation en souriant. C'était fou à quel point ça pouvait être différent ainsi. Il marcha dans les bois dans un silence total, son mode démoniaque irradiant de chakra lumineux éclairant les alentours s'obscurcissant.

Ses pensées retournèrent un instant sur Nagato alors qu'il déambulait au hasard. Il savait que l'homme n'était pas mauvais. Grâce au don de Kurama lui permettant de percevoir nettement le négatif, il avait senti qu'il n'était ni cruel, ni avide de sang, ni mal intentionné, rien. Il était juste perdu dans la souffrance et le désespoir, profondément blessé et il s'était raccroché à la seule et unique solution qu'il avait pu trouver pour rester debout. Il espérait vraiment avoir réussi à l'apaiser et à lui avoir montré que d'autres chemins existaient. Seul le temps le dirait. Pour l'instant, il avait autre chose de très important à faire. Il ne savait pas de combien de temps il disposait encore aussi, s'attarder était dangereux. Il se remit donc en marche plus fortement, cherchant le bon endroit.

Il était totalement hors de question de se laisser enchaîner de nouveau et surtout pas après ce qu'il s'était passé. Si le Hokage lui remettait la main dessus, tout était fini, il le savait. Et pire encore, il savait qu'on le forcerait à commettre il ne savait quelles horreurs de plus, on ferait tout pour atteindre Kurama, Matatabi et Kokuô et on s'appliquerait à vraiment tuer son âme cette fois. Ce n'était pas tolérable. Il refusait de devenir cette arme de destruction et de terreur que l'on voulait faire de lui. Il avait certainement aujourd'hui la seule et unique chance de sa vie. Il ne l'avait jamais dis à ses amis, à sa famille de cœur incarnée par son unité, son parrain et le Troisième mais lui savait depuis longtemps qu'il n'y avait que deux possibilités pour se sortir de cet enfer. Les Bijû le savaient aussi mais il n'avait rien dis aux autres pour préserver leur espoir. En réalité, ils ne pouvaient pas y faire quoi que ce soit. La première solution aurait été que le Hokage le libère mais il savait que ce n'était pas près d'arriver. Même avec les événements de la journée, il n'était pas naïf au point de croire que Fugaku Uchiwa serait inquiété pour la simple et bonne raison que les autorités du village et du pays seraient de son côté. Il ne voulait pas risquer le coup d'état risquant de détruire son précieux village et rien ne disait de toute façon que le Hokage suivant le libérerait vraiment. Il ne pouvait donc compter là dessus.

La seconde solution était celle qu'il s'apprêtait à utiliser. Seulement, il était le seul à pouvoir le faire, personne d'autre ne pouvait et un instant de liberté était donc nécessaire. Il remerciait Nagato de lui avoir offert même s'il ne cherchait certainement pas à l'aider au départ. Lui seul pouvait mettre fin à ça et il n'avait plus que cette idée en tête à cet instant. Lorsque ça serait fait, il serait enfin libre et il sourit à cette idée. Il en aurait fallu du temps. Il trouva finalement l'endroit parfait au pied d'un immense érable de près de vingt cinq mètres de haut, son arbre favoris et celui qui le représentait naturellement. Les Bijû disaient qu'il était comme cet arbre, plein de couleurs au fils des saisons, qu'il était un symbole de liberté, de cette liberté qu'il était parvenu à conserver envers et contre tout malgré sa situation. Il était une bonne étoile comme l'arbre, capable de calmer les esprits impulsifs et violents, de redonner courage et énergie aux âmes éprouvées. Tel l'érable, il pouvait repousser les mauvais esprits et les démons. Si les Bijû avaient bien ris de cela, cet aspect de l'érable avait aussi un sens véritable vis à vis de lui, l'interprétant comme une capacité à repousser le mal véritable, la douleur, la souffrance, la haine, la rancune... Cet arbre lui allait à la perfection pour eux et il l'aimait aussi simplement parce qu'il lui plaisait comme l'énergie naturelle émanant de lui. Il s'arrêta près de lui, venant caresser son écorce d'une main.

- Excuse moi, j'ai besoin de ton aide, murmura-t-il doucement.

Il leva son index, y concentrant plus de chakra. Il brilla davantage et il se mit à tracer quelque chose dans l'écorce avec soin. Ainsi inscrit avec son chakra auquel il ajouterait l'une de ses techniques et personne ne pourrait effacer, altérer ou falsifier ce qu'il y inscrivait. Il termina rapidement avant de venir s'agenouiller dans l'herbe au pied de l'arbre. Il commença par laisser son mode démoniaque s'évanouir, le regrettant un peu. C'était la première fois qu'il pouvait enfin goutter à cette véritable fusion avec ses démons et il avait adoré cela, se sentant plus proche que jamais d'eux. Il prit ensuite un instant pour méditer et accumuler du chakra senjutsu avec une facilité dont-il n'avait même pas conscience. Son visage fut rapidement ornés des marques du mode sennin. Pour lui, cela donnait des marques oranger sur ses paupières et ses moustaches. Une fois en mode ermite, il composa calmement quelques signes :

- Senpô, Dragons Jumeaux, dit-il doucement.

Immédiatement, deux immenses dragons fusèrent du sol vers le ciel, tournant l'un autour de l'autre en une immense spirale certainement visible de très loin. Un était d'eau, le deuxième de feu et ils fusionnèrent soudain, explosant pour créer une très épaisse brume qui se répandit sur toute la région à des kilomètres et des kilomètres à la ronde. Elle était si dense que l'on ne voyait pas à un mètre. Cependant, autour de Naruto, le brouillard se faisait plus léger, lui libérant la vue. Cela fait, il ouvrit la porte à ses démons et tout trois apparurent dans toute leur taille autour de lui, posant un regard indéfinissable sur lui, silencieux et tendus.

- Fuinjutsu, Libération, dit-il tranquillement.

Il sentit immédiatement les sceau de ses démons s'ouvrir et s'effacer, les libérant, leur chakra s'évaporant de lui le faisant grimacer. La sensation était atroce alors qu'il était en train de perdre sa famille. Mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

- Allons-y, continua-t-il en prenant l'un de ses wakisashi.

Il le dégaina lentement, toujours à genoux au sol. La lame chanta et ce fut avec calme et assurance, sans le moindre tremblement, qu'il le retourna contre lui même, le pointant sur son cœur. Il entendit ses trois démons gronder en le voyant faire cela. Ils se rapprochèrent de lui, Matatabi venant l'effleurer de son museau, suivit de Kokuô. Mais aucun ne chercha à le dissuader ou à protester. Comme lui, ils savaient que c'était la seule solution. Nikkô le savait bien aussi, se heurtant éternellement à ce problème : seul la mort pouvait le libérer des sceaux et des techniques qui l'emprisonnaient. Il préférait mourir que de retrouver ses chaînes et de servir d'arme encore, de faire du mal et de tuer. C'était son unique occasion de mettre fin à tout ça et pour la première fois de sa vie, il pouvait décider quoi faire, agir par lui même et ce qu'il voulait était mettre fin au plan du Hokage de dominer le monde ninja en l'asservissant par la terreur à travers lui, mettre fin à cet enfer qu'était sa vie. Il ne voulait plus tuer ou être forcé de faire du mal, de causer de la souffrance. Il ne voulait plus que l'on se serve de lui ainsi et il voulait protéger et libérer Matatabi, Kokuô et Kurama. Et s'il fallait mourir pour ça alors il n'hésiterait pas. Il prit donc l'arme à deux mains et appuya, la lame entrant facilement dans sa poitrine, déchirant son corps de souffrance. Il ne cria pourtant pas, grimaçant à peine un sourire aux lèvres. Il arracha l'arme et le sang jaillit à grand flot rapidement. Il sentir un grand froid le prendre et son corps se fit mou, s'écroulant, la vie le fuyant à toute vitesse ainsi blessé. Une grande main couverte de fourrure orange le rattrapa avec délicatesse pour l'allonger doucement au sol et il vit Kurama approcher son museau de lui, sa vue se brouillant alors que ses paupières se fermaient, une sérénité inconnue l'emplissant...

À Konoha, tous avaient eu le temps de se calmer, les discussions sur ce qu'il s'était passé allant bon train. L'unité Oni s'était vite vue visée par les regards noirs du Hokage comprenant qu'ils lui avaient cachés des choses, les deux Uchiwa en particulier. Il n'était pas stupide et il connaissait les capacités des deux ANBU, comprenant vite qu'ils s'étaient joués de lui. Mais l'unité n'en n'avait plus rien à faire de cela, de sa couverture. Tout ce qu'ils voulaient était retrouver Naruto, s'assurer qu'il allait bien et trouver le moyen de le soustraire au Sixième au plus vite. Seulement, ils savaient bien qu'ils ne pourraient quitter cette barrière tant que le blond ne l'aurait pas annulé. Ils bondirent, laissant le Hokage à ses pitoyables tentatives de briser la protection du Jinchuuriki. Ils filèrent vers Jiraya et le Troisième, le Sannin terminant d'être soigné. Autour d'eux, il y avait de nombreux membres de Nikkô si ce n'était tous, bien d'autres ninjas dégoutté et furieux s'étant rapproché du Troisième et de l'Ermite, comme attendant qu'ils prennent la direction des choses. Et l'ancien Hokage se tourna vers Itachi :

- Suijin ? Peut-on sortir de sa barrière ?

- Impossible, répondit-il. Elle est inviolable. On doit attendre qu'il l'annule pour sortir.

- Tu as une idée de ce dont-il voulait parler avec Pain ?

- Aucune. Je ne sais pas ce qu'il a derrière la tête.

- J'imagine qu'il n'avait pas prévu lui même ce qu'il se passerait aujourd'hui, remarqua Raijin. Comme nous. On ne peut qu'attendre.

Et ils furent bien obligé de faire cela. Le Hokage persistait, rassemblant ses hommes fidèles autour de lui alors que l'hostilité contre lui dans le village avait explosé. Si la majeure partie du village n'était pas trop pour la politique des deux dernières générations de Hokage, ils avaient eu le respect de tous. On les avait suivis, on leur avait obéis et on leur avait fait confiance parce que malgré tout, ils avaient amené la paix, la prospérité et la puissance au village face à leurs ennemis. Seulement maintenant, on savait comment, par qui et surtout aux dépends de qui et par quels moyens innommables. Et cela changeait tout. Malgré les bouleversements politiques et militaires de ces derrières années, l'âme de Konoha issue de ses fondateurs restait intacte pour une grande partie du village, une âme qui ne pouvait tolérer une telle infamie. La colère se mit donc à gronder alors que le choc commençait à s'apaiser, tous prenant conscience de la situation. Beaucoup interpellèrent vivement le Hokage pour avoir des explications ou pour l'insulter, le qualifiant de honte du village avec son prédécesseur. L'agitation grandit rapidement au sein du village, les altercations menaçant d'éclater entre villageois et ninjas prenant la défense du fils du vénéré Yondaime Hokage et le Sixième et ses hommes. Ce fut le Troisième qui ramena le calme, faisant remarquer qu'il y avait plus urgent et que le village était toujours en état d'alerte. Il fut suivis sur le champs par les trois quart du village qui avait confiance en cette image représentant véritablement leurs valeurs.

Et puis soudainement, on avait senti un puissant chakra s'animer dans la forêt, un dragon de feu et un autre d'eau fusant, gigantesques. Ils fusionnèrent et créèrent une brume épaisse se répandant partout. Elle ne traversa pas la barrière mais elle l'engloba totalement, les aveuglant. Tous se tendirent, un silence lourd tombant sur le village se demandant ce qu'il se passait.

- Mes yeux ne voient pas à travers ce brouillard, remarqua Neiji sous son masque pour ses camarades. Mais c'est Naruto qui l'a fait.

- Qu'est-ce que tu veux faire ? bredouilla Shisui agité. Naruto...

Quelques secondes plus tard, les deux Uchiwa plantés juste devant la barrière, faisant face à l'endroit où étaient apparus les dragons, sentirent un effroyable frisson glacé leur remonter le dos, un terrible pré-sentiment les prenant. Ils se regardèrent et malgré leur maîtrise, ils virent tout deux la terreur de l'autre. Un instant plus tard, il y eut une explosion de chakra démoniaque terrifiante vite suivie de rugissements puissants qui firent trembler le monde entier. Ils se protégèrent les oreilles et se figèrent, pétrifiés par le chakra dantesque qui les assaillait soudain. Le ciel se mit à gronder, plus sombre que jamais. Des éclairs éclatèrent, déchirant les nuages, la pluie se mettant à tomber. Puis la barrière commença à disparaître, la pluie dissipant lentement la brume. Dés qu'ils le purent, Itachi et Shisui fusèrent dans la direction de la dernière position de Naruto, vite suivis de toute leur unité et de Jiraya, le Troisième restant gérer au village pour éviter que des affrontements n'éclatent. Bien des ninjas leur emboîtèrent le pas, tous décidés à aller chercher celui qui était déjà, un héros et un martyr du village. Ils tracèrent leur route dans la forêt dans un silence atroce, la pluie tombant désormais à torrent, la brume dispersée.

Ce furent les deux Uchiwa qui arrivèrent les premiers au pied de l'érable et ce qu'ils y virent les paralysa totalement, les plongeant dans un choc sans nom. Ils ne purent bouger, se mettant à trembler sans s'en rendre compte, leurs esprits vacillant alors que leurs yeux ne pouvaient se détacher de la silhouette baignant dans le sang devant eux. Naruto était là, inerte, le teint cadavérique, les yeux clos, totalement immobile, ne respirant plus, ses longs cheveux blonds teintés de rouge. Et son chakra était totalement éteint. Ils ne virent ni n'entendirent Jiraya arrivant après eux.

- Non..., fit le Sannin anéantis devant cette vision et ce qu'elle impliquait. Pas ça, non, dit-il la voix brisée.

Il avança, tremblant, vacillant, se laissant tomber à genoux près de son filleul sans vie. Délicatement, il le prit dans ses bras pour la première fois, cherchant désespérément un signe de vie qu'il ne put trouver, forcé de se rendre à l'évidence.

- Naruto, bredouilla-t-il en écartant ses cheveux de son visage désormais paisible. Naruto, pleura-t-il en le serrant désespérément contre lui.

Il se balança doucement, gardant le blond contre lui, le serrant de toutes ses forces, pleurant comme jamais il ne l'avait fait. Ce fut sur cette scène que les autres arrivèrent progressivement, pétrifiés d'horreur et de choc devant ce spectacle tragique. On vit Itachi et Shisui s'effondrer sur leurs genoux, ne tenant plus debout et le reste de leur unité défailli aussi, tombant ou s'appuyant sur les arbres, anéantis. Ils avaient échoué. Une tristesse et une douleur sans nom pris tout les cœurs, les pleurs du Sannin et l'extrême détresse de l'unité Oni atteignant toutes les âmes plus sombres que le ciel. On ne bougea plus, les regards se baissant, les dents et les poings se serrant, la colère se mêlant au désarrois.

Il fallut un long moment pour que quelqu'un réagisse et ce fut Shikaku qui bougea le premier, observant la scène plus attentivement. Naruto tenait encore l'arme qui l'avait mortellement blessé, révélant qu'il s'était donné la mort et cela fut à la fois surprenant et logique. Surprenant parce que ceux le connaissant un peu n'auraient jamais pensé qu'il ferait une telle chose et logique parce que c'était le seul moyen pour lui de ne pas être asservis et torturé encore. Certainement la seule chance concrète de s'échapper même dans la mort. Et sa seule manière de ne plus servir d'arme et de ne plus répandre cette souffrance et cette haine dont-il avait voulu soulager le monde. C'était atroce mais après tout ceci, il avait fait le choix le plus logique pour une âme telle que la sienne, refusant de mettre sa puissance à disposition d'un homme capable de mettre le monde à feu et à sang, quitte à se sacrifier pour ça. Le chef du clan Nara contourna le Sannin effondré, serrant les dents à la vue du visage vide de vie de l'adolescent. Il se dirigea vers l'arbre pour y examiner l'étrange dessin reluisant d'un doux chakra doré scellé dans le bois qu'il y avait aperçu. Mais ce n'était pas un dessin et il sentit des larmes d'émotion lui monter aux yeux.

- Il a... laissé un message, dit-il en brisant le silence d'une voix étranglée.

Beaucoup portèrent leur attention sur lui plus par instinct qu'autre chose, encore choqués. Shikaku déglutit péniblement et réassura sa voix pour lire de manière à être entendu de tous :

- « Protégez Konoha. Protégez la paix et battez vous pour elle avec honneur et droiture. N'abandonnez jamais. Il y a toujours de l'espoir. Cet espoir qui brûle en chacun d'entre vous avec la Volonté du Feu qui a bâti notre village. Ne laissez pas la haine et la souffrance vous emporter. Ne cédez pas à la facilité et toujours, faîtes ce qui est juste, quel qu'en soit le prix, quelque soit les difficultés. Soyez de fières et fortes âmes de Konoha, des exemples dignes des Quatre Premiers Hokage. Soyez bienveillants, soyez tolérants, soyez compréhensifs, soyez persévérants et Konoha s'épanouira pour devenir l'exemple de paix et d'harmonie dont ce monde a besoin. Protégez notre village, son âme et son esprit. C'est là ce que nous et les générations futures avons de plus précieux. Naruto Namikaze Uzumaki, ninja de Konoha. »

Il termina la gorge serrée, profondément touché par ce qui était le testament de l'adolescent. Et tous autour d'eux l'étaient, les larmes coulant sur bien des visages. Il y eut des bruits de chutes, beaucoup tombant sur leurs genoux, ravagés par la tristesse d'avoir perdu ce véritable héros, ce trésor caché de leur village, celui qui était sans doute son âme même sans qu'ils ne la sachent avant ce jour. Il fallut un long moment pour que l'on bouge de nouveau. Jiraya se redressa un peu, venant caresser doucement le visage taché de sang de son filleul, souriant tristement :

- Tu es libre maintenant et plus rien ne te fera le moindre mal, murmura-t-il. Nous allons te ramener à la maison, près de ton père et de ta mère, dit-il les larmes pleins les joues.

Tremblant, il le prit avec mille précautions dans ses bras, se relevant en le calant contre lui avec délicatesse. La tête blonde tomba en arrière, l'un de ses bras pendant dans le vide. Le Sannin fit demi-tour alors que tous se relevaient péniblement, Tenzô et Shikamaru venant aider Itachi et Shisui totalement perdus. Ce fut un lent cortège silencieux et irradiant de douleur et de tristesse qui retourna vers Konoha, l'ermite marchant devant en portant son filleul. Au village, on les attendait à la porte principale défoncée par Pain. La pluie tombait durement, le ciel sombre zébré d'éclairs, le tonnerre grondant. Pourtant, presque tout le village était là, le Troisième en tête. Et celui-ci vacilla lorsqu'il les vit revenir, lorsqu'il vit Naruto et qu'il comprit. Asuma Sarutobi vint soutenir son père aussi choqué que les autres par ce dénouement. On s'écarta de la route du cortège avec respect, le silence régnant, les têtes se baissant, les larmes coulant pour ce jeune héros dont on venait de faire la connaissance et qui avait si vite perdu la vie, pour les autres. Ils ne l'avaient connu que quelques instants pourtant, cela avait suffi à leur révéler un véritable héros, un modèle qu'ils avaient échoué à protéger.

Lorsque le Hokage avait voulu récupérer le corps du Jinchuuriki, certainement pour l'examiner et en faire on ne savait quoi, il s'était retrouvé avec la majeure partie du village entre lui et Jiraya portant son filleul, civils et ninjas confondus. La mort du blond avait dors et déjà tout changé à Konoha, dans les cœurs de ceux pleurant sa disparition et il était absolument hors de question de ne pas réagir pour eux. Et cela commencerait par ne plus laisser le Hokage toucher le jeune homme même dans sa mort. Lorsque le Hokage argumenta qu'il fallait identifier le cadavre et voir ce qu'il s'était passé, personne ne bougea. L'homme eut beau faire ce qu'il voulait, donner des ordres, s'entourer de membres de son clan aux Sharingan bien activés, rien n'y fit, d'autant plus lorsque Shisui et Itachi, les prodiges du clan, se révélèrent pour se planter devant lui, protégeant le corps de leur ami. Ils avaient retiré leurs masques, révélant des visages pâles tachés de larmes et peints de colère, le Mangekyo de leurs yeux reluisant de puissance.

- Vous ne le toucherez plus, gronda Itachi. C'est de votre faute s'il est mort sans avoir eu l'occasion de vivre. C'est terminé maintenant et je ne vous laisserai plus l'atteindre même dans cet état. J'aurais dû vous tuer moi même il y a longtemps pour lui rendre sa liberté, claqua-t-il en stupéfiant tout le monde.

C'était après tout à son père qu'il parlait, pas seulement au Hokage et cela prouva son dégoût, sa fureur, sa douleur face à la perte de son subalterne que ceux les connaissant savaient être son protégé, son ami.

- Comment oses tu Itachi ?! tonna Fugaku.

- J'aurais dû réagir le jour même ou moi et Shisui avons découvert cette infamie. J'ai été trop gentil et il en paie le prix. Sa vie valait mille fois plus que la vôtre. C'était quelqu'un de bien, de gentil, de généreux, chaleureux, tolérant, courageux, fort et noble parmi une liste de qualité qui prendrait des années à détailler.

- Je me souviens quand Orochimaru lui a fait affronté les deux premiers Hokage, continua Shisui. Il s'est amusé à leur raconter ce que vous aviez fait de lui. Ils avaient tellement honte de leur village en découvrant cette horreur.

- Naruto était une lumière pour ce monde et vous l'avez détruit, reprit Itachi. Il aurait pu être un très grand ninja et un Hokage comme jamais nous n'en n'avons eu.

- Vous saviez ! Vous tous ! dit-il en regardant l'unité Oni sans leurs masques rassemblée entre lui et la foule. Vous saviez qu'il était toujours là !

- Bien sûr et nous n'avons eu de cesse de le protéger de vous et de trouver comment lui rendre sa liberté, grogna Shisui. N'importe quel véritable ninja de Konoha en aurait fait de même ! dit-il pour être approuvé de nombreuses exclamations. Comment aurait-on pu tolérer une telle chose ?! Itachi a raison, nous aurions dû vous tuer il y a longtemps pour ce crime atroce !

- Est-ce que vous allez tenter de faire ? provoqua-t-il furieux. Vous n'êtes que de pauvres lâches incapables de faire ce qui est nécessaire pour le village !

- C'est vrai, nous n'avons pas fait ce qui était nécessaire au village : libérer Naruto, posa Shisui, et nous le regrettons bien assez. Mais on ne vous tuera pas en son nom. Jamais il n'approuverait une telle chose et il l'a dit lui même. Naruto était quelqu'un de bien, jamais il n'aurait tué même son pire ennemi tant qu'il avait une autre solution aussi difficile soit-elle. Il avait le courage et la force de tenir ses idées contre le monde entier s'il le fallait. Nous perpétuerons son esprit, celui de Konoha. Il est hors de question que je me taise un instant de plus, pas après ça, dit-il soutenu par beaucoup derrière lui.

- Vous ne le toucherez plus, asséna Itachi, nous nous chargerons de son corps.

Le Hokage ordonna qu'on les arrête pour se retrouver avec presque tout le village contre lui. Si les affrontements menacèrent d'éclater de nouveau, le Troisième s'avança pour prendre les choses en mains, son propre visage taché de larmes. Il se montra pourtant aussi implacable et sous la pression populaire grondant, le Hokage n'eut d'autre choix que de céder au risque de déclencher une véritable guerre civile au sein du village. Ce furent donc des ninjas de confiance du Troisième qui s'occupèrent d'analyser le corps du blond sous sa surveillance, celle de Jiraya et de l'unité Oni refusant de s'éloigner du corps de leur ami. Malheureusement, les examens refait plusieurs fois par les meilleurs ne firent que confirmer la triste réalité. C'était bien Naruto, c'était bien son véritable corps sans aucune supercherie et il était bel et bien mort depuis un moment. Il portait encore les traces de ses sceaux démoniaques et l'on découvrit qu'il les avait ouvert avant de se donner la mort. On comprit qu'il avait libéré les trois Bijû et qu'il avait certainement créé cette brume pour couvrir leur départ. On y trouva les traces des techniques qui l'avaient tenu, tellement nombreuses que s'en était atroce à constater. On ne put donc que confirmer la perte définitive du jeune homme, le village noyé sous les pluies incessantes depuis sa mort s'assombrissant un peu plus.

Sous la pression populaire, les autorités du village n'eurent d'autre choix que d'accepter qu'il soit inhumé auprès de son père, des trois premiers Hokage enterrés là, tous voulant lui faire cet honneur. Ses funérailles rassemblèrent presque tout le village, tout ceux de son côté. Bien sûr, il y avait toujours des opposants. Que ce soit ceux soutenant le Hokage, ceux ne voyant pas le problème, considérant un Jinchuuriki comme une arme devant être contrôlée et utilisée par le village, ou encore ceux ayant gardé rancune envers Kyûbi pour l'attaque sur le village et les morts, l'assimilant à son hôte. Il y en avait qui approuvaient ce qu'avait fait le Hokage ou restaient neutres mais ils n'étaient clairement pas majoritaires au village. Soudain, la volonté de paix des premiers Hokage s'était réveillée avec le trépas du blond, l'événement et ses révélations ayant secoué et réveillé beaucoup de gens, les décidant à réagir. Il était devenu évident pour beaucoup que ce sacrifice ne devait pas être vain et qu'il fallait redresser le village, le ramener à ses idées fondatrices pour que plus jamais une telle horreur ne se reproduise. Le jour de la mort de Naruto serait le jour où Konoha s'était réveillé, avait repris son destin en main et s'était décidé à se battre pour ce qui faisait son âme et son esprit.

Sa tombe fut abondamment décorée et garnies de fleurs, d'offrandes et d'encens et elle le serait bien longtemps de manière impressionnante. On veillait sur elle pour que personne ne vienne troubler son repos et pas un jour ne passait sans qu'il ne reçoive de la visite, celle de sa famille de cœur en particulier. Dans la forêt, l'érable portant son testament devint vite un sanctuaire pour les villageois et les ninjas de la feuille, protégé et embelli en conséquence. Il devint un lieu de recueil, un lieu pour se rappeler l'âme du village, trouver du courage et de la volonté, un lieu de réflexion et de méditation où tous vinrent pour lire eux mêmes les derniers mots du jeune héros, s'en inspirant.

Peu après cette tragédie, le Hokage fit arrêter l'unité Oni, les accusant de trahison, appuyé par le conseil du village et les autorités du Pays. Eux l'approuvaient totalement dans ce qu'il s'était passé. Pour eux, un Jinchuuriki était une propriété, une arme, quelque chose de bien trop dangereux pour être laissé libre. Ils s'enfoncèrent d'autant plus dans ce raisonnement qu'en se servant ainsi du blond, les deux derniers Hokage avaient largement renforcé le village, donné puissance et prospérité, épargné de nombreux ninjas et renforcé leur position. Seulement, aucun d'entre eux ne s'était attendu à la véritable révolte qui grondait au sein du village et de la population du pays qui eu vent de cette histoire, beaucoup ulcérés d'avoir appris sur quoi avait reposé leur paix et leur bonheur. Si certains se disaient que c'était un mal pour un bien, beaucoup prenaient le parti du défunt Jinchuuriki, du fils unique du Yondaime Hokage qui devint un véritable symbole au Pays du Feu et donc à Konoha. On apprit ce que l'unité avait fait dans l'ombre pour lui, tous considérés en héros pour avoir réagit et avoir fait ce que tout le village aurait dû faire. Aussi, si l'idée première du Hokage avait été de les punir de mort, jamais il ne put le faire.

Il se retrouva face à ce qu'aucun village n'avait jamais expérimenté : la colère et la détermination de ses habitants, de ses ninjas. Tous étaient décidés à réagir mais on ne l'avait pas fait n'importe comment. On l'avait fait en respectant l'esprit de Naruto, sans violence et sans mettre le village en danger imminent. Pour la première fois de l'histoire du monde ninja, un village s'était retrouvé avec plus des trois quart de ses ninjas refusant de partir en mission, d'obéir, faisant bloc tous ensemble, soutenu par les villageois. Les seules missions qu'ils acceptèrent de prendre furent celles qui mettaient en jeu la sécurité immédiate du village et du pays, de sa population, refusant d'exécuter toute autre, handicapant et entravant gravement le fonctionnement du village et du pays. Le Conseil des Jonin s'était fait porte parole des ninjas du village pour parler au Hokage et aux autorités. Ils avaient réclamé la libération de l'unité Oni. Les villageois et les civils eux mêmes s'y étaient mis au moyen de grèves, faisant entendre leurs voix de toutes les manières possibles tant que cela se faisait pacifiquement. Au fils des jours, on apprit tout les détails de ce scandale et on refusait de se taire et de laisser faire plus longtemps. Nikkô fut mise dans la lumière et bientôt, on vit de nombreuses personnes arborer un petit soleil oranger rutilant devenant symbole de leur appartenance, leur soutien à cette organisation qui avait voulu secourir Naruto Uzumaki devenu un symbole du village, presque une autorité malgré sa mort.

Là encore, le Hokage n'eut d'autre choix que de céder face à la pression lui faisant face. Les opposant étaient trop nombreux pour lui, trop forts alors qu'il y avait de puissant ninjas parmi eux et c'était d'autant plus vrai qu'ils avaient la population avec eux. Pour la première fois, ce n'était plus les hautes instances qui avaient le pouvoir, privé de leur force répressive avec leurs ninjas s'opposant à eux. L'unité Oni fut libérée bien que durement rétrogradée et chassés des ANBU. Mais cela n'avait pas d'importance pour eux. Ils rejoignirent ceux s'opposant au Hokage avec encore plus de détermination que les autres, anéantis par la perte de leur ami mais refusant que son sacrifice soit vain. Itachi et Shisui étaient devenus les paria du clan Uchiwa et Neiji avait été durement réprimandé par son clan. Pourtant, les Hyuga revoyaient leur position vis à vis du Hokage qu'ils soutenaient jusque là, non pas par moralité mais par intérêt, sentant le vent tourner et quelque part, Neiji leur avait permis de ne pas trop faire l'objet de la colère des opposants vis à vis du Hokage et de ses soutiens.

On vit pourtant les anciens de l'unité devenue mythique s'assombrir, ne parvenant pas à encaisser la mort du blond, tous comprenant. On voyait Jiraya et Hiruzen peiner tout autant, s'en voulant atrocement mais se battant tout de même pour défendre l'âme de leur protégé perdu si tragiquement. Dans les mois qui suivirent, l'opposition fit peser de tout son poids d'influence sans jamais céder, faisant bloc, unis avec volonté et sans violence pour reprendre lentement la main sur le village. Et cela fut d'une efficacité que l'on n'aurait pas cru possible de cette manière. Personne n'était prêt à abandonner, ayant réalisé que les choses étaient allées trop loin et ce n'était pas leur village. Les temps se firent pourtant difficiles. Ce qu'il s'était passé à Konoha finit par se savoir dans les autres pays et villages, la colère grondant envers Konoha maintenant que l'on savait qu'ils avaient bel et bien volé des démons et que le Hokage avait projeté de s'en servir pour imposer son pouvoir aux autres. L'histoire de Naruto fut connue partout, choquant bien du monde suivant les points de vues. Et ce qu'il se passait au village de la feuille fit énormément parler partout, ce mouvement des ninjas et de la population contre ses dirigeants pour défendre ses idées étant une grande première. Certains voulurent observer ça de loin, d'autres tentant des attaques contre le Pays du Feu privé de sa meilleure arme et en réponse à ces révélations.

Si on crut le village affaibli par ce que qu'il s'était passé et s'y passait en ce moment, il n'en fut rien et les ennemis se retrouvèrent face à un bloc de ninjas animés d'une puissante volonté de protéger leur village, leur pays, portant l'étendard de leur désormais héros et modèle, plus forts que jamais. Kyûbi, Nibi et Gobi avaient totalement disparus et les ninjas de Konoha avaient refusé de partir à leur recherche pour les reprendre. Leur soleil avait voulu leur rendre la liberté avant de mourir et ils respecteraient sa volonté. Ils lui faisaient confiance pour cela même si ce geste de libérer trois démons à queues semblait insensé. Pourtant, contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer, surtout après les avoir vu proches de leur hôte, aucun n'était venu chercher vengeance, pas même Kyûbi pourtant si haineux envers Konoha. Cela était assurément du fait du blond, impressionnant pour avoir pu ainsi calmer des Bijû. Et on n'avait revu aucun des trois. Ils avaient purement et simplement disparus sans causer le moindre dégât ou la moindre attaque. Nombreux furent les villages se lançant aux trousses des démons mais pas un ne trouva de piste à leur sujet.

Et puis la nouvelle avait atteint Suna et Gaara, confirmant ce que Shukaku avait déjà annoncé à son hôte : la mort de son meilleur ami. Le jeune homme désormais Jonin très respecté de son village et opposé à son père, le Kazekage, aux idées aussi radicales que celles du Hokage, s'était senti vaciller en apprenant la nouvelle. Ce jour là, il avait demandé à un Shukaku étrangement bien plus sombre et froid qu'à l'habitude, de le mener dans l'espace psychique des Bijû où il ne pouvait entrer lui même. Il voulait voir Naruto, un étrange mauvais pré-sentiment l'ayant pris soudainement. Mais Ichibi avait refusé et il avait fallu insister pour avoir une explication. Le démon lui avait dis qu'il n'était accepté dans l'espace psychique que parce que c'était le désir de Naruto et que cela plaisait au blond. Seulement, il n'avait plus de raison d'y aller maintenant qu'il était mort. Il lui avait raconté dans les grandes lignes ce qu'il s'était passé à Konoha, comment son ami avait mis fin à ses jours et pourquoi. Jamais Gaara ne s'était senti aussi triste et perdu qu'à cet instant. Naruto l'avait sauvé, il avait changé sa vie, sorti de ses ténèbres et il n'avait rien pu faire pour lui.

On vit le Jinchuuriki du sable totalement abattu à cette période, personne ne comprenant alors qu'il n'avait jamais parlé de Naruto et de leur relation à personne. Il le fit pourtant avec ses plus proches amis ainsi que son frère et sa sœur, le besoin d'en parler se faisant impérieux dans cette tragédie. Et son petit groupe de gens de confiance fut totalement choqué par cette histoire, comprenant aussi enfin ce qui avait métamorphosé le roux. Ils le soutinrent, tentant de calmer les ardeurs du Kazekage à attaquer Konoha dans cette situation, pour la mémoire du défunt Jinchuuriki que Gaara voulait défendre. Cette mort fut très difficile à encaisser pour le roux refusant de l'accepter, ne réalisant pas que son ami n'était plus. Mais cela ne l'avait pas empêché de rester debout et de se battre pour cette idée de paix et d'harmonie à laquelle son frère de cœur lui avait donné goût, de se battre pour que son sacrifice ne soit pas vain et réaliser ce rêve qu'il ne pouvait plus défendre lui même. Et il se lança aussi à la chasse de l'Akatsuki, déterminé à protéger les Bijû et les Jinchuuriki comme Naruto aurait voulu le faire, s'attirant un peu plus de sympathie de son propre démon.

Plusieurs mois après la mort de Naruto, il fut soudain attiré en pleine nuit devant le sceau de Shukaku. Cela n'arrivait jamais. C'était toujours lui qui devait rendre visite au Tanuki. Pourtant cette fois, ce fut lui qui l'appela. Il l'avait longuement regardé avant de lui annoncer que les Bijû voulaient le voir dans l'espace psychique, le surprenant profondément. Mais il avait suivis sans discuter, curieux. Rapidement, il s'était retrouvé au centre du cercle des neuf démons à queues, tous debout ou assis. Tous sauf Kyûbi allongé au sol, un peu roulé en boule, ses queues autour de lui malgré sa tête relevée.

- Bonjour, salua-t-il tranquillement. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? demanda-t-il en les balayant du regard. Je ne pensais pas que vous me laisseriez revenir ici après... ce qu'il s'est passé.

- C'est justement à cause de ça que tu es là, répondit Shukaku en attirant son regard sur lui.

- Avant que Naruto ne meurt, lui et Kurama ont tenté quelque chose, commença Matatabi. Nous ne savions pas si ça fonctionnerait. Mais ça a fonctionné et dans ce cas, Naruto nous avait demandé de te parler.

- De quoi s'agit-il ? demanda-t-il très intrigué.

Il sentit Kyûbi le scruter jusqu'au tréfonds de son âme un moment avant de soupirer :

- Approche humain, ordonna-t-il.

Il l'observa, se demandant ce que lui voulait le renard pas vraiment amical comme toujours. Il le fit pourtant, faisant confiance à son ami perdu. Il avança et il vit Kyûbi relever lentement ses queues, attirant son regard dans cette direction. Son souffle se bloqua, son cœur s'arrêta presque et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit ce que le renard acceptait de lui montrer. Lentement, une silhouette blottie dans le pelage oranger se révéla, la silhouette d'un jeune homme aux très longs cheveux blonds. Il semblait dormir paisiblement, respirant profondément, roulé en boule comme un enfant contre le démon à queues qui comme tous le couvait du regard.

- Naruto..., bredouilla-t-il.

Tremblant, il s'approcha sans même y penser, ses yeux emplis de larmes posés sur l'image de son ami, un espoir fou grandissant soudain en lui. Il avança jusqu'à ce qu'une queue oranger ne lui barre la route, un grondement d'avertissement émanant de Kyûbi. Il stoppa donc, comprenant qu'on ne le laisserait pas aller plus loin.

- Comment... ? demanda-t-il avec hésitation.

- Naruto est mort, commença Gobi, physiquement tout du moins. C'était le seul moyen pour lui de se débarrasser définitivement de ses chaînes et il le savait depuis des années. Il était prêt à ce sacrifice pour arrêter tout ça, pour nous libérer et pour empêcher que sa puissance serve une cause mauvaise à ses yeux. Seulement, il n'était pas décidé à abandonner la vie si facilement, ce n'est pas son genre, dit-il un sourire dans la voix en le faisant sourire à son tour.

- Nous non plus n'étions pas décidé à le laisser mourir mais nous comprenions sa décision, continua Matatabi. Mieux que personne. Nous avons donc trouvé une solution à cette situation. Mais nous ne savions pas si cela fonctionnerait et ça ne fait que quelques jours que nous en sommes certains.

- Qu'avez vous fait ? demanda-t-il.

- Kurama a scellé Naruto, son chakra, son esprit et son âme dans son propre corps, répondit Yonbi. Il est désormais le Jinchuuriki de Naruto, s'amusa-t-il en faisant grogner le renard.

- Cela n'avait jamais été tenté pour un humain, continua Hachibi plus sérieux. Nous ne savions pas si cela fonctionnerait. Il a fallu des mois pour que le sceau se stabilise et se renforce, s'ancre vraiment. Avant cela, on ne savait pas si Naruto disparaîtrait purement et simplement ou s'il pourrait trouver sa place avec Kurama, s'il supporterait ça.

- Nous en sommes certains maintenant, continua Rokubi. Il est sauf. Sa libération, sa mort physique, le sceau et sa stabilisation l'ont bien malmené alors son esprit a besoin de repos, dit-il en couvant le blond endormis du regard. Mais il ira bien et il finira par se réveiller. Il vivra avec Kurama comme il le voulait lorsque nous lui avons proposé cette solution.

- Pourra-t-il... reprendre forme physique ?

- Son corps est mort et il n'en n'a plus, répondit Nibi. Il ne pourra plus vivre comme un être humain ordinaire mais il pourra toujours se matérialiser temporairement sous forme de chakra pur près de Kurama lorsqu'il sera bien réveillé. Il vivra comme les démons vivent avec leurs hôtes.

- Sauf que contrairement à un démon, rompre son sceau le tuerait, poursuivit Gobi. Il n'a pas de corps dans lequel retourner et contrairement à nous qui sommes des êtres de chakra pur, il ne peut pas s'en recréer un.

- Je vois, dit-il alors.

Malgré tout, c'était une nouvelle grandiose et il sourit largement, heureux. Naruto était en vie même si ce n'était plus comme avant. Mais il savait que cela ne dérangerait pas le blond. Il aimait tellement les Bijû et il vivait avec eux depuis toujours, cela devrait lui plaire et il savait que malgré qu'il ne l'avouerait jamais, Kyûbi prendrait soin de lui.

- Naruto voulait que nous te le disions lorsque l'on serait sûr que cela avait fonctionné, reprit Shukaku. Il savait qu'il tenterait certainement ça depuis longtemps mais il n'a pas voulu t'en parler à toi et ses amis pour ne pas vous donner de faux espoirs et pour ne pas que vous l'empêchiez de mettre fin à ses jours. Maintenant que nous sommes sûr, il voudrait que tu ailles voir ses amis à Konoha et que tu leur dises. Il le voudrait d'autant plus vu ce qu'il se passe au village depuis sa mort.

- Et l'Akatsuki ? demanda-t-il soudain inquiet pour le blond.

- Nous allons tout faire pour qu'ils ne nous attrapent pas et qu'ils ne trouvent pas Kurama, répondit Nanabi.

- Mais si cela arrive et que Kyûbi est capturé ? Qu'arrivera-t-il à Naruto ?

- Nous n'en savons rien, répondit Nibi. Mais il y a autre chose que tu dois savoir.

Ils lui parlèrent alors de Jubi et de ce qu'ils pensaient être le but véritable des instigateurs de tout ceci.

- Nous ne savons pas ce qui arrivera à Naruto si Kurama venait à être enfermé dans le Gedô Mazô. Normalement, il devrait continuer d'être avec nous et nous ferons tout pour cela dans ce cas, assura Gobi. Mais c'est impossible à confirmer et il serait tout comme nous prisonnier de Jûbi. Il se pourrait aussi que la puissance de Jûbi le détruise.

- Mais il y a une infime possibilité autre, remarqua Kyûbi.

Il lui expliqua alors, effarant le jeune homme stupéfait.

- C'est possible ? bredouilla-t-il.

- C'est une possibilité surtout avec Naruto mais nous n'avons aucune certitude et Naruto ne veut pas que l'on compte là dessus ou encourage ça. C'est trop dangereux à ses yeux. Il nous demande d'essayer de faire en sorte qu'on en n'arrive pas à Jûbi. Il aimerait poursuivre sa vie auprès de Kurama, libre.

- Très bien. J'irai à Konoha. À qui dois-je parler ?

Pendant un moment, ils lui expliquèrent ce que souhaitait Naruto et ce qu'ils voulaient eux mêmes qu'il dise. Ce fut pour cela que quelques jours plus tard, sous couvert d'une mission quelconque, Gaara se rendit discrètement au Pays du Feu, accompagné de son frère, Kankuro et de sa sœur, Temari. Ils se firent invisibles, approchant Konoha. Il envoya un message furtif au Troisième du nom, demandant à ce que lui, le Sannin Jiraya et l'ancienne unité Oni le rejoigne à ce qu'on nommait désormais l'Érable de Konoha, l'endroit où leur héros avait trouvé la mort et laissé ses volontés. S'ils n'avaient aucune raison de venir, ne sachant rien de sa relation avec Naruto, l'évocation du blond dans son message devait suffire à les convaincre. Et ce fut en effet le cas. Au cœur de la nuit, alors qu'il se tenait avec Kankuro et Temari face à l'érable pour lire le message de Naruto, très touchés tout trois, ils sentirent huit présences méfiantes et puissantes s'approcher dans leurs dos. Ils furent finalement bien là, campés à quelques pas d'eux avec prudence :

- Qui êtes vous ? demanda la voix froide d'Itachi.

Ils se retournèrent alors, tous reconnaissant le Jinchuuriki de Suna, se tendant un peu plus.

- Je suis Gaara de Suna, se présenta-t-il calmement, hôte d'Ichibi. Et voici Temari et Kankuro.

- Que voulez vous ? demanda Shisui.

- Je suis ici à la demande de Naruto, répondit-il simplement en les stupéfiant complètement.

- Naruto est mort, fit Ino en serrant les dents.

- Physiquement oui mais il ne l'est pas véritablement, dit-il en les laissant perplexe.

- Comment le sais-tu ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Naruto est mon meilleur ami, dit-il en les surprenant une fois encore.

Doucement, il leur expliqua comment cela était arrivé, leur première rencontre quelques années plus tôt, l'espace psychique des Bijû qui leur avait permis de se rencontrer autant qu'ils le voulaient. Et très vite, Itachi et Shisui furent certains qu'il disait vrai, à sa manière de décrire Naruto, de parler de lui, de sa manière d'agir et de ce qu'il avait pu faire et dire pour le roux. C'était tout Naruto comme eux seuls le connaissaient pour l'avoir côtoyé en direct.

- Comme vous, j'ai cherché le moyen de l'aider, sans y parvenir et j'ai pleuré sa mort comme vous. Seulement, il y a quelques jours de cela, Shukaku m'a ramené dans l'espace psychique des démons. Ils m'ont expliqué que si la mort était pour Naruto la seule manière d'arrêter tout ça, il n'était pas prêt à abandonner si facilement. Alors ils ont trouvé une autre solution mais ils ne savaient pas si cela fonctionnerait.

Il leur expliqua alors en détail, leur annonça la survie de Naruto avec Kyûbi, les ahurissant totalement, voyant l'espoir s'allumer dans leurs yeux.

- Naruto est en vie, avec Kyûbi qui lui sert de Jinchuuriki, termina-t-il. Il avait demandé aux Bijû de m'avertir lorsqu'ils seraient sûr que cela avait marché, pour que je vienne vous parler en son nom, termina-t-il.

Un silence étrange tomba, ceux de Konoha se regardant, peinant à réaliser. Mais ils y parvinrent finalement, l'espoir renaissant soudain. Si on annonça cette nouvelle aux membres originels de Nikkô, tous très heureux d'apprendre ça, on garda aussi jalousement le secret pour les autres, pour protéger Naruto et le secret de sa survie. Seulement, pour eux, la priorité fut l'Akatsuki, l'empêcher d'arriver à son but et surtout de capturer Kyûbi et son si précieux trésor. Une amitié secrète naquit entre les trois ninjas du sable et les originels de Nikkô, unis par un même but. Ils se rencontrèrent plusieurs fois, Gaara se faisant référence extérieure au village. Le roux se mit d'ailleurs à voyager davantage, à la recherche des autres Jinchuuriki et des Bijû. Son père, le Kazekage, le laissait faire sans problème, ignorant son but et éloignant de son village ce fils de plus en plus populaire à Suna, s'opposant à lui calmement mais fermement et avec de plus en plus d'efficacité. Et au fil de ses voyages avec son frère et sa sœur, il faisait de plus en plus de rencontres, se faisait de plus en plus d'amis, des amis prêt à se battre pour la paix du monde. C'était avec impatience que le roux attendait le réveil de son meilleur ami, mais Shukaku lui avait interdis l'accès à l'espace psychique tant que ce n'était pas le cas. Le Tanuki disait qu'il faudrait probablement du temps pour que le blond se réveille après tout ceci, son âme et son esprit, son chakra malmenés par sa mort physique et le scellement, devant s'adapter à cette nouvelle situation.

Seulement, cette période fut de courte durée. Un jour, l'Akatsuki attaqua Suna pour capturer Gaara. Si celui-ci ne se laissa pas faire, il finit par perdre en protégeant son village. Les membres de l'Akatsuki, Deidara et Sasori, avaient vite compris qu'il s'agissait là de son point faible et une attaque d'envergure sur le village après un combat éreintant l'avait vidé de ses forces. Il avait sauvé son village et ses habitants mais cela avait permis à Deidara de le capturer. Il avait été emmené mais bien des ninjas du village avaient refusé de l'abandonner. Ses amis désormais bien au courant de ce qui était arrivé au meilleur ami de leur Jinchuuriki à Konoha, s'étaient promis de ne pas laisser une telle chose arriver chez eux. Bien que ce fut contre l'avis de leur Kazekage, ils partirent à son secoure, Kankuro et Temari en tête accompagné de l'ancienne Chiyô que Gaara avait converti à sa cause depuis peu. Malheureusement, ils ne récupérèrent qu'un corps sans vie à leur plus grand désarrois. L'Akatsuki avait extrait Shukaku, tuant son Jinchuuriki et ils étaient arrivés trop tard. Ils n'avaient pu que se battre pour récupérer sa dépouille. Pourtant, la vieille Chiyô les avait tous surpris en décidant de sacrifier sa vie pour sauver celle du roux, s'estimant coupable alors qu'elle avait été de ceux scellant Shukaku en lui et certaine que l'adolescent était l'avenir du village. Elle lui avait donc offert sa vie et bien que ce fut sans son Bijû, Gaara rentra chez lui en héros.

Cet événement avait pourtant coupé toute possibilité de communication avec les Bijû et avec Naruto dont-ils ne purent plus avoir la moindre nouvelle. Cela n'empêcha pas Nikkô additionnée de Gaara et des siens de poursuivre leur but en secret. Il semblait pourtant que le sort n'était pas de leur côté. Les mois passèrent et avec eux la nouvelle de la capture de plus en plus de Jinchuuriki et de leur Bijû. Si Nanabi avait été le premier, Ichibi le deuxième, ils furent suivis de Rokubi, Sanbi et Yonbi. Puis ce fut Gobi, premier des trois démons de Naruto a être retrouvé par l'Akatsuki sans que l'on sache comment ils l'avaient localisé. Vint ensuite Hachibi et Nibi dans de violents combats qui avaient eu lieu au Pays de la Foudre. Malgré les efforts de Gaara, il s'était avéré impossible de trouver les Jinchuuriki ou de les persuader d'accepter de l'aide, tous trop méfiant à l'égard des étrangers et il n'avait pu que comprendre. Mais cela avait aidé l'Akatsuki et les conflits incessants entre pays et villages cachés n'avaient pas amélioré les choses. On n'avait plus revu Pain depuis son combat contre Naruto, tous se demandant où il était passé.

À Konoha, Nikkô et tout leurs sympathisants n'avaient pas relâché la pression sur leurs autorités pour tenter de redresser leur village. Les choses avançaient lentement, stagnant la plus part du temps, reculant parfois mais personne n'abandonnait. Le Hokage était de plus en plus malmené et les conflits au sein du villages n'étaient pas rares entre les parties. Dans ce contexte, Itachi avait pris naturellement une place très grande à Konoha. Avec son charisme, son assurance, sa force, sa bienveillance et son intelligence, il avait glissé sans même s'en rendre compte dans un rôle de chef pour Nikkô, comme tête de l'opposition face à son père. Si lui et Shisui étaient des paria pour les Uchiwa, ils étaient très aimés de ceux qui avaient choisis de suivre la volonté de Naruto. Shisui s'amusait d'ailleurs souvent à le taquiner sur le fait qu'il pourrait être le prochain Hokage s'il le voulait. Il avait d'autant plus taquiné son ami lorsqu'ils avaient été rejoins par la seule Uchiwa qui avait décidé de les suivre dans leur combat, Izumi, précieuse amie d'enfance d'Itachi que son meilleur ami savait pertinemment amoureuse de lui. Et il savait aussi que c'était réciproque. Alors il prenait malin plaisir à le sous-entendre constamment, les poussant l'un vers l'autre.

L'héritier du clan Uchiwa à présent déshérité au profit de son petit frère avait gagné une place énorme dans son village, digne représentant de Nikkô et de sa philosophie de retour aux idées des premiers Hokage. Il défendait cela avec hardeur et sans rien céder, pacifique. Shisui le secondait fidèlement, tout deux soutenus par le Troisième. Jiraya était reparti en voyage, très peu sachant qu'il s'était mis à la recherche de Kyûbi, déterminé à le protéger lui et celui qu'il abritait. Il était parti dés qu'il avait su et les seules nouvelles que l'on avait eu de lui était Tsunade et Shizune, revenant à Konoha. Jiraya les avait trouvé, leur avait tout raconté, les choquant, leur demandant ensuite de retourner au village pour aider. Et il avait réussi à les convaincre de rentrer. Mais on ne savait rien d'autre de son parcourt depuis des mois.

Loin de Konoha, au fin fond d'une dense forêt très éloignée de toute ville ou village humain, un certain démon renard à neuf queues était agacé, encore, alors qu'on le dérangeait dans sa sieste.

- Nagato, gronda-t-il avec menace. Que fais-tu là encore ?

- Maître Jiraya approche, répondit simplement le roux pas du tout impressionné.

Le renard grogna, énervé. Il savait bien qu'il ne se débarrasserait pas si facilement des trois veilleurs constamment campés dans la zone autour de lui. Le jour où Naruto s'était donné la mort, il avait su que Nagato et Konan l'avait observé faire de loin et le blond avait dis que ce n'était pas grave. Puis ils avaient suivis le démon renard de loin. Si celui-ci pouvait donner à son Jinchuuriki le don de sentir les émotions négatives, c'était parce qu'il en disposait lui même. Il avait laissé faire en sachant pertinemment qu'ils n'avaient pas de mauvaises intentions. Et il savait que ce qu'aurait voulu Naruto. Ils étaient juste totalement perturbés par leur rencontre avec le blond, encore plus en voyant ce à quoi il était prêt pour la paix, pour ne pas que sa force desserve son idéal. Ils avaient suivis le renard, le sachant porteur de l'âme du jeune ninja désormais, voulant comprendre. Ils étaient restés à distance un bon moment, réfléchissant et Kurama n'avait pas exclus la possibilité qu'ils retombent dans leurs travers et qu'ils le gardent simplement à l'œil pour le capturer. Mais il n'était pas né de la dernière pluie, connaissait très bien les pouvoirs du Rinnegan et savait déjà comment leur échapper.

Pourtant, il semblait que Naruto les avait convaincu puisqu'ils s'étaient finalement rangé de son côté, décidant de veiller sur le démon renard. Si cela avait prodigieusement agacé Kurama, il avait accepté sans le dire, exigeant pourtant qu'ils restent à distance. La vérité, même s'il ne le dirait jamais, était qu'il mettait la majeure partie de ses forces et de son chakra à stabiliser le sceau et à préserver Naruto, à l'aider à ce faire à cette nouvelle existence. Si Nagato pouvait se charger d'éventuels assaillants, cela l'aiderait même s'il rechignait à ne serait-ce que se l'admettre lui même. Les deux ninjas de Ame s'étaient installés non loin de lui tout en gardant leurs distances pour ne pas l'énerver, attendant le réveil de Naruto, veillant, réfléchissant. Ils portaient toujours le manteau de l'Akatsuki qui avait une forte valeur morale pour eux. C'était l'organisation de Yahiko, leur organisation qui avait un but honorable à l'origine. Ils n'en n'avaient pas honte et aucune envie de s'en défaire. Mais ils ne travaillaient plus avec les autres membres.

Kyûbi avait exigé d'eux plus de détails sur toute cette histoire et ils avaient parlé sans barrière, expliquant comment un homme masqué se faisant passé pour Madara Uchiwa les avait poussé au début, travaillant dans l'ombre avec l'organisation dont-il avait assurément repris la tête, la manipulant certainement depuis le début. Et cela, tout d'eux l'avaient réalisé dans leur réflexions récentes. Le renard n'avait rien dis de ce qu'il en pensait, impassible, gardant tout pour lui.

Et puis un jour, Jiraya les avait retrouvé. Si les débuts avaient été très difficiles, le Sannin avait suivis son filleul qui avait laissé une chance à son ancien élève. Ils avaient parlé tout les trois, s'étaient expliqués, avaient remis les choses à plats pour finalement se réconcilier comme Naruto l'aurait voulu, décidant de veiller sur le blond et son Bijû. Ils avaient beaucoup parlé de la situation, échangeant leurs informations, Nagato et Konan expliquant ce que Naruto leur avait révélé ce jour là. Ils tentaient de comprendre, de se préparer tout en veillant à une certaine distance sur Kyûbi qui ne les supportait pas. Mais il ne faisait rien d'autre que de râler et de les insulter. Il n'avait jamais attaqué et ils ne doutaient pas que la mentalité et les sentiments de Naruto n'étaient pas pour rien dans cet état de fait. Jamais le renard ne le laissait voir ou savoir mais il était évident qu'il aimait son ancien Jinchuuriki. Sans cela, jamais il ne lui aurait offert l'abri de sa personne, c'était certain.

Mais avec les captures successives des démons et des Jinchuuriki, ils avaient commencé à se tendre sévèrement, sachant que l'on finirait tôt ou tard par retrouver Kyûbi aussi. Le démon renard à neuf queues ne montrait aucune inquiétude notable. Il passait son temps roulé en boule au fin fond de la forêt, dissimulant totalement sa présence et son chakra, semblant dormir. Aucun d'eux ne savait ce qu'il pensait, ce qu'il comptait faire ou pas mais aucun ne pouvait le forcer à quoi que ce soit de toute façon. Il était en tout cas certain que le renard tenait à sa liberté, à sa tranquillité et au jeune homme qu'il abritait.

Si Kyûbi continua à gronder d'énervement, Nagato ne bougea pas de sa place à quelques mètres de là. Et rapidement, Konan était arrivée avec Jiraya à ses côtés.

- Bonjour Kyûbi, salua le Sannin avec précaution.

S'il y avait une chose qu'ils avaient appris tout trois avec le renard était qu'il valait mieux être poli, calme, succin et qu'il fallait prendre sur soit pour qu'il accepte un temps soit peu leur présence sans les renvoyer en leur hurlant dessus et en menaçant de les dévorer. Aucun ne savait comment Naruto avait fait pour l'amadouer mais cela prouvait encore une fois la personnalité particulière du blond. Ils veillaient à leur relation avec lui, pour pouvoir rester au plus près de Naruto. Seul un grondement menaçant répondit à l'ermite qui ne s'en montra pas troublé.

- Naruto ? demanda Jiraya. Comment va-t-il ?

- Il a encore besoin de repos, répondit-il comme à chaque fois.

- J'ai des nouvelles, enchaîna-t-il alors l'air sombre. Tu es le dernier Bijû libre.

- Tu ne m'apprend rien crapaud, répondit-il en le faisant soupirer.

- Les deux dernières captures ont fait beaucoup de bruit à Kumo et le Jinchuuriki de Hachibi était très proche du Raikage, continua-t-il. Il est furieux. Il a convoqué un conseil des Kage pour savoir quoi faire de l'Akatsuki. Tout le monde est d'autant plus stressé qu'il ne manque plus que toi. Personne ne sait trop ce qu'ils veulent faire, nous sommes les seuls.

- Avec les conflits entre pays, cette rencontre a une issue des plus incertaine, remarqua Konan. Vu les Kage actuels, une union semble hasardeuse.

- Le problème est que je crains qu'ils se lancent tous à tes trousses pour te capturer et empêcher l'Akatsuki de t'avoir, reprit le Sannin. Sans compter que l'Akatsuki viendra aussi un jour ou l'autre.

Le renard ne répondit pas, l'air ennuyé plus qu'autre chose, se réinstallant pour dormir.

- Kyûbi, que comptes tu faire ? demanda Jiraya. Ils finiront par te trouver et aussi puissant sois tu, ils seront trop nombreux et très bien préparés.

- Pauvres imbéciles, grogna-t-il. L'Akatsuki ne viendra pas. Ils n'en n'ont pas besoin, dit-il en les surprenant. Quand au reste de la vermine, il faudrait déjà qu'ils se mettent d'accord, ce dont je doute et s'ils viennent séparément parce qu'ils voudront tous être celui qui me prendra, ils vont s'affronter entre eux comme les crétins qu'ils sont. Leur échapper ne sera pas difficile.

- Et s'ils s'unissent ?

- L'Akatsuki les attaquera parce qu'ils représenteront un trop grand danger pour eux, soupira-t-il.

- Pourquoi penses tu que l'Akatsuki ne viendra pas, ils ont besoin de toi, remarqua Nagato en le faisant souffler et grogner d'exaspération.

- Je suis invocable et ils ont au moins un ninja pouvant m'invoquer, dit-il en les choquant. Ce type au masque orange. Ce moins que rien l'a déjà fait, le jour où il m'a forcé à attaquer Konoha. C'est lui qui a rompu le sceau de Kushina et déclenché tout ça. Il voulait déjà me reprendre à cette époque. Minato l'a arrêté. Il soupçonnait quelque chose de plus grand et c'est pour ça qu'il m'a scellé en Naruto. L'Akatsuki a les moyens de me faire venir directement. En sachant que j'ai été libéré, ils n'ont aucune raison de se fatiguer à me chercher.

- Mais ça veut dire qu'ils t'atteindront quoi qu'on fasse, s'horrifia Konan.

- Pourquoi croyez vous que Naruto avait dis qu'il fallait protéger les autres Bijû avant moi ? releva-t-il avec sarcasme. Il savait aussi pour ça. Mais vous avez échoué. Maintenant, je vais devoir me charger moi même de ces parasites.

- On aidera, assura Jiraya en le faisant ricaner avec moquerie. J'ai des nouvelles d'Orochimaru aussi, dit-il sans relever. Je suis tombé sur lui par hasard. Il a quitté l'Akatsuki depuis la mort de Naruto. C'était lui qu'il voulait, dit-il en grimaçant. Il a eu pas mal de problèmes depuis. Ils lui ont couru après je crois, s'amusa-t-il. Et il a eu des soucis avec Kabuto aussi qui a voulu dépasser le maître. Bref. Je lui ai parlé grossièrement de ce qu'il risquait de se passer et comme pour tout le monde, ça n'arrange pas ses affaires cette possible fin du monde. Il n'a rien dit mais il se pourrait qu'il aide un peu, ne serait-ce que pour se sauvegarder et se créer un moyen de faire lever les recherches et les primes sur lui pour ce « service ». En tout cas, je doute qu'il soit notre ennemi. Le but actuel de l'Akatsuki ne va pas dans son sens.

- Je déteste ce serpent mais il faut avouer qu'il est puissant et qu'il a de grandes connaissances, soupira Konan. Toute aide est bonne a prendre mais il faudra le garder à l'œil.

- Aller bavasser ailleurs, gronda Kyûbi.

Sentant facilement qu'il était à bout de patience, ils ne se firent pas prier, Jiraya glissant simplement qu'il allait s'informer sur ce fameux Conseil des Kage pour savoir ce qui en ressortirait. Ils s'en allèrent pour leur camps dressé plus loin, discutant de la révélation du démon sur son invocation. Il avait raison, si l'Akatsuki pouvait l'invoquer quand bon lui semblait, il y aurait confrontation tôt ou tard. Restait à savoir pourquoi ils ne l'avaient pas encore fait ? Cela voulait dire qu'ils attendaient un moment précis pour on ne savait quelle raison. Une chose était certaine, ils préparaient quelque chose.

Loin de tout ceci, Kurama était concentré sur autre chose de bien plus important pour lui. Au fin fond de son esprit, il y avait une vaste forêt aux arbres immenses, traversées de rivières rutilantes, un soleil doré brillant dans un ciel bleu. C'était là qu'il se reposait, roulé en boule, la silhouette aux longs cheveux blonds dormant entre ses pattes avant, contre sa poitrine alors qu'il avait posé sa tête devant lui. Des mois qu'il faisait tout pour que Naruto parviennent à survivre en lui. C'était une épreuve sans nom pour un esprit humain que de trouver sa place au sein du Bijû le plus puissant. Mais doucement, ils y étaient parvenus, s'accordant, ce simple fait prouvant leur lien très profond. Leurs chakras s'alliaient à la perfection, comme leurs esprits et leurs âmes malgré leurs immenses différences. Mais ils se connaissaient par cœur maintenant et ils étaient si proches... Cela faisait longtemps déjà qu'ils ne formaient presque plus qu'un. Finalement, le sceau s'était bien ancré et Naruto était sauvé. Il avait ensuite attendu qu'il récupère de cette épreuve terriblement éprouvante pour lui. Bien qu'il soit inconscient, il avait dû se battre lui aussi, subir et s'habituer à l'esprit et au chakra de son démon qu'il ressentait comme jamais. Il lui avait transmis de l'énergie, de son chakra et du chakra senjutsu qu'il n'avait cessé de capter, Naruto extrêmement réceptif à l'énergie de la nature.

Et puis finalement, enfin, ce jour là, il commença à se réveiller. Il fallut des heures pour qu'il reprenne vraiment conscience, l'air encore endormis malgré tout. Ce fut dans cette forêt spirituelle, ensoleillée et calme, contre son renard l'observant avec patience qu'il ouvrit péniblement les yeux. Kurama lui laissa le temps, attendant qu'il soit bien conscient pour parler.

- Bonjour renardeau, dit-il finalement.

- Kurama, sourit-il largement la voix basse.

Il se blottit un peu plus contre le renard, dans son abondante fourrure, l'amusant.

- N'as-tu pas assez dormi ? se moqua-t-il.

- Je suis bien là, comme nul part, dit-il en l'attendrissant. Merci d'avoir veillé sur moi comme ça.

- Est-ce que tu as suivis ce qu'il se passe ? demanda-t-il pour couper ce moment émotion avec lequel il n'était pas à l'aise.

- Oui, j'ai tout entendu et j'ai accès à ton esprit maintenant, s'amusa-t-il en baillant. Il faut qu'on libère les autres.

- Je me douterais que tu dirais ça, grommela-t-il. De toute façon, il va bien falloir aller régler son compte à tout cette vermine pour être tranquille.

- On ne tue pas, répondit Naruto.

- Toi et ta gentillesse, râla-t-il en l'amusant.

- On va devoir s'occuper de Jûbi n'est-ce pas ?

- Il y a des chances, qu'ils nous capturent ou non, ils peuvent l'invoquer sans problème. Il ne leur faudra pas grand chose.

- Et il y a ce Conseil des Kage... On verra bien ce qui en ressort. On ne peut pas savoir quoi faire avant, dit-il la voix plus faible.

- On verra plus tard. Repose toi encore, tu en as besoin, fit le renard en reposant sa tête près de lui pour en faire autant.