Génésis ne savait pas ce qu'il avait fait pour mériter une telle bénédiction.
S'il avait perdu sa belle vie d'avant, un bon job dans l'armée avec quatre amants 'formidables' ainsi qu'un certain prestige et la prétention de pouvoir être au moins un petit peu le héros qu'il rêvait d'être étant enfant, il considérait que cela avait été uniquement sa faute.
Son esprit à nouveau sain, merci aux scientifiques d'Esthar pour l'avoir soigné de son mal tout en le traitant comme un être humain et non pas comme un sujet d'expérience, il pouvait se rendre compte de la gravité de ses actions. Certes, Sephiroth était toujours une pute pour les avoir abandonnés de la sorte, on pouvait dire qu'il n'était pas le meilleur des amants pour ça, mais Génésis n'était pas mieux sur plein de points.
Après tout, si Sephiroth était tombé aux mains de Jénova, c'était à cause de Rhapsodos et des paroles ignobles qu'il avait eu lors d'un de ses mauvais épisodes. Sans parler de son comportement infâme avec Zack et Cloud, surtout après la mort d'Angeal. Le pauvre chiot avait sombré dans la dépression due au fait qu'il eut dû achever son mentor, le général ardent n'avait rien trouvé d'autres à faire que le conforter dans sa culpabilité. Et Cloud, pauvre Cloud, leur cadet qui avait encore de sévères insécurités via sa place dans l'armée, auprès d'eux, avait dû supporter à nouveau les horreurs qu'on lui avait dites enfant mais venant de la bouche d'un être aimé.
Embrassant langoureusement son amant, caressant sans honte le corps nu sous le sien, Génésis songea au parcours qu'avait été le sien, le leur à lui et son amant retrouvé, en l'espace d'une toute petite année.
Plusieurs années d'errance, et de mauvaises décisions, s'étaient vite enchaînées pour Génésis. Son esprit s'était de plus en plus érodé. Même son corps avait commencé à lâcher. À pourrir, comme avait pourris le corps d'Angeal.
Dans un moment de lucidité, comme il n'en avait quasiment plus, il s'était résolu à l'idée qu'il allait mourir. Allongé près d'un cours de Mako, tenant dans sa main gauche son biceps droit complètement pourrit, il avait décidé d'attendre la mort, de l'accueillir à bras ouvert. Il voulait tant revoir Angeal de l'autre côté, lui dire qu'il était désolé, et ferait tout pour se racheter dans leur prochaine vie. C'était tout ce qu'il demandait de la vie. Oh, et que Zack et Cloud ne soient pas déjà auprès de lui. Il se foutait un peu de Sephiroth, ayant malgré tout l'abandon de ce dernier encore au travers de la gorge.
Mais le destin en avait décidé autrement.
Alors qu'il attendait la mort, ou son épisode maniaque suivant, allongé près d'un affluent de la rivière de la vie, une voix de femme avait résonné dans ses oreilles, douce et bienveillante.
« Génésis Rhapsodos. Ton heure n'est pas encore venue. » Et un voile de lumière l'avait enveloppé, l'aveuglant presque.
Une fois qu'il eut pu voir correctement, il se redressa promptement pour voir que la rivière n'était plus là. Il était dans une clairière fleurie, complètement perdu. S'il n'avait pas retrouvé son manteau de cuir rouge symbolique, cela faisait si longtemps qu'il l'avait perdu, on avait réussi à lui rendre sa fidèle rapière.
Comme s'il pouvait se battre avec un corps tombant en morceaux ? Il ne pouvait même pas vraiment manier l'épée, son bras droit étant MORT. Ce qui pouvait être très problématique pour un droitier.
Génésis n'eut pas la possibilité de se poser de questions qu'il apparut devant lui : Sephiroth, son cauchemar incarné. Si Génésis reconnaissait sa part de culpabilité dans le fiasco de leur histoire, il songeait souvent au fait que si l'argenté avait accepté de les aider, lui et Angeal, jamais ils n'auraient vécu un tel enfer.
Personne ne lui avait demandé de donner ses organes. On avait juste voulu son sang ! Et il avait refusé de coopérer en sachant que deux de ses amants allaient mourir sous quelques mois !
Comment pouvait-on dire avoir aimé quelqu'un et abandonner cette même personne quand elle en avait le plus besoin ?!
Et ce que Sephiroth décida de prononcer, après six ans séparés, Génésis décida de ne pas le pardonner. Surtout avec un tel mépris dans la voix.
« Génésis ? Encore en vie, à ce que je vois.
-Pas grâce à toi, ça, c'est clair, avait été amer Rhapsodos, le cœur brisé une nouvelle fois, pourtant, ça aurait pu être le cas. J'ai tort ? Tu aurais pu m'aider, à l'époque. Tu aurais pu sauver Angeal.
-Je ne te dois rien, Génésis, avait poursuivi Sephiroth sans la moindre once de compassion.
-Ah bon, tu ne dois rien à tes amants, rétorqua alors le roux avec de plus en plus de colère, pas même le fait d'essayer de nous éviter la mort ?! T'a-t-on demandé de sacrifier ton cœur ou… non, en fait, je sais pourquoi tu as refusé.
-…, Sephiroth sembla se tendre à ses mots, sa prise plus ferme sur la garde de Masamune.
-On était que des outils pour toi, cingla Génésis avec toute sa hargne, et tu ne nous as jamais vraiment aimés comme nous, on t'aimait. On t'était pratique pour esquiver Hojo, car il n'avait aucun contrôle sur ce que nous pouvions faire en cas de connerie de sa part. Alors tu faisais semblant. Tu as fait semblant de nous aimer. Mais dès qu'on a commencé à faiblir, tu as décidé qu'on en valait plus la peine. J'ai tort ?
-Tu délires à nouveau, tenta de couper l'enfoiré, mais Génésis n'en avait absolument pas fini.
-Au contraire, CHÉRI, il mit de l'emphase sur le mot autrefois si affectueux dans sa bouche, mais qui était devenu si venimeux, je suis parfaitement lucide. Et je peux te jurer que c'est devenu rare. Et je réalise que t'aimer a toujours été une erreur. Car si réellement, tu nous avais aimé en retour, comme nous t'avions aimé à l'époque, tu ne me regarderais pas avec un tel dégoût dans les yeux.
-Tu ES dégoutant, Génésis, fut cinglant Sephiroth, terminant de tuer l'amour de son roux, regarde-toi un peu. Tu tombes en ruine. Tu es une ruine du passé. Je ne suis pas tombé amoureux d'un homme qui se laisse faire comme ça.
-JE NE ME LAISSE PAS FAIRE ! » Comment réanimer la colère, et risquer de le faire avec une rechute, en quelques phrases échangées.
Épée en main, même si c'était la mauvaise, il avait foncé pour découper ce salaud en morceau et le faire taire une bonne fois pour toutes. Mais… mais il ne faisait qu'esquiver, l'enculé !
Avant même qu'il ne s'en rende compte, Génésis avait quitté la clairière pour un environnement plus rocailleux. L'herbe n'était plus visible du tout. Et un domaine étrange découpait l'horizon.
Génésis, confus, allait pour se rendre vers cette dite bâtisse, quand une vague de douleur le mit à terre, sa pauvre épée l'aidant à ne pas complètement finir écrouler.
Il allait sans doute vraiment mourir. Et cette voix qui lui avait dit que son heure n'était pas encore venue, où était-elle ? Était-ce la Déesse ayant pris pitié de lui et cherchant à lui donner un but ?
Il devait savoir. Il ne pouvait pas mourir sans le savoir.
Sephiroth soudain derrière lui, Génésis le sentit juste s'approcher, prêt à lui trancher la tête, quand une tornade blonde s'interposa, envoyant le général d'argent plus loin. Rhapsodos, se retournant avec peine pour finir assis sur une cuisse, eut beaucoup de mal à le reconnaître, au début.
Mais c'était bien lui : Cloud, son Cloud, vivant et ADULTE.
Il avait grandi et prit en muscles, sa crinière dorée moins en bordel que dans le souvenir du roux. Et sa voix quand il menaça Sephiroth, Buster en main, ce n'était plus une voix d'ado pubère, mais bien la voix d'un homme adulte ayant mué depuis un certain temps.
Génésis, sous le choc, et un peu le charme, tenta bien sûr de dire quelque chose, mais la douleur le frappa plus fortement, le faisant perdre connaissance. Avant de complètement perdre pied, il crut juste entendre de multiples voix derrière lui, des voix très diverses et paniquées.
Il ne se réveillera que trois mois plus tard, dans un hôpital militaire, après avoir été plongé dans un coma artificiel. Cloud assis à son chevet, ainsi que les amis des autres mondes que son cadet s'était fait, il sut que les explications seraient très longues. Surtout que le mal dont souffrait Génésis, la douleur qui avait été sa compagne depuis si longtemps, était pratiquement partit.
Il était… lucide… lui-même… pour de vrai et la première fois depuis tant d'années.
Déjà, Cloud avait vingt-trois ans, faisant que huit années avaient passé depuis leur dernière rencontre. Le programme SOLDAT n'étant plus depuis deux ans, la Shinra ayant fait massacrer les unités restantes, car 'ne pouvait pas les renvoyer dans la nature'. Cloud était devenu un indépendant à temps partiel… le reste du temps, il était un guerrier de la lumière pour la déesse Matéria. Oui, Matéria, comme l'un des objets préférés de Rhapsodos. Il était un protecteur de l'équilibre lumière/ténèbres avec bons nombres de guerriers divers venant d'autres mondes. Opposé à elle, le dieu chaotique Spiritus, ce dernier ayant ses propres champions… dont Sephiroth… et des proches des guerriers de la lumière comme des frères ou des pères.
Des partenaires, des frères d'armes, des amis et de la famille, voilà ce que les guerriers de la lumière étaient devenus pour Cloud Strife.
Et puisque Cloud leur était si proche, ils avaient décidé de l'aider à sauver son amant.
Ils se trouvaient depuis trois mois en Esthar, pays le plus influant d'une autre 'planète', un autre monde. Celui du nommé Squall Loire-Leonhart. Un pays si avancé technologiquement et scientifiquement qu'ils auraient sans doute le remède pour soigner Génésis.
Ce fut le fameux Squall, un jeune brunet avec une cicatrice à l'arme blanche sur le visage, qui prit la parole afin de lui expliquer la plupart des procédures médicales qu'on lui avait fait subir pendant qu'il était dans le coma. Des traitements pour ralentir le processus de dégénérescence cellulaire au point de le stopper dans l'espoir de, peut-être, un jour, l'inverser… au fait qu'ils n'avaient pas eu d'autres choix que de l'amputer du bras droit.
Vraiment désolé pour ça.
Confus, Génésis avait tenté de poser la main sur son épaule droite… pour se rendre compte qu'il n'y avait vraiment plus de bras. Un des amis de Cloud, un 'albinos' du nom de Cecil Harvey, aida le roux à se redresser avant que Strife n'ait pu le faire lui-même. Là où devait de trouver son bras droit, il n'y avait rien. Rien à part un bandage entourant son torse et camouflant la suture.
Il n'allait vraiment plus pouvoir manier l'épée. Ou être indépendant. À quoi bon lui avoir rendu sa rapière s'il ne pouvait plus s'en servir ?
Un petit bout de femme, Terra Brantford, s'avança, toute penaude, pour lui annoncer que le traitement pour guérir Rhapsodos de son mal n'était pas terminé. S'il l'avait sorti du coma, c'était parce qu'ils avaient besoin de lui conscient. Afin de s'assurer qu'il marchait vraiment. Si Génésis avait encore des phases dite 'maniaque', selon les mots de Cloud, cela voulait dire que le traitement n'avait pas vraiment fait effet.
Et Génésis se demanda pourquoi la petite avait l'air si désolé. Comme si c'était elle qui avait dû lui couper le bras. Ce qui semblait absurde. Mais, d'après Cloud, c'était juste un truc à Terra. Se sentir désolée quand elle annonçait de mauvaises nouvelles, même quand elle n'avait rien fait.
Ce fut en retournant son attention sur son amant vivant que Génésis les vit, accrochées au cou du jeune homme via une chaîne en argent : les alliances de Zack et Angeal. Et s'il savait que son premier amour était parti pour toujours, il devait savoir où était le chiot.
« Cloud, demanda-t-il avec une certaine tension dans la voix, où est… où est Zack ?
-Génésis, sembla reluctant à répondre Strife.
-C'est bien son alliance, demanda-t-il en désignant les deux bagues d'argent et d'obsidienne, que s'est-il passé pendant que j'étais perdu dans ma folie ? » Attrapant les deux bagues, Cloud détourna le visage, comme honteux.
Y avait-il une raison de craindre le pire ? Totalement.
Les quatre amis de Cloud présent, Squall, Cecil, Terra et un homme étrange qui se présenta comme le Guerrier de la Lumière, quittèrent la pièce. Apparemment, ils auraient besoin d'intimité. Ce qui allait être dit n'allait pas du tout être facile à entendre.
Et Génésis comprit la dure réalité : Zack était tombé, lui aussi. Il n'était plus que deux.
Cloud lui raconta les huit années ayant suivi leur séparation. Le plus dur à entendre fut la catastrophe de Nibelheim, les années dans les labos et les mains d'Hojo, leur évasion… et la mort de Zack. Zack qui avait donné sa vie pour sauver celle de Cloud contre le reste des miliciens de la Shinra. Leurs anciens alliés contre eux.
Cloud qui culpabilisait encore un peu, ça se voyait à ses yeux et s'entendait dans sa voix. Son cœur peinait encore à se remettre. Sa mémoire aussi, la combinaison du choc émotionnel et des saloperies d'Hojo ayant altéré une partie de ses souvenirs et totalement effacée une autre.
Cela ne faisait que quelque mois que Cloud se souvenait d'Angeal, à force de s'occuper de la Buster Sword. C'était comme si une partie de l'âme d'Hewley était restée accrochée à son épée. Même s'il ne s'en servait pas, Buster n'étant pas faite pour son style de combat… unique… il ne voulait pas la jeter aux ordures.
Cela ne faisait que quelques semaines que Cloud se souvenait de Génésis, à force d'entendre un garçon du nom de Djidane Tribale réciter les poèmes et pièces de théâtre préférées de Rhapsodos. Dont Loveless.
En encore n'avait-il pas tout retrouvé. Ce qui était frustrant.
Mais, plus que tout, Strife se sentait honteux. Comment pouvait-il dire avoir aimé Angeal, Génésis, et même Zack, en voyant avec quelle facilité il les avait oubliés ? Même Sephiroth, alors qu'il était devenu un salopard, il se sentait mal de ne plus se souvenir de lui aussi bien qu'il ne le devrait.
Cloud Strife avait gagné des amis, certes. Mais il restait toujours un vide laissé par ses amours. Après tout, il ne pouvait plus considérer Sephiroth comme un amour. Pas aux vues de son comportement. Il se prenait littéralement pour un dieu vivant voulant réduire les autres à son service. Le sien et celui de ce monstre de Jénova qu'il continuait d'appeler sa mère… alors que les identités de ses parents biologiques étaient connues. Même avec l'influence de cette saloperie extra-terrestre détruite, en tout cas Matéria avait-elle jurer que Jénova ne le contrôlait plus, l'ancien général d'argent refusait de laisser tomber ses travers et ses lubies ignobles.
Enfin, ce vide s'était un peu comblé à la vue de Rhapsodos, s'il fallait être honnête. Revoir un amour qu'on pensait disparu pouvait avoir cet effet-là sur un homme endeuillé.
« Comment peux-tu être heureux de me voir, ne comprit pas Génésis, après tout ce que j'ai fait ? Après tout ce que j'ai dit ? Tu devais me haïr comme tu hais Sephiroth.
-Parce que, contrairement à Sephiroth, tu ne restes pas borné dans ta connerie, fut la réponse étrange de son amant, contrairement à Sephiroth, je vois dans tes yeux que le souvenir de tes actes t'apporte des regrets. Et, comme je te connais, tu voudras tout faire expier tes 'crimes'.
-Tu dis ça comme si je n'étais pas sans reproches, rétorqua d'un rire froid le roux.
-Tu n'étais pas toi-même, contra Strife avec énergie, c'est cette maladie qui te bouffait le cerveau. Au point de même changer ta personnalité. Je ne te reconnaissais pas, dans ces moments-là. Mais là, quand je regarde l'homme en face de moi, je reconnais déjà bien plus Génésis Rhapsodos.
-Et qu'est-ce que je devrais faire pour me faire tout de même pardonner pour mes péchés, demanda l'ancien général avec une certaine amertume, dis-moi, Cloud. Que dois-je faire ?
-…, incertain, Cloud se leva juste pour prendre le visage de Génésis dans ses mains et l'embrasser tendrement, commence déjà par guérir. La suite, on verra ça plus tard. » Comment raviver la flamme du cœur de Génésis ? Donnez-lui un Chocobo.
Et ainsi, le traitement pour vraiment sauver Génésis put commencer.
Et dura un an. Et il se passa tant de choses en un an.
Déjà, point positif, Génésis n'eut que six épisodes maniques, tous de plus en plus courts. Et, à chaque fois qu'il se finissait, il s'excusait de ce qu'il venait de dire ou de faire. Personne ne lui en avait tenu rigueur. Le voir aller de mieux en mieux était un soulagement suffisant en soi pour qu'on ne se vexe pas des phases dangereuses.
Son corps avait mis du temps, mais les cellules mortes avaient fini par être rejetées par son organisme puis remplacées par des cellules saines. Même au niveau du cerveau, la zone la plus gravement atteinte. Un vrai miracle, que certains avaient même dit en parlant de lui. De quoi gonfler l'égo de cet ancien général si fier. Le voir à nouveau agir comme un paon avait amené un sourire sur le visage de Cloud.
Il était devenu officiellement un guerrier de la lumière. D'abord pour Cloud, certes, mais aussi un peu Matéria. C'était elle qui l'avait invoqué dans ce monde. Sans elle, il n'aurait jamais pu être soigné par les gens d'Esthar. Certains autres guerriers, pour lui apporter leur soutien, avaient tenté de voir si son flux temporel ne pouvait pas être altéré. Comme cela avait été le cas pour Claire Faron, dite Lightning, lorsqu'ils avaient empêché la déesse Étro de mettre la main sur elle, faisant de la jeune femme son chevalier par la force. Bon, cela n'avait pas été possible, mais l'attention était quand même bienvenue.
En parlant de Lightning, son jeune ami, Hope avait demandé à pouvoir travailler avec Esthar sur un projet de prothèse mécanique. Une adaptée pour un ancien soldat, épéiste, mage pyromane dynamique et quelque peu adepte de la grandiloquence. Autant dire que le concerné resta sur le cul à l'idée d'avoir un nouveau bras. Il commençait à se faire à l'idée qu'il serait manchot, se disant que cela faisait partie de sa punition pour ses péchés. Il avait même prévu, pour pouvoir se servir à nouveau de son épée, d'apprendre à se servir de sa main gauche.
Et là, on lui disait qu'on pouvait lui rendre son bras perdu.
Enfin, non, pas lui rendre. Son vrai bras droit s'était décomposé en moins de douze heures, après avoir été coupé. Il n'en restait plus rien. Mais on pouvait lui en donner un tout nouveau. Artificiel, oui, mais fonctionnel.
Génésis avait emménagé avec Cloud, dans un appartement de Midgar. Il était celui qui portait désormais l'alliance d'Angeal. Les deux hommes avaient réitéré leurs vœux de mariage, se jurant d'être à nouveau présent pour l'autre. Sephiroth n'avait pas été inclus, cette fois-ci. De toute manière, il ne portait même plus son alliance.
Et que faisait-il de ses journées quand il n'était pas avec les guerriers ? Il aidait Tifa au bar. Qui aurait cru que celui qu'on appelait autrefois le général ardent travaillerait dans un bar des taudis ? Personne. Surtout pas ses anciens collègues de la Shinra… pour ce qu'il en restait.
Un an avait suffi pour faire renaître un homme complètement détruit. Il était transformé. Déjà, sa belle chevelure rousse, dont il avait toujours été si fier, il s'était permis de la laisser longue, couvrant tout son dos. Ce qu'il n'avait jamais pu se permettre avant, car Seph voulait être le seul de leur quintet avec les cheveux longs. L'argenté hors de sa vie, il se faisait plaisir.
On pouvait aussi revoir l'ombre de son célèbre manteau de cuir rouge en ville. Comment Cloud avait fait pour le trouver était un mystère, mais, parfois, il ne valait mieux pas s'embêter de questions.
Il avait même décidé que sa longue boucle d'oreille ne lui suffisait plus. Il voulait d'autre piercings… sur les deux oreilles. Et pas que les oreilles, en fait. La langue aussi. C'était dingue comment un petit morceau de métal placé à cet endroit pouvait faire fondre Cloud quand il l'embrassait… ou qu'il lui faisait d'autres choses.
Comme ce soir-là, pile un an après leurs retrouvailles. Le deux époux avaient fait l'amour plusieurs fois de suite, voulant profiter du fait qu'ils avaient une semaine de paix.
Une autre chose qui avait changé en huit ans, leur rapport au sexe. À quinze ans, Cloud était un garçon petit et fin, avec peu de muscles et une endurance bien inférieure à la leur. Ça avait tendance à énormément le frustrer, à l'époque. À vingt-trois ans, la donne n'était plus la même. Il était plus grand, même si toujours plus petit que Génésis, avait une stature plus forte et défini, des muscles puissants et une meilleure endurance.
Lors de leurs premières fois après leurs retrouvailles, l'aîné avait toujours été surpris par la nouvelle résistance de son cadet. Dans le bon sens du terme. Fini les temps où Strife restait frustré après l'orgasme car ses amants se retenaient de peur de le blesser. Enfin, les orgasmes, vu qu'ils pouvaient le faire au moins quatre à cinq fois par nuit. Le rouquin avait même proposé à son blond de mener la danse, pour une fois, mais celui-ci avait décliné. Ce n'était pas ce qu'il préférait faire quand il couchait avec un autre homme. Et, pour avoir expérimenté un peu en étant veuf et célibataire, il savait de quoi il parlait. Cela avait juste amusé son époux qui l'avait embrassé avant de partir sur leur troisième round, sa voix devenu grave résonnant avec délice aux oreilles de Rhapsodos.
Génésis posa sa tête sur le ventre de Cloud après lui avoir fait l'amour pour la quatrième fois tandis que celui-ci jetait nonchalamment le préservatif usagé, ronronnant presque de plaisir, les mains de son blond préféré venant se perdre dans sa longue crinière ardente, deux cuisses fortes et fermes contre ses flancs. Et si Strife frissonna sous le contact de la prothèse de métal froid de Rhapsodos, il ne chassa pas sa main pour autant. Sur l'omoplate gauche du rouquin, seul cicatrice qu'il n'aurait jamais, la plaie laissait par la maudite aile noire qui avait détruit sa vie.
« Tu y penses encore, demanda soudain Cloud, la voix lourde et rauque.
-À quoi je pense, selon toi, demanda paresseusement Rhapsodos qui se sentait d'humeur joueuse.
-Tu te demandes encore pourquoi Matéria t'a sauvé, déduisit Strife sans peine, pourquoi Esthar s'est occupé de ton cas ? Pourquoi tu as eu le droit à une deuxième chance ? Surtout que ce n'est pas le cas pour Sephiroth ?
-Et je pense savoir ce que tu vas me dire.
-Tu as eu envie de te faire pardonner, répondit quand même Strife, tu as eu envie d'aller mieux. Même si tu pensais devoir attendre ta vie suivante. » Oh, Génésis voulait vraiment croire que les choses pouvaient être si simples.
Mais, songea-t-il en voyant l'ombre de Sephiroth par sa fenêtre de chambre, perché sur le toit d'un immeuble voisin, rien n'était jamais simple. Rien n'était jamais le fruit du hasard.
Mais, un soupir de complaisance franchissant ses lèvres, il pria juste que le destin ne soit de leur côté, pour une fois. Remontant juste la fine couverture sur leurs deux corps nus, ils étaient en été et pouvaient totalement se le permettre, il se laissa aller au sommeil, bercer par les battements du cœur de son dernier époux.
Était-ce l'amour de la déesse ?
