Final Fantasy VII appartient à Square Enix. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.


Day 1 : Meeting in Another World

Quand il était plus jeune, Cloud était rejeté par tout son village.

Sa mère vivait seule et personne ne savait qui était son père. Lorsqu'ils s'étaient installés dans le petit village de Nibelheim, tout le monde avait toisé Claudia Strife avec le plus grand dédain. Une femme seule, avec un enfant au père inconnu... Les hommes se contentaient de l'ignorer ou de faire des commentaires gras sur sa vertu et les femmes parlaient sur son passage en la traitant de fille légère, de gourgandine et avaient peur qu'elle vienne leur voler leurs maris.

Claudia s'était installée ici à la mort de son compagnon et avec les maigres revenus qu'elle avait, ne pouvait pas déménager malgré les demandes incessantes de son fils. Cloud avait appris à faire avec et s'était fait à l'idée de ne jamais avoir aucun ami. Il ne fréquentait pas l'école puisque les enseignantes ne voulaient pas de lui et il apprenait ce qu'il pouvait chez lui. Il jouait seul, à l'intérieur, la plupart du temps et il fallait que sa mère insiste pour qu'il aille un peu à la lumière du jour.

Ce jour-là, alors qu'il avait cinq ans, c'était ce qui s'était passé. Sa mère venait de faire le ménage et lui avait dit d'aller faire un tour dehors, et c'est ce qu'il avait voulu faire. Et rapidement, comme à chaque fois, les garçons du village lui avaient cherché des ennuis. Ils avaient commencé à l'insulter et avant qu'ils n'essayent de lui taper dessus, il s'était enfui. Il avait couru tellement longtemps qu'il avait fini par semer ses assaillants et sortir du village. Quand enfin, il s'arrêta, il constata qu'il était dans une forêt et aperçut des éclats de lumière. Il se dirigea vers eux et comprit que la lumière était en fait le reflet du soleil sur les carreaux d'une maison. Une immense maison, entourée d'une haute muraille de pierres, se tenait là, de l'autre côté de la forêt. Il n'était jamais sorti du village avant et il fut fasciné par la bâtisse. Il en fit deux fois le tour avant d'entendre une voix.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Immédiatement, Cloud s'immobilisa. Il chercha des yeux qui avait parlé sans trouver personne.

- Je... Je me suis perdu.

- Tu viens du village ?

- ...Oui...

- Tu ferais bien d'y retourner.

Cloud se dit alors que c'était une bonne idée avant de se rendre compte de quelque chose.

- Je... Je ne sais pas comment faire.

Il réalisa aussi qu'il n'avait aucune idée de l'endroit exact où il était et qu'il ne savait pas comment contacter sa mère pour qu'elle vienne le chercher. En comprenant cela, il se mit à pleurer sans pouvoir s'en empêcher et s'agenouilla par terre quand ses jambes ne supportèrent plus son poids. Tellement pris dans ses larmes, il n'entendit pas quelqu'un sauter à côté de lui. Par contre, il sentit une main se poser sur son épaule. Il leva la tête et s'essuya les yeux pour distinguer l'autre garçon. Il était plus grand que lui, d'au moins une tête. Il avait le teint pâle et un air triste voilait son regard vert.

- Eh, ça va aller, dit le garçon.

- Je suis perdu.

- On va demander à ma mère si on peut appeler tes parents.

- Je... Je connais pas son numéro.

L'autre garçon l'aida à se relever.

- Tu t'appelles comment ?

- J'ai pas le droit de le dire.

Ce n'était pas entièrement vrai. Sa mère lui avait toujours dit de faire attention, mais pour éviter les problèmes, il ne sortait pas de chez lui. Tout le monde au village savait qui il était et ils ne cessaient de lui en vouloir, de le calomnier et de le rabaisser pour ça. Il n'avait jamais compris ce qu'il avait fait, mais sa mère lui avait expliqué qu'il fallait juste les ignorer. Or, ce garçon n'avait pas l'air de savoir qui il était. Cloud ne voulait pas lui dire, parce qu'il était persuadé que dès qu'il saurait, il lui ferait vivre la misère que lui faisaient vivre les autres villageois.

Mais le garçon n'insista pas et le conduisit chez lui. Il appela sa mère, une gentille femme au visage doux, qui s'empressa de lui demander son nom et son numéro de téléphone pour qu'elle appelle sa mère. Mais Cloud refusa. Il savait que dès qu'ils sauraient qui il était, ils le jetteraient dehors et il serait de nouveau perdu.

- Tu viens du village ? Demanda la femme doucement.

Sans dire un mot, Cloud hocha la tête et elle lui fit un sourire.

- Ne bouge pas, je reviens. Sephiroth, chéri, tu peux lui donner quelque chose à manger ? Je suis sûr qu'il a envie de goûter.

Elle disparut dans une autre pièce et Sephiroth se leva et alla dans les placards pour en sortir du pain, un gros pot de Nutella, des fruits et une bouteille de jus de fruit. Il leur sortit des assiettes et ils goûtèrent en silence.

- C'est comment ? Demanda soudain Sephiroth.

- De quoi ?

- De vivre au village ?

Surpris par la question, Cloud le regarda sans trop comprendre et Sephiroth soupira.

- Ma mère ne veut pas qu'on se rapproche du village. Elle dit qu'on est mieux à l'écart, mais... Je m'ennuie des fois.

- J'aimerais bien vivre à l'écart, moi, grogna Cloud.

- Ah oui ?

- Les autres sont méchants avec moi.

- Pourquoi ?

- Je sais pas.

Sephiroth haussa les épaules.

- C'est qu'ils doivent être idiots.

Cloud le regarda.

- Ma mère dit que quand les gens ne t'aiment pas alors qu'ils ne te connaissent pas, c'est qu'ils sont idiots, expliqua Sephiroth.

- Elle a vraiment dit ça ?

- Non, elle a dit un gros mot, mais j'ai pas le droit de le répéter.

- Et il ne manquerait plus que ça !

Sa mère était revenue dans le salon.

- Tu t'appelles Cloud, n'est-ce pas ?

Cloud pâlit.

- Comment... Comment vous savez ?

- J'ai appelé tous les numéros du village jusqu'à tomber sur ta mère. Elle m'a dit de te dire que c'était bien de ne pas donner ton nom à des étrangers, mais que tu as le droit de demander de l'aide quand tu es perdu. Elle est en chemin pour venir te chercher.

Sous l'émotion, Cloud courut vers elle et la serra contre lui en pleurant.

- Eh, sourit-elle en lui caressant les cheveux. Ça va aller, bonhomme, okay?

Cloud s'écarta d'elle en reniflant et hocha la tête.

- Va jouer avec Sephiroth en attendant, d'accord ? Elle ne devrait pas tarder.

Timidement, Cloud hocha la tête et suivit Sephiroth.

Il passa alors une des meilleurs après-midi de sa vie. Sephiroth lui avait montré sa collection de livres et de figurines de super-héros. Ils étaient en train de faire une partie où Sephiroth était Iron Man et Cloud Captain America quand la mère de Sephiroth et celle de Cloud entrèrent dans la chambre. En voyant sa mère, Cloud se précipita vers elle.

- Cloud, combien de fois je t'ai dit de ne pas aller dans la forêt !

- J'ai pas fait exprès ! Il y avait les garçons qui m'insultaient et...

- Tu aurais dû rentrer à la maison, alors...

- Tu avais dit que je devais aller dehors !

Elle soupira et se baissa à son niveau.

- J'ai eu très peur, Cloud. Il aurait pu t'arriver n'importe quoi...

- Désolé, maman...

Elle le prit dans ses bras.

- Je suis soulagé de voir que tu n'as rien. Tu as eu de la chance, tu comprends ?

- Oui, maman.

Sa mère se releva.

- Merci encore, Lucretia.

La mère de Sephiroth sourit.

- Il n'y a pas de quoi. Je suis contente que ce ne soit pas un de ces tarés de bouseux qui soit venu jusque-là.

- Ces tarés de bouseux ?

- Pardon, hum... Un des gens du village.

Claudia sourit.

- Si vous n'aimiez pas la campagne, vous vous êtes installé au mauvais endroit.

- Je n'ai rien contre la campagne. Juste quelque chose contre les gens qui se marient avec leurs sœurs.

Claudia rigola.

- Je vous offre un café ? Demanda Lucretia.

- Volontiers. Cloud, tu restes avec Sephiroth, d'accord ?

Heureux, Cloud hocha la tête et reprit sa partie avec Sephiroth alors que leurs mères descendaient dans la cuisine.

Le soir, Lucretia les invita à dîner, et pendant le repas, elle expliqua que son mari travaillait en ville et qu'ils s'étaient installés ici à la suite de sa dernière promotion. Apparemment, son mari bougeait beaucoup pour son travail et ils avaient convenu que de déménager trop souvent n'était pas bon pour leur fils, qui faisait régulièrement des cauchemars, d'où leur décision de trouver une maison. Mais malheureusement, selon ses propres termes, elle ne pensait pas qu'elle avait déménagé dans le village le plus arriéré de la planète. Ça avait fait beaucoup rire la mère de Cloud qui lui avait expliqué que son compagnon était mort au combat et que comme ils ne s'étaient jamais mariés, les villageois la prenaient pour une... Enfin voilà. Cloud et Sephiroth avaient attendu qu'elle développe, mais la mère de Sephiroth avait l'air d'avoir compris et pesta contre ces 'abrutis de consanguins'.

Ils se quittèrent le soir et le lendemain, Cloud fut autorisé à retourner chez Sephiroth. Au bout de quelques semaines, Lucretia proposa à Claudia de faire suivre à Cloud le même cursus scolaire que son fils. Elle l'avait inscrit à une école en ligne parce qu'elle avait refusé de le mettre à l'école du village. Et comme Cloud avait deux ans de moins que son fils, il pouvait prendre ses anciens cours et passer son diplôme en ligne le moment venu. Tous les jours, Cloud venait chez Sephiroth étudier, puis jouer quand ils avaient fini.

Le temps passa et quand ils furent en âge, après avoir passé leurs diplômes en ligne, ils se retrouvèrent à la fac. Le déménagement en ville fut un changement énorme pour les deux jeunes hommes qui furent surpris de voir que personne, pour une fois, ne les insultait gratuitement. Ils restaient malgré tout un peu en retrait des autres, même s'ils s'étaient fait quelques amis. Pour économiser, ils avaient décidé de partager le même appartement et après une soirée un peu arrosée, ils se mirent à partager le même lit, ce qui ne surprit pas vraiment leurs mères.

À la fin de la fac, ils avaient trouvé chacun leurs voies et s'étaient installés ensemble à mi-chemin entre leurs emplois respectifs.

En ce samedi matin, Cloud se réveilla seul dans le lit. Baillant et encore un peu endormi, il se leva et s'habilla. Il retrouva son petit ami dans le salon à lire le journal en buvant un thé.

- Bien dormis ? Lui demanda-t-il.

- Oui, et toi ?

- Hum.

Coud soupira. Il connaissait ce 'hum' par cœur.

- Tu as encore eu des cauchemars?

Soupirant, Sephiroth posa son journal.

- Oui.

Cloud s'assit sur ses genoux.

- Tu veux m'en parler ?

Sephiroth haussa les épaules et regarda par la fenêtre. Après un long moment, il parla :

- C'est le même que je faisais quand j'étais plus jeune.

- Celui où tu détruis le monde ?

- Oui. Et tu étais là, comme d'habitude.

- Et je te bottais le cul, comme d'habitude ?

- Ce n'est pas drôle, Cloud, grogna Sephiroth.

- Désolé, sourit Cloud. Mais je pense que tu donnes trop d'importance à ces cauchemars.

- Cloud, je rêve presque toutes les nuits que je prends plaisir à te tuer. Excuse-moi de m'y intéresser.

- Ce ne sont que des rêves, Sephiroth.

- Mais si... Si un jour, ça...

- Ça n'arrivera pas.

- Comment peux-tu le savoir ?

Cloud sourit et glissa ses bras autour de sa nuque.

- Parce que dans tes rêves, toi et moi, on se fait la guerre. Alors que dans la vraie vie, tu es mon meilleur ami. Et mon petit ami. Comment veux-tu qu'on en arrive à ce stade ?

- Si on se sépare ? Beaucoup de gens qui se séparent se détestent après, et...

- Et on se battrait avec des épées et de la magie ? Demanda Cloud avec un haussement de sourcils. Nan. D'un, je ne vois pas pourquoi toi et moi, on se séparerait. Et de deux, même si on se séparait, on est amis avant tout et on serait capable de le rester.

Sephiroth le regarda.

- Tu penses ?

- J'en suis sûr.

Cloud l'embrassa.

- Tu as fait du café ?

- Oui. Comment peux-tu en être aussi sûr ? Comme peux-tu savoir que je ne deviendrais... Que je ne ferais jamais...

Cloud lança avec un sourire.

- Parce que je ne renoncerais pas à toi. Je ne te laisserais pas partir. Jamais.

Il se leva pour aller dans la cuisine.

- Eh oui, mon jeune Padawan. Jamais tu ne passeras du côté obscur de la Force ! Pas tant que je serais là !

- Je savais qu'on n'aurait pas dû regarder Star Wars...

- Eh, je dis rien quand on regarde Avengers et que tu récites toutes les répliques, moi...

Sephiroth fut suffisamment rassuré pour rigoler et le rejoignit dans la cuisine.