Final Fantasy VII appartient à Square Enix. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.
Day 2 : New Beginnings
S'il y avait bien quelque chose que Cloud cachait à sa mère, c'était son ami imaginaire.
Ça avait commencé quand il avait cinq ans. Un jour, il s'était levé et avait vu cet homme, dos à lui, au pied de son lit. Il s'était figé de peur et quand l'homme s'était retourné, Cloud avait retenu le cri d'horreur qu'il avait voulu pousser. L'homme lui ressemblait étrangement, si ce n'est la couleur de ses yeux et le fait qu'il était plus vieux. Beaucoup plus vieux. L'homme avait faiblement souri et s'était assis au bout de son lit. Cloud lui avait demandé ce qu'il faisait là et qui il était. L'homme avait alors pris un moment pour réfléchir et lui avait dit qu'il était là pour le protéger et qu'il s'appelait Sky. Il avait disparu juste après.
Au début, Cloud avait cru qu'il rêvait. Mais il l'avait revu à plusieurs reprises. Sky survenait quand il avait besoin, sans même qu'il ne l'appelle. Un jour, il s'était perdu dans la forêt, et Sky lui avait indiqué comment retrouver son chemin. Une autre fois, il avait voulu aller dans la montagne, mais Sky l'avait dissuadé, et le soir même, il y avait eu une tempête. Si Cloud y était allé, il n'en serait probablement pas sorti vivant.
Il pensait que son ami imaginaire disparaîtrait quand il serait plus vieux, mais à quinze ans, dix ans après, il était toujours là. Souvent, quand sa mère partait pour le marché, Cloud prenait le temps de lui parler. Il lui avait posé des questions sur ce qu'il était réellement, un ami imaginaire, un fantôme ou un ange gardien. Il lui avait demandé d'où il venait, comment était sa maison, mais à chaque fois, le visage de Sky devenait triste et il ne répondait pas.
Quand il lui avait fait part de son envie de rentrer dans l'armée, Sky lui avait dit que c'était une mauvaise idée. Que le SODAT n'était pas ce qu'il croyait, et qu'il ne devait pas s'en approcher. Et bien que ça lui ait brisé le cœur, Cloud l'avait écouté. Parce que Sky avait toujours raison. À seize ans, il quitta son village natal pour aller à la capitale. De là, il s'était fait embaucher dans une armurerie, dans les taudis, en espérant qu'un jour, il aurait assez d'argent pour aller sur le plateau. En attendant, il se contentait de récolter des matériaux pour le forgeron.
Et un jour, il se rendit compte que Sky avait disparu. Alors qu'il arpentait les tas de débris à la recherche de matériaux pour le nouveau modèle que le forgeron voulait réaliser, il mit son pied sur un tas peu solide et tomba. Il se cassa une jambe, se foula la cheville de l'autre et resta coincé pendant plusieurs heures, entre un tas de débris de plusieurs mètres de haut et un mur de métal qui délimitait le secteur. Il essaya d'appeler à l'aide, mais avec tous les bruits ambiants de la ville, personne n'entendit. Il essaya alors d'appeler Sky, mais il ne vint pas. Et là, il commença à paniquer.
Il essaya de se relever, sans succès. Il essaya de se traîner jusqu'à un endroit où on pouvait le voir, mais il mit une heure à avancer de quelques mètres. Plus il avançait, plus des débris lui tombaient dessus. Il se faisait tard et il commençait à faire froid. Mais ce n'était pas le froid qui le dérangeait. C'était les monstres. La nuit, les monstres les plus dangereux sortaient et erraient dans les rues à la recherche de quelque chose à manger. Et si Cloud ne trouvait pas vite un moyen de rentrer chez lui, il allait certainement leur servir de dîner.
Par chance, il finit par entendre des gens parler. Il distingua des paroles et tenta le tout. Il hurla à pleins poumons et frappa contre le mur de métal dans l'espoir que soit son cri, soit le son de ses coups soit entendu. Il faisait tellement de bruit qu'il n'entendait plus les voix parler.
- HEY !
En entendant ce son, il s'arrêta de crier. Il ouvrit les yeux et vit un homme devant lui. Et, pour l'avoir vu plusieurs fois à la télé, il savait qu'il avait devant lui le Général en personne.
- Tu t'es fait mal ? Demanda Sephiroth en essayant de s'approcher.
- Oui. Je crois que je me suis cassé une jambe. Et j'ai mal à mon autre cheville.
- D'accord. Alors ne bouge pas, je vais t'aider.
- Vous avez trouvé quelque chose, monsieur ? Demanda une autre voix.
- Il y a un civil blessé, répondit Sephiroth en continuant d'avancer.
- Vous voulez de l'aide, monsieur ?
Cloud fut surpris de voir Sephiroth lever les yeux au ciel.
- Non, ça devrait aller. Retournez près du véhicule. Je reviendrais quand je l'aurais ramené chez lui.
- Vous êtes sûr, monsieur ?
- Oui, j'en suis sûr, grogna Sephiroth. Rompez, soldat.
Quand ils partirent, Sephiroth grogna et réussit à atteindre Cloud.
- Comme si j'avais besoin d'aide, marmonnait-il entre ses dents.
- De quoi ? Demanda Cloud.
- Rien, grogna Sephiroth. Juste des imbéciles qui pensent qu'ils ont eu l'idée du siècle.
Il le dégagea et l'aida à se mettre debout. Cloud cria de douleur et Sephiroth le retint.
- Je crois que c'est bien cassé.
- Je sais, dit Cloud en grinçant des dents sous la douleur. C'est pas la première fois que je me casse une jambe.
- Je ne peux pas te soigner là, c'est trop instable. Tiens-toi à moi.
En s'appuyant sur le Général, il sortit enfin du tas de débris. Il manquait de hurler à chaque pas parce qu'il devait s'appuyer sur sa cheville foulée, mais tint bon et soupira de soulagement quand Sephiroth le posa sur une caisse vide à côté. Le Général lui enleva ses chaussures et remonta son pantalon. Il le toucha à des endroits stratégiques et Cloud poussa un cri.
- C'est bien cassé.
- Wow, vous êtes fortiche pour sortir des évidences.
Au regard du Général, Cloud se dit qu'il avait peut-être dit une bêtise.
Le truc, c'était que cet homme avait été son héros pendant bien longtemps... Jusqu'à ce que Sky lui parle de lui. Il lui avait dit qu'il ne devait jamais s'en approcher. Que sous ces airs de héros, il était dérangé et que Cloud ne devrait jamais l'approcher. Et au fur et à mesure qu'il lui en avait parlé Cloud s'était mis à éprouver une aversion pour cet homme.
- Tu n'es pas très poli avec l'homme qui vient de te sauver la vie, je trouve.
- Qui est-ce qui tutoie l'autre ?
À sa surprise, Sephiroth rigola.
- Tu as raison.
- Qu'est-ce que vous faites là, d'ailleurs ?
Sephiroth sortit une matéria verte de sa poche et un instant plus tard, Cloud n'avait plus mal.
- Ronde. Apparemment, vous avez une vague de monstres, ces derniers temps.
- Oui, mais... Enfin, vous avez pas autre chose à foutre ?
- Pardon ? Dit Sephiroth en perdant son sourire.
- Je veux dire, il y a pas d'autres gars de Premières ou Secondes Classe qui peuvent faire ça ? Parce que j'imagine que vous avez autre chose à faire, vous. Genre, gérer l'armée, et tout...
Sephiroth l'aida à se relever.
- Stratégie marketing. Visiblement, ça fait du bien à l'image de la ShinRa que je sorte de la Tour de temps en temps.
- Ça a l'air de vous ravir...
- À défaut d'être palpitant, je peux me dégourdir les jambes, au moins.
Cloud sourit et se rhabilla correctement.
- Merci, au fait. De m'avoir sauvé la vie.
- De rien. Tu as une arme sur toi ?
Machinalement, Cloud tata ses poches.
- Non.
- Alors je te raccompagne. Où habites-tu ?
- Secteur 7.
Ils se mirent à marcher vers le secteur 7. Malgré ce que lui avait dit Sky, Cloud était à l'aise. Il lui avait toujours dit que s'il le rencontrait un jour, il devrait rester en permanence sur ses gardes, mais Cloud ne pouvait s'empêcher d'être détendu.
- Et qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Demanda Sephiroth. À part mal parler aux gens qui te sauvent la vie ?
- Je travaille dans une armurerie.
Sephiroth rigola.
- Ça alors. Un forgeron qui n'a pas d'arme...
- Au lieu de ricaner bêtement dans ton coin, dit Cloud sans se rendre compte qu'il avait abandonné les convenances, tu apprendras que je ne suis pas forgeron. Je cherche juste des matériaux pour lui.
- Ah... Mais personne ne t'a expliqué que c'était dangereux de se promener sans arme, la nuit ? Demanda Sephiroth sur le même ton qu'il aurait employé pour un enfant.
- Quand je suis parti, il ne faisait pas nuit.
- Et tu as toujours réponse à tout ?
- Oui.
- Ta mère ne t'a jamais appris à ne pas chercher les ennuis ?
- Si.
- Mais tu insultes quand même les gens plus grands que toi.
- Sinon, je ne pourrais insulter personne.
Sephiroth rigola.
- Au fait, comment tu t'appelles ?
- Cloud. Cloud Strife.
Sephiroth s'arrêta en fronçant les sourcils.
- Cloud Strife ?
Cloud se retourna vers lui.
- Oui. Pourquoi ?
- Tu ne connaîtrais pas Zack Fair, par hasard ?
- Non. Pourquoi ?
Sephiroth continua de le dévisager puis se remit à marcher.
- Pour rien.
- C'est un copain à toi ?
- Si on veut...
- Si on veut ?
- Disons que je l'aime bien... Quand il se tait. Ce qui n'arrive pas souvent, malheureusement.
Cloud rigola. Puis il demanda :
- Pourquoi tu m'as demandé si je le connaissais ?
Sephiroth prit son temps avant de répondre.
- Parce qu'il y a une semaine, Zack a parlé de toi. Et depuis, il a un comportement étrange.
- Comment ça ?
- D'habitude, il est plein d'entrain et toujours souriant, et depuis une semaine... On dirait qu'il se force à sourire. Un de mes collègues m'a demandé si je savais quelque chose parce qu'apparemment, quand il pense que personne ne le voit, il arrête de sourire et il fronce les sourcils.
- Peut-être qu'il a des problèmes ?
- Peut-être. Je devrais lui demander.
- Tu ne peux pas en parler avec tes autres amis ?
Sephiroth toussa.
- Disons que je... Je n'ai pas... Je ne suis pas du genre social, comme être humain...
Cloud sourit.
- Tu n'as pas d'autre ami, à part lui...
- Non. Les seuls amis que j'avais sont morts.
Cloud arrêta de sourire.
- Wow, c'est glauque.
- Hum.
- Tu peux peut-être en parler avec ta famille, non ? Demanda Cloud, en espérant qu'il n'avait pas fait de boulette.
- Ma mère est morte. J'évite mon père quand je peux. Et je n'ai pas de frère et sœur.
- Wow, c'est déprimant, répondit Cloud.
- Hum.
Après un silence gênant, Sephiroth reprit.
- Et toi, ta famille ?
- Mon père est mort, et ma mère vit à Nibelheim.
- Ça doit être bien de pouvoir rentrer quelque part, soupira Sephiroth d'un air éteint.
- Pas vraiment, grogna Cloud. Je déteste cet endroit.
- Pourquoi ?
- J'ai jamais réussi à m'intégrer. Je ne suis pas du genre social, moi non plus.
- On devrait peut-être faire un club...
- Si c'est pour que toutes tes fans hystériques rappliquent, non merci.
Sephiroth rigola.
- On est arrivé, dit Cloud.
Devant le bungalow à l'air miteux, Sephiroth siffla.
- Ça a l'air... Douillet...
- La ferme, grogna Cloud. Je ne peux pas vraiment me payer autre chose.
- Je ne me moquais pas... J'imagine que ça ne doit pas être évident tous les jours.
- On a pas tous des payes à quatre chiffres.
- Six.
- Connard.
Sephiroth rigola.
- Eh bien, je te laisse. Au plaisir de te revoir.
- C'est ça, grogna Cloud en sortant ses clés.
Le Général fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- ''Au plaisir de te revoir''. C'est pas comme si tu allais repasser dans le coin.
- Peut-être.
- Tu n'as pas un bureau qui t'attend ?
- Tu ne voudrais pas que je revienne te voir ?
- Pourquoi tu voudrais me revoir ?
Sephiroth soupira.
- Je ne sais pas. Probablement parce que tu es la première personne depuis longtemps qui me rencontre et qui ne me fait pas soit une déclaration d'amour, soit essaye de me lécher les bottes.
Cloud réalisa quelque chose et sourit.
- Les soldats de tout à l'heure... C'est pour ça que tu grognais quand ils t'ont demandé si tu avais besoin d'aide.
Sephiroth soupira et grogna.
- Depuis qu'un abruti a essayé de monter en grade après m'avoir ''rendu service'', ils pensent tous que s'ils font quelque chose pour moi, je leur donnerais une promotion.
Cloud ricana.
- Ah... Pauvre petit Sephiroth, tout le monde l'aime. Ça doit être si dur.
- Désolé. Je ne sens pas ton venin à travers mon salaire à six chiffres.
- Moi, j'ai une famille, en attendant.
- Et moi des amis.
- Un seul.
- C'est déjà plus que toi.
- Je préfère les comptes ronds. Zéro, c'est bien.
Sephiroth rigola. Rire qui fut de courte durée puisque son téléphone sonna.
- Ah, dit-il en fronçant les sourcils. On se demande où je suis passé...
Il soupira.
- Bon...
- Je t'aurais bien invité à prendre un café, mais j'ai peur que ta meute de labradors soit perdue sans toi.
- Non, les labradors sont fidèles, au moins.
Cloud ricana. Le téléphone de Sephiroth sonna une autre fois et il décrocha, l'air agacé.
- Oui ?
De là où il était, Cloud entendait la voix du soldat dans le combiné.
- Monsieur, où êtes-vous ?
- J'arrive.
- On vous attend pour rentrer, monsieur !
Sephiroth soupira en regardant Cloud.
- Vous savez quoi ? Rentrez sans moi.
- Mais monsieur...
- C'est un ordre. Ou attendez-moi là où vous êtes si vous voulez, mais je ne rentre pas tout de suite.
- Mais monsieur...
Sans prendre la peine de répondre, Sephiroth raccrocha. Cloud sourit.
- Wow, le grand général qui découche... C'est du jamais-vu.
- La ferme, répondit-il en souriant. Et ce café ?
Malgré ce que lui avait dit Sky, Cloud avait invité Sephiroth chez lui. Au bout d'un moment, fatigué que son téléphone s'allume tout le temps, Sephiroth l'éteignit. Ils discutèrent et rigolèrent toute la nuit et le Général le quitta aux premières lueurs du jour.
Il revint le voir à de nombreuses reprises et Cloud fit ce que Sky lui avait toujours interdit. Il baissa sa garde. Il se sentait tellement à l'aise avec lui. Chaque pique qu'il lui lançait ou qu'il recevait, ça ne faisait que les faire rire davantage. Pour la première fois, il avait l'impression d'avoir un ami. Un qui n'était pas imaginaire.
Un jour, Sephiroth lui avait dit qu'il s'était fait remonter les bretelles par son supérieur parce qu'il ne rentrait pas tous les soirs dans ses appartements. Ça n'avait fait que faire rire Cloud encore plus fort.
- Oh, le vilain garçon qui passe la nuit dehors, se moqua Cloud.
- Ne rigole pas. J'ai eu droit à tout un speech sur le fait que ça me fait rater des missions et que ce n'est pas bien. J'ai dû promettre que je ne recommencerais pas.
- Me dit-il après avoir squatté depuis deux jours, sourit Cloud.
Effectivement, Sephiroth campait dans son appartement depuis deux jours. Quand Cloud sortait travailler, Sephiroth faisait des rondes dans les taudis et tuait les monstres qu'il croisait. Et le soir, ils se retrouvaient dans l'appartement de Cloud.
- Et tu vas tenir ta promesse ?
- Non.
Cloud rigola. Quand il se calma, il demanda.
- Enfin, j'espère qu'ils ne viendront pas m'arrêter parce que j'ai kidnappé leur star adorée.
- Il y a peu de risques, dit Sephiroth. Chaque fois que je viens, je prends les pires chemins pour venir. Et comme personne n'a vu ton visage le jour où je t'ai rencontré, personne ne sait que tu existes.
- Tant mieux.
Cloud se leva et mit leurs deux tasses dans l'évier.
- Parce que je ne voudrais pas me faire arracher la tête par tes fans hystériques.
- Aussi étrange que ça paraisse, moi aussi j'aime ta tête là où elle est.
- Oui, dit Cloud en faisant la vaisselle. Parce que si je mourais, tu perdrais ton seul ami et tu te retrouverais avec Zack le type chelou. Il ne s'est toujours pas amélioré, d'ailleurs ? Ajouta-t-il en se retournant.
Le regard sombre qu'avait Sephiroth envers son parquet le fit jurer. Il venait de faire une boulette.
- Oh, mer... Excuse-moi, j'avais oublié...
- Hum.
Cloud s'assit à côté de lui.
- Je suis désolé.
- Ce n'est pas de ta faute, dit Sephiroth d'une voix grave. C'est ce qui se passe quand tu fraternises avec tes frères d'armes. Quand ils meurent, il ne reste plus que toi pour les enterrer.
Cloud lui caressa la main.
- Hey, dit-il d'une voix douce. L'avantage. C'est que je ne suis pas dans l'armée. J'ai moins de chances de mourir.
Sephiroth lui sourit faiblement.
- C'est vrai.
Il se racla la gorge.
- Et pour répondre à ta question, non, Zack n'a pas changé. Il ne fait même plus semblant de sourire, maintenant. Et quand je lui ai proposé de te rencontrer, il a dit qu'il s'en fichait.
- Ah... Il est vraiment bizarre, ton pote.
- On ne peut plus vraiment dire que c'est mon ami, maintenant. Il ne me parle presque plus, sauf si on travaille ensemble. Je ne sais pas ce que je lui ai fait, mais...
- C'est peut-être juste un type chelou, dit Cloud.
- Oui...
- Hey, le bon côté des choses, dit Cloud. C'est que maintenant, on a le même nombre d'amis, toi et moi.
Sephiroth rigola.
- C'est vrai.
- Sauf que moi, dit Cloud. Je n'ai pas des ménagères hystériques qui bavent sur mon poster.
- Avoue que tu es jaloux, sourit le soldat.
- Nan. J'aime bien ma vie tranquille comme elle est.
Ils ne dirent rien pendant un moment et Sephiroth posa une question qui prit Cloud de cours.
- Tu as une petite amie ?
- Euh... Non, pourquoi ?
- Rien, je me posais la question, l'autre jour. Je me disais que si tu en avais une, elle n'aimerait peut-être pas que tu passes presque toutes tes nuits avec moi.
- Non, j'en ai pas. Je me suis fait un ami qu'au bout de seize ans. Je ne suis pas prêt d'avoir une petite amie.
Sephiroth rigola.
- Et toi ? Demanda Cloud.
- Moi ?
- Tu as quelqu'un dans ta vie ?
- Non.
- C'est vrai ?
- Je n'ai pas le temps pour ça. J'ai trop de travail.
- Dit le type qui va s'est pris une chasse parce qu'il passe presque toutes ses nuits chez moi.
- Oui, mais toi, j'apprécie ta présence. Ce n'est pas vraiment le cas du reste de l'humanité.
Cloud rigola.
- On va finir comme deux gros célibataires des familles, ça va être joyeux.
- Au pire, si dans dix ans, on est toujours célibataires, on n'aura qu'à se marier ensemble.
Cloud sourit.
- Ouais. Et j'aurais toute une horde de harpies derrière mon cul.
- Oh, et je pourrais quitter mon boulot et avoir une vie normale.
- Et je pourrais profiter de ton argent !
- Et moi de ta famille. Mais on aurait plus d'amis, du coup.
Cloud s'arrêta un instant et haussa les épaules.
- C'est pas grave.
Sephiroth sourit.
- Tu veux vraiment quitter ton boulot ? Demanda Cloud.
- Disons que plus le temps passe, plus ça me trotte dans la tête.
- Pourquoi tu ne le fais pas ?
- Et j'irais où derrière ? Comment je gagnerais ma vie ? Tout ce que je sais faire, c'est tuer.
- Deviens mercenaire.
Sephiroth ouvrit la bouche pour répondre, mais la ferma.
- Ce n'est pas idiot.
- Ça m'arrive, dit Cloud en souriant.
Son téléphone sonna. Il fronça les sourcils. Personne n'avait son numéro. À part sa mère. Il décrocha.
- Allô ?
- Cloud ?
- Maman ?
Il se leva. Malgré la mauvaise réception et le bruit ambiant du côté de sa mère, il entendait sa respiration forte.
- Qu'est-ce qu'il se passe, tout va bien ?
- Mon chéri, tu es toujours à Midgar ?
- Oui, pourquoi ?
Sa mère renifla.
- Maman, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Le réacteur...
- Il y a un problème avec le réacteur ?
- Mon chéri... Il y a eu un problème au réacteur et il a explosé.
- Explosé ?
Sephiroth fronça les sourcils à son tour.
- Ce n'est pas possible.
Cloud lui jeta un regard inquiet.
- Tu es où là ?
- Oh, on est à l'auberge. Apparemment, le réacteur a causé une réaction en chaîne et un volcan s'est réveillé. Mon chéri... Le village a été détruit.
- Détruit... Mais comment c'est possible ?
- Eh bien, le gentil monsieur qui nous a fait évacuer nous a dit que la lave avait tout recouvert et...
- Non, mais d'accord, mais...
Cloud s'assit et souffla.
- J'y crois pas...
- Mon chéri, dit sa mère, la voix tremblante. Je suis désolé... Je voulais prendre tes affaires, mais le monsieur m'a dit que je n'avais pas le temps.
- Je m'en fous, c'est pas grave, ça. Tu vas bien ? Toi, tu vas bien ?
- Oui. Oui, ne t'en fais pas. Le monsieur qui nous a fait évacuer s'est assuré que j'allais bien.
- C'était qui ce type ?
- Oh, quelqu'un de la ShinRa. Il m'a dit son nom... Hum, c'était quoi déjà... Zack... Quelque chose.
Cloud pâlit.
- Zack Fair ?
- Oui. Oui, c'est ça. Oh ? Oui, oui, d'accord. Cloud, mon chéri on me dit que je dois raccrocher. Je te rappelle quand on arrive dans la capitale, d'accord ?
- D'accord, souffla Cloud. Je t'aime, maman. Fais attention.
- Moi aussi, mon chéri. Je t'bip bip bip...
Cloud posa son téléphone.
- Le réacteur de Nibleheim vient d'exploser.
- Cloud, les réacteurs n'explosent pas comme ça.
Sephiroth ralluma son téléphone. Il n'avait aucun appel manqué ni aucun message.
- C'est étrange... Personne ne m'a prévenu.
- Et Zack Fair vient de sauver ma mère.
- Attends, Zack est là-bas ?
- Apparemment.
Soudain, on frappa à la porte du bungalow de Cloud. Les deux garçons se regardèrent en fronçant les sourcils et se levèrent. Cloud alla ouvrir. Un type brun avec un uniforme de soldat se tenait devant la porte.
- Je peux entrer ?
- Et vous êtes ?
- Zack ? Demanda Sephiroth qui s'était levé.
Zack eut un faible sourire.
- Pas vraiment.
- Pourquoi je n'ai pas été mis au courant, pour le réacteur ?
- Parce que j'ai désactivé ton téléphone. Tu n'as pas remarqué que personne ne t'avait contacté depuis deux jours ?
- Pourquoi tu as fait ça ?
- Pour pouvoir faire ce que je voulais faire en paix. Comme je savais que tu ne viendrais pas pour la mission, c'était l'occasion d'agir. Je peux entrer ? J'ai des choses à vous dire.
Cloud le laissa entrer. Zack posa son épée contre le mur et s'assit sur le lit de Cloud sans y être invité.
- Vous avez sauvé ma mère ? Demanda Cloud.
- Le réacteur de Nibelheim a explosé ? Demanda Sephiroth en même temps.
Zack soupira.
- Oui. Et oui. Installez-vous, ça va être long.
En silence, Cloud et Sephiroth s'installèrent. Zack regarda Sephiroth et perdit le peu de joie qu'il semblait avoir.
- Que sais-tu sur toi ?
- Comment ça ?
- Sur ta vie. Qu'est-ce que tu sais jusqu'à présent. Que ta mère s'appelle Jenova et qu'elle est morte en couches, c'est ça ?
- Comment tu le sais ?
- Parce que tu m'en as parlé une fois. Il y a très longtemps.
Zack soupira.
- Je ne suis pas Zack. Je ne fais qu'emprunter son corps.
- Comment ça, emprunter son corps ?
- Comme dans 'je suis un esprit qui hante un vivant' ?
- Un esprit ?
- Oui. Pour en revenir à ta mère, elle est morte, oui. Mais elle ne s'appelait pas Jenova. Elle s'appelait Lucrecia.
Sephiroth fronçait les sourcils. Zack continua.
- Et tu es le résultat d'un projet de laboratoire. Mais j'imagine que tu t'en doutes.
Cloud regarda Sephiroth qui n'avait pas l'air surpris.
- Ce n'est pas difficile à deviner, grogna Sephiroth.
- Tu le savais ? Demanda Cloud.
- Les seules personnes qui arrivaient à tenir le coup en combat avec moi, c'était Angeal et Genesis. Et vu ce qu'on leur a fait, c'était logique de penser que moi aussi, on m'avait fait quelque chose.
Le visage de Zack s'assombrit.
- Tu es le projet d'origine. Ils ont couplé ton ADN avec de l'ADN extraterrestre.
- Hein ?
Cette fois, Sephiroth parut surpris.
- Ils ont fait quoi ?
- Hojo a couplé ton ADN avec de l'ADN d'un spécimen alien qu'ils ont trouvé dans la glace. Il s'est mis à lui vouer une espèce de culte et t'a créé pour que tu provoques la fin du monde. En gros.
Sephiroth se laissa tomber contre le dossier de la chaise. Cloud le regarda inquiet. Même s'il était parfaitement immobile, ses yeux bougeaient dans tous les sens, comme s'il essayait de chercher une réponse ancrée bien profondément dans son crâne.
- Comment... Comment je devais provoquer la fin du monde ?
- En invoquant un météore, ou en empoisonnant la rivière de la vie. Enfin, ce n'est pas l'imagination qui t'a manqué.
- Qui m'a...
Sephiroth se redressa et regarda Zack.
- Ça c'est déjà produit, n'est-ce pas ?
Zack eut un faible sourire.
- Oui. Dans une autre version de la réalité.
- Je suis largué, soupira Cloud.
Zack soupira.
- Ce sera plus simple si je vous montre.
Zack ferma les yeux et retomba en arrière sur le lit de Cloud, comme s'il s'était endormi en une seconde. Juste après, une lumière blanche s'éleva de son corps et la forme d'un homme se dessina. La forme se redressa et Cloud se redressa d'un coup.
- Sky !
Sky sourit faiblement.
Sephiroth se leva à son tour.
- Attends, tu connais ce type ?
- Oui c'est mon...
Cloud s'arrêta, et fut gêné.
- Mon ami imaginaire ?
- Ton... Hein ?
- Mais je croyais que tu avais disparu ! S'étonna Cloud en regardant Sky. Depuis que je suis arrivé à Midgar, je n'arrive pas à te contacter.
- J'étais occupé à posséder Zack. Je ne pouvais pas être partout.
- Attends, intervint Sephiroth. Pourquoi tu ressembles à Cloud ?
Sky eut un faible sourire.
- Parce que je suis lui. Je suis le Cloud qui s'est battu contre toi, qui t'a affronté à maintes reprises. Le Cloud qui a vu son héros d'enfance mettre le feu à son village et tuer sa mère sans sourciller. Et dont l'esprit a réussi à remonter dans la Rivière de la Vie pour empêcher la fin du monde.
- Donc, dit Sephiroth solennel. J'ai provoqué la fin du monde.
- Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais non. Je t'en ai toujours empêché. Mais nos combats ont affaibli la Planète et elle s'est éteinte. Je suis là pour empêcher ça.
- Comment ? Demanda Sephiroth.
- En t'empêchant de devenir mégalo. J'ai détruit le réacteur mako à Nibelheim, avec les restes de Jénova à l'intérieur.
- C'était toi.
- Oui.
- Comment tu as fait ? Demanda Sephiroth.
La forme vaporeuse sourit.
- Disons que je suis doué. J'ai eu le temps d'évacuer tout le monde avant l'explosion du volcan. Il était endormi, mais je savais ce qui se passerait. Disons que je n'en suis pas à mon coup d'essai.
- Ce qui veut dire ? Demanda Sephiroth.
- Que cette version de la réalité que j'ai modifiée est la numéro trente-sept. Et j'aimerais bien que ce soit la dernière. Je suis fatigué.
Il soupira.
- J'ai tout essayé pour modifier le futur. Rien n'a changé. À chaque fois, tu devenais fou. Vous vous entretuez. Et la Planète mourrait. C'est pour ça que je t'avais dit de ne pas t'en approcher Cloud. Et que je ne voulais pas que tu intègres le Soldat. Parce que dès que vous vous rencontrez, le compte à rebours se met en place, la fin du monde se déclenche.
- Ça veut dire qu'on va déclencher la fin du monde ? Demanda Cloud d'une petite voix.
Mais la forme vaporeuse sourit.
- Non. Non, je crois que cette fois, c'est la bonne.
- Comment peux-tu le savoir ? Demanda Sephiroth.
- À cause de toi.
Sephiroth regarda le fantôme.
- Jamais, en trente-sept réalités différentes, tu n'as loupé un jour de travail. Jamais, tu n'as fait passer ton travail avant qui que ce soit. Jamais, tu n'as préféré passer du temps avec Cloud plutôt qu'avec qui que ce soit d'autre. Et jamais, en trente-sept réalités différentes, tu ne m'as écouté jusqu'au bout quand je t'ai avoué la vérité sans essayer de me tuer.
Sephiroth resta silencieux. Cloud le regarda inquiet.
- Hey ça va ? Tu ressens le besoin de tuer des gens ?
Quand Sephiroth lui jeta un regard noir, Cloud leva les mains en signe de paix.
- Juste pour savoir.
- J'aimerais bien savoir aussi, intervint le fantôme.
Sephiroth le regarda.
- J'aimerais juste pouvoir reposer en paix, souffla le fantôme. Mais je ne pourrais pas le faire tant que ce ne sera pas réglé.
- Est-ce que moi aussi, je suis en partie alien ? Demanda Cloud.
Les deux autres le regardèrent.
- Pourquoi tu serais en partie alien ? Demanda Sephiroth.
- Beh... Ça expliquerait pourquoi on s'entend si bien, toi et moi.
Sephiroth eut un faible sourire. Il regarda le fantôme.
- Je n'ai pas envie de détruire le monde. Je n'y ai peut-être pas ma place, mais je n'ai rien contre les gens qui y habitent.
Le fantôme sourit.
- Si tu savais le temps que j'ai attendu pour entendre cette phrase.
- Tu es sûr que ça ira, maintenant ? Demanda Sephiroth, tout de même inquiet.
- Oui. Le problème avec toi, c'est que tu as deux côtés en toi. Le côté alien et le côté humain. Et pour la première fois, c'est ton côté humain qui a gagné.
Il sourit doucement.
- C'est Aerith qui avait raison...
- Ce n'est pas sa petite amie ? Demanda Sephiroth en pointant la forme endormie de Zack.
- Si. Mais je parle d'une autre version d'elle. Elle était persuadée que si on arrivait à te raisonner, on devait faire appel à ton côté humain. Et...
Il souffla.
- J'ai essayé tout ce que j'ai pu imaginer pour le réveiller. Mais visiblement, seul Cloud pouvait le faire.
- Moi ?
Le fantôme lui sourit.
- Oui. Je pensais que si je te séparais de lui, tu aurais peut-être une chance. Remarque ça n'a pas marché pendant la réalité 4, ni la 26, alors... Mais tu l'as trouvé tout seul. Et tu es devenu ami avec lui, malgré ce que je t'en avais dit...
- Attends, intervint Sephiroth en se tournant vers Cloud. Il t'avait parlé de moi ?
- Oui, il m'a dit que tu étais un taré que je devais éviter.
- Pourquoi tu es devenu ami avec moi, alors ?
Cloud haussa les épaules.
- Je t'aime bien. Et au-delà de ça, il m'a surtout ouvert les yeux sur le fait que tu es un être humain et que je devais te traiter comme tel. Et puis...
Il soupira.
- Et puis j'ai jamais eu d'ami, avant. Et c'était cool d'en avoir un...
Le Cloud vaporeux grogna et regarda en l'air.
- Ça va, j'avais compris !
Les deux autres le regardèrent, surpris
- Désolé, dit-il. Aerith me dit de vous dire que c'est justement parce que tu as été traité comme un humain, pour une fois, que tu n'as pas sombré dans la folie.
- Mais... Si ça arrive quand même, demanda Sephiroth.
- Je te botterais le cul, répondit le vrai Cloud.
Les deux autres le regardèrent.
- Quoi ? C'est mon rôle, non ? Je te botterais le cul.
- Je suis le plus grand soldat de la planète.
- Je te prends quand tu veux.
- Je ne ferais qu'une bouchée de toi.
- C'est ce qu'ils disent tous.
- Quand ta mère te recevra dans une boite d'allumettes, tu ne viendras pas pleurer.
- Moi au moins, j'ai une mère.
- Et j'ai un salaire à six chiffres.
- Et aucun charisme.
- J'ai la taille requise pour faire des attractions dans les manèges.
- Et aucune virilité.
- Tu t'es regardé ?
- Okay, trancha le fantôme. Laissez-moi partir avant les préliminaires.
- Quels préliminaires ? Demanda Sephiroth.
- On ne couche pas ensemble ! Se justifia Cloud.
- Ça ne serait pas la première fois, coupa le fantôme.
Il regarda sa main qui disparaissait.
- Je crois bien que c'est l'heure.
Les deux autres se regardaient.
- Tu t'en vas ?
- Je vais mourir. Après des siècles d'errance sur la Planète, je peux enfin reposer en paix.
- Ce n'est pas juste, dit Sephiroth.
Mais le fantôme souriait.
- Crois-moi, la mort, après tout ça, c'est un soulagement. Cloud, quand tu étais plus jeune, je t'ai dit que tu n'arriverais jamais au SOLDAT, et que tu devais les éviter. La vérité, c'est que tu y serais arrivé. Après cinq ans dans un tube de mako à servir de rat de laboratoire pour l'autre taré, et un cerveau et une âme démantelés et recomposés un nombre incalculable de fois. C'est comme ça que je suis devenu le meilleur d'entre eux. Alors sois toi-même.
- Pour devenir comme toi ?
- Non. Avec un peu de chance, tu seras meilleur que moi. Quant à toi, Sephiroth, je t'ai haï pendant des décennies. Et je t'ai vu grandir, plusieurs fois. Et je sais que tu as toujours été quelqu'un de bien, dans le fond. Quelqu'un qui refusait de sacrifier des vies inutilement quand il commandait les bataillons de guerre de la ShinRa. Quelqu'un qui pleurait la perte de ses amis. Et trente-sept fois, je t'ai vu te laisser consumer par ta haine. Je suis heureux de ne pas l'avoir vu une trente-huitième fois.
- Merci à toi, répondit Sephiroth qui laissait les mots sortir de sa bouche sans réfléchir.
Le fantôme sourit.
- De rien.
Il sembla se souvenir de quelque chose.
- Au fait, quand Zack se réveillera, il ne se souviendra de rien depuis deux mois.
- Qu'est-ce qu'on lui dira ?
- La vérité, sourit le fantôme. Que c'est un héros. Même s'il ne s'en souvient pas.
Il les regarda.
- Et trouvez un moyen d'éteindre les réacteurs aussi. Pour éviter que la Planète ne le fasse elle-même. Accessoirement. Et vous pouvez tuer Hojo. Personne ne vous en voudra. Et surtout...
Il sourit.
- Profitez de cette nouvelle vie.
- Sky... murmura Cloud.
Mais il sourit une dernière fois avant de disparaître.
