Titre : Maudit John ! ou 10 fois où John a maudit Sherlock, et 1 fois où Sherlock a maudit John.

Fandom : Sherlock BBC

Pairing : Sherlock/John

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Sir Conan Doyle et l'univers général à la BBC.

Résumé : John a beau être profondément amoureux de son compagnon, il n'empêche que des fois il le déteste de toute son âme. Surtout quand il le met dans des situations fort... embarrassantes. Un jour, il le lui fera payer, c'est sûr !

Note de l'auteure : Ce texte, sans prétention aucune, m'a été inspiré par un commentaire d'Akirion sur une autre de mes histoires. Du coup, Aki, c'est pour toi ! Bon anniversaire !

Bonne lecture.

Lili


Maudit John !

Tout en étalant soigneusement l'enduit sur le mur de la chambre, John pesta contre son compagnon qui avait déserté les lieux, prétextant une enquête quelconque. Bizarrement, il n'avait pas eu besoin de John pour ladite enquête ! Bizarrement ! Alors que Monsieur Sherlock Holmes ne pouvait habituellement pas faire un pas dehors sans son précieux blogueur/médecin/coéquipier/amant/compagnon. Il avait juste fuit le lâche ! Alors qu'il était l'unique responsable de la situation... ou presque...

Reculant d'un pas, John observa son travail, constatant avec une certaine satisfaction que le trou dans le mur était rebouché. Il ne lui restait plus qu'à attendre que ça sèche avant de poncer, puis repeindre, et le mur serait comme neuf. Ça allait donc lui prendre la journée. Tout ça parce que Monsieur Sherlock était une brute quand il était vexé et qu'il avait pris John si sauvagement contre le mur que le médecin s'était littéralement retrouvé encastré dedans.

Encastré oui ! Le trou, que John venait de réparer, avait la forme de sa tête, de ses épaules et de son dos. Si, sur le coup, John ne s'était nullement plaint du traitement dont il était l'objet, il avait vertement enguirlander son homme quand il avait vu l'état du mur ayant accueilli leurs ébats passionnés. Mais Sherlock s'était contenté d'hausser les épaules, nullement intéressé par la chose.

Le pire c'était que le mur n'était pas le seul à avoir souffert des étreintes charnelles des deux occupants de la chambre. Dépité, John jeta un regard sur le lit, enfin sur ce qu'il en restait. Cette fois, c'était lui le coupable. Après une journée de merde à la clinique, il avait retrouvé un Sherlock particulièrement acide, frustré par l'absence d'enquête. Après quelques remarques désagréables de la part du détective, John avait finalement pété un plomb, sautant violemment sur son amant pour lui fermer son clapet et décharger sa propre frustration.

Si Sherlock n'avait pas du tout protesté contre la sauvagerie du médecin, l'encourageant même abondamment dans ce sens, le lit n'y avait, lui, pas survécu. En plus de réparer le mur, John dut donc faire de nombreux allers et retours entre la chambre et les bennes à ordures à l'extérieur, pour se débarrasser du cadre de lit morcelé par ses soins. Heureusement, le matelas, les oreillers et la couette étaient eux intacts et donc réutilisables.

Une fois le lit brisé évacué, John s'attela à découper la moquette, ôtant définitivement les tâches laissées par des étreintes charnelles plus ou moins tendres. Il y en avait une bonne dizaine parsemées ici et là dans la chambre, preuves flagrantes de toutes les fois où les deux amants n'avaient même pas atteint le lit. Heureusement, John avait réussi à retrouver des chutes de la moquette soigneusement rangées dans le sous-sol. Il pourrait donc facilement réparer les trous qu'il faisait actuellement.

Alors qu'il était en train de s'acharner à décoller un petit carré de moquette, bougonnant tant et plus contre l'abruti qui avait mis de la colle partout, il se fit soudainement interpellé :

- Oh John, vous refaites la décoration ?

Surpris, il leva la tête, voyant alors Mrs Hudson sur le palier, le regardant avec son sourire aimable.

- Euh... oui, répondit John. Cela ne vous gêne pas j'espère.

- Absolument pas mon cher, sourit la logeuse en entrant dans la pièce, avant de demander les yeux rivés sur l'enduit fraîchement posé. Qu'était-il arrivé au mur ?

John se sentit rougir jusqu'aux oreilles et bafouilla rapidement :

- Oh, rien de bien méchant ! Une... expérience... Voilà ! Une expérience de Sherlock qui a mal tourné !

Mrs Hudson ne dit rien, se contentant de soupirer avant de se rapprocher de John, toujours à genoux sur la moquette, le cutter à la main.

- Pourquoi ne pas changer directement la moquette ? S'enquit-elle en se penchant pour examiner la tâche que John tentait de faire disparaître.

- On a déjà dû racheter un lit. Ce qui n'était pas prévu dans notre budget, soupira John. Alors la moquette attendra.

- Qu'est-ce qu'il est arrivé au lit ? s'étonna Mrs Hudson.

Mais devant les rougeurs plus que prononcées apparaissant sur les joues de son locataire le plus conciliant, elle préféra rapidement changer de sujet :

- Vous avez essayé de lessiver la moquette ? Ce serait plus simple que de vous enquiquiner à la découper pour y recoller des morceaux.

- Oui, assura John soulagé de n'avoir pas à répondre au sujet du lit. J'ai frotté avec du savon noir, du liquide vaisselle, de la lessive à main. J'ai même acheté un nettoyant spécial moquette, mais rien à faire.

Horrifié, John vit alors Mrs Hudson se lécher le pouce avant de frotter la tâche suspecte avec énergie. Puis, elle se pencha pour la renifler, cherchant visiblement à identifier la chose.

- Je ne veux même pas savoir ce que Sherlock a fait pour tâcher ainsi cette pauvre moquette, soupira-t-elle se relevant.

John sentit un rire hystérique monter en lui et il le retint difficilement. Si Mrs Hudson ne voulait pas savoir, il n'avait nullement envie de le lui dire. Surtout qu'il n'était pas certain de savoir qui de Sherlock ou lui était responsable de ladite tâche.

- Vous vouliez quelque chose Mrs Hudson ? s'empressa-t-il de demander, peu désireux que l'adorable logeuse ne s'attarde.

- Je voulais simplement savoir si vous aviez besoin d'aide, sourit cette dernière. Et vous informer qu'un livreur a déposé un gros colis pour vous au rez-de-chaussée.

- Oh, d'accord. Merci Mrs Hudson, mais je vais réussir à m'en sortir, assura aimablement John.

- Bien, je vous laisse à vos travaux alors, le salua Mrs Hudson en se levant et quittant la pièce.

John soupira lourdement quand la pimpante sexagénaire eut disparu. Il ne tenait vraiment pas à donner des détails sur sa vie intime à celle-ci. Vraiment pas ! Il poussa une exclamation extatique quand le morceau de moquette récalcitrant finit par céder, se décollant du sol. Satisfait, il poursuivit son ouvrage, conscient qu'il lui restait encore beaucoup à faire. Cela aurait été plus rapide à deux, mais Sherlock avait lâchement fui.

Quand le détective rentra, râlant après cet incapable d'Anderson, il trouva John sagement installé devant son PC. Après avoir salué son compagnon, il alla dans leur chambre et fut satisfait de voir le mur lisse et repeint, la moquette exempte de toutes tâches suspectes et le nouveau lit monté et soigneusement fait. En espérant que ce dernier serait plus solide que le précédent. Chose qu'il comptait bien vérifier dès ce soir, histoire d'inaugurer la chambre remise à neuf.

~oOo~

- Je suis désolé, mais là, il est complètement mort, annonça le réparateur à un John dépité.

- Y'a vraiment aucun moyen de le réparer ? demanda le médecin.

- Oh si, ce serait possible, admit le réparateur. Mais, pour être honnête, ça vous coûtera plus cher que d'en racheter un.

John grimaça, songeant que c'était nullement le moment de racheter un frigo, leurs finances n'étant pas au beau fixe. Surtout qu'ils avaient déjà eu des frais imprévus avec le rachat du lit, de l'enduit et de la peinture pour la chambre.

Le réparateur quitta les lieux, John le remerciant pour son diagnostic. En remontant à l'appartement, John maudit mille fois Sherlock et ses idées stupides. Il claqua la porte d'entrée et darda un regard meurtrier sur son compagnon, lequel faisait mine de rien affalé sur le canapé, soi-disant en pleine réflexion.

- Il faut racheter un frigo, annonça John d'une voix dure.

- J'ai cru comprendre oui, répondit doctement Sherlock.

Agacé, John s'approcha du canapé, surplombant de manière menaçante le détective.

- On n'a pas les moyens de se racheter un frigo, Sherlock !

- On peut se passer de frigo durant un temps, assena son interlocuteur.

- Un frigo Sherlock ! UN FRIGO ! Avec tes bêtises, on a cassé notre putain de frigo ! tonna John.

- Mes bêtises ? s'offusqua Sherlock. Tu es l'unique responsable de cette situation !

John manqua de s'étouffer avec sa salive devant tant d'audace.

- Ah parce que c'est ma faute, si tu ne sais pas contrôler tes hormones ? rugit-il.

- Tout à fait, affirma placidement Sherlock.

- Je cuisinais Sherlock ! cria John. Je faisais simplement la cuisine ! Explique moi comment j'ai pu faire quoique ce soit qui te donne des envies lubriques en cuisinant ?!

- Tu ne portais que ton boxer et ton tablier, se justifia Sherlock. Et tu te dandinais en chantant ! Sous mon nez ! Comment voulais-tu que je résiste ?

Furieux contre son amant, John hurla :

- JE CUISINAIS ! Et il faisait au moins 40 degrés dans l'appartement ! Alors oui, je ne portais que mon boxer ET mon tablier !

- Tablier, très moche si tu veux mon avis, souffla Sherlock.

Sentant monter une envie irrépressible d'étrangler son compagnon, John préféra quitter l'appartement, histoire de prendre l'air et de se calmer. Il en profiterait au passage pour regarder les prix des frigos.

Que Sherlock lui saute dessus sans prévenir, ça n'était pas nouveau et John trouvait ça assez excitant. Et rassurant aussi. Savoir qu'il arrivait encore à exciter son détective, même sans le vouloir, après trois ans de relation, ça faisait plaisir. Et les parties de jambes en l'air avec Sherlock étaient généralement hautement satisfaisantes. Oh, il y avait bien quelques ratés parfois, mais c'était rare et souvent dû à des facteurs externes (l'alcool, le téléphone, un invité imprévu).

Et leur étreinte contre le frigo n'avait pas dérogé à la règle. Tout comme celle sur le plan de travail ou à même le sol de la cuisine. Le seul problème était que le frigo n'avait pas survécu à la fougue Sherlockienne. Pas que John se soit plaint de ladite fougue. En fait, le seul à réellement se plaindre de la situation, c'était leur compte en banque. John allait devoir demander une avance sur salaire à la clinique pour racheter un frigo. C'était l'été et il y avait une canicule ! Pas question de se passer d'un frigo dans ces conditions.

~oOo~

Trempé et dépité, John observa le champ de bataille. La salle de bain était inondée; le lavabo gisait pitoyablement au sol, brisé en deux; le pommeau de douche résistait tant bien que mal à la gravité, retenu uniquement par un mince tuyau en caoutchouc suspendu à une attache accrochée à une vis branlante; les robinets de la baignoire faisaient grise mine, la baignoire elle-même ne tenant plus dans son emplacement que par l'opération du saint-esprit; la porte de douche était fissurée, et ne fermait plus complètement. Bref, la salle de bain nécessitait des travaux de rénovation.

Mais si John avait parfaitement conscience de tout ça, il avait repoussé joyeusement l'idée de se lancer dans lesdits travaux depuis de longs mois. Mais voilà, le lavabo avait finalement rendu l'âme, démontrant ainsi l'urgence de s'y mettre. Cela faisait bien un an que le lavabo brinquebalait et que ni Sherlock, ni John ne prenait appui dessus, conscients des risques. John n'avait juste pas imaginé que poser simplement sa brosse à dents dessus suffirait à faire tomber la vasque.

Bien évidemment, la chute du lavabo avait provoqué une importante fuite d'eau, fuite que John avait pu faire cesser en coupant l'eau dans tout l'appartement. Sauf qu'il n'était pas question de se passer d'eau courante durant un temps indéterminé. John n'avait donc pas le choix. Il allait devoir refaire la salle de bain. Heureusement que leur dernière affaire leur avait rapporté une belle somme, parce que sinon le banquier les aurait maudit.

D'ailleurs John maudit intérieurement Sherlock, en partie responsable du désastre actuel, et brillant par son absence, ayant été appelé auprès sa mère qui s'était cassé la hanche. Il ne reviendrait que dans une dizaine de jours, Mycroft prenant le relai à ce moment-là. Bref, John était seul à l'appartement, et n'avait d'autre choix que de se lancer dans la rénovation de la salle de bain.

Quant à y être, il décida de faire quelques changements nécessaires. La cabine de douche serait plus grande. C'était en voulant y tenir à deux que Sherlock et lui avaient fissuré la porte, abîmé le tuyau du pommeau de douche et presque arraché l'accroche dudit tuyau. Une cabine de douche plus grande leur permettrai de se doucher ensemble, chose qui tournait souvent à l'étreinte charnelle.

De même, une baignoire plus longue et plus large serait plus confortable pour Sherlock. John trouvait toujours très drôle de voir Sherlock tenter de tenir dans une baignoire définitivement trop petite pour lui. Même John la trouvait limite, et il était bien moins grand que Sherlock. John soupira lourdement, se souvenant du nombre de fois où Sherlock avait râlé après les robinets lui rentrant dans le dos quand John le rejoignait dans son bain. Et non, protesta mentalement John, ce n'était pas systématiquement pour s'envoyer en l'air ! Des fois c'était juste pour le plaisir de prendre un bain à deux. Ce n'était absolument pas de sa faute si Sherlock était atrocement bandant en tenue d'Adam... Voilà, c'était la faute de Sherlock.

C'était aussi la faute de Sherlock si le lavabo ne tenait plus au mur que par l'opération du saint esprit. C'était lui qui avait incité John a s'asseoir dessus pour être à la bonne hauteur. John s'était donc retrouvé le cul dans la vasque et un Sherlock passionné entre les jambes. Pas qu'il se soit plaint, du moins pas avant de devoir sortir du lavabo et de constater que ce dernier était à l'agonie.

Soupirant lourdement, John alla dans sa chambre pour s'habiller, prêt à aller au magasin pour acheter le nécessaire pour refaire la salle de bain à neuf. Sûrement en profiterait-il pour changer le carrelage, un peu vieillot. S'il se débrouillait bien, les travaux seraient finis au retour de Sherlock. Cela leur donnerait l'occasion de tester la nouvelle cabine de douche et la nouvelle baignoire. En revanche, le lavabo était exclu d'office. Une fois, mais pas deux !

~oOo~

Tout était parti d'une simple remarque de Mycroft. Remarque lâchée avec un petit sourire en coin narquois et un ton à la limite du méprisant. Sherlock avait bien entendu répondu sèchement à son aîné, coupant rapidement court à toute discussion. Mycroft était parti, le nez retroussé par la vexation, et John avait posé un regard horrifié sur tous les meubles du salon, dressant mentalement une liste assez inquiétante.

Le canapé ? Trop de fois pour compter. La table basse ? Pas plus tard que la semaine dernière. Le tapis ? Assez régulièrement. Le fauteuil de Sherlock ? La dernière fois que le détective avait boudé... C'était quand déjà ? Le fauteuil de John ? Avant-hier. Le bureau ? C'était un miracle qu'il tienne encore debout. La chaise de bureau ? John n'avait surtout pas envie d'y penser maintenant. La chaise avait un dossier massant ! La table pour manger ? La dernière fois c'était à Noël, une fois tous les invités partis. Les chaises l'accompagnant ? Bon, John n'avait pas rigoureusement vérifié que la chaise n'était pas la même à chaque fois, mais il était très probable qu'elles y soient toutes passées.

Grand Dieu, même les bibliothèques, la cheminée et les fenêtres avaient été utilisés. Les murs et la porte aussi. L'horreur prit John à la gorge. Il ne pouvait pas laisser les choses ainsi ! C'était impossible ! Pas alors que ces beaux-parents venaient passer le week-end à l'appartement. Même si eux l'ignoreraient, lui le saurait. Et il aurait tellement honte ! Il devait absolument faire quelque chose.

John se lança alors dans un nettoyage complet du salon, ne négligeant aucun coin, aucun meuble, aucun millimètre carré. Tout, absolument tout, fut nettoyé en profondeur, désinfecté à fond, examiné à la loupe pour s'assurer qu'il ne reste aucune salissure, pas un grain de poussière. Les cadres furent dépendus et nettoyés avant d'être raccrochés à leur place. Même le crâne n'échappa pas à la folie ménagère de John. Lequel finit par étendre son ménage à la cuisine, puis au couloir, à son ancienne chambre, à l'escalier et même au hall d'entrée.

Sherlock et Mrs Hudson le regardèrent d'abord dubitatifs, puis inquiets. Mais John ne prêta aucune attention à leurs questions, ni à leurs remarques. Il repoussa toutes les tentatives d'approches de son amant, qui finit par prendre son mal en patience, se demandant ce qui arrivait à son compagnon. John avait toujours été propre et ordonné, mais jamais maniaque à ce point.

Quand le couple Holmes arriva, John souffla soulagé. Il avait fini juste à temps. Il accueillit ses beaux-parents avec le sourire, ces derniers le saluant chaleureusement en retour. Le couple monta s'installer dans l'ancienne chambre de John, et Mycroft choisi ce moment pour lancer d'un air innocent :

- J'ose espérer que nos parents ne risquent rien et que vous n'avez pas forniquer n'importe où dans cet appartement.

- Tu as déjà fait cette remarque, fit Sherlock d'un ton las. Pas plus tard que...

Il s'interrompit soudain et darda un regard brûlant sur John qui maudit autant Mycroft, et ses remarques à la con, que Sherlock et son esprit de déduction.

- La semaine dernière oui, confirma Mycroft avec un soupir.

Le sourire narquois qui s'étendit sur le visage de Sherlock fit frissonner d'angoisse John.

- Sherlock ! dit-il d'un ton sous-entendant un "Ta gueule".

Mais bien évidemment, Sherlock n'en tient nullement compte et se tourna vers Mycroft avec un grand sourire, faussement angélique.

- En fait, Mycroft, John et moi avons forniqué sur absolument tous les meubles du salon, de l'appartement même. Mais ne t'inquiète pas, John a fait un très grand ménage. L'appartement est exempt de tout fluide corporel indésirable... du sol au plafond. Mais peut-être voudrais-tu que nous te donnions quelques idées pour pimenter ta vie sexuelle ? Ah non, pour ça il faudrait déjà que tu en ais une.

Pendant que Sherlock jubilait d'embarrasser son frère, que ledit frère rougissait de gêne et d'outrage, John se liquéfia sur place en voyant que son beau-père, dans l'encadrement de la porte, n'avait rien raté de la tirade de Sherlock. Laissant ses deux fils se disputer, Holmes père se rapprocha de John et lui posa une main compatissante sur l'épaule.

- Vous savez John, c'est des choses normales pour un couple. Si vous saviez tout ce que ma chère épouse et moi-même avons fait dans notre manoir...

Il fallut à John tout son légendaire courage pour ne pas partir en courant quand son beau-père se lança dans l'énumération des pièces où sa femme et lui avaient fait des galipettes. Vraiment, il se serait bien passé de savoir que si Sherlock aimait tant la musique c'était sûrement parce qu'il avait été conçu sur le piano. Oui, vraiment, il aurait préféré ne jamais connaître une telle information.

~oOo~

Assis sur une chaise inconfortable du commissariat, John se mordit les lèvres pour ne pas rire. Il jeta un bref coup d'œil à son voisin, et compagnon, voyant que ce dernier avait bien du mal à garder son sérieux lui aussi. Face à eux, le sergent Donovan leur faisait la leçon, un air sévère sur son visage.

- Vous rendez vous compte de ce que vous avez fait ? tonna-t-elle. C'était un manque flagrant de professionnalisme !

- Nous sommes désolés, souffla John.

- Quoi ?! Non, pas du tout ! protesta Sherlock. Pourquoi serions-nous désolés ? Nous n'avons rien fait de répréhensible !

- Utiliser une voiture de police à des fins personnelles est un délit ! assena Sally agacée.

- C'était dans le cadre d'une enquête, contra Sherlock. Nous avions besoin de cette voiture !

- Vous auriez pu la demander au lieu de la voler ! rétorqua le sergent.

John ne tenta pas de s'interposer dans la dispute. Pour une fois c'était en grande partie de sa faute. Il avait vu cette voiture de police garée près de chez eux, et il avait remarqué les clés laissées sur le contact. Sherlock avait immédiatement commencé à chercher quel était l'idiot laissant son véhicule ainsi, mais John avait fixé la banquette arrière avec un intérêt très peu professionnel, surtout quand Sherlock y monta à quatre pattes. La position mettait parfaitement en valeur le postérieur du détective et John avait cédé à la tentation.

Alors oui, effectivement, ils avaient volé la voiture, John l'ayant emmené plus loin dans une ruelle déserte. Et oui, effectivement, ils l'avaient utilisé à des fins très personnelles. Ils étaient donc complètement en tort. Heureusement pour eux, quand Sally Donovan avait finalement retrouvé sa voiture, ils avaient fini. Elle les avait rapatrié au commissariat pour leur passer un savon, surtout quand Sherlock avait insulté le sergent, comme à son habitude.

Une phrase de son amant tira John de ses pensées amusées.

- Nous apprécierions que vous effaciez les images !

- Quelles images ? s'inquiéta le médecin.

- Toutes les voitures de police ont une caméra embarquée, lui signala Sally.

- Oui, mais pour filmer l'extérieur, hein ? supplia John.

Mais le silence des deux autres, le regard curieux de Sally et le rire difficilement contenu de Sherlock furent une réponse en soi. Mortifié, John se tourna vers l'officier de police et demanda :

- Vous pouvez les effacer, sans les regarder ? S'il vous plaît ?

- Pourquoi est-ce si important ? grogna Sally peu convaincue. Qu'avez vous fait de si répréhensible dans cette voiture ?

- De répréhensible ? Rien, assura Sherlock. Nous avons juste réalisé un vieux fantasme de John... Sur la banquette arrière...

John maudit intérieurement le détective en voyant le teint bronzé de Donovan pâlir de manière inquiétante.

- Vous... Vous... bafouilla-t-elle furieuse. Vous vous êtes envoyé en l'air dans MA VOITURE DE FONCTION !

- C'est votre faute, assura Sherlock. Vous l'avez laissé sans surveillance !

- Vous ! tonna Sally en les pointant d'un index tremblant de rage. Vous méritez mille fois pire que ce que je vais vous faire ! J'effacerai ces images, nul besoin que quiconque voit ce genre d'horreur. Mais vous, vous allez finir la journée et passer la nuit en cellule ! Et je préviendrai Lestrades pour qu'ils ne vous laissent plus approcher d'une voiture de police ! JAMAIS !

Sherlock protesta, mais le sergent Donovan resta intraitable et les menotta tous les deux avant de les traîner à travers tout le commissariat jusqu'aux cellules. John ne dit rien, ne cherchant même pas à se défendre. Après tout, c'était vrai qu'ils avaient un peu abusé. Mais faire de cochonneries à l'arrière d'une voiture de police avait toujours été un de ses fantasmes. Et la réalité s'était avérée être largement à la hauteur de ses attentes.

La porte de la cellule se referma dans leurs dos et Sally quitta l'endroit en claquant des talons, interdisant à quiconque de s'approcher d'eux. John se laissa tomber sur la paillasse peu confortable, massant ses poignets libérés des menottes. Sherlock le rejoignit rapidement et se pencha vers lui pour lui souffler :

- Faire l'amour dans une cellule est un de mes plus vieux fantasmes.

John sourit et tourna la tête vers son amant pour lui répondre d'un air complice :

- On a jusqu'à demain matin.

~oOo~

Gregory Lestrades était un très bon ami, autant pour John que pour Sherlock. Mais en voyant la tête qu'il tirait là maintenant tout de suite, John n'était pas sûr qu'il le reste très longtemps. Livide, des gobelets de cafés chauds dans les mains, il fixait le corps nu de Sherlock qui s'était levé à son arrivée. Heureusement, John avait eu le réflexe d'entourer les hanches de son amant par un bout de couverture, cachant ainsi les parties intimes du détective. Malheureusement, la couverture était petite, et nullement pensée pour deux personnes. John avait donc une grande partie de sa propre anatomie à l'air libre. Assez pour ne laisser aucun doute sur sa propre nudité.

Pas que les vêtements épars au sol ne soient déjà pas un indice en soi. Sherlock fit d'ailleurs remarquer à Lestrades que pour un policier son sens de l'observation laissait fortement à désirer. En voyant le regard choqué du policier se noircir de colère, John se redressa et, tout en maintenant un semblant de décence avec la couverture, vint se placer aux côtés de Sherlock.

- Greg, dit-il aussi calmement que possible. Nous sommes désolés, nous...

- Désolé ? grogna Lestrades. Vous êtes désolés ? Vous êtes en cellule pour vous être envoyé en l'air dans une voiture de police et vous ne trouvez rien de mieux que de recommencer DANS UNE CELLULE ! Vous vous foutez de ma gueule ?!

- On s'ennuyait, expliqua Sherlock. Vous devriez prévoir des occupations pour vos prisonniers.

- Dehors ! DEHORS ! rugit Lestrades. Et estimez vous heureux que je ne vous colle pas une plainte au cul pour attentat à la pudeur !

Sans attendre, John attrapa son pantalon qu'il enfila à la va vite, ramassa le reste de leurs affaires et tira Sherlock hors de la cellule, ce dernier ayant simplement gardé la couverture autour de lui. Juste avant de quitter le couloir menant aux cellules, il entendit le bruit de gobelets de cafés rencontrant violemment un mur. Il ne s'attarda pas, peu désireux que Lestrades ne change d'avis.

Ils traversèrent le commissariat dans des tenues peu conventionnelles : John torse et pieds nus et Sherlock simplement enroulé dans une couverture. Quand ils passèrent devant Donovan qui les fixa choquée, Sherlock ne put résister à la tentation et lança un narquois : "Un fantasme à moi cette fois" qui fit rougir le sergent et lui valut d'être maudit à voix haute par un John mortifié. Il n'était pas obligé d'étaler leur vie sexuelle à tout va !

Dans une cellule désormais vide, Gregory fixa d'un œil hagard le café qui coulait paisiblement sur les murs après qu'il eut lancé les gobelets. Et dire qu'il venait sortir le couple de cellule plus tôt que prévu, leur apportant même un café. Il avait prévu de les sermonner gentiment, plus pour s'être fait prendre que pour les faits en eux mêmes. Il était policier, il était le premier à fantasmer sur la banquette arrière de sa voiture. Mais se retrouver nez à nez avec deux hommes totalement nus et enlacés d'une manière ne laissant aucun doute sur leurs activités, ça, ce n'était pas au programme. Plus jamais il ne verrait les cellules de la même façon.

~oOo~

Debout dans le bureau de Mycroft, John fixa obstinément le mur face à lui, se mordant les lèvres pour ne pas rire. Près de lui Sherlock n'était probablement pas mieux, pas que John ait pris la peine de vérifier. Nul doute que s'il jetait un regard à son compagnon il éclaterait de rire, et ce n'était nullement le moment. Un coup d'œil discret en direction de Mycroft confirma à John que ce dernier ne voyait absolument pas en quoi la situation pouvait être risible.

Piqué devant eux, droit comme un I, la canne tremblante d'indignation et le nez frémissant de rage, Mycroft fixait sur eux un regard lourd de reproches. Quand il ouvrit finalement la bouche, son ton était extrêmement paternaliste et dégoulinant de mépris.

- Comment avez-vous osé ? Le salon privé de Sa Majesté ! N'avez-vous donc aucune retenue ? Aucun savoir vivre ? Aucune décence ?

- Nous... commença Sherlock avant d'être sèchement interrompu.

- Vous n'aviez rien à faire dans cette aile du château ! Absolument rien ! C'est une aile privée ! Elle n'est pas ouverte aux visiteurs ! Surtout pas pour ce genre... d'activités !

- Oh ?! S'étonna faussement Sherlock. Notre bon Roi n'honore donc point cette chère Camilla ? Voilà qui est... décevant !

En voyant une veine, menaçante et pulsante de fureur, apparaître sur le front de Mycroft, John maudit intérieurement Sherlock et sa grande gueule. Sérieusement, ne pouvait-il pas la fermer ?

- Sherlock, la ferme ! tonna Mycroft perdant son sang froid habituel durant quelques secondes.

- Désolé Mycroft, intervint John espérant calmer les choses. Nous visitions Buckingham et nous nous sommes perdus dans les couloirs.

- Ce qui prouve des failles importantes dans la sécurité, ajouta Sherlock. N'est-ce pas de ton ressort ?

John écrasa consciencieusement les orteils de son compagnon, lui intimant par là même de se taire avant de reprendre :

- Bref, il n'était pas prévu que nous arrivions dans l'aile privée de Sa Majesté. Et nous nous sommes fait, accidentellement, enfermés dans le salon.

- Et vous avez décidé de passer le temps en vous envoyant en l'air sur le tapis persan ! gronda Mycroft visiblement absolument pas calmé par les excuses de John.

Bon, ok, John le reconnaissait, ce n'était effectivement pas bien malin de faire l'amour sur le tapis du Roi. Mais, ils avaient d'excellentes excuses ! Premièrement, ils étaient bel et bien enfermés à clef dans la pièce. Deuxièmement, le tapis était devant une cheminée où brûlait un beau feu. Et même si c'était très cliché, l'idée de faire des cochonneries sur le tapis devant la cheminée était un fantasme répandu, fantasme que John avait longuement dû expliquer à Sherlock quelques mois plus tôt dans une discussion sur le sujet.

Troisièmement, en fouillant, Sherlock avait trouvé un préservatif sous un des coussins du canapé. Parce que oui, Sherlock avait profité de l'aubaine pour fouiner, évidemment ! Une fois la capote trouvée, il était plus que difficile de résister à la tentation. Ils s'étaient malheureusement fait interrompre avant d'avoir pu atteindre la délivrance par une domestique venue faire le ménage.

Le cri outré de la demoiselle avait alerté d'autres domestiques, et le temps que John et Sherlock se rhabillent en catastrophe, les gardes étaient déjà là, prêts à les emmener voir... Mycroft Holmes. Lequel était donc actuellement en train de les sermonner avec virulence, soulignant leur immaturité (deux adolescents en chaleur !), et la chance qu'ils avaient qu'il soit d'humeur magnanime (vous mériteriez de la prison).

John souffla de soulagement quand Mycroft les laissa enfin sortir de son bureau, les faisant raccompagner à la sortie par deux gardes armés, avec simplement une interdiction à vie de poser un orteil à Buckingham Palace.

- Heureusement que notre bon Roi a d'autres châteaux... dans lesquels il y a sûrement d'autres salons avec des tapis et des cheminées, lâcha innocemment Sherlock en s'éloignant du parvis du palais à grands pas.

- J'espère que ces tapis sont plus confortables que celui-là, bougonna John. J'ai les genoux en feu...

- Tu devrais en faire la remarque à Mycroft, ricana Sherlock. Après tout, s'il y avait un préservatif sur place c'est bien que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée.

~oOo~

Appuyé contre la table, John tira sur les boucles brunes de son compagnon, lui signalant ainsi qu'il arrivait à la limite. Mais Sherlock ne tint nullement compte de l'avertissement silencieux, redoublant d'ardeur, et John se déversa en un gémissement sonore dans la bouche de son amant. Ce dernier grogna de satisfaction et relâcha le membre mollissant du médecin, se redressant en essuyant quelques gouttes ayant atterrit sur son menton.

- Sherlock, souffla John le souffle court, tu ne devrais pas avaler ça ! Ce n'est pas... très hygiénique !

- Allons John, sourit Sherlock en rajustant sa tenue, tu es parfaitement sain et tu as pris une douche il y a moins d'une heure.

- N'empêche que le sperme ce n'est pas ce qu'il y a de plus hygiénique, décréta John en refermant son pantalon.

- Tu savais que cela changeait de goût selon ce que tu manges ? demanda Sherlock en ignorant la remarque de son amant.

- Hein ? s'étonna ce dernier. Non ! Je suis presque sûr que c'est faux !

- Tu as mangé des carottes toute la semaine, rétorqua Sherlock. Et ta semence a un arrière goût de carotte ! Alors que la semaine dernière, c'était les flageolets.

John cligna des yeux, tentant de secouer ses neurones shootés à l'endorphine pour comprendre tout ce que sous-entendait le détective.

- Tu... J'y crois pas ! Sherlock ! s'offusqua-t-il finalement. Tu te sers de moi pour tes expériences ?

- Et de qui d'autres voudrais-tu que je me serve ? s'étonna Sherlock.

- De toi ! décréta John en pointant un index vindicatif vers son amant.

- Je ne suis pas assez souple pour arriver à atteindre ma propre verge avec ma bouche, répondit Sherlock amusé.

- Branle-toi dans un bol ! bougonna John. Et bois le contenu de ton foutu bol ! On a bouffé des carottes toute la semaine pour une putain d'expérience de merde ! Et ça va servir à quoi de savoir ça ? Hein ? Tu comptes sucer tous les criminels que tu croiseras pour deviner leur régime alimentaire ?

- Qu'est-ce qui te contrarie le plus ? demanda Sherlock dubitatif. Notre régime alimentaire ? Ou le fait que tu aies servi de cobaye ? Ce n'est pas la première fois que ça arrive !

John soupira lourdement. Non, ce n'était pas la première fois qu'il servait de cobaye sans le savoir. Mais cette fois, c'était vexant. Et il comptait bien le faire comprendre à son sociopathe personnel.

- Le fait que tu ne m'aies fait des fellations que dans le cadre de ton expérience, expliqua-t-il d'un ton ne cachant pas son affliction. Et pas parce que tu en avais envie.

- Oh ! Détrompe toi sur ce point, le rassura Sherlock en glissant un bras tendre autour de la taille de son amoureux. Je n'aurai certainement jamais fait cette expérience si ça n'avait pas été une excellente excuse pour te sucer à la moindre occasion. C'est quelque chose que j'apprécie énormément.

Pas décidé à rendre les armes aussi facilement, même s'il était fortement rassuré par les propos de son compagnon, John jeta un rapide coup d'œil autour de lui, s'assurant qu'il n'y avait aucune trace de leur activité précédente. Et dire qu'à l'origine il était descendu voir Mrs Hudson pour lui demander du sucre. La logeuse étant absente, John s'était permis de fouiller dans ses placards. Sherlock l'avait rejoint et distrait. Finalement, John n'avait toujours pas trouvé le sucre.

- Heureusement que Mrs Hudson n'est pas rentrée entre-temps, souffla-t-il en ouvrant un dernier placard à la recherche du sucre.

- Oh mais si elle est revenue, répondit placidement Sherlock.

John se retourna choqué, dardant un regard affolé sur son amant.

- Quoi ?! Elle est revenue ?! Mais quand ?

- Je crois que c'était au moment où tu disais "Oh putain Sherlock !" pour la quatrième fois, l'éclaira docilement ledit Sherlock. Mais rassure toi, elle ne s'est pas attardée. Elle est vite repartie. Elle semblait avoir oublié le sel.

Et sans attendre plus, Sherlock quitta la cuisine de sa logeuse pour remonter à son appartement, devant noter les résultats de son expérience en cours. Laissé seul dans la loge, John referma le placard en soupirant lourdement, mortifié au-delà des mots. Intérieurement il maudit longuement le détective consultant. Non seulement ce dernier lui avait sauté dessus dans la cuisine de Mrs Hudson, mais en plus il n'avait nullement été gêné par l'intrusion, prévisible, de cette dernière. Et visiblement, il comptait le nombre de fois où John jurait durant leurs échanges charnels.

Tout en bougonnant intérieurement, John quitta la loge, se décidant à aller acheter du sucre. Pas question d'en emprunter à Mrs Hudson. Il allait d'ailleurs faire en sorte de la croiser le moins possible dans les jours à venir. La situation serait bien trop gênante. Saleté de Sherlock et ses expériences à deux balles ! Surtout que même avec la meilleure volonté du monde, John ne voyait vraiment pas en quoi les résultats de celle-ci seraient d'une quelconque utilité à l'avenir.

~oOo~

Penché sur le bureau de Lestrades, John examina de près le plan du métro londonien étalé devant lui. A ses côtés, Sherlock s'agitait tout en écoutant Lestrades expliquer la situation. Un truand avait visiblement planqué son butin quelque part dans Londres et n'avait donné comme indice qu'une vague énigme. Rien de bien fascinant à première vue. Sauf que le butin comportait la fameuse perle des Borgia perdue depuis des lustres.

Ceci expliquait pourquoi Sherlock avait été appelé en renfort. Depuis une bonne demi-heure, il s'échinait à résoudre l'énigme, en vain pour l'instant. Mais un truc avait fait tiquer John. C'était pour cette raison qu'il était actuellement penché sur le plan du métro londonien. L'énigme parlait d'entrailles de la ville et de galeries sombres, ce qui menaient aux égouts ou au métro. Mais Sherlock avait rapidement exclu cette dernière possibilité. Aucune station de métro ne correspondait au "Vénus dans Cupidon" de la charade.

Pourtant John en était sûr et certain, "Vénus dans Cupidon" ça lui évoquait quelque chose. Et ce quelque chose était en lien avec le métro. Il ne lui restait plus qu'à essayer de se souvenir où et quoi exactement. Alors qu'il retraçait d'un doigt une ligne du plan, réfléchissant à ce mystère, il se retrouva à fixer un point précis du plan. Il maudit intérieurement Sherlock en se sentant rougir au souvenir que ce point évoquait.

C'était la faute de Sherlock si John ne voyait plus les galeries abandonnées de métro comme des coupes gorges. Sherlock qui l'avait traîné là dans une course poursuite infernale avec un rat voleur de téléphone. Le rongeur avait finalement abandonné son butin et avait disparu dans un trou du mur. Sherlock avait pesté tant et plus après la bestiole qui avait l'outrecuidance de lui échapper, rageant de ne pouvoir s'en servir pour une expérience quelconque.

Agacé, John avait fait taire son compagnon de la plus efficace des façons : en l'embrassant. Une chose en entraînant une autre, ils avaient fini par faire sauvagement l'amour contre un des murs de la galerie abandonnée, les bruits obscènes de leur copulation sauvage résonnant fortement dans le silence environnant. Ils étaient finalement ressortis de là, tous deux satisfaits, et le téléphone volé en main.

John se laissa tomber sur une chaise en soupirant lourdement. Tout cela ne l'aidait nullement à résoudre l'énigme. Pourtant, il en était sûr et certain, "Vénus dans Cupidon" ça lui parlait. Il écarquilla brutalement les yeux et se redressa d'un bond en se jetant sur le plan du métro. Mais oui ! Bien sûr ! Il savait où il avait vu ça ! Comment n'y avait-il pas pensé tout de suite ? Sherlock avait raison de dire qu'il était un peu lent parfois.

- John ! Tu as quelque chose ? s'enquit Sherlock avec urgence, n'ayant pas manqué la réaction de son compagnon.

- "Vénus dans Cupidon", répondit John en pointant du doigt une galerie du plan. C'est là ! Écrit en toutes lettres sur le mur ! Avec un dessin obscène en dessous !

- John ! Tu es génial ! s'exclama Sherlock. Mais... Comment ai-je pu passer à côté de ça ?

- Oh , tu avais le dos dessus, sourit John avec malice.

Le sourire complice de son amoureux lui fit clairement comprendre que son allusion avait été parfaitement comprise. Sherlock pivota sur lui-même en un grandiloquent mouvement de manteau et se précipita hors du bureau de Lestrades en aboyant des ordres. John et Greg suivirent, Greg lâchant un dubitatif :

- Le dos dessus ?

- Crois moi Greg, tu ne veux pas savoir, rit John.

~oOo~

Anderson jeta un œil mauvais au détective et au médecin qui firent irruption sur la scène de crime. Si Sherlock ne s'en formalisa nullement, John fut surpris. Qu'Anderson n'apprécie pas les méthodes de Sherlock n'étaient en rien nouveau, en revanche il était habituellement aimable avec John. Mais pendant qu'il examinait de près le corps, John sentit les regards lourds de reproches du scientifique.

Faisant abstraction de l'évidente animosité d'Anderson à son égard, John se concentra sur sa tâche et donna ses conclusions à Sherlock. Comme toujours Sherlock se moqua de lui et de sa capacité à passer à côté de l'essentiel. John ne s'en offusqua nullement, ayant l'habitude et sachant que Sherlock appréciait son expertise aussi incomplète soit-elle. Il laissa donc son amant faire son show, en profitant pour s'approcher d'Anderson.

Ce dernier lui lança un regard noir et souffla discrètement :

- Je vous ai à l'œil, Dr Watson ! Vous ne compromettrez pas ma scène de crime avec vos... cochonneries.

- Mes cochonneries ? s'étonna John.

- Oui ! confirma Anderson. Sherlock et vous faites ce que vous voulez, mais pas sur MA scène de crimes !

John fronça les sourcils en se demandant de quoi au juste parlait Anderson. Certes, Sherlock et lui venaient souvent sur les scènes de crimes, mais ils faisaient toujours attention à ne rien compromettre.

- L'arrière de la voiture de Donovan, la cellule du commissariat, murmura le légiste à ses côtés. Si vous avez ce genre de fantasmes glauques, c'est votre problème. Mais pas les scènes de crimes ! Surtout pas les miennes !

Oh ! songea John. Ce genre de cochonneries ! Ah... peut-être était-il préférable de laisser Anderson dans l'ignorance. Mais Sherlock et lui avaient effectivement fait certaines choses sur une ou deux scènes de crimes. A leur décharge c'était toujours dans l'excitation d'une découverte importante ou d'une fulgurance remarquable de John. Ladite fulgurance avait provoqué une toute autre sorte d'excitation chez le détective et John était tristement faible face à Sherlock excité et décidé à le féliciter pour son génie, aussi fugace soit-il.

Mais Anderson n'avait aucun moyen de savoir ça. Premièrement, le couple ne donnait pas l'exhibitionniste et avait donc attendu d'être seuls. Deuxièmement, John était absolument certain que ce n'était pas des scènes de crimes attribuées à Anderson. Le légiste était un inhibiteur de libido sur patte, dixit Sherlock. Bref, Anderson se méfiait sans aucune raison valable. Aussi John se contenta de sourire d'un air rassurant au scientifique.

Mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche pour le rassurer définitivement, ce dernier chuchota :

- Blackburn vous a surpris ! Sur sa scène de crime ! Et Sherlock lui a assuré que c'était arrivé deux fois ! Deux fois ! Alors je vous garde à l'œil Dr Watson ! Pas de ça sur MA scène de crime.

- C'est noté, souffla John d'un ton raide.

Intérieurement, il maudit mille fois Sherlock et son grand clapet qu'il ne savait pas garder fermer.

~oOo~

Étendu à plat ventre sur le lit, Sherlock se tortilla, impatient. Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale quand il sentit la main de John se poser sur ses reins. Oh, qu'il aimait quand son médecin prenait de telles initiatives ! Qu'il aimait quand son côté autoritaire ressortait, l'obligeant à se soumettre à lui sans contestation possible ! Bien sûr, Sherlock restant Sherlock, il tentait quand même de contester. Juste pour le plaisir de voir le regard de John s'assombrir et sa voix devenir plus intransigeante encore.

C'était dans ces moments-là que le soldat Watson ressortait, dans ces moments-là que Sherlock regrettait que John n'ai pas gardé son uniforme. Dieu que John Watson était bandant quand il s'énervait ainsi ! Sauvagement sexy ! C'était sans nul doute possible ainsi que Sherlock voyait son compagnon quand il était en colère. Et après, ce dernier s'étonnait que Sherlock s'amuse à l'agacer encore et encore.

- Inutile de chercher à bouger, claqua la voix de John. Tu ne peux pas !

Par pur esprit de contradiction Sherlock tenta malgré tout de changer de position. En vain ! Ses mains étaient solidement attachées à la tête de lit, et ses pieds robustement ligotés au pied dudit lit. Sherlock nota que la corde servant à l'immobiliser était solide, (une corde prévue pour l'escalade) et les nœuds parfaitement impossibles à défaire sans aide extérieure. Oui, il était bel et bien totalement à la merci de son compagnon. Et accessoirement, intégralement nu aussi.

Il aurait bien protesté contre le traitement dont il était l'objet, mais il était bâillonné et absolument pas contre ledit traitement. Un poids se posa sur l'arrière de ses cuisses et Sherlock gémit d'impatience. Il était étalé sur ce lit depuis cinq bonnes minutes, il était plus que temps que John passe à l'action ! Les mains de son amant caressèrent délicatement son dos en un léger massage sensuel.

Instinctivement, Sherlock se cambra un peu, offrant à la vue de son amant sa croupe délicieusement bombée. Une claque légère sur sa fesse gauche le fit sursauter et grogner d'envie. Si John était d'humeur à le malmener un peu, il n'était pas contre ! Il n'aurait jamais cru apprécier ce genre de chose un jour, mais John était imprévisible au lit comme dans la vie. Et il s'était surpris à apprécier de se soumettre entièrement à son amoureux.

John était un amant attentionné et versatile. Tantôt sauvage et brutal, tantôt doux et tendre, Sherlock ne savait jamais réellement à quoi s'attendre avec lui, et chaque étreinte était comme une nouvelle expérience. La pièce John Watson de son palais mental avait pris tellement d'ampleur qu'elle était un palais à elle seule. Et cela convenait parfaitement à Sherlock qui était tout prêt à lui construire un second palais si besoin.

Une sensation humide sur sa fesse droite le fit frissonner. Oh ! Était-ce la langue de John qu'il venait de sentir ? L'idée même le fit bander un peu plus fort. Il voulait que John l'explore avec sa langue sur l'entièreté de son corps ! Il voulait que John le vénère comme lui seul savait le faire ! Il voulait la douceur de John, sa sauvagerie, sa patience et son désir aussi. Il voulait tout de John ! Tout, absolument tout !

Mais loin des sensations attendues, ce fut une douleur lancinante et brûlante dans sa fesse droite qui se répandit. C'était... désagréable ! Ça n'avait absolument rien à voir avec le plaisir et fit ramollir très rapidement son érection. Le poids de John quitta ses cuisses et il tourna la tête pour lancer à son amant un regard lui signalant tout son mécontentement. Il écarquilla brutalement les yeux, choqué !

Avec un sourire satisfait, presque arrogant, John se pencha vers lui agitant sous son nez une seringue vide et une aiguille.

- Non Sherlock ! Pas de sexe aujourd'hui ! Et ce sera ceinture tant que ta sciatique ne sera pas soulagée ! En tant que médecin, je prescrit cinq jours d'anti inflammatoires en intramusculaire, matin et soir ! Et du repos !

Malgré le bâillon, Sherlock protesta, seul un borborygme inintelligible se faisant entendre. Nullement vexé, John se redressa et darda un regard moqueur sur son compagnon.

- Tu peux râler tant que tu veux, ce n'est pas négociable ! S'il le faut je te laisserai attaché à ce lit jusqu'à la fin de ton traitement !

Sherlock se tortilla, grimaçant sous la douleur irradiant toujours de sa fesse droite, victime innocente de l'attaque perfide du médecin.

- Franchement, soupira ce dernier avec amusement, on se serait attendu à ce qu'un ancien héroïnomane ne fasse pas tout un cinéma pour quelques piqûres dans les fesses !

Comment John osait comparer ses shoots à l'héroïne avec une injection en intramusculaire ! L'héroïne s'injectait en intraveineuse ! Pas dans les fesses ! Son postérieur n'avait jamais, jamais !, subit un tel affront !

- Je vois, ricana John ayant visiblement plus ou moins deviné les pensées de son amant. Bien, je te fais donc une proposition honnête. Soit tu acceptes ton traitement, injection et repos, et dans ce cas je te promet de te dégoter une magnifique enquête pour te récompenser dès que ça ira mieux. Soit je te laisse attaché sur ce lit durant cinq jours... Et j'écris sur mon blog que tu es indisponible pour un mois ! Pas d'enquête... pendant un mois !

Juste avant de quitter la chambre, John lui lança :

- Je te laisse une heure pour réfléchir à ma proposition.

Sherlock se retrouva donc seul, avec une fesse en feu, nu et attaché sur le lit. Il maudit intérieurement John qui l'avait piégé de la pire des façons possibles ! Il n'avait pas besoin d'une heure pour réfléchir à la proposition.

Même si la seconde option présentaient quelques avantages, John le nourrissant et le lavant, se retrouver privé d'enquête pendant un mois entier était impensable. Et John Watson était bel et bien capable de s'assurer qu'aucun mystère, qu'aucune énigme, que rien absolument rien ne lui parvienne pendant un mois. Il n'avait donc pas d'autres choix que d'accepter le traitement imposé par son médecin personnel. Tout ça pour une foutue sciatique ! Maudit John !

Fin.


Commentaire de l'auteure :

Voilà, j'espère que cela vous a plu. Moi en tout cas je me suis bien amusée à l'écrire.

Et BON ANNIVERSAIRE AKI !


Les dessous de l'histoire :

En fait, cette idée vient d'un échange entre Akirion et moi-même, dans les commentaires sur une autre de mes fics.

Voici des extraits choisis de cet échange :

Aki : "ÇA : "coupant son amant dans l'énumération des lieux où ils avaient joyeusement copulé". QUELS LIEUX OÙ ILS AVAIENT JOYEUSEMENT COPULÉ ?

On veut savoir. C'est pour... pour la science."

Moi : "La chambre (le lit, le sol, le mur), la cuisine (contre le frigo, sur le plan de travail, au sol), la salle de bain (la baignoire, la douche, le lavabo), le salon (tous les meubles y sont passés), l'arrière d'une voiture de police (un vieux fantasme de John), une cellule dans un commissariat (Lestrades ne s'en est jamais totalement remis), un salon de Buckingham Palace (Mycroft les a déclaré interdit à vie de visites du palais), la loge de Me Hudson (qui a eu la délicatesse de repartir faire chercher le sel qu'elle avait oublié d'acheter pour leur laisser le temps de finir), le métro (une galerie abandonnée), et une ou deux scènes de crimes (Anderson a gueulé parce qu'ils avaient ruiné les preuves... mais en fait non parce que c'était des scènes de crimes où Anderson n'était pas)."

Aki : "La science te remercie XD"

Moi : "c'est presque dommage de ne pas utiliser une telle liste... presque..."

Oui, c'était dommage... Du coup, voilà, c'est chose faite ! Cette liste est utilisée XD.

Vous en pensez quoi du coup ? Un petit mot pour me le dire ? SVP !