Gits & Moribito Crossover

Magie à une main

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Note : Ça fait trois mois que j'avais entamé ce Crossover qui est plus ou moins une suite de « I Do », cette fois-ci, mettant en vedette Tanda. Je n'ai pas fait autant de recherches sur le sujet qui y sera abordé, mais j'ai fait de mon mieux pour dépeindre la réalité qui l'entoure. Je vous souhaite une bonne lecture !

La version anglaise sera publiée dans la section Crossover au moment opportun (non disponible sur Ao3), alors que l'original ici présent ne sera publiée que dans la section Seirei no Moribito ici.


Personnages : Balsa Yonsa, Motoko Kusanagi, Tanda

Pairing : Balsa Yonsa/Motoko Kusanagi

Tags : Sorte de continuation à mon one-shot 'I do', Motoko est pleinement humain, pas de cyborgs à l'intérieur

Genre : A.U modern time, Crossover, friendship, fluff


Résumé Complet

Motoko a toujours eu un passe-temps qui fascinait les autres. Non pas parce qu'il sortait de l'ordinaire, mais bien parce que sa capacité à le reproduire plusieurs fois d'affilé sans jamais s'en lasser est impressionnante. À une main ou à deux mains, rien n'est différent dans sa façon de plier de l'origami.

Après avoir forgé une amitié solide avec Mayuna Monaeta en unité de réhabilitation quelques années plus tôt, le Major continue toujours de faire ses visites de courtoisie à l'hôpital. Un jour, elle fait la rencontre de Tanda; un jeune adolescent de quinze ans à qui on a dû amputer le bras gauche.

Arrivera-t-elle à lui redonner espoir et courage comme elle a si bien réussi à le faire avec Mayuna ?

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Compassion

« Je ne peux pas croire que j'aie vraiment quarante ans, maintenant, soupira Balsa en frottant ses yeux. »

Elle était assise à la table de cuisine et buvait son café matinal avec sa fiancée Motoko, tout en regardant ses réseaux sociaux. Balsa venait d'avoir ses quarante ans, il y a une semaine. Le Major fit un sourire.

« Attend dans deux ans, tu ne seras plus seule, je vais venir te rejoindre. Ainsi, toi et moi, on va se retrouver dans la même dizaine ! essaya de l'encourager Motoko, amusée. »

Les deux femmes étaient fiancées depuis plus de quinze ans et en couple depuis plus de vingt ans. Lorsqu'elles s'étaient passées les bagues en or blanc et or jaune autour du doigt, c'était par pur plaisir et amour d'avoir une belle bague significative qu'elles pouvaient regarder miroiter à chaque heure du jour ou de la nuit. Mais d'une décision commune, elles n'avaient jamais voulu se marier ni même émis le souhait d'avoir des enfants. Elles aimaient leur vie indépendante comme elle était présentement. Les enfants les avaient toujours ennuyés plus qu'autre chose, de toute façon.

Alika, la petite sœur de Balsa, cinq ans sa cadette, était mariée avec Koucha, son mari, depuis trois ans, et ils avaient déjà deux enfants. Un garçon du nom d'Asae, âgé de deux ans et une fille, Kiyomi, âgée de trois ans. Parfois, très rarement à l'occasion, Motoko et Balsa gardaient leur neveu et leur nièce, ainsi que les enfants de leurs amis et leurs petits-cousins et petites-cousines. Elles s'étaient d'ailleurs autoproclamées comme étant les Tantes Lesbiennes-super-cools.

« Tu fais quoi aujourd'hui ? demanda Balsa.

- Je vais encore rendre visite à Kurutan à l'hôpital pendant son quart de travail. Elle est assez stressée ces derniers temps, et je voudrais bien l'aider à se détendre. Tu devrais voir son sourire et son visage s'illuminer à chaque fois qu'elle me voie. »

Sa fiancée aux longs cheveux bruns sourit. À force de rendre visite à son amie, Motoko faisait des rencontres inattendues dans l'unité de réhabilitation. C'est comme ça qu'elle avait fait la rencontre de Mayuna Monaeta, quatre ans auparavant, et avec qui elle avait forgé une très forte amitié. Les deux continuaient de se voir sur une base régulière.

« Je suppose que je vais aller te porter là-bas avant mon travail, conclut Balsa.

- Ça me rendrait bien service, beauté. »


Kurutan soupira en lisant le dossier de son nouveau patient. Elle était tellement bouleversée qu'elle avait besoin de se confier. Mais pas à ses collègues de travail. Bien qu'elle les aime bien, elle avait besoin de parler à une amie très proche d'elle. Elle se trouvait dans la salle de repos et essayait de se changer les idées en regardant des vidéos rapides sur Facebook, Instagram ou même TikTok, en vain. Elle songea alors à Motoko. Elle lui envoya un message rapide.

Kuru-Chan : Motoko, il faut que je te parle d'un truc, mais c'est trop long à écrire… je peux t'appeler ?

La réponse ne tarda pas à arriver.

◇ Major ◇ : Mais bien sûre, vas-y.

Ayant eu le signal qu'elle pouvait le faire, l'infirmière châtaine cliqua sur l'icône au-dessus du nom et du numéro de Motoko et attendit qu'elle décroche, comptant les sonneries. Son amie décrocha.

« Motoko ? demanda Kurutan.

- Oui, ma belle ? »

Pendant un moment, Kurutan sembla confuse. Elle entendait la voix de Motoko à l'autre bout du fil, mais c'est comme s'il y avait de l'écho.

« C'est parce que je suis derrière toi, annonça le Major.

- Hiiikkk ! »

Kurutan sursauta et faillit échapper son téléphone intelligent. Elle se retourna vers Motoko, les mains sur le cœur. Le Major raccrocha aussitôt.

« Motoko ! Combien de fois dois-je te dire de ne pas me faire faire de telles crises cardiaques, pardi !

- Désolée. C'est plus fort que moi, tu me connais. »

L'infirmière sauta au cou de son amie. Malgré ses atèles, la jeune femme à la chevelure violette avait une incroyable stabilité et elle fut capable d'enlacer à moitié Kurutan.

« Mais... comment tu as su que j'allais t'appeler ? s'étonna cette dernière.

- Je l'ignore. De base, je voulais simplement venir faire un tour et te porter compagnie, expliqua Motoko en prenant place à la table repos.

- J'ignore si les étoiles sont enlignées, mais tu tombes à point.

- Ah bon ? Pourquoi donc ? J'aurais donc senti que tu n'allais pas bien et ton énergie m'a fait venir à toi ?

- Peut-être...

- Dis-moi ce qui ne va pas. »

Kurutan soupira.

« Tu sais, je sais qu'en matière de confidentialité, je n'ai pas vraiment le droit d'en parler... certes, il y a des psychologues pour ça, et le secret professionnel. Mais ça me ronge et je ne sais pas comment réagir.

- Je travaille pour la sécurité publique en tant qu'officier de police. Je comprends très bien les trucs confidentiels, mais si ça te pèse trop, tu peux m'en parler.

- J'ai encore reçu un nouveau patient. J'ai lu son dossier et quand j'ai créé un lien plus en profondeur avec lui en le rencontrant, j'ai été sidérée par son histoire…

- Quel âge a-t-il ?

- Quinze ans. Il s'appelle Tanda. Il a eu un accident de moto avec son frère aîné et à la façon dont ils sont tombés et ont frotté contre l'asphalte, les médecins et ambulanciers n'ont pas pu sauver son bras gauche tellement les tissus étaient endommagés.

- Il a… donc été amputé ?

- Oui. Un peu en-dessous du coude. Il sait qu'il n'a pas eu le choix, et sa famille a pris la décision de le faire avec son consentement. Ça s'est passé il y a un mois maintenant… »

L'amie de Motoko échappa quelques larmes. Motoko lui caressa le dos et l'accota contre elle.

« Il est encore tellement jeune…, renifla-t-elle.

- Je pourrais limite être sa mère, ajouta le Major alors que cette remarque fit rire son amie l'espace d'un instant. Je comprends que ça te bouleverse.

- Ce n'est pas que ça… il y a autre chose et ça concerne son frère aîné.

- Ah bon ?

- Tanda a semblé avoir assez confiance en moi pour qu'il se confie. Donc, en tant qu'infirmière, je l'ai écoutée. Il m'a dit que son frère aîné de neuf ans, Noshir, lui faisait de la violence domestique. Depuis tout petit, il lui sacre après, lui fait des menaces, et l'a même déjà frappé à plusieurs reprises. Il l'a même déjà agressé sexuellement une fois. Peu de temps avant l'incident de la moto, Tanda m'a dit que Noshir l'avait séquestré chez lui alors que son frère cadet n'était que de passage… et c'est après qu'ils ont eu l'accident.

- J'espère que Noshir a été puni par le karma, grogna Motoko. L'accident de moto doit sans doute y être pour quelque chose.

- Il s'en sort difficilement, mais il n'a perdu aucun membre, lui… »

Kurutan finit par se calmer et remercia l'écoute de son amie. C'est alors qu'elle vit ses béquilles et arqua un sourcil.

« Qu'est-ce que tu fais avec des autocollants de My Little Pony sur une de tes béquilles ? s'enquit-elle. Tiens, c'est Fluttershy...

- La faute au neveu et à la nièce de Balsa, répondit Motoko. Nous les avons gardés la semaine dernière et ils sont en pleine phase d'autocollant. Balsa a réussi à leur faire gaspiller la majorité sur un cartable, mais certains ont trouvé leur place ailleurs.

- Ah, les enfants.

- Hé oui. Comment va ton garçon ?

- Amara se porte merveilleusement bien. Et ma femme Ran également. »

Avec sa femme Ran, le couple lesbien de Kurutan avait décidé de fonder une famille par fécondation in vitro, enchaînant plusieurs rendez-vous pour enfin recevoir leur petit miracle de la vie. Amara était né par césarienne, et c'était Kurutan qui l'avait porté. Ran, bien qu'elle n'ait jamais été enceinte, avait consulté un conseiller en lactation et avait pris des médicaments pour faire grandir les glandes mammaires responsables de créer le lait maternel. Il lui avait aussi fourni de la dompéridone, qui provoquait la lactation. C'est ainsi qu'elle avait réussi à allaiter avec Kurutan leur petit garçon.

« C'est peut-être mon cœur de Maman qui se sent si à l'envers avec Tanda, admit Kurutan enfin. Je ne peux pas m'empêcher de transposer mon fils sur lui.

- Peut-être bien. »

Motoko sortit ses papiers origami et passa quelques feuilles à son amie pour qu'elle puisse occuper ses mains.

« Tiens, change-toi un peu les idées, proposa le Major.

- Je me demande sérieusement si tu vas finir par t'en lasser de toujours plier des grues encore et encore.

- Sans doute jamais. Tu connais la signification pour moi, pas vrai ?

- Oui.

- Hum… il va me falloir racheter d'autres papiers très bientôt, constata Motoko en regardant sa pile. Il y en avait 500 de base, mais Balsa en a pris un peu entretemps.

- Et tu n'as jamais assez de papiers origami, je suppose.

- Exactement.

- Dis-moi, quand est-ce que je pourrais rendre visite à Tanda ? »

Kurutan arrêta ses gestes.

« Euh, après ma pause. Je sais que ça te fait toujours plaisir d'aller rendre visite aux patients pour leur redonner espoir et courage. Comme avec Mayuna.

- Oui, mais elle n'avait pas perdu de membres.

- La douleur est différente pour chacun. La résilience ne se mesure pas quant à la gravité de leur état, ni de leur âge, mais à la façon dont les patients se motivent et voient la vie selon leurs lentilles à eux. Un adulte n'est pas moins résilient qu'un enfant. J'ai connu des adultes extrêmement résilients, et des enfants pessimistes de la vie comme ça ne se peut pas.

- Tu as bien raison. De mon point de vue, il est préférable d'avoir tous ses membres, mais rester paralysé dans un corps, avec un esprit sain, c'est aussi dur que perdre une partie de soi. Je suis bien placée pour le savoir, ne trouves-tu pas ? »

Motoko pensa à son ami d'enfance, Kuze Hideo, qui était restée majoritairement paralysé, sauf son bras gauche et le haut de sa tête.

« Amplement, conclut Kurutan. »

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes sortirent dans le couloir et se dirigèrent vers la chambre du nouveau patient.