Il faut vraiment que je me remette à cette histoire avant de n'avoir plus rien à publier...

Je rappelle que les "fautes" dans les dialogues d'Harry sont volontaires pour imiter le vocabulaire d'un enfant de son âge.

Bonne lecture !


Avant d'arriver en bas, Draco les couvrit à nouveau de la cape, même si les cours avaient déjà commencé et qu'il ne devrait, normalement, croiser personne.

- On va où ? Demanda Harry, que Draco hissa dans ses bras pour descendre les marches.

- On retourne dans la chambre pour que je mette d'autres habits. Ensuite, on ira en acheter pour toi.

- Pou' moi ?

- Oui. Il faut bien qu'on t'en trouve. Les miens sont trop grands.

Le fait d'aller lui acheter des choses était une première pour Harry. C'était tellement inhabituel qu'il ne réalisait pas bien. Lui qui avait l'habitude de récupérer les vieilles affaires de Dudley. Et encore, quand sa tante le voulait bien ou que Dudley ne faisait pas une crise pour les garder, même s'il ne rentrait plus dedans depuis des lustres. Harry se demandait s'il allait vraiment avoir des vêtements rien qu'à lui. Peut-être que Draco était en train de lui jouer un mauvais tour. Harry s'évertua à essayer de trouver une réponse lui-même tout le trajet.

Quand Draco arriva près de la porte qui menait aux cuisines, il s'arrêta et hésita. Il ne voyait pas du tout l'intérêt, ils avaient déjà déjeuné, mais si Dumbledore lui avait dit d'y aller, il y avait peut-être une bonne raison. Préférant être sûr, il s'engagea dans le couloir. Devant le tableau, il chatouilla la poire avec une grimace, et ouvrit la porte dès que la poignée apparût. Devoir faire rire une poire était définitivement une activité qu'il trouvait trop peu digne de son nom.

Posant Harry par terre, qui s'étonna de ne pas être dans la chambre, il retira la cape et posa les yeux sur la colonie d'elfe qui s'affairait un peu partout. De vraies fourmis. Prenant peur, Harry se cacha derrière les jambes de Draco. Il ne connaissait pas cet endroit, et il n'aimait pas ça du tout. Réfléchissant à ce qu'il pouvait bien demander à ces elfes, Draco vit passer une tête surmontée d'une montagne de chapeaux.

- Do… ?

Réalisant, il ne put retenir sa voix.

- Dobby ! S'écria-t-il.

Bon nombre d'elfes sursautèrent instantanément. Des plats se brisèrent sur le sol, des casseroles tombèrent dans un bruit infernal et la pile de chapeaux que Dobby portaient s'étala sur le sol, causant un carambolage d'elfes qui glissèrent dessus et fusillèrent Dobby du regard. Se tassant sur lui-même, Dobby détala pour accourir à la porte.

- M… M… Maître ? Bredouilla l'elfe.

- Je ne suis plus ton maître, elfe idiot, répondit Draco.

Derrière Dobby, les elfes avaient tout réparé et reprenait le travail là où ils l'avaient laissé. Ils ne s'intéressaient pas du tout à la présence de Draco.

- Que veux le m… Monsieur Draco Malfoy, monsieur ? Se rattrapa Dobby.

Maintenant qu'il avait son ancien elfe sous les yeux, Draco comprit pourquoi Dumbledore l'avait envoyé ici. Avec son accoutrement qui piquait les yeux, Dobby faisait tache au milieu des elfes, mais il allait pouvoir lui être utile. En faisant attention à Harry, toujours accroché à sa cape, Draco se baissa à hauteur de l'elfe. En temps normal, il ne se serait humilié de la sorte. Dobby ne put s'empêcher de faire un pas en arrière en triturant ses mains. En le regardant, Draco se dit qu'il n'était pas mécontent que Dobby ne soit plus son elfe de maison. Oh, il était très gentil, et lorsqu'il avait l'âge d'Harry, il l'aimait beaucoup, mais il était terriblement maladroit. Le voir s'auto-punir ne lui manquait pas non plus.

- Dobby, tonna la voix de Draco, pour attirer son attention.

- Dobby s'excuse ! Le maître Draco a toute l'attention de Dobby ! S'exclama Dobby aussitôt.

- Je ne suis plus ton…, oh et puis merde, soupira l'adolescent. Je vais avoir besoin de toi.

- De Dobby ? Répéta l'elfe. Qu'est-ce que Dobby peut faire pour le m… Pour monsieur Draco Malfoy, monsieur ?

- Tu dois me jurer que tu ne le répèteras à personne, menaça Draco.

Dobby se pinça fortement les lèvres et hocha la tête si vigoureusement que ses oreilles lui fouettaient le visage. Draco se retint de soupirer. C'était encore plus fatiguant que d'aller dans le bureau de Dumbledore en portant Harry.

- Dobby, ça suffit.

L'elfe s'arrêta aussitôt. Ses doigts se crispèrent sur son pull criard. Avant qu'il ne se mette à scander « méchant Dobby » et qu'il ne se frappe la tête avec le premier objet ou pan de mur venu, Draco se tourna. Il attrapa Harry, le forçant quelque peu à quitter sa cachette, contre l'avis du garçonnet. Il le mit devant lui, face à Dobby, mains sur les bras pour le tenir en place.

- Dobby. Voici Harry. Il s'est transformé en enfant.

Dobby ouvrit les yeux si grands qu'ils semblèrent prêts à sauter de leurs orbites dans un « pop ». Était-ce vraiment Harry Potter qu'il voyait ? Face à la drôle de petite créature avec son drôle de nez, ses grandes oreilles et ses gros yeux globuleux, la peur d'Harry s'envola. La vision de Dobby le fit plutôt sourire. Il avait envie de jouer avec ce drôle de lutin.

- Monsieur Harry Potter ? Répéta Dobby dans un murmure, détachant toutes les syllabes.

- Oui, c'est ce que j'ai dit. Longue histoire, je n'ai pas vraiment le temps de t'expliquer.

Se redressant de tout son long et bombant le torse, Dobby regarda Draco droit dans les yeux sans ciller.

- Qu'est-ce que Dobby peut faire pour aider monsieur Harry Potter, monsieur ? Demanda-t-il avec fierté.

- Tes chaussures, répondit Draco en les pointant du doigt.

Il préférait ne prendre que ça. Il n'avait pas vraiment envie d'enfiler à Harry des vêtements, certes à sa taille, mais probablement pas lavés depuis des lustres.

- Les chaussures de Dobby ? Répéta-t-il, incrédule.

L'elfe ne voyait pas vraiment en quoi ses chaussures allaient aider son ami sorcier.

- Oui, tes chaussures. J'emmène Harry en ville pour lui acheter des vêtements et j'aimerais t'emprunter tes chaussures pour les lui mettre. Tu dois être le seul de tout ce fichu château à en avoir des assez petites pour lui aller. Je te les rendrais quand je lui en aurais acheté.

C'est seulement à ce moment que Dobby prit la peine de regarder l'accoutrement d'Harry. Il parut horrifier et son petit cri en était bien la preuve. Une chemise qui lui arrivait aux chevilles, et dont les manches étaient retroussées de moitié, comme vêtement et une paire de chaussettes nouées était la seule chose qu'il portait aux pieds. Dobby n'était plus seulement horrifié, il était aussi très triste pour son ami. Si triste qu'il eut envie de pleurer. Depuis qu'il avait des chaussures et des habits, Dobby n'envisageait plus un seul instant s'en passer.

- Restez ici, monsieur, Dobby revient !

Et avant que Draco ait pu émettre la moindre protestation, Dobby avait filé plus vite que son ombre. Fermant les yeux et se massant le front, Draco commença à craindre le pire.

- D'aco, appela doucement Harry en tirant sur sa manche.

Il lui accorda un regard et attendit qu'il parle.

- C'est quoi ? Demanda Harry en pointant le doigt vers la fourmilière d'elfes.

- Des elfes de maisons.

- C'est quoi ?

- Eh bien, souffla Draco, cherchant ses mots. C'est comme des lutins. Ils font à manger et le ménage.

Harry n'eut pas le temps de poser plus de questions que Dobby était réapparut. Une pile plus grande que lui dans les bras. Il titubait en s'avançant. Non seulement sa grosse tête était cachée derrière et il ne voyait rien, mais en plus, la pile approximative menaçait de s'écrouler à chaque pas. Quand il arriva enfin, Dobby déposa le tout dans les bras de Draco.

- Les vêtements de Dobby, monsieur ! Annonça-t-il fièrement. Dobby les donne à monsieur Harry Potter, si les habits de Dobby peuvent aider monsieur Harry Potter, monsieur !

Draco vit qu'il avait revêtu le même uniforme que les autres elfes de la cuisine.

- Ce n'était pas la peine, répondit Draco en s'efforçant de ne pas s'agacer. Je voulais seulement tes chaussures.

- Non, non, non ! Répondit Dobby. Dobby ne peut pas laissez monsieur Harry Potter comme ça ! Monsieur Harry Potter est l'ami de Dobby alors Dobby lui donne tout ce que Dobby a !

Se rendant bien compte que c'était inutile de discuter avec cet elfe buté, Draco renonça avant même d'essayer.

- D'accord, d'accord, soupira-t-il. Je te les rendrais plus tard.

N'ayant pas encore donner la pièce maîtresse, Dobby s'empressa de se déchausser et donna sa paire de chaussure avec la même vigueur que pour ses vêtements.

- Dobby donnera tout ce qu'il a à monsieur Harry Potter si ses affaires peuvent lui être utile.

- On ne fait que te les emprunter, rappela Draco qui trouvait que l'elfe faisait un peu trop de cérémonie pour si peu.

Se relevant, après avoir convaincu Harry d'enfiler les chaussures, il ignora cette posture absurde qu'avait Dobby et baissa les yeux vers Harry.

- On y va ?

Harry regarda une dernière fois Dobby et les elfes de la cuisine avant de hocher la tête.

- Je suis désolé, je ne peux plus te porter, maintenant.

Harry attrapa alors sa main libre et le suivit hors des cuisines. Dobby regarda son ancien maître. Il était très surpris de le voir agir ainsi. En faisant preuve de bonté envers quelqu'un d'autre. Bien que, lorsqu'il y pensait, Dobby se rendit compte qu'il n'avait jamais vu son ancien maître interagir avec quelqu'un de beaucoup plus jeune que lui.

Avant qu'il ne soit trop loin, Harry se tourna comme il put et sourit à l'elfe, lui faisant au revoir de la main. D'abord surpris, puis gêné, Dobby fini par répondre de la même façon, ses grandes oreilles s'agitant de bonheur.

Aidant Harry à sortir du couloir, Draco se dit que, finalement, avoir fait ce détour n'était pas idiot. Si Harry portait des chaussures, il ne serait pas obligé de le porter toute la journée.

- D'aco ? Appela Harry.

- Oui ?

- C'est un enfant Nommy ?

Se demandant d'abord de qui il parlait, Draco réalisa.

- Il s'appelle Dobby, corrigea-t-il, et non, c'est un adulte. Mais les elfes ne grandissent pas comme nous, c'est pour ça qu'il est petit comme toi.

- Je suis pas un petit ! S'indigna Harry.

Draco se pinça les lèvres pour ne pas sourire. À côté de lui, Harry l'observait, comme s'il avait une question qu'il ne savait pas comment formuler. Une question dont il n'était peut-être pas conscient. Draco réfléchit à ce que pouvait penser Harry puis eu une idée.

- Tu sais, commença-t-il, chez les sorciers, il existe plein de créatures et d'animaux que tu n'as jamais vu.

- Comme Nommy ?

- Dobby, rectifia Draco. Mais oui, comme lui.

Il se retint de justesse d'ajouter « en moins bête ». Et, de toute façon, ça aurait été faux. Les trolls et les géants étaient encore plus stupides que cet elfe idiot. Draco mit quelques secondes à se rappeler des créatures apparaissant dans les histoires pour les moldus.

- Les licornes existent pour de vrai, fini-t-il par dire.

Un hoquètement de surprise lui répondit et Draco eut beaucoup de mal à ne pas rire ou sourire. Il n'y avait que les jeunes enfants pour faire ce genre de bruit, mais venant d'Harry, il trouvait ça presque adorable.

- Et les sirènes, les géants, les loup-garous, les vampires. Et même les dragons !

- Les d'agons ? Répéta Harry, éberlué.

Draco se fit le plus sérieux possible. Il regarda Harry droit dans les yeux et hocha la tête.

- Ils sont très gros et ils crachent du feu ! Ajouta-t-il.

La réaction d'Harry ne se fit pas attendre et Draco trouva ce petit jeu très distrayant.

- Et quoi ? Voulu savoir Harry, tout impatient.

- Quoi d'autres ? Eh bien…, réfléchit Draco à haute voix. Je ne sais pas. Il y a des sorciers qui se transforment en animaux.

Harry ne comprenait pas trop ce que ça voulait réellement dire, mais il était impressionné.

Ils s'arrêtèrent un instant pour vérifier que le prochain couloir était désert, Draco avait été trop encombré et pressé pour prendre le temps de les couvrir de la cape d'invisibilité, il misait sur le fait que personnes ne risquait de les voir. Approchant bientôt, Draco se hâta d'arriver à la chambre et regarda la porte se refermer avec soulagement.

- Bon, dit-il avant d'aller déposer la pile de Dobby sur la table basse.

Il n'avait vraiment, vraiment, pas du tout envie de lui mettre quoi que ce soit tiré de là-dedans. D'un autre côté, on risquait de les regarder de travers s'il se baladait dans les rues moldus avec un enfant habillé d'une chemise trop grande. Repoussant l'idée de devoir rhabiller Harry, Draco se changerait en premier. Il aida Harry à s'asseoir sur son lit.

- Tu restes sage ? Je reviens vite.

Harry eut à peine le temps d'acquiescer qu'il vit Draco disparaitre dans la salle de bain avec des vêtements sous le bras. En revenant, il se débarrassa de son uniforme qu'il jeta négligemment sur son lit. Il avait enfilé un pantalon tailleur accompagné d'un pull crème. Se passant une main dans les cheveux pour les ramener en arrière, il regarda Harry. Le petit garçon était resté bien sage. Il n'avait pas bougé d'un poil et fixait Draco. Sa petite bouille d'enfant le fit sourire et il le fit descendre.

- À toi maintenant.

Retournant vers la table basse, il s'installa sur le canapé et tria la pile de vêtements avec une grimace de dégoût. Inspectant ce qui, pour lui, ressemblait plus à des chiffons qu'autre chose, du bout des doigts, il pris les vêtements les moins sales qu'il trouva et les mis à Harry.

- Dès qu'on sera revenu, je te mettrais des habits propres, promis Draco en lui enfilant un short qu'il dut resserrer à la taille.

Une fois qu'Harry fut habillé à peu près normalement, Draco le regarda de la tête aux pieds. Il était affreux, mais au moins, il portait quelque chose à sa taille. À peu près.

- C'est les habits pou' moi ? Demanda Harry.

- Non, ceux-là, ce sont ceux de Dobby. On ira lui rendre quand tu auras tes habits à toi, d'accord ?

Harry hocha la tête, il avait très envie de retourner voir Dobby. Il était rigolo.

- Bon, plus qu'à remettre nos chaussures et ce sera bon, déclara Draco en se levant.

Il ajouta tout de même une veste sur ses épaules et celles d'Harry et s'empara d'un sac sans fond. Avant de sortir pour de bon, ils remirent tous les deux leurs chaussures et Draco entreprit, une nouvelle fois, de se rendre dans le bureau du directeur.

- On va où ? Demanda Harry, ravi d'être à nouveau porté.

- On retourne dans le bureau du directeur.

- Pou'quoi ?

- Parce que c'est par là qu'on va sortir du château.

Harry fronça les sourcils. Il ne comprenait pas bien comment ils pourraient sortir du château comme ça. Draco chassa cette pensée en lui embrassant furtivement la tempe. Plaquant aussitôt sa main à l'endroit du bisou, Harry le fixa avec de grands yeux. On ne lui avait jamais fait de bisous avant ! Draco n'avait pas fait attention à sa réaction et marchait en regardant droit devant lui.

La première heure de cours n'allait pas tarder à se finir et il devait accélérer la cadence s'il voulait arriver dans le bureau de Dumbledore avant que des troupeaux d'élèves ne sortent pour changer de classe. Quand ils arrivèrent enfin, Dumbledore donna ses dernières instructions à Draco mais Harry n'écouta pas. En revanche, il se réfugia contre le cou de Draco quand le directeur approcha sa baguette de lui. Quelques secondes plus tard, Harry n'avait plus de cicatrice et arborait des yeux bleus et des cheveux lissent, tout blonds. Draco eut également droit à quelques charmes pour modifier l'apparence de son visage.

- Cela devrait suffire, déclara Dumbledore. Et maintenant, bon voyage.

Draco entra dans les flammes vertes et Harry se mit à avoir bien plus peur que lorsqu'il avait vu la baguette.

- Ça va aller, le rassura Draco. Ça ne fait pas mal, promis.

Pas rassuré pour un sou, Harry ferma les yeux aussi fort qu'il put, surtout pour s'empêcher de pleurer, et s'agrippa à la veste de Draco. L'atterrissage fut quelque peu fastidieux et Draco sorti d'une vieille cheminée en partie détruite en toussant, balayant l'air de sa main.

- Ça va Harry ? C'est fini, tu peux ouvrir les yeux.

En entendant son nom, Harry se délogea et ouvrit les yeux. Ils n'étaient plus dans le bureau mais dans une très, très vieille maison très sale. Sa tante Pétunia n'aurait pas aimé du tout. Draco retira la suie des cheveux d'Harry, qu'il préférait bruns et touffu, et lui fit un sourire.

- On y va ?

Ne pouvant de toute façon que suivre ou rester ici tout seul – et ça, il en était hors de question – Harry hocha la tête. Ils sortirent le plus discrètement possible de la maison et durent marcher quelques minutes pour arriver aux abords d'une petite ville moldue, comme le leur avait dit Dumbledore. Personne ne fit attention à eux et ils se mêlèrent à la foule. Harry ne reconnaissait pas du tout l'endroit où ils étaient et Draco était incapable de les situer sur une carte.

- On commence par quoi ? Demanda Draco.

Harry se pinça les lèvres et retourna se cacher. Ne comprenant pas très bien, Draco mit un moment avant de soupirer. Il entra dans un parc, posa Harry debout sur un banc et le regarda droit dans les yeux.

- Qu'est-ce qui t'arrives ? Demanda-t-il.

Harry tritura son pull de ses doigts, sans répondre.

- C'est parce qu'on va acheter des choses rien que pour toi ?

Abdiquant, Harry hocha la tête.

- Faut pas, dit-il tout doucement.

- Et pourquoi il ne faut pas ?

- C'est onc'e Ve'non qui l'a dit.

- Il dit quoi ton oncle ?

Draco releva le menton d'Harry. Il n'aimait pas qu'il fuit son regard comme ça.

- Qu'est-ce qu'il dit ? Redemanda Draco.

- Qui faut pas acheter des habits pour moi.

- Pourquoi ?

- Pa'ce que c'est gaspié.

Draco senti l'énervement monter en lui et insulta copieusement les moldus d'Harry dans sa tête. S'asseyant à côté d'Harry, il l'installa sur ses genoux et tira de sa poche la bourse que Dumbledore lui avait confié.

- Tu vois, commença Draco en ouvrant la bourse, là-dedans, il y a les sous qu'on va utiliser aujourd'hui pour t'acheter des affaires. Et ces sous, ils sont à toi.

Harry fronça les sourcils et leva le nez vers Draco.

- Mais moi, j'ai pas de sous, dit-il.

- Si, tu en as. Mais ils sont cachés.

Trouvant cette histoire de plus en plus curieuse, Harry n'eut pas le temps de poser de question que Draco lui expliqua.

- Tu sais ce que c'est qu'une banque ?

Harry secoua la tête.

- C'est là où les gens rangent leurs sous, expliqua Draco. Et les sorciers, ils ont une banque spéciale, parce qu'on a pas les mêmes sous que ton oncle et ta tante.

Tout ça était beaucoup trop compliqué pour Harry et il commençait à avoir mal à la tête.

- Dans cette banque, tous les sorciers ont un coffre. C'est l'endroit où on met les sous. Et toi, dit-il en appuyant doucement sur le bout de son petit nez, comme tous les autres sorciers, tu as un coffre. Dans le coffre, il y a tes sous.

- Pou'quoi j'ai des sous ? Demanda Harry.

- Parce que des gens ont mis des sous dedans pour toi, répondit Draco.

- Qui ?

Draco commença par en avoir assez des questions. Il avait très envie de demander à Harry de ne plus en poser, mais il avait bien compris que le problème n'était pas Harry en lui-même, mais son âge. Alors il répondit la chose la plus évidente et à laquelle Harry ne pourrait pas rétorquer.

- Je ne sais pas.

Harry l'observa longuement.

- C'est mes sous ? Répéta-t-il.

- Oui. Rien qu'à toi. Alors on va acheter tout ce que tu veux, d'accord ?

Acquiesçant, Harry accepta sans broncher de retourner faire les courses. Quand Draco préféra mettre la bourse dans son sac, il y trouva quelque chose qui ne devrait pas y être. Attrapant une boite rectangulaire, il détacha le petit mot accroché autour par une ficelle.

« J'ai pris la liberté d'acheter ceci pour notre jeune ami. »

Il n'y avait pas de signature mais Draco reconnu l'écriture comme étant celle de Dumbledore. S'attendant à tout, il ouvrit la boite et tomba sur une paire de lunette. Pour une fois, le vieil homme avait eu une bonne idée ! Draco retira ses lunettes à Harry, pas tellement d'accord, et posa les nouvelles sur son nez. Elles se réadaptèrent d'elles-mêmes et Harry cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer.

- Tu vois mieux ? Demanda Draco.

Posant les yeux sur lui, Harry se figea aussitôt. Maintenant qu'il voyait nettement, il put voir Draco pour la première fois tel qu'il était vraiment. Ses traits fins, sa façon de cligner des yeux, et ses cheveux qui brillaient. Même s'ils n'étaient pas blonds comme avant. Il ressemblait à un ange et Harry le trouvait si beau qu'il en était bouche-bée.

- Bah alors, s'amusa Draco, pourquoi tu me regardes comme ça ?

Harry ne sut quoi répondre. C'était une question compliquée pour un esprit aussi jeune. Draco décida de ne pas se prendre la tête là-dessus et changea de sujet.

- Par quoi est-ce qu'on commence ? Demanda-t-il. On va te chercher des habits ?

- D'accord.

Harry n'émettait plus aucune réticence et Draco se félicita d'avoir réussi à lui faire comprendre que personne ne dépenserait quoi que ce soit pour lui. Il se leva, fit descendre Harry et lui prit la main, partant à la recherche d'une boutique pour enfant.

Sur le chemin, Draco fit une liste de ce dont Harry aurait besoin et réalisa qu'il lui faudrait de tout. Des sous-vêtements, des vêtements légers comme épais, des pyjamas, et peut-être aussi un manteau, sans oublier le trio bonnet/écharpe/gants avec l'hiver qui approchait. Ne se tracassant pas trop, ils entrèrent dans le premier magasin répondant à leur critère.