Pendant près de trois heures, Draco fit essayer des dizaines de vêtements au petit garçon qui se prit rapidement au jeu. Lui qui n'avait jamais fait ça, ou même eu des vêtements rien qu'à lui, tout ça le ravissait. Dans la cabine d'essayage, Harry regardait d'abord les vêtements sur lui avant de tourner sur lui-même pour s'observer dans le miroir. Même s'il avait bien compris que Draco allait lui acheter une garde-robe, il avait été surpris, et même heureux, de pouvoir choisir ce qui lui plaisait.
Ses achats étaient donc essentiellement constitués de motifs et de flocage représentant des personnages qu'Harry trouvait amusant. Draco, qui appréciait pourtant grandement cette activité, n'avait jamais autant pris plaisir à faire du shopping que ce jour-là. Il aimait s'habiller pour se mettre en valeur, mais voir un petit garçon s'amuser pour la première fois de sa vie avait quelque chose de particulier.
Quand ils sortirent enfin, le sac à dos de Draco était nettement plus lourd, mais il ne s'en plaignait pas. Il n'avait pas su dire non à Harry une seule fois et lui avait acheté pour une petite fortune de vêtements, aux yeux du vendeur qui n'en n'avait probablement jamais passé autant d'un seul coup. Il faisait donc abstraction du poids sur son épaule, estimant que se vêtir correctement était une obligation plus qu'un choix. Il fallait habiller Harry, et avec un enfant aussi jeune qui risquait à tout moment de se salir ou d'abimé ses affaires, le mot trop n'était pas de mise.
Harry tenait sagement la main de Draco et zyeutait les vitrines en se demandant où Draco allait l'emmener ensuite. Se lassant assez vite, il reporta son attention sur ses pieds. Sourire aux lèvres, il jouait avec la poudreuse qui recouvrait le dessus de ses chaussures. Un gargouillis sonore le fit sursauter et il posa la main sur son ventre. Le sentant s'agiter, Draco baissa les yeux et l'observa.
- Tu as faim ? Demanda-t-il.
Mais Harry ne répondit pas. Il se contenta de détourner le regard, ce qui titilla Draco. Il voulait bien comprendre qu'Harry avait un passif particulier avec la nourriture et son alimentation, mais cette attitude allait vite l'agacer. Il avait l'habitude qu'on lui réponde vite et clairement. Draco inspira pour prendre sur lui. Il devait faire un effort pour penser comme un enfant de quatre ans. Se penchant en avant, Draco attrapa Harry pour le porter et se retrouver nez à nez avec lui.
- Harry, regarde-moi, quémanda-t-il.
Après plusieurs secondes, Harry consenti à obéir. Il avait du mal à s'y faire. À ne pas recevoir d'ordre toute la journée et il se demandait à chaque instant si ça n'allait pas recommencer. Il ne voulait pas que ça recommence mais, même s'il ne le comprenait pas, c'était dans ses habitudes.
- On va t'acheter des chaussures, et ensuite on ira manger. D'accord ?
Harry hocha la tête et se laissa entraîner dans le premier magasin. Il essaya bon nombre de pairs pendant ce qui lui parût être une éternité, maintenant qu'il avait faim. Ça lui faisait tout drôle d'avoir des chaussures juste à sa taille. Ni trop grande, comme celle de Dudley, ni trop petite. À chaque nouvel essayage, Harry observait ses pieds avec tellement de fascination que Draco n'avait pas pu se retenir de glousser à plusieurs reprises et s'en était caché pour ne pas qu'Harry ait l'impression qu'il se moquait de lui.
Après seulement une heure, Harry ressorti avec des bottes en caoutchouc, une paire de chaussure passe-partout et une paire de chausson. Les boites trouvèrent une place dans son sac, avec les nombreux sacs, et Draco commença doucement à regretter d'être si généreux avec le petit garçon. Pourtant, chaque fois qu'il posait les yeux sur lui, et encore plus lorsqu'ils se regardaient dans les yeux, Draco voyait, quelque part, au fond, son Harry. Le Harry de seize ans envers qui il se sentait triste mais plus encore, coupable.
Draco chassa cette pensée aussi loin qu'il le pouvait et souleva Harry pour le hisser sur sa hanche. Il n'avait pas vraiment envie de perdre encore une éternité avant de manger. Son estomac aussi commençait à protester. Le seul souci, c'était qu'il ne connaissait rien à la nourriture moldue, mais il se doutait qu'il ne pourrait pas emmener Harry dans un grand restaurant.
- Où est-ce que tu as envie de manger ?
Ça lui avait parut être la meilleure solution. Demander à Harry. Surpris, Harry leva les yeux vers Draco et celui-ci dû reposer sa question.
- On ira où tu voudras, affirma Draco.
Oh, Harry savait parfaitement ce qu'il avait envie de manger. En vérité, il hésita quelques instants pour délibérer entre la pizza ou les burgers. Il avait toujours vu son cousin s'en empiffrer et avait toujours eu envie d'y goûter. Préférant les frites qu'il connaissait déjà, Harry demanda à aller dans un restaurant dont Draco n'était pas sûr d'avoir très bien compris le nom et, à sa plus grande horreur, il dût demander son chemin à un moldu. Se sentant plus que salit après cette brève conversation, Draco ne cessa de se répéter qu'il faisait ça pour Harry.
La devanture déplus à Draco autant que d'avoir dû adresser la parole à un moldu. Ça n'avait rien d'un endroit digne de sa classe sociale et il regrettait presque d'avoir accorder à Harry le choix du déjeuner. Mais, quand il posa les yeux sur lui pour lui demander si c'était bien là qu'il voulait aller, il vit les étoiles qui faisaient briller son regard. Il n'y avait aucun doute à avoir, c'était bien ici, et il ne regrettait pas son choix. Même s'il avait quatre ans et qu'il n'avait rien à voir avec la personne qu'il avait connu jusque-là, voir Harry heureux n'avait pas de prix pour Draco.
Poussant la porte, Draco pénétra dans le lieu le plus détestable qu'il ait connu de toute sa vie. Des couleurs mal accordées si flashy qu'elles lui piquaient les yeux, des cris d'enfants que les parents étaient incapables de gérer, personne pour les accueillir et des tables en vrac dépourvu de toutes vaisselles.
Nom d'une bouse de dragon, dans quoi est-ce que j'ai mis les pieds, se demanda-t-il.
Tout heureux, Harry lui fit un sourire si grand que Draco craignait qu'il finisse par se faire mal. Il n'avait cessé de se tordre le cou pour regarder tous les coins de cet endroit qui lui donnait envie de jouer, comme la piscine à balles qu'il avait aperçue. Aux murs, il vit ce dessin qu'il avait déjà vu plus d'une fois sur la grande table de sa maison. Il se souvenait qu'à chaque fois que son oncle Vernon ramenait un sachet avec ce dessin, Dudley engloutissait la nourriture encore plus vite que d'habitude et qu'il en mettait toujours partout. Il avait eu envie de demander à Draco s'ils allaient vraiment manger là mais il semblait très concentré et Harry ne voulait pas le déranger pour ne pas qu'il se fâche contre lui et qu'il change d'avis.
Draco, lui, avait voulu chuchoter à Harry qu'il ne savait pas comment s'y prendre et qu'il devrait lui expliquer, mais il réalisa qu'Harry ne savait probablement pas non plus. Alors il resta en retrait quelques instants pour observer la marche à suivre et se donner suffisamment de courage pour sauter le pas. L'envie de fuir le démangeant sérieusement, Draco s'approcha du comptoir. Il écouta le discours placide du type derrière une machine qui lui était inconnu et, acceptant qu'il était complètement perdu – pour la seconde fois non seulement de la journée, mais aussi de sa vie – Draco confia à ce qu'il estima être un serveur qu'il n'avait encore jamais mis les pieds dans un endroit comme celui-ci.
Derrière sa caisse, le jeune homme lui servit un regard qui donna envie à Draco de sortir sa baguette pour lui jeter un sort après s'être insurgé d'être traité ainsi. Récitant à nouveau son discours de sa voix monocorde, Draco se débarrassa de la corvée au plus vite. L'insulte ne s'arrêtant pas là, on lui donna un plateau à ramener lui-même à sa table. Serrant les dents et inspirant doucement, Draco posa Harry sur ses pieds et, avec dégoût, s'empara du plateau.
Il laissa le petit garçon choisir la table, qu'il voulut prêt de la piscine à boules, sans oser demander à Draco s'il aurait le droit d'y aller. Mais, intimidé par tant de monde et tant de regards qu'il pensait braqués sur lui, Harry avait les doigts crispés sur son pantalon. Alors Draco le guida jusqu'à une table éloignée. Il posa ensuite son fardeau sur la table qu'il jugea crasseuse et hissa Harry sur la chaise d'en face. L'adolescent avait choisi la place la moins exposée. Il voulait disparaître et réapparaître dans un lieu plus approprié pour sa personne.
Quand il déballa les deux sachets, il comprit qu'il devrait manger avec ses doigts et n'en fut que plus répugné. Harry le regardait et attendait sagement, alors Draco passa à autre chose. Du sachet contenant le menu enfant d'Harry, il déballa un burger, des frites, ce qui ressemblait à un yaourt à boire et un jus de pomme. Puis il y eut un étrange objet dur, emballé dans une pochette plastique. Il comprit qu'il s'agissait d'un jouet articulé pour enfant et trouva l'idée intéressante. Ils se mettaient d'abord les enfants dans la poche et, fatalement, les parents finissaient par suivre. Draco déballa le jouet et le posa à côté d'Harry.
Le petit garçon, les yeux pétillants devant tout ce qui était déposé devant lui, sursauta quand il aperçut le mouvement du bras de Draco. Son premier réflexe avait été de fermer les yeux et de rentrer la tête mais, ne sentant rien, il rouvrit un œil, puis l'autre. Il fixa son regard sur Draco.
- Mange, lui dit-il, un peu épuisé par la matinée.
S'occuper d'un enfant était loin d'être reposant ! Harry obéit à Draco et essaya lui-même de se défaire de tous les emballages. Il n'eut aucun mal à se débrouiller pour ouvrir les petites boites mais Draco dû venir à son secours pour planter la paille dans la brique. Il en profita alors pour lui verser les différentes sauces qu'il avait trouvé au fond des sachets. Le regard d'Harry resta fixé un long moment sur la nourriture face à lui. Il ne savait pas trop s'il devait manger ou non. S'il avait vraiment le droit de manger ou non. Ce qu'il savait, en tout cas, c'était qu'il avait déjà vu Dudley faire. Donc, en théorie, il savait comment s'y prendre.
En le voyant, Draco se répéta qu'il devait se montrer plus patient, que ce n'était qu'un petit garçon un peu perdu lorsqu'on lui donnait la possibilité de faire ce qu'il voulait. Avisant son propre repas, le menu le plus vendu, pour ne pas se prendre la tête, bien que cela signifiait qu'il ne savait pas réellement ce qu'il avait commandé, il y vit un burger, plus gros et plus garni, des frites, et une étrange boisson gazeuse à la couleur et à l'odeur peu ragoûtants. Voulant donner l'exemple à Harry, il prit une frite qu'il trempa dans la première sauce venue et la donna à Harry. Un sourire en coin fleurit sur ses lèvres lorsqu'Harry se mit à loucher sur ce qu'il lui donnait. C'était dommage qu'en grandissant, il ait perdu ce trait d'innocence qui faisait du petit Harry un enfant adorable.
D'abord hésitant, mais voyant que Draco insistait, Harry finit par prendre la frite dans sa main et la porter à sa bouche. Ce fut le déclencheur qui le fit enfin manger son repas, au plus grand soulagement de l'adolescent qui ne se voyait pas passer sa journée ici. Pendant qu'Harry mangeait, Draco dû se résoudre à en faire de même. Aspirant une gorgée de sa boisson, sa réaction fut immédiate et il se mit à tousser, main sur la bouche.
- C'est ignoble, dit-il en tirant la langue.
En face de lui, Harry trouva l'image amusante et en rigola. S'essuyant la bouche, Draco lui tendit son gobelet.
- Tu veux goûter ?
Pas confiant, Harry secoua vivement la tête. Pas question ! Si Draco avait failli cracher alors ça ne devait vraiment pas être bon du tout. Soupirant, l'adolescent avisa son verre. Puis, il eut une idée qui le fit sourire. Il plaça son doigt devant sa bouche pour dire à Harry de ne rien dire et, s'assurant que personne n'avait les yeux tournés vers eux, il fit sortir l'extrémité de sa baguette de sa manche et, une formule murmurée plus tard, sa chose s'était changé en jus de citrouille frais. Buvant sans retenu, Draco se félicita.
- C'est mieux.
Harry ne comprenait pas bien ce qui venait de se passer. Se penchant vers lui, Draco parla tout bas pour que seul le petit garçon entende.
- J'ai fait de la magie, mais il faut pas le dire, d'accord ? Sinon je serais puni.
Ne voulant absolument pas que son ami soit puni, Harry décida de garder le secret. Lui faisant un petit sourire rassurant, Draco reprit son repas qui fut probablement le plus décevant de sa vie. Harry termina bien plus vite que lui et buvait la fin de sa brique de jus en balançant les jambes sous la table, le regard rivé sur la piscine à balles. Il avait l'air content et, ne voulant pas l'en priver, Draco se retenait de dire quoi que ce soit à chaque coups de pieds qu'il recevait. Il tourna la tête dans la même direction qu'Harry et soupira intérieurement. Harry avait probablement envie d'aller là-bas pour jouer, mais Draco n'avait pas particulièrement envie de prendre le risque de le laisser y aller et de le perdre de vue. Pourtant, comme pour tout le reste, il fut incapable de lui refuser un moment de bonheur.
- Tu peux aller jouer, si tu veux, lui dit-il à contre-cœur.
Harry fit volte-face et se figea, pas sûr d'avoir correctement entendu.
- Pas longtemps, parce qu'on a encore des courses à faire, l'averti Draco. Mais tu as le droit d'aller jouer là-bas pendant que je fini de manger.
- C'est vrai ? Demanda Harry, le ton plein d'espoir.
- Tu reviens dès que je t'appelle ?
Harry hocha vigoureusement la tête et le lui promit au moins trois fois.
- Allez, file. Mais je veux te voir, d'accord ?
En guise de remerciement supplémentaire, il eut droit au plus rayonnant des sourires et Harry sauta presque de sa chaise avant de se carapater jusqu'à l'air de jeu. Visage appuyé contre la paume de sa main, Draco surveilla Harry de loin. Il mangeait le plus doucement possible pour faire durer l'amusement d'Harry. Finalement, son déjeuner n'avait pas été aussi catastrophique qu'il l'avait craint en entrant. C'était gras, calorique, pas assez consistant et il ne remettrait sans doute jamais les pieds dans ce genre d'endroit mais il devait bien admettre que ça changeait de ce dont il avait l'habitude.
Nettoyant rapidement la table, puisqu'il avait vu ce qu'il était censé faire de leurs déchets – et la perspective de devoir débarrasser lui-même lui déplut autant que d'avoir dû amener le repas lui-même – il remarqua qu'Harry n'avait pas touché à son yaourt. Il avait sans doute eu le ventre trop plein pour vouloir y toucher. Une fois qu'il n'eut plus rien à faire, Draco appela Harry. Bien que déçu de devoir sortir si vite, Harry respecta la promesse qu'il avait faite à Draco. Au moins, il avait pu jouer un peu.
Quand il revient à table, Draco lui demanda s'il voulait garder son yaourt pour le goûter et Harry acquiesça. Il était déjà impatient d'en avoir un et recommença à sourire. Se souvenant qu'il y avait aussi un jouet sur la table, Harry vit Draco le prendre. S'attendant à ce qu'il le jette avec les autres papiers, Harry se pinça les lèvres très fort.
- Je le mets dans mon sac, d'accord ? Lui dit-il. Tu pourras jouer avec tout à l'heure.
Harry leva de grands yeux écarquillés vers Draco. Son visage était si expressif qu'il déstabilisa Draco. Pourquoi Harry le fixait avec cet air-là ? Dans la tête du petit garçon, tout se bousculait. Comme pour le repas, il se demandait s'il aurait vraiment le droit de jouer avec le bonhomme.
- J'ai le droit ? Demanda timidement Harry.
- Il est à toi, répondit Draco, incrédule. Il était dans ton sachet donc, si tu as envie de jouer avec, tu peux. Pourquoi tu n'aurais pas le droit ?
- Pa'ce que les jouets c'est pour Dudley.
Draco mit du temps à comprendre. Parce que le nom de Dudley ne lui disait rien. En apparence, du moins. Il mit de longues secondes avant de se rappeler l'avoir entendu dans l'esprit d'Harry, et de faire le lien avec son cousin.
- Tu te rappelles quand je t'ai expliqué que tu ne verrais pas ton oncle, ta tante et ton cousin ?
- Oui, fini par dire Harry après y avoir réfléchi.
- Ça veut dire Dudley ne peut pas avoir le jouet. Et moi, je ne le lui aurais pas donné, parce que c'est le tien.
Voir Harry sourire et lui dire merci soulagea Draco autant que cela l'attristait. Il le trouvait adorable et aurait aimé retrouver ce trait chez le Harry qu'il côtoyait. Pourtant, il comprenait parfaitement ce qui l'avait poussé à devenir qui il était et peut-être qu'en modifiant son passé, comme il était en train de le faire, il modifierait aussi sa personnalité future. Il l'espérait. Parce qu'il ne voulait pas qu'Harry réessaie de mettre fin à ses jours une fois qu'il aurait retrouvé toute sa tête, mais aussi parce qu'il voulait lui offrir une perspective de bonheur. Reportant son attention sur le moment présent, il fit un sourire à Harry.
- Je range ton jouet dans mon sac et va aller vite finir les courses. Quand on sera au château tu pourras jouer avec autant que tu voudras.
Habitué à obéir sans poser de questions, Harry hocha la tête et regarda Draco récupérer leurs déchets et les jeter avant de le suivre dehors, tenant sa main.
Draco avait réfléchi à la suite de leurs achats, et il passa la porte d'un magasin de jouets. Dumbledore avait eu raison sur un point : il faudrait occuper Harry et il n'allait sans doute pas beaucoup s'amuser en observant les divers objets magiques qui envahissaient la chambre de Draco. En voyant l'intérieur du magasin, Harry fut si impressionné qu'il se cacha contre Draco. C'était la première fois qu'il allait dans un magasin de jouets et il ne savait pas comment réagir. Voyant qu'Harry restait collé à lui sans oser toucher ou s'approcher de quoi que ce soit, Draco eut envie de gueuler un bon coup et de lui faire comprendre qu'il avait le droit d'avoir tout ce qu'il voulait. Mais sachant que ce serait mal accueillit par l'enfant, il l'emmena dans la première allée et l'aida à choisir. En parcourant les lieux, ils tombèrent sur un coin librairie et Draco pensa aux histoires qui avaient bercé son enfance, juste avant de dormir. Peut-être que s'il instaurait ce même rituel avec Harry, il parviendrait à avoir des nuits plus calmes. Et peut-être qu'il ne ferait plus de cauchemar. Là encore, Draco l'aida à choisir les histoires qu'Harry avait envie de lire.
Une nouvelle montagne d'achats soigneusement emballée dans des sacs qui rejoignirent ceux de son à dos plus tard, Draco estima qu'ils en avaient fini avec tout ces achats.
- Tu veux manger ton yaourt ? Demanda-t-il à Harry.
Ayant un peu faim, Harry accepta. Le parc dans lequel ils s'étaient arrêtés en arrivant leur sembla être une bonne idée et Draco le hissa sur un banc inoccupé.
- Tiens.
Tirant la petite bouteille et le bonhomme en plastique de son sac, Draco les lui tendit. Il avait besoin d'une pause et si Harry pouvait jouer un peu, ça l'arrangeait. Le garçonnet commença par avaler son goûter d'une traite pour reporter son attention sur le jouet qu'il plia dans tous les sens possibles, un grand sourire aux lèvres. L'observant du coin de l'œil, Draco eut du mal à croire qu'Harry puisse réellement s'amuser avec quelque chose de si… inanimé. Jetant un regard aux alentours, il se tourna vers Harry.
- Tu veux bien me prêter ton bonhomme ?
Levant le nez vers son ami, Harry fronça les sourcils mais fini par remettre son jouet à Draco à contre-cœur. L'adolescent lui fit un clin d'œil, le posa entre eux, et vérifia à nouveau qu'ils n'intéressaient personnes. Comme il l'avait fait un peu plus tôt, il sorti le bout de sa baguette et murmura un sortilège qui donna un semblant de vie à la figurine.
- Il sera plus rigolo comme ça, dit Draco en redonnant son jouet à Harry.
Les yeux écarquillés et le corps parcourut d'une excitation qu'il n'avait jamais connu avant de se réveiller sur le canapé de Severus, Harry regarda avec fascination son bonhomme bouger tout seul. Draco pensa qu'il n'en fallait pas beaucoup pour faire sourire Harry et ce n'était pas plus mal. Les choses seraient plus simples comme ça.
- On va devoir rentrer au château.
- Pou'quoi ? Demanda Harry, pas ravi.
- Parce qu'il commence à faire nuit et que si on reste encore trop longtemps, le directeur va s'inquiéter.
- Le vieux monsieur ?
- Oui, le vieux monsieur, confirma Draco avec un amusement qu'il ne put dissimuler.
- D'accord.
Harry tendit son jouet à Draco qui le rangea avec les autres. Au-dessus d'eux le soleil avait nettement décliné et Draco prit réellement conscience du temps qu'ils avaient passé ici en constatant qu'Harry montrait des signes de fatigue. Il avançait plus lentement, mais Draco ne pouvait pas le porter avec la charge qu'il avait sur le dos, et il l'avait vu mettre son pouce en bouche. Ils ne leur restaient plus qu'un petit pâté de maison à franchir quand Draco sentit une résistance.
Du haut de son tout petit mètre, Harry regardait les vitrines des magasins devant lesquels ils passaient avant de s'arrêter sans s'en rendre compte. L'un d'eux avait attiré son attention. Une enseigne visant un public de nouveau-nés et très jeunes enfants, présentait en vitrine bodys, accessoires et ce qui captait l'attention d'Harry : des peluches. Draco avait suivi son regard mais avait mis quelques secondes avant de comprendre ce qui captivait tant le petit garçon. Parce qu'il ne connaissait que très peu de choses sur les enfants. En revanche, il y avait une chose qu'il savait. Tous les enfants ou presque avaient un doudou. Peut-être plus à l'âge d'Harry mais il se demanda s'il en avait eu un, un jour.
- Harry ? Appela doucement Draco.
Comme à son habitude, le garçonnet de répondit pas. Mais cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent. Les yeux d'Harry semblaient voilés. Comme si son esprit était loin. Se sentant peiné de le voir comme ça, Draco se baissa à sa hauteur et passa sa main dans ses cheveux. Se tournant immédiatement, Harry vit Draco lui faire un sourire.
- Après ce magasin on rentre, d'accord ?
Harry ne comprit pas tout de suite ce que Draco avait voulu dire. Il l'avait attrapé et hissé dans ses bras avant de franchir la porte. Une demi-heure plus tard, Draco ressorti, portant toujours Harry dans ses bras. Lui, serrait fermement une peluche contre lui. Celle qui avait attiré son attention dans la vitrine. Il était content. Encore plus heureux d'avoir cet objet que tout le reste.
C'était son premier doudou et même sa première peluche et il l'aimait déjà.
