Pardon pour le retard, la chaleur de ces deux dernières semaines m'a complètement tuée...

Je fais juste un petit rappel : cette histoire se veut absurde, donc les réactions des personnages ne sont pas non plus celles qu'ils auraient eues si j'avais fait quelque chose de sérieux.


Harry était à l'infirmerie. Allongé sur un lit, la couverture remontée jusqu'au cou et serrée si fortement qu'il ne pouvait pas bouger. Il était littéralement coincé. Enveloppé comme une momie. Et s'il finissait dans un sarcophage pour mourir étouffé par sa propre salive qu'il ne serait plus capable d'avaler correctement ? Coincé sous des tonnes et tonnes de pierres. Secouant la tête, Harry revint à la raison. C'était stupide de construire une pyramide au beau milieu de nulle part en pleine Écosse.

- Harry !

Sursautant, Harry ne put que tourner la tête vers la porte d'entrée. Il aurait bien voulu se lever d'un bond et fuir à toutes jambes, quitte à passer à travers la fenêtre de l'infirmerie. Mais malgré ses tentatives désespérées de se dépêtrer de ses draps en se tortillant comme un ver de terre, il restait cloué.

- Oh, Harry, murmura une voix à ses côtés.

En sentant la joue de Draco se coller contre la sienne et frotter, Harry se figea aussitôt. Peut-être que s'il ne bougeait plus d'un pouce, il finirait par partir.

- Je vais bien m'occuper de toi ! Promis Draco en se redressant aussitôt, excité.

Puis il l'embrassa exagérément sur la joue. Geignant à cause de la bave qui coulait sur sa peau, Harry eut envie de pleurer.

- Pourquoi t'es là ? Se plaignit Harry.

- Parce que tu es malade mon amour ! Répondit Draco comme si c'était une évidence. Donc quelqu'un doit prendre soin de toi, et il n'y a personne de plus indiqué que moi !

Le reste lui parut assez flou. Il avait au loin perçu la voix guillerette de Draco sans rien comprendre. Il reprit ses esprits seulement au moment où il vit ce qui ressemblait à une cuillère s'approcher de son visage. Un immense sourire aux lèvres, Draco lui tendait ce qui ressemblait à une bouillasse immonde et malodorante.

- Fait ah, lui susurra-il.

Et Harry cria. Comme une fillette. Il cria si fort qu'il se redressa d'un coup dans son lit et lorsque ses yeux s'habituèrent à la soudaine obscurité il se rendit compte qu'il n'était pas à l'infirmerie mais dans son dortoir. Son pyjama était trempé, il respirait fort et ses cheveux collés à son front gouttaient désagréablement sur le bout de son nez. Quelque chose bougea vivement à côté de lui et, lorsqu'il entendit crier, il cria à nouveau. Effrayé, Neville poussa un nouveau hurlement, suivi par Harry. Face à l'autre, assis dans leurs lits, la couverture tenue fermement dans leurs mains, Harry et Neville poussaient un cri de peur à tour de rôle. Un à un, les trois autres garçons du dortoir renoncèrent à leur sommeil.

- Vous avez fini, oui ?! Cria Seamus.

Surpris, Harry et Neville cessèrent leur sérénade et se mirent à glousser quand ils comprirent ce qui leur avait fait si peur. Rattrapé par le souvenir de son cauchemar, Harry tourna vivement la tête d'un côté comme de l'autre, il soupira de soulagement en constatant que Malfoy n'était pas là. Personne près de son lit. Mais…

- Je vais mourir ! S'époumona Harry.

En face, il y eut du mouvement. Avec l'aide des rayons de lune, Harry vit Dean se redresser assez pour attraper quelque chose près de son lit et le tendre vers lui.

- Tu te tais, ou je te tape avec ça, lui dit-il. Je veux dormir.

Il le menaçait sûrement avec sa batte de Quidditch. Et l'idée de se taper la tête pour s'assommer plut à Harry.

- J'ai rendez-vous avec Draco aujourd'hui ! S'alarma Harry.

Il claqua ses joues de ses mains et tira sa peau vers le bas.

- Il va me séquestrer. Me ligoter à mon lit et il va essayer de me donner à manger. De la bouillie à la cuillère comme à un vieux monsieur sans dents.

- Dernière sommation, menaça Dean.

- Je veux pas y aller, geignit Harry.

Lors de sa course-poursuite en balais sur le terrain de Quidditch, il avait cédé uniquement parce qu'ils volaient depuis plus de trois heures et qu'ils s'étaient pris une grosse averse dans la figure. Et puis, c'était long, trois heures. Il avait eu froid et mal aux doigts.

- Qu'est-ce que je vais faire ?

Obnubilé par son problème de rendez-vous, il n'avait pas vu Dean sortir de son lit et s'approcher du sien. Il balbutiait encore lorsque son ami leva la batte et l'abattit sur sa tête sans la moindre hésitation.

- Je t'avais prévenu, dit-il en regardant le corps d'Harry retomber sur son matelas, les doigts crispés sur sa couverture.

De l'autre côté du lit, Ron se pencha au-dessus de son meilleur ami. Est-ce qu'il devait aller chercher McGonagall pour lui dire qu'Harry était mort ? Poussant Harry de la main, il eut en réponse un long râle suivi d'un début de ronflement. Ah. Il n'était pas mort. Au moins, il n'aurait pas besoin de supplier Hermione de faire la paperasse à sa place. Rassuré, Ron tapota le torse d'Harry.

- Il va bien ? S'inquiéta Neville.

D'une main tremblante, il souleva le bras d'Harry qui émit un grincement de vieux robot rouillé avant de retomber mollement sur le matelas.

- Au moins, comme ça, il a pas besoin d'aller à son rendez-vous.

Dean haussa les épaules et retourna se coucher, suivit par tous les autres, soulagés de pouvoir dormir. Et un petit peu soulagés que Dean n'ait pas tué Harry. Mais Harry ne bougea pas du reste de la nuit, et, le lendemain matin, il dormait toujours. Peut-être qu'il allait rester figé si longtemps que son corps commencerait à fusionner avec le lit en se fossilisant.