Petit mot de l'auteure : texte écrit pour l'anniversaire de Amita Suman! J'avais aussi des contraintes à placer pour la foire aux prompts du Fof :

Réplique : "Et qu'est-ce qu'on fait, quand il y a un gros bouton rouge ?" Un objet : un cadeau emballé Une situation : quelque chose s'effondre quelque part Une date : un dimanche


Contexte : post livre 2


Kaz n'avait jamais aimé les 27 janvier.

Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai.

Enfant, il attendait ce jour avec une grande impatience ; après tout, son anniversaire n'arrivait qu'une fois par an et il devenait la star de la journée, que demander de mieux ? Mais après la mort de Jordie, le 27 janvier ne lui avait laissé qu'une douloureuse amertume en bouche, alors que cette journée lui rappelait qu'il n'avait plus personne avec qui le souhaiter.

Par la suite, les corbeaux avaient – il ne savait pas comment mais soupçonnait fortement Inej – découverts la fameuse date. Il aurait pu supporter cette invasion de sa vie privée, si ses amis ne s'étaient pas mis en tête l'année précédente de lui faire des cadeaux. Il en avait été horriblement gêné, ne sachant que faire de cette attention et gentillesse. Au final, il était resté sans trop savoir quoi dire, alors que les autres se fichaient de sa tête surprise.

Cette année, il s'était préparé. Hors de question de repasser pour un idiot ! Il se leva donc d'une humeur incertaine, se raccrochant au fait qu'il était dimanche et qu'au moins, toutes ces possibles démonstrations affectives n'entacherait pas leur travail. Cette pensée positive le conduit à descendre l'escalier, pour tomber sur Wylan et Jesper. Comme il s'y attendait malheureusement, les deux hommes arboraient un grand sourire. Le zemini portait un petit chapeau en carton pétillant et soufflait dans un cotillon jaune pétant. Kaz songea avec horreur qu'il avait intérêt à mettre un peu d'enthousiasme sinon son ami allait finir par lui jeter des confetti à la figure pour le mettre soi-disant d'humeur festive.

- Bon anniversaire ! Chantèrent en cœur les deux amoureux.

- Merci, répondit sobrement Kaz.

- C'est pour toi, sourit Jesper sans se formaliser du manque d'entrain du corbeau.

Kaz ouvrit le cadeau emballé avec soin pour tomber sur une paire de gants. Il s'attendait à les trouver fluos ou d'une coloration très jesperienne – donc douteuse – mais ceux-ci étaient d'un marron foncé sobre et élégant. Voir que le zemini avait abandonné ses préceptes de couleur pour lui prendre quelque chose qui soit dans ses goûts le toucha plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Heureusement, Wylan lui offrit une distraction bienvenue en tendant un autre paquet.

- Ca a été envoyé par Nina, commenta-t-il alors que Kaz l'ouvrait.

Wylan n'aurait même pas eu besoin de le lui dire ; à l'intérieur se trouvait un peigne d'une délicate confection fjerdane, comme une nouvelle moquerie de Nina envers ses cheveux. Puis le mercurien lui offrit son propre cadeau. Il allait l'ouvrir quand le roux s'écria :

- NON ! Ne l'ouvre pas maintenant.

- Pourquoi ? S'étonna Kaz.

- Ce cadeau fonctionne en deux parties. Euh... il faut que tu ailles dehors.

Le brun fronça les sourcils d'incompréhension mais s'exécuta sans poser de question supplémentaire.

Et là, dehors, il vit quelque chose qu'il ne pensait pas voir avant très longtemps.

Inej.

L'émotion lui saisit la gorge – il ne l'avait pas revue depuis son départ en mer cinq mois plus tôt.

- Tu as attaqué beaucoup de brigands ? Demanda-t-il négligemment.

- Évidemment, rétorqua Inej. Mais nous aurons tout le loisir d'en parler après. Pour l'instant, c'est ton cadeau qui compte. Ce n'est pas tout près.

Kaz se tourna vers Jesper et Wylan. Les deux hommes lui firent signe de suivre Inej. Ils marchèrent tous les deux de longues minutes, sans rien dire ; mais Kaz n'éprouvait pas le besoin de parler. Il profitait simplement de la présence de son spectre à ses côtés. Finalement, celui-ci s'arrêta devant un immeuble, rentra dedans. Kaz la suivi et, s'il grimaça en la voyant monter les escaliers, s'engagea également. Il ne savait pas ce que voulait lui montrer Inej ni quel lien il pouvait y avoir avec le paquet de Wylan, mais il supposa qu'elle avait une bonne raison.

Lorsqu'ils pénétrèrent sur le toit, ils avaient une vue imprenable sur Ketterdam et notamment sur un édifice que Kaz reconnu immédiatement : le Lion Clubs, l'antre de Pekka Rollins. Même si l'ancien chef avait fuit la ville, son hôtel maintenant abandonné trônait toujours.

- Maintenant tu peux l'ouvrir, déclara Inej.

Kaz s'exécuta et découvrit un bouton rouge qui clignotait étrangement.

- C'est une création de Wylan, expliqua la suli. Elle est reliée à une bombe que j'ai placée dans le bâtiment. On s'est dit que tu aimerai bien.

- C'est une charmante idée, en effet, commenta le Kerch.

- Je sais, sourit Inej. Alors... qu'est-ce qu'on fait, quand il y a un gros bouton rouge ?

Kaz ne prit même pas la peine de répondre et appuya sur l'engin.

Une déflagration digne d'un tremblement de terre survint alors de l'ancien hôtel, qui fut progressivement réduit en cendre sous le coup de la bombe.

- Brique par brique, murmura Kaz.

- Joyeux anniversaire, répondit Inej.

Lorsqu'elle prit sa main, il ne chercha même pas à s'en défaire. À la place, il la serra un peu plus fort, regardant le feux d'artifice qui s'offrait à eux.