J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture!

Bx


CHAPITRE 5

Le Dernier Maraudeur

- Donne-moi ta main Harry. Je ne suis pas Pomfresh mais les brulures ça me connaît.

L'adolescent sembla enfin sortir de sa torpeur et, pour la première fois depuis ce qui semblait être des heures, regarda autour de lui. Il était à Grimaud Place mais il ne reconnaissait pas la chambre dans laquelle il était. La simple idée de se retrouver dans la maison de son défunt parrain lui retourna l'estomac. Remus l'avait fait entrer, et guidé jusqu'à la chambre tandis que Tonks avait fait léviter ce qu'il restait de ses affaires. Elle tâchait à présent de faire le tri afin de savoir ce qui était récupérable. Il lui semblait avoir croisé quelqu'un à l'entrée de la maison, mais complètement déconnecté de la réalité, il n'avait pas enregistré l'information.

D'un geste mécanique, il tendit le bras vers Charlie qui commença son inspection de la blessure.

- Hey! Bienvenue parmi nous. Dis Charlie en voyant le regard du survivant changer.

- Je n'ai que de l'essence de Dittanie sur moi, il faudra un onguent plus puissant pour empêcher que cela ne laisse des marques mais pour l'instant ça fera l'affaire.

Le jeune homme lui sourit et Harry se contenta de hocher la tête. Il ne se souciait pas vraiment des marques. Avec un peu de chance la brûlure cacherait les cicatrices laissées par la plume sanglante de Dolores Ombrage. Un mal pour un bien.

- C'est la chambre de Sirius. Rémus sembla deviner la question du survivant alors que celui ci regardait autour de lui d'un air perplexe.

- Il n'y en a pas d'autre de libre et tu vas avoir besoin de quelques jours de repos. Je me suis dit que tu apprécierais un peu d'intimité et ta propre salle de bain. Les Weasley sont arrivés il y a quelques semaines. Ils doivent tous dormir à l'heure qu'il est. Ils ne savaient pas qu'on allait te chercher et je ne voulais pas risquer que Dumbledore s'en mêle. Il n'est pas très présent de toute façon ces derniers temps.

- Remus s'est en quelque sorte fâché avec notre très cher professeur.

Surpris par cette information, Harry se tourna vers la jeune aurore qui essayait de décider si la cape d'école découpée au ciseau pouvait être sauvée. Probablement pas…

- Et à raison ! Si on n'avait pas reçu l'appel d'Arabella …

Harry avait du mal à imaginer le calme et posé professeur de Défense contre les Forces du Mal se disputer avec Dumbledore. Le loup-garou qui faisait beaucoup plus que son âge soupira.

- J'ai demandé au Professeur Dumbledore quand on pourrait te ramener ici. Molly était plus qu'heureuse à l'idée de te recevoir au Terrier au début de l'été aussi et on ne voulait pas que tu passes tout l'été chez ton oncle et ta tante, surtout pas après ce qu'il s'est passé au ministère. Le professeur McGonnagall était aussi de cet avis mais il n'a rien voulu entendre.

Le jeune sorcier n'était pas surpris. Il avait déjà plaidé sa cause auprès du directeur plus d'une fois avant les vacances scolaires et même dans certaines de ses lettres, en vain. Il en était même arrivé à supplier, mettant son égo de côté pendant un bref et humiliant instant, mais le vieux sorcier n'avait pas cédé.

Charlie avait maintenant terminé d'appliquer l'essence sur la main brulée du sorcier et il tentait à présent d'appliquer une bande afin de protéger la blessure. Harry n'avait rien senti. Il ne savait pas si cela était dû à la dextérité et la patience du dresseur de dragon ou au fait qu'il ne ressentait plus rien après les évènements de ces dernières semaines et surtout de cette journée et soirée désastreuses.

- Je suis venu pour un rendez-vous avec Albus il y a quelques semaines pour discuter d'une des missions qu'il m'a confié. Notre discussion a été interrompue par un appel par cheminée de ta voisine, Arabella Figg. Elle demandait au professeur Dumbledore d'intervenir parce qu'elle avait vu ton oncle s'en prendre à toi.

Harry ne put s'empêcher de rougir à cette révélation. Il évita le regard du loup-garou et se concentra sur Charlie qui avait terminé son travail sur sa main et examinait à présent son arcade sourcilière et son nez qui s'était finalement arrêté de saigner.

Rémus se racla la gorge puis reprit.

- Il n'était pas réjoui à l'idée que j'assiste à cette conversation. Il a tenté de rassurer Arabella et moi aussi et a dit qu'il passerait te voir dans les jours à venir afin de s'assurer que tout allait bien.

Encore une fois, Harry ne dit rien. Dumbledore n'avait pas mis les pieds à Privet Drive de tout l'été. Ou alors il ne s'était pas montré mais Harry doutait sérieusement que le vieux sorcier ai pris la peine de venir jusqu'à lui.

- Je lui ai demandé plusieurs fois des nouvelles de toi et à force de l'entendre me dire des banalités j'ai décidé de voir par moi-même. J'ai contacté madame Figg et je lui ai demandé de me prévenir si elle voyait que tu étais en danger. Il aura fallu moins de 24 heures pour qu'elle m'appelle et me dise qu'elle t'avait vu te battre avec ton cousin. On est venu directement ...

Harry n'avait pas dit un mot depuis son arrivée, il était convaincu que les larmes couleraient et l'humiliation était déjà bien trop grande à son goût. La dernière fois qu'il avait pleuré c'était dans le bras de Réums, devant le voile du Département des Mystères. Le Maraudeur lui pressa gentiment l'épaule et le jeune homme souffla un bon coup afin de se reprendre.

- Reste immobile juste un instant que je guérisse cette vilaine coupure. Et je crois que ton nez est cassé.

L'adolescent ferma les yeux, anxieux à l'idée d'avoir une baguette pointée entre ses deux yeux.

- Episkey

Nerveux, Harry passa ses doigts contre son sourcil droit et fut soulagé de sentir qu'il n'y avait pas de marque.

- T'inquiète pas va, tu as déjà ton quota de cicatrices sur le visage. Laisses moi m'occuper de ton nez. Celui là risque de faire un peu mal par contre.

Harry ferma les yeux et ses mains se crispèrent contre son jean trop large et taché de sang. Avant même qu'il n'ai pu imaginer les pires scénarios, le sort était fini. Il avait senti son nez se replacer et entendu un crac sinistre avant que Charlie ne lui tape l'épaule en signe d'encouragement.

- J'ai pas perdu la main. Et dire que maman voulait à tout prix que je fasse médicomage. Peut-être qu'elle avait raison, mais je préfère les dragons.

Il ne connaissait pas très bien Charlie mais il savait déjà qu'il s'entendrait avec le jeune dresseur.

- Mon travail ici est terminé. Nymphadora, et si on allait voir ce qu'i manger dans ce vieux manoir. Je meurs de faim. Je suis sure que ma mère à mis des restes de côté.

- C'est Tonks! Je crois que Molly à mentionné des lasagnes pour le menu de ce soir!

L'aurore dont les cheveux s'étaient légèrement éclaircis se releva et suivit le sorcier hors de la pièce. Elle s'arrêta à hauteur de l'ancien professeur et lui pressa l'épaule.

- On va vous ramener quelque chose à vous mettre sous la dent. Vous avez besoin vous remplumer. Tous les deux. Content de te revoir Harry.

Une fois la porte fermée, Remus prit place à côté de l'adolescent au bout du lit et marqua une pause avant de s'exprimer, peu sûr de la marche à suivre. Pourtant la situation avait un air déjà vu pour l'ancien professeur.

- Harry … Je ne sais pas si tu as envie de parler là tout de suite mais sache que si tu en as besoin, je suis là. Et je voudrais aussi savoir si tu as d'autres blessures. Je veux m'assurer que tu ailles bien d'accord?

Harry fixait ses mains posées sur ses genoux, ses poings étaient serrés et couverts de sang. Il ne savait pas si c'était le sien ou celui de son oncle, ou peut-être même celui de Dudley. Oui il avait d'autres blessures ou plutôt des bleus mais rien de cassé et selon lui, cela ne valait pas la peine d'en parler.

- Harry… C'est juste toi et moi. Ça peut rester entre nous et tu peux faire confiance à Tonks et Charlie. Ils ne trahiraient jamais ta confiance. Personne ne sait qu'on est venu te chercher ou ce qu'il s'est passé aujourd'hui et ils n'ont pas besoin de le savoir si tu ne veux pas leur dire. Pour l'instant la priorité c'est que tu ailles bien physiquement et que n'ai plus mal.

L'adolescent n'osait pas regarder son ancien professeur. Il savait parfaitement qu'il pouvait faire confiance à Rémus. L'homme avait prouvé maintes fois qu'il ne souhaitait que le bien d'Harry. Rémus ne jugeait pas. Il aidait sans rien attendre en retour. Grâce à lui, le survivant ne s'évanouissait plus face aux détraqueurs. Mieux encore, il pouvait se défendre face à eux.

- Il y avait quelqu'un en bas quand on est arrivé. Qu'est-ce que tu lui as dit?

Le jeune Gryffondor n'osait toujours pas croiser le regard de son ancien professeur. Il ne savait pas s'il avait imaginé la scène. Son esprit était complètement brouillé, sa voix cassée par les cris.

- Severus est rentré d'une mission au moment où on arrivait.

Le survivant ferma les yeux. S'il redoutait que ses amis le voient ainsi, imaginer son professeur se réjouir de son état le rendait physiquement malade.

- Ne t'inquiète pas Harry. Severus n'oserait pas faire de commentaires, et même s'il le faisait, je ne le laisserais pas faire. Il a proposé son aide et je lui ai demandé d'aller chez ta famille pour …. Faire un peu de ménage et faire en sorte que la police moldue ne soit pas impliquée. La dernière chose que l'on veut c'est impliquer le Ministère de la Magie.

Rogue avait proposé son aide? Harry avait du mal à y croire. Mais l'idée d'impliquer le ministère était bien pire.

- Ils n'appelleront pas la police. Si il y a une chose qu'ils détestent plus que moi, c'est les ragots. Et ils ne voudront certainement pas attirer l'attention des voisins sur eux.

Harry en était certain.

- Je suis tellement désolé Harry. Après ce qui est arrivé, c'était à moi de prendre soin de toi. C'était mon rôle et je me suis laissé aller et j'ai laissé le professeur Dumbledore prendre les rênes. Je t'ai laissé tomber. Je ...

Harry se remémora la lettre de son ancien professeur et ami. Rémus avait perdu un ami, son dernier ami. Personne à part Harry ne pouvait comprendre ce qu'il ressentait et malgré la tristesse, cette information le soulagea quelque peu.

- Ce n'est pas de ta faute … Je .. Dudley m'a provoqué et comme d'habitude je me suis laissé entrainé. Je n'aurais pas du sortir ma baguette.

- Ce n'est certainement pas de ta faute Harry. Tout ça c'est de la faute de ton oncle, de ton cousin et même de ta tante qui n'a rien fait pour éviter ça. Mais ce n'est pas de ta faute, c'est tout ce que tu dois retenir.

Le jeune homme acquiesça d'un air peu convaincu. Il s'écarta finalement après quelques secondes et regarda sa pile d'affaires amassées sur le sol à ses pieds. Afin de stopper ce moment qui même s'il l'avait réconforté, l'avait aussi mis mal à l'aise, il s'agenouilla devant les restes de ses maigres possessions et tenta de faire le tri. Ses uniformes et capes étaient en lambeaux. Tout ce qui avait attrait à la magie avait été détruit. Harry n'était pas étonné et même si pour la plupart, ils n'étaient plus à sa taille cela lui brisait tout de même le cœur de voir le peu de biens qu'il possédait dans un tel état.

Le repas s'était passé en silence. Harry avait grignoté sans vraiment prendre part à la conversation entre les trois adultes et personne ne l'avait forcé. Une fois Tonks et Charlie partis, son professeur de potions les avaient rejoints. Il avait parlé à mi-voix à son ancien professeur de défense avant de poser plusieurs potions sur la table de nuit.

- Pour la douleur et pour dormir Potter. Une gorgée de chaque avant de vous coucher.

- Merci … mais je n'ai pas mal.

Ce n'était pas son égo qui parlait, Harry n'avait vraiment pas mal. Il était anxieux, énervé, perdu mais il n'avait pas mal.

- Vous êtes en état de choc Potter, vous n'avez pas mal maintenant mais croyez-moi, ça ne sera pas la même histoire à votre réveil.

Le survivant jeta un regard à Rémus qui lui offrit un sourire rassurant.

Il allait demander des nouvelles de sa famille, mais il se ravisa. Il préférait ne rien savoir pour l'instant.

- Je reviendrais demain avec un onguent plus puissant pour votre bras.

Et il était reparti. Pas de remarques acerbes ou d'insultes.

- Il est tard et tu as besoin de repos. Il y a des vêtements propres sur le lit. Une douche te fera surement du bien aussi. Je peux imperméabiliser ton bras pour que le bandage ne soit pas mouillé.

Rémus n'avait pas fait de commentaires mais Harry savait qu'il ne devait pas être beau à voir. Sans un mot, il se saisit du t-shirt et bas de pyjama posé sur le lit et tendit le bras vers le dernier maraudeurs qui jeta un sort sur son bras.