Correctrice : Clina
Personnage : Verseau Camus, Bastet
Mention de : Andromède Shun Cygne Hyoga
Ship : aucun
Type d'écrit : introspection, amical
Arc temporel : Comme pour les autres recueils, quelques années après la fin de la guerre contre Hadès, quand ils sont tous revenus à la vie.
Lieu : Temple du Verseau, Sanctuaire
Autre : Voilà donc comment Camus et Bastet se sont rencontrés.
Nombre de mots : 2493
Titre : Amitié féline
Le silence des lieux était total. La fraîcheur du onzième Temple était agréable, et la présence du Verseau y était sûrement pour quelque chose. Rien ne perturbait en général la sérénité des lieux. Il n'y avait jamais aucune surprise pour Camus dans son antre. Il restait ce Saint d'Or imperturbable, froid et neutre. Rien ne le surprenait jamais, pas même les facéties de ses frères d'armes, qu'ils soient de la Garde Dorée ou des autres castes guerrières. Le Verseau avait acquis la réputation de se contrôler totalement, d'être aussi glacial que les fameuses plaines sibériennes où il vivait la majeure partie de l'année. Il n'était jamais pris par surprise. Il anticipait généralement assez bien ce qui risquait de lui arriver ou de se passer. Il contrôlait son environnement quasiment aussi bien que ses émotions et ses réactions émotionnelles. Même si Camus n'était pas totalement dépourvu d'émotions comme la rumeur le sous-entendait. Mais en cet instant il ne dissimulait aucunement l'étonnement qui l'habitait, et qu'il devinait lisible sur son visage. Mais il n'y avait personne pour le remarquer.
« Comment es-tu arrivé là, toi ? », questionna Camus, sachant qu'il ne recevrait aucune réponse de toute manière.
Face à lui, la petite chatte grise continuait de faire sa toilette avec application. Le félin en était à lécher son pelage dorsal avec beaucoup de soin, et elle ne semblait pas s'inquiéter de la présence humaine face à elle. Camus observa les lieux. Il ne ressentait aucune présence, aucun Cosmos dans son Temple. Si c'était une blague d'un autre Saint, le responsable avait fui, probablement peu enclin à connaître la réaction du Verseau. Les yeux bleus se posèrent à nouveau sur la boule de poils qui avait fini sa toilette. Un miaulement curieux échappa au chaton. Assis en face du Saint d'Or, le félin l'observait avec une certaine curiosité. Les yeux dorés clignèrent lentement, et la petite tête triangulaire se pencha sur la gauche. Camus eut un léger sourire amusé. Le Verseau croisa les bras sur son torse toujours recouvert de son Armure Sacrée. L'animal ne semblait pas effarouché par sa présence. Il devait donc avoir l'habitude des Humains de manière générale. Et Camus remarqua le joli collier qui ornait le cou de son invitée surprise. De toute évidence, cette chatte avait un Maître. Camus se demanda à qui la jolie boule de poils pouvait bien appartenir.
« Tu as donc un propriétaire. », déclara calmement Camus. Il s'agenouilla face à l'animal et il tendit vaguement la main.
Le Verseau ne s'attendait pas spécialement à une réaction positive de la part de la chatte. Il connaissait assez les félins pour savoir qu'ils étaient méfiants. Cela étant, Camus se fierait toujours plus au jugement d'un chat qu'à celui d'un humain. Les félins de salon avaient une science innée et un jugement très juste sur la personnalité des êtres qu'ils croisaient. Soudainement, le chaton se remit debout et il avança en miaulant vers la main tendue. Le petit félin renifla consciencieusement les doigts. Camus se contenta de ne pas bouger, laissant l'animal faire connaissance avec lui à son propre rythme. Finalement la petite chatte donna un coup de tête dans les doigts pour glaner une caresse sur le haut de sa tête triangulaire. Le Verseau se plia de bonne grâce à la demande et il grattouilla le chaton derrière les oreilles quelques minutes. Un doux ronronnement de contentement s'éleva finalement dans le Temple du Verseau.
« Tu es bien sociable, toi. », commenta Camus avec douceur et un autre sourire. « Veux-tu savoir un secret ? Les chats sont mes animaux préférés. J'aurais aimé en adopter un… Mais là où je vis habituellement, le climat n'est point propice à ton espèce. »
Le Verseau eut un autre sourire alors que la chatte lui donnait d'autres coups de tête dans l'espoir de gagner plus de cajoleries. Elle avait le poil soyeux sous les doigts. Elle semblait bien nourrie et entretenue. De toute évidence son Maître ou sa Maîtresse en prenait énormément soin. Et au vu de sa sociabilité, ce chaton avait l'habitude de rencontrer divers humains. Dans le cas opposé, elle ne serait pas aussi sympathique avec un inconnu. La main glissa vers le haut du dos, puis revient grattouiller l'arrière des oreilles du chaton. La boule de poils amicale avança plus près, et elle se frotta avec application contre les jambières métalliques de l'Armure, le dos rond et les ronronnements de plus en plus forts. Camus eut un sourire plus prononcé. Il venait de toute évidence de se faire une nouvelle amie. Il flatta à nouveau le dos du petit félin de salon. Délicatement et lentement pour ne pas l'effrayer, le Verseau passa sa main sous le ventre du chaton. Il le prit dans ses bras avant de se remettre debout.
« Je t'invite pour le repas, petit chaton. », murmura Camus qui se prit un coup de tête amical dans le menton, accompagné d'autres petits bruits de ronronnements satisfaits.
Le Verseau libéra son Armure Sacrée, qui se recomposa sur son socle dans la partie centrale du Temple. Une légère lumière dorée s'en échappait doucement. Camus l'observa quelques instants tout en caressant de sa main libre le dos soyeux du chaton. Lentement, il se dirigea vers la partie vie de son Temple. Il se rendit directement dans la cuisine, et il déposa la petite chatte au sol. Cette dernière miaula et elle le regarda avec curiosité. Camus grattouilla à nouveau sa tête, avant de chercher après une médaille probablement accrochée à son joli collier. Il la trouva et la prit en main pour déchiffrer ce qui était écrit dessus. Le Verseau flatta à nouveau la petite tête triangulaire. Il y avait bien un nom finement gravé, qui n'avait presque rien de surprenant. En tout cas cela en disait beaucoup sur le lien entre Bastet et son Maître.
« Bastet ? », murmura-t-il. Il récolta un miaulement curieux en réponse. « Un bien joli nom dis-moi. Ton Maître a bon goût. Donc tu es prénommée comme une déesse égyptienne… Bien, voyons voir ce que je peux offrir à la petite déité que tu es comme repas digne d'elle. »
Camus se remit debout et il ouvrit le frigo. Il sélectionna du saumon et de la truite fumée pour préparer un repas digne de son invitée divine. Il prit deux assiettes dans le placard et il découpa la sélection de poissons en petits morceaux. Il eut un sourire quand il sentit la boule de poils se frotter avec application contre ses jambes tout en ronronnant et en miaulant pour attirer son attention. Une fois le plat prêt, Camus le déposa face à la petite chatte et il caressa le haut de sa tête, alors qu'elle commençait à manger avec application. Le Verseau se remit debout et il prépara son propre repas. Une fois installé à table, il dégusta son assiette sans quitter des yeux sa nouvelle amie. Il se demandait qui avait adopté cette jolie petite chatte au Sanctuaire. Il ne l'avait jamais rencontrée auparavant. Il en était certain. En tout cas, elle avait un joli nom et elle était des plus sociables pour un félin. Une fois son repas terminé, Camus se leva et il récupéra l'assiette vide de son invitée. Il offrit de l'eau au chaton qui semblait assoiffé. Puis il fit rapidement la vaisselle et il rangea la cuisine.
Ensuite il se prépara une tasse de café. Camus comptait profiter de son après-midi pour se reposer tout en lisant un roman. Il prit sa tasse et il alla s'allonger tranquillement dans le divan. Il ne comptait pas chasser la petite chatte. Et l'animal se contentait d'errer dans les pièces, reniflant les meubles et le sol pour découvrir son nouvel environnement. Le Verseau lui offrit un regard en coin, quand elle pénétra dans le salon et qu'elle s'intéressa à la bibliothèque. Le chaton passa un moment à analyser le grand meuble, comme si elle cherchait comment l'escalader. Camus garda un œil sur le petit félin de salon avant de se concentrer sur sa lecture. Le silence était agréable après le brouhaha de l'arène, où se déroulaient les entraînements. Il en avait besoin pour se ressourcer et se recentrer sur lui-même. Il ne fit plus trop attention à la chatte grise qui visitait toujours la partie salon silencieusement. Il y avait assez peu de décorations de toute manière, et rien qu'elle ne pourrait briser par accident. En tout cas rien qui ne manquerait réellement à Camus. Son intérieur était assez sobre, d'autant plus qu'il n'était pas le Saint d'Or qui vivait le plus au Sanctuaire. L'isba ressemblait plus à sa maison.
Pris par sa lecture, Camus en oublia un peu la présence du chaton. Il sursauta donc quand quatre pattes atterrirent sur son ventre. Il sentit la petite chatte le piétiner légèrement. Bougeant le livre, il observa le chaton tourner sur lui-même avant de se coucher en boule sur ses abdominaux. Un léger ronronnement satisfait emplit subitement l'air, alors que les yeux dorés se fermaient. De toute évidence, il devait être un coussin confortable. Le Verseau profita du moment pour caresser la tête triangulaire. La chatte ne s'éveilla pas. Avec un sourire amusé, Camus reprit sa lecture profitant que la douce chaleur et des petits sons relaxants qui émanaient du petit félin dormant sur son ventre. C'était relativement relaxant comme après-midi. Si son Maître ne venait pas la chercher, Camus l'adopterait bien. Avec un soupir satisfait, le Verseau se concentra sur les mots de son roman. Le temps défila lentement sans qu'il n'y prêtât vraiment attention. Il caressait régulièrement la tête du félin tout en continuant à se passionner pour son livre. Il savait qu'il pouvait se perdre totalement dans un autre monde quand il lisait.
Le bruit de pas et de voix dans la partie centrale du onzième Temple arracha Camus à sa lecture. Il lança un regard à l'horloge murale pour constater qu'il avait lu pendant plus de deux heures. Sa nouvelle amie dormait toujours paisiblement et elle l'utilisait toujours comme coussin. Elle avait à peine relevé une oreille aux divers bruits. Le Verseau retint un soupir. En se concentrant vaguement, il pouvait reconnaître le Cosmos de son disciple, Hyoga. Il n'était pas seul, même si Camus ne mettait pas un nom directement sur l'autre Cosmos. En tout cas, il la connaissait. La porte de la partie privée de sa demeure s'ouvrit. Même s'il ne pouvait comprendre ce qu'ils disaient, le Verseau pouvait ressentir une forme d'anxiété dans la voix douce mais tremblante qui répondait au Cygne. De toute évidence Hyoga parlait japonais. Et si Camus reconnaissait effectivement la langue, il ne la parlait pas, ni ne la comprenait. Il savait donc que son disciple était avec un de ses demi-frères. Et il pariait sur Andromède vu l'intonation de l'autre voix.
« Maître, excusez-nous de vous déranger. », déclara la voix polie de Hyoga alors qu'il s'arrêtait à quelques pas du sofa. « Vous n'auriez pas vu un chaton gris ? » Camus eut un regard pour la boule de poils qui semblait s'éveiller lentement et qui était toujours allongée sur lui, mais que les deux nouveaux arrivants ne pouvaient pas voir d'où ils étaient.
« Elle s'appelle Bastet. », murmura anxieusement la seconde voix.
Le Verseau eut à peine le temps de tourner la tête pour observer les deux jeunes Saints Divins. Soudainement un miaulement retentit, et il se fit totalement piétiner sans aucune délicatesse par une petite chatte bien pressée de descendre du sofa d'un seul coup. Elle sauta habilement au sol pour courir vers les deux plus jeunes guerriers. Camus grimaça en s'asseyant correctement. Et sans grande surprise, Shun émit un son de surprise étouffé avant de s'agenouiller pour récupérer le chaton dans ses bras. Les ronronnements reprirent de plus belle alors que la chatte grise se frottait avec affection à son Maître. Camus se fit la réflexion que ce n'était même pas étonnant que son Maître soit Andromède. En fait ça expliquait le nom, le soin dont elle était entourée et le joli petit collier tout simple. Un léger sourire amusé prit place sur les lèvres du Verseau. De toute évidence l'animal et le jeune homme s'adoraient. Hyoga, lui, avait l'air très soulagé. Camus se demanda ce que son cher disciple avait à se reprocher dans cette histoire.
« Tu vois qu'elle n'a rien. », déclara Hyoga avec un certain soulagement et une certaine ironie. Et Camus se fit la réflexion que le Cygne avait fait un mauvais choix de mots, vu le regard émeraude ombrageux qui le fixait. Encore heureux qu'Andromède ne pouvait pas éliminer quelqu'un d'un simple regard… « Quoi ?! », râla Hyoga pour la forme.
« Toi. » Et Shun pointa un doigt accusateur en direction du Cygne, la voix étrangement froide pour une fois. « Tu ne l'approches plus ! Tu n'imagines même plus t'incruster chez moi, ici ou à Tokyo ! C'est ta faute ! »
« T'abuses, Shun. J'ai juste pas vu qu'elle s'était faufilée entre mes jambes quand j'ai ouvert la porte ! », râla Hyoga en soupirant, mais Camus le vit reculer d'un pas et lever les mains en signe de paix. C'était toujours amusant d'observer leurs échanges à ces deux-là selon le Verseau. Il y avait au moins une autre personne que Hyoga ne voulait jamais agacer et avec qui il surveillait ses attitudes. « Puis elle m'adore. »
« Ça reste de ta faute ! Tu imagines ce qui aurait pu lui arriver. Tu ne l'approches plus. », tempêta Shun, qui reprit ses cajoleries sur le pelage soyeux tout en murmurant des propos rassurants à Bastet qui semblait imperméable à l'échange.
« Mais elle n'a rien. Elle était avec Maître Camus ! », soupira le Cygne qui semblait déjà abdiquer. « Maître, vous pouvez lui expliquer ? », quémanda Hyoga en se tournant vers Camus.
« Je donne raison à Shun. », se contenta de répondre le Verseau en se relevant. « Mais j'ai été content de rencontrer Bastet. Café et viennoiseries pour tout le monde ? »
Ce n'était pas vraiment un ordre qu'il leur donnait. Mais vu l'heure, le goûter s'imposait et Camus ne serait pas contre un peu de compagnie. Partager du temps avec ses disciples était toujours enrichissant. De plus, il ne serait pas contre de profiter de la présence de la chatte un peu plus longtemps. Et peut-être qu'il pourrait en apprendre un peu plus sur Andromède et sa relation avec son chaton. Il reconnaissait qu'il savait peu de choses et qu'il avait peu de liens avec les Saints Divins hormis Hyoga. Et puisqu'ils étaient importants pour son disciple, peut-être devrait-il s'intéresser à eux et faire plus ample connaissance. Shun semblait un bon candidat pour tester cette théorie, étant de nature amicale, empathique et sociable. De plus il errait déjà parfois dans son Temple en compagnie de Hyoga. Le Verseau sentit les deux plus jeunes le suivre dans la partie cuisine, sans oser décliner son invitation.
