Draco...

Le client accepte de son plein gré, (et ce sous réserve d'un refus de séance pour sa propre protection), d'avoir des rapports sexuels ou bien d'en voir, à condition que cela soit dans le but de réaliser le souhait du client, pendant toute la durée du contrat.

C'est cette clause qui l'a fait réagir, alors que celle sur les blessures physiques ou encore la négligence psychologique ne l'ont même pas fait broncher. Je n'y peux rien moi, si certains souhaits viennent de puceaux ou pucelles souhaitant se faire dévierger. J'ai adapté le contrat aux demandes que j'avais.

Mon contrat, dont la signature est obligatoire pour s'offrir mes services, n'existe que pour me protéger d'une potentielle plainte d'un client mécontent, frustré, ou trop endetté pour me payer à temps.

Je tourne sur le tabouret de ma cuisine, pour attraper un verre à pied d'une main, pendant que je me prépare à verser un peu de ce vin français dont j'ai débouché la bouteille hier.

Il n'empêche qu'il a signé. Comment vais-je bien pouvoir offrir de l'adrénaline à Potter ? Qu'est-ce-qui peut bien réveiller cet homme qui a déjà vu tellement d'horreur... ?

Une attraction moldue à sensation ? Le balais l'a désensibilisé. Un épouvantard ? Il ne doit même plus réagir face à eux. Un combat ? Il doit en être lassé.

- Bonsoir Draco. Wanna play ?

Je ne réponds pas à Damien qui vient d'entrer chez moi. Il vient de m'éclairer l'esprit. Je bois une gorgée afin de ne pas laisser entrevoir ma satisfaction.

Potter a bien besoin de jouer, dans un domaine que je connais bien, dans mon domaine.

Harry...

J'ai rendez-vous avec Malfoy pendant trois heures.

- Harry vieux frère tu es rentré ! me lance Fred tandis que je passe le pas de la porte du terrier

- Et il est tout rouge en plus de ça ! lance à son tour George, assis aux côtés de son jumeau

Je leur jette un regard agacé tout en sentant mon visage se rembrunir, quel idée de lire ce contrat dans les moindres détails ! Hors la partie très gore, m'imaginer dans une situation sexuelle avec- non je refuse de penser à une chose pareille.

Malgré qu'il ait l'air de vouloir m'aider, il le fait car il est professionnel et s'il arrive à me donner cette sensation chaleureuse et grisante à nos séances, ce sera déjà bien suffisant, amplement même. Rien de plus, jamais de la vie.

- Dites ? je les interpelle

- Vas-y parle Harry,

- c'était effrayant de te voir planter au milieu de la cuisine sans rien dire.

- Je vais aller me coucher, vous pouvez empêcher votre mère de me réveiller demain exceptionnellement, j'ai besoin de dormir je crois.

Je vois passer sur leur visage une ombre d'inquiétude que je ne connais que trop bien depuis la bataille. Le pauvre Harry qu'on surmène alors qu'il a tant fait pour nous...

- Bien sûr. Va te reposer.

Pas une once d'humour, venant d'eux, ça me blesse toujours un peu plus même en sachant que ce n'est que la démonstration de l'affection profonde qu'ils me portent.

Ce rendez-vous m'a mangé beaucoup d'énergie, et il se fait tard. Pourtant, je n'ai pas la sensation d'être resté si longtemps dans ce bureau... Depuis quand le regard de Malfoy suffit à me faire passer le temps ? J'entends d'ici mon moi de l'an dernier ricaner, ce qui m'arrache un sourire mauvais. Manquerai plus que ça.

Demain, je vais tout raconter à Mione, et puisque je n'ai rien de prévu au club demain, je vais passer du temps avec Ron si celui-ci est disponible. Je ne pense pas que j'irai, pas même le soir, au Bag'lette. Cela ne fait même pas trois jours complets que je m'y rends et c'est déjà une habitude pour moi. Il m'en faut peu quand quelque chose me fait du bien.

Je retire mes vêtements en hâte, vraiment pressé de me plonger dans le monde des rêves. Depuis quelques temps, je ne fais plus de cauchemars, c'est toujours ça de prit. Depuis l'autre nuit avec ce songe coquin, j'ai eu peur d'en refaire un aussi étrange, et de finir excité par lui. Mais rien non plus de ce côté-là, c'est bon signe. Je pense.

Je reste en caleçon, envieux de ressentir la douceur du drap sur ma peau. Je trouve que c'est réconfortant après un trop plein d'émotions. J'ai tellement d'espoir que j'en souffre actuellement.

Un petit soupir de contentement au contact du matelas et je ferme les yeux. Pour la première fois depuis la bataille, je prends la peine de détendre mes muscles un par un et je ne me crispe pas en entendant les jumeaux monter dans leurs chambres. Je reste calme, le cœur gonflé d'espoir et l'estomac douloureux que tout ce cirque de souhait n'aboutisse à rien.

Très vite, mon esprit divague sur des potentielles séances qui pourraient me provoquer ce que je recherche, si t'en est que j'ai bien expliqué ce que je veux à monsieur Hopkins.

Je m'endors peu après, en ayant éparpillé mon esprit sur un regard perturbant et au combien désagréable en théorie, qui l'était jusqu'à quelques jours en arrière.

- Tu n'as rien à craindre. C'est moi. Juste moi. Tu me fais confiance n'est-ce-pas ? Je t'aide. Regarde-les, laisse moi une chance de te montrer que cela peut être un début de solution.

Je laisse reposer mon corps contre cette surface plus froide que tiède et ferme, quoique malgré tout d'une douceur de soie. Je sens que cette peau est à nue et je ne m'en préoccupe pas tant elle me soutient bien, aucun de mes muscles ne me maintient dans cette position d'observation si ce n'est ce corps derrière moi. Je me sens à ma place, protégé et étrangement chéri.

- C'est sale, mais ça te procure ce que tu recherches non ? Tu n'as pas envie qu'on te voit là, c'est tout ce qui importe, cela va au-delà de ce que tu observes là non ? Que vaut un petit côté déranger face aux sentiments que la situation t'apporte ? Je te rassure, ils ne te font rien, eux. Mais être dans cette salle, avec moi, en sachant la porte ouverte, la globalité de la scène est grisante, n'est-ce-pas ?

Je devrai réagir. Nier. Le problème, c'est que cet homme a raison, horriblement et diaboliquement raison. J'en suis donc à ce stade. J'ai peur de moi-même si j'ai besoin de ce genre de choses pour sentir que mon sang va jusqu'à mon cœur de temps en temps.

- Harry ! On voulait pas te réveiller mais il est bientôt midi. Maman n'a rien dit pour le petit-déjeuner

- Mais pour le déjeuner elle est intraitable tu la connais !

Les voix des jumeaux me passent au-dessus, qu'est-ce-que c'était que ce rêve...?


Avec seulement un jour de retard, le chapitre habituel ! Cette semaine avec l'épreuve de philosophie de mercredi je n'y croyais pas ! Mais le voici.

J'espère qu'il vous plaît, à la semaine prochaine pour la suite !

Bisous et merci pour vos retours 3