Les trois jours d'examens passèrent à une vitesse folle et Hermione ne cachait pas sa proximité avec Drago. Elle s'était attendue à devoir faire face à des reproches ou des réflexions désagréables, mais en dehors de regards curieux — qu'ils soient amicaux ou non — personne n'osa dire la moindre chose à son sujet.
Elle suspecta que la présence de Harry à ses côtés aidait de beaucoup et elle ne s'en plaignait pas. Elle avait juste hâte que tout se termine enfin, pour tourner cette page de sa vie.
Poudlard avait été une incroyable expérience, mais désormais, elle avait envie de plus.
En sortant de sa dernière épreuve — l'épreuve pratique de potions — Hermione soupira et se passa une main dans les cheveux, avant de se raidir en notant que Harry était déjà sorti et que Ginny était près de lui, lui parlant à voix basse.
Elle hésita à intervenir, mais Harry ne semblait pas particulièrement agacé. Juste curieux, probablement.
Elle les observait encore lorsque Drago sortit à son tour de la salle d'examen et il se pencha à son oreille.
– Laisse-les se débrouiller.
Hermione hésita, puis soupira et hocha la tête, sans pouvoir empêcher son regard de toujours revenir vers Harry et Ginny.
Avec un grognement agacé, Drago prit ses joues entre ses mains pour la fixer un instant, puis il l'embrassa et Hermione oublia le couple improbable qui discutait calmement… et tout le reste.
Maintenant que les Aspics étaient terminés, il restait à Hermione une dernière nuit à passer à Poudlard avant de prendre le train pour retourner à Londres.
Le lendemain matin, le monde magique découvrirait ses fiançailles avec Drago Malefoy.
Ensuite, lorsqu'elle aurait reçu ses résultats d'Aspics, elle se lancerait dans les préparatifs de son mariage, même si cette idée lui semblait particulièrement abstraite.
Blottie dans les bras de Drago, Hermione pensa soudain à ses parents et sa gorge se serra en songeant que ce ne serait pas son père qui la conduirait à son futur époux. Sa mère ne l'aiderait pas à trouver sa robe, pas plus qu'elle ne pourrait la réconforter lorsqu'elle aurait des doutes.
La jeune femme prit une inspiration tremblante et elle se redressa, proposant à Drago d'aller marcher dans le parc du château. Il lui jeta un bref regard inquiet, mais il ne posa pas de questions, se contentant de la suivre.
Ils marchèrent jusqu'au bord du lac en silence, main dans la main, Hermione respirant profondément pour se calmer. Drago murmura soudain, inquiet.
– Tu vas bien ?
Hermione laissa échapper un rire nerveux et elle haussa brusquement les épaules, hésitant brièvement. Elle put presque entendre la voix de sa mère, qui lui confiait en riant que le secret d'un couple solide était la communication. Hermione ne se souvenait plus de la totalité de cette conversation, ni même des raisons pour lesquelles elles avaient abordé ce sujet. Cependant, ces mots étaient gravés en elle et elle soupira avant de murmurer, sans regarder Drago.
– Ce n'est rien. Je pensais juste à mes parents et… à l'avenir. C'est un peu… compliqué de penser qu'ils ne seront plus jamais là.
Drago s'arrêta et il la prit dans ses bras.
– Je suis désolé, Hermione. Vraiment désolé.
Hermione s'accrocha à lui presque avec désespoir, repoussant les larmes qui mouillaient ses yeux, puis elle souffla avec un rire nerveux.
– ça va passer. C'est juste… Tout semble soudain aller si vite !
Drago hésita, avant de répondre d'un ton prudent.
– Tu veux ralentir les choses ? Nous ne sommes pas pressés, tu sais ?
Hermione secoua immédiatement la tête, en se redressant pour lever les yeux vers le jeune homme.
– Je le veux, réellement. Ce n'est pas… Je dois juste m'adapter.
Drago la fixa longuement, comme s'il réfléchissait soigneusement, puis il esquissa un petit sourire en coin, ses yeux brillant de malice.
– Vraiment ?
Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas son soudain changement d'attitude. Cependant, Drago fouilla sa poche en murmurant, toujours amusé.
– Est-ce que ceci pourrait être utile pour t'adapter ?
Il lui présenta une petite boîte carrée et Hermione cligna des yeux, abasourdie. Elle leva les yeux vers Drago et il roula des yeux alors que son sourire s'élargissait.
– Oh par pitié ! Ouvre-la, je te jure que ça ne va pas t'attaquer.
La jeune femme attrapa la boîte avec des mains tremblantes et elle l'ouvrit, manquant de la faire tomber en découvrant son contenu. Stupéfaite, elle bégaya, incapable de détourner le regard de la boîte.
– Une bague ?
Avec un léger rire, Drago la prit et la lui tendit, en hochant la tête.
– J'ai pensé qu'il était nécessaire de respecter certaines traditions. En fait, j'espérais que tu accepterais de porter une bague de fiançailles. Si elle te plaît bien sûr.
Les larmes aux yeux, Hermione fixait le bijou, incrédule. C'était un anneau en or délicatement ouvragé, sur lequel trônait un petit rubis d'un rouge profond, entouré de minuscules diamants. Elle était loin du luxe tapageur de certains bijoux trop voyants. En fait, elle était parfaite, comme si elle avait été créée pour elle.
Voyant une lueur d'incertitude dans le regard de Drago, comme s'il pensait avoir commis une erreur, elle tendit sa main tremblante en laissant échapper un rire mêlé de sanglots nerveux.
– Elle est magnifique… Je… Merci…
Drago l'aida à l'enfiler et il sembla satisfait en découvrant qu'elle s'ajustait parfaitement. Il laissa quelques secondes à Hermione pour l'observer, avant d'essuyer avec douceur ses joues. Lorsqu'il prit la parole, il avait légèrement rougi et il semblait mal à l'aise.
– J'imaginais être un peu plus romantique, en fait. Mais… j'avoue que je ne savais pas trop comment faire. Je veux dire… Tu avais l'air d'avoir besoin de réconfort et j'ai pensé que… ça te montrerait que tu n'es plus seule.
Il marqua une brève pause alors qu'Hermione le regardait, bouche bée, puis il gémit, avec une légère grimace.
– Ma mère va me tuer. Elle m'a littéralement ordonné de faire les choses bien.
Cette fois, Hermione se mit à rire et elle le tira contre elle presque avec rudesse, déposant un bref baiser sur ses lèvres. Puis, les yeux brillants, elle lui sourit avec affection.
– C'était parfait, Drago. Réellement parfait. Et cette bague est une merveille, je l'aime tellement…
Il se détendit dans ses bras et il laissa échapper un rire nerveux.
– Je sais qu'elle n'est pas une bague de fiançailles conventionnelle, mais elle me semblait te convenir tout particulièrement. J'avais dans l'idée qu'une énorme pierre scintillante ne te plairait pas vraiment.
Hermione gloussa et elle l'embrassa une fois encore, avec un large sourire.
– Et tu avais parfaitement raison…
