Rappel des disclaimer

DISCLAIMER : Tous les personnages ainsi que l'univers de HP appartiennent à JK Rowling.

Auteur : Windseeker2305

Trad / Bêta correction : Delicatesse. S'il y a un bêta trad/bêta correcteur qui souhaite participer, n'hésitez pas à me contacter. Merci !

Rating : M

Genre : Romance / aventure / Yaoi.

Il n'y a pas de rythme de publication défini, l'histoire est énorme et je poste chapitre après chapitre. Ces derniers varient en taille mais sont la plupart du temps de 30 pages word.

Je n'ai pour l'instant qu'un chapitre d'avance traduit, et je ne suis pas sûre de garder cette avance.

Soyez tout de même assurés que cette histoire sera traduite dans sa totalité :)

Bonne lecture à tous.

DOUZIÈME CHAPITRE

ALLIÉS

Vendyl attaqua en premier avec une série de coups. D'abord une attaque dirigée vers sa jambe, suivie de près par une attaque vers le torse du guerrier, et quand ça ne fonctionna pas, Vendyl essaya de viser la tête de son frère. Falde esquiva facilement la lame qui tentait de le tuer et plongea dans sa propre technique de parade et découpe. Il n'y avait rien de beau dans la façon dont il utilisait son épée, mais les mouvements étaient efficaces et Falde repoussa avec aisance Vendyl, forçant le Saen à passer de l'offensive à la défensive.

Harry observa Vendyl essayer de reprendre pied et chuchota à Ozemir, « Vendyl n'est pas très bon.

- La jeunesse est un désavantage dans ce combat, » lui répondit Ozemir. « Il a moins d'expérience à l'épée et les Saen manquent probablement d'entraînement. Après que la Royauté soit tuée, les derniers Saen ont été dissous. Ils n'avaient plus d'utilité. Je n'ai jamais entendu que les Saen avaient été rappelés pour reprendre du service, ce doit donc être leur première mission depuis plus de 500 ans... »

Harry fit un geste vers les Saen qui ne bougeaient pas autour d'eux. « Pourquoi n'attaquent-ils pas ?

- Seulement quand Vendyl leur en donnera l'ordre. Pas de panique, jeune elfe. Ils n'approcheront pas à moins d'un mettre de toi. »

Les yeux d'Harry se tournèrent vers son amant qui agrippait la garde de son épée fermement. Il était clair que le blond était agacé qu'ils se soient introduit ici et attendait qu'ils soient punis. « Ça, je n'en doute pas. »

Falde bloqua l'épée de Vendyl avant qu'elle ne l'atteigne à la poitrine et piégea leurs épées entre eux. « Tu es resté endormi pendant trop longtemps, petit frère. Tu ne pourras pas me vaincre.

- Je le ferais ! » protesta Vendyl en repoussant Falde de toutes ses forces, ce qui le fit reculer de quelques pas. Vendyl courut et sauta en l'air, fit un saut périlleux rapide au-dessus de sa tête, et en atterrissant derrière Falde, asséna un coup de son épée, sûr de blesser son frère à la colonne. Sauf que Falde se rappelait que Vendyl aimait cet enchaînement et l'avait anticipé. Il se déplaça à la dernière seconde, se tournant suffisamment pour attraper la lame du Saen entre son bras et ses côtes. Falde se tourna rapidement quand il sentit la lame de Vendyl pressée contre lui et utilisa son épée comme levier pour faire sauter l'arme des mains de son frère.

Falde grogna en s'arrêtant devant son frère abasourdi et frappa Vendyl du revers de la main avec assez de force pour l'envoyer voler dans les airs et atterrir à quelques pas de là. Falde ne s'interrompit pas. Il avança jusqu'à son frère et leva son épée très haut, prêt à la plonger dans la nuque de Vendyl.

« STOP ! » s'écria Hermione en se précipitant vers eux. « Attendez ! Vous êtes tous les deux frères, non ? » elle s'avança et se pencha vers Vendyl. « Tu ne peux pas tuer ton propre frère, Falde !

- Hermione ! Ne te tiens pas entre eux ! » cria Harry. Vendyl n'avait sans doute plus son épée, mais cela ne l'empêchait pas d'être dangereux et d'avoir d'autres armes dans sa manche. A quoi est-ce qu'elle pensait, en se mettant en danger comme ça ?

« Il insiste, petite, » répondit Falde à Hermione en regardant Vendyl ramper vers l'arrière avant de se redresser sur ses pieds derrière elle. « Il veut nous tuer. Donc je vais mettre fin à ses jours. » Falde la poussa gentiment hors du chemin.

Hermione, têtue, fit un bond en arrière, mais se retourna cette fois-ci face à Vendyl. Toute cette situation devenait vraiment ridicule. Elle devait faire entendre raison au Saen. Ils devraient tous être dans le même camp. Vendyl la dévisagea sans expression. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il pensait, mais au moins, il n'avait pas l'air de vouloir l'attaquer.

« Nous disons la vérité, » commença-t-elle en retenant de peu son tempérament. « Harry et Drago sont la nouvelle lignée. Regardez leurs foutues marques. Et les ailes d'Harry ! » Elle se tourna face aux autres Saen, qui avaient l'air indécis de l'attitude à avoir. « Avez-vous déjà vu des ailes aussi grandes que les siennes ? Qu'est-ce qui ne va pas avec vous ? » Elle refit face à Vendyl et lui adressa un regard noir. « Vous ne pouvez pas venir dans notre école juste comme ça et exiger que nous partions. Notre septième année est la plus importante ! Nous avons nos ASPICs à passer ! Nous devons les obtenir ! Il y a un mariage à planifier ! On doit se préparer pour le bébé ! On doit prendre le contrôle du monde magique ! ON A UN PLANNING A RESPECTER ! NE FAITES PAS TOUT MERDER ! »

Les yeux de Vendyl s'agrandirent légèrement. Il regarda Hermione comme s'il n'avait jamais vu une telle créature avant !

Luna gloussa et applaudit. « Génial, Hermione ! Très bien dit ! »

Les Saen qui se tenaient du côté de Luna se tournèrent étonnés pour voir une fille assise contre un mur en train de dessiner. Ils ne l'avaient pas remarqué jusqu'à présent.

Vendyl dévoila ses dents sous la colère en voyant Luna. « Amenez-la ! » grogna-t-il.

Harry rit avec force. Il est énervé d'voir loupé quelqu'un.

Drago ricana, non, je crois qu'il est énervé que son grand frère l'ait battu. Ils regardèrent Luna se lever sans qu'on le lui demande et les rejoindre dans le cercle de Saen.

« Youpi ! » applaudit joyeusement Luna. « Moi aussi je vous rejoins ! Vous voyez ? Des choses excitantes ! »

Tom gronda en se mettant devant elle. « Elle n'a rien à voir avec ça. Vous allez la laisser partir.

- Non. » Vendyl sourit sans joie. Pendant quelques minutes, le silence se fit, les deux groupes se jaugeant du regard pour voir qui ferait le prochain mouvement.

« Psst, Ozemir ! » chuchota fortement Luna. « Viens là ! » L'érudit s'approcha et se pencha pour qu'elle puisse chuchoter dans son oreille. « Regarde. » Elle ouvrit son carnet pour lui montrer un nouveau croquis. Elle avait dessiné les 15 Saen avec un détail incroyable, cet instant très précis.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » lui chuchota-t-il en touchant les flammes flottant au-dessus des têtes de huit d'entre eux.

« Ce sont ceux que vous ne voulez pas tuer, » lui répondit-elle à voix basse. « Ne les tue pas, Ozemir. Ok ?

- Oui. J'ai compris. Je devrais m'en occuper avant qu'ils ne bougent. Je ne voudrais pas toucher les mauvais.

- Attends le signal dans ce cas. As-tu mémorisé leur place ?

- Oui. Je pourrais le faire les yeux fermés… Du moment qu'ils ne bougent pas.

- Merveilleux ! » Luna s'avança vers Tom et tira sur son bras pour attirer son attention. Quand il la regarda, elle lui fit signe de s'approcher d'un doigt, lui permettant le lui parler à l'oreille.

Falde regarda son frère observer les jeunes elfes. Il était surpris de voir le doute dans les yeux de Vendyl pendant qu'il écoutait les gosses. Peut-être que son frère n'était pas une cause perdue, après tout.

Hermione claqua de la langue, impatiente. « Quel genre de personne attaque sans connaître tous les faits ? Si vous savez à quoi ressembles les marques royales, quel mal y a-t-il à regarder celles d'Harry ?

- J'ai reçu mes ordres, » annonça Vendyl.

Hermione soupira et se tourna pour rejoindre Tom pendant que Luna rejoignait Harry et Drago. Talyn et Brumek se déplacèrent d'un commun accord pour les entourer. Hermione grommela de frustration. « Bien ! Mais votre sang n'est pas sur nos mains. C'est de votre faute si vous mourez ! Et vous avez oublié un détail très important... » Elle sourit soudainement à Vendyl en chuchotant, « c'est une école de sorciers. Nous utiliserons la magie. »

Les lumières s'éteignirent d'un coup, plongeant la Chambre dans un noir que même les Ukataes ne pouvaient pas percer des yeux. Des cris en provenance des Saen s'élevèrent de partout, et Harry chuchota rapidement un sortilège de protection. Une bonne idée quand on entendit les lances fendre l'air et percuter le bouclier quelques secondes plus tard. Quelques instants plus tard, les cris diminuèrent en nombre.

Vendyl commença à aboyer les noms de ses camarades, et seul huit répondirent. De la direction de leurs voix, ils ne semblaient pas avoir bougé de place.

« Falde ! Tu vas à l'encontre de la Loi Sacrée ? Es-tu tombé si bas ?

- La jeune elfe a raison, mon frère. C'est une école magique. C'est de ta faute si tu nous as attaqué ici. »

Les ténèbres s'éclaircirent. Les yeux de Vendyl s'écarquillèrent en voyant sept de ses soldats allongés au sol avec leur gorge tranchée nettement, tandis que Falde et ses hors-la-loi se tenaient tranquillement au centre de la pièce, enveloppés d'une bulle de protection argentée. La fille, que Vendyl avait pris pour une humaine, félicitait Ozemir pour son travail bien fait et ordonna aux autres de ne pas tuer les Saen qui étaient encore en vie.

« Vous pouvez faire ce que vous voulez, du moment que vous ne les tuez pas, » dit-elle. Le jeune elfe ailé acquiesça et leva la tête pour transpercer Vendyl d'un regard mauvais, ses yeux brillant d'un vert irréaliste. La bouche du jeune s'ouvrit quand il gronda. Vendyl fit inconsciemment un pas en arrière.

« Harry, non ! » siffla Drago.

Mais Harry n'écoutait pas. Il se précipita vers l'avant, traversant le bouclier comme un couteau et domina Vendyl en un instant, le clouant au sol. Les autres San se lancèrent après Harry, mais furent rapidement bloqués par le camp d'Harry.

Harry pressa son genou contre le torse de Vendyl, rendant très difficile à celui-ci le fait de respirer, encore plus de s'éloigner, et il attrapa les poignets du Saen et le riva au sol en le regardant de haut. « Ce serait dans ton intérêt de regarder. » Ses ailes se dressèrent dans son dos. « Regarde les marques ! » exigea-t-il. « Regarde ! » Les marques sur ses bras et sur ceux de Drago commencèrent à briller, les rendant visible à tous.

Bien que Vendyl soit choqué par la puissance du jeune elfe, il ne le montra pas. Ce ne fut que quand les marques s'illuminèrent que son expression maîtrisée devint choquée. En effet, c'étaient bien les marques du nouveau sang.

En voyant la reconnaissance, Harry sourit avec satisfaction. « Tu as fait de la merde en venant ici pour menacer ce qui m'appartient. Luna ! S'il te plaît, endors ces bâtards avec ton chant ! » Harry relâcha les poignets de Vendyl et fit un saut périlleux arrière pour atterrir sans encombre avec les autres sous la barrière. Tous ceux à l'intérieur couvrirent leurs oreilles comme le chant de Luna envahissait la Chambre. Il ne fallut pas longtemps pour que les Saen encore debout tombent comme des mouches, plongés dans un sommeil profond.

Quand ils furent sûrs que les Saen dormaient bien, Drago s'avança, attrapa Harry par le bras presque douloureusement et les fit transplaner dans sa chambre.

« Ozemir, tu les protège. » L'érudit fit un signe de tête à Falde et s'évapora.

« As-t besoin d'aide avec eux ? » demanda Hermione au commandant.

Falde lui sourit. « Non, petite. Tu en as fait bien assez. Merci.

- Très bien, dans ce cas. Je vais à la bibliothèque.

- Talyn va rester avec toi. » Hermione acquiesça et avança dans l'Ombre de Talyn.

Falde se tourna vers Tom quand elles disparurent. « A quel point tu connais cet endroit ?

- Très bien.

- Montres-moi. » Tom hocha la tête. « Brumek, je veux qu'ils soient tous ligotés à notre retour.

- Oui monsieur. »

Tom jeta un coup d'œil à la Serdaigle. « Luna ?

- Ça me convient de rester avec Brumek. »

Quand Falde et Tom partirent, Luna s'assit au milieu de la chambre et ouvrit son carnet. Elle ne dessina pas à l'intérieur cette fois, elle regarda juste les images pendant que Brumek s'occupait des mains et des pieds des soldats, rivant les chaînes au sol. Il retira aussi leurs armes et les envoya dans la salle qu'il utilisait comme armurerie. Il déplaça ensuite les corps des Saen morts et les empila dans un coin, les laissant là pour quand les Saen vivants se réveilleraient. Les corps sans vie seraient un rappel de ce qui pourrait leur arriver s'ils essayaient encore de défier la nouvelle lignée. La dernière chose que réalisa le guerrier fut d'aligner tous les casques contre un mur. Quand il en eut fini avec sa tâche, le guerrier rôda dans la chambre, profondément plongé dans ses pensées. Luna le regarda attentivement et sourit tendrement face au mécontentement visible du guerrier.

« Oui ? » claqua finalement sa voix, quand il s'aperçut qu'elle suivait chacun de ses déplacements de ses étranges yeux d'hiboux.

« Manque de communication, » dit-elle en se redressant. « C'est le manque de communication qui a provoqué ça.

- Je n'ai foutrement pas la moindre idée de ce dont tu parles/

- S'il te plaît, regardes ça. » Luna lui tendit son carnet ouvert. « Regardes cette page et les suivantes. »

La première page était un croquis de lui, assis sur un lit pendant l'un de ses temps de repos, faisant ce qu'il faisait depuis qu'il avait blessé son compagnon. Il tenait sa tête et Ozemir lui manquait terriblement. Le dessin suivant serra sa gorge de douleur et lui donna envie d'envoyer balader le carnet. C'était Ozemir pendant l'un de ses temps de repos. L'érudit était allongé sur son côté du lit, enroulé en position fœtale, les bras enserrés autour de son ventre. Ses yeux étaient ouverts, regardant dans le vide, et si tristes, si remplis de misère… Le dessin suivant était encore Ozemir. Il se tenait en haut d'une des tours, regardant au loin dans la nuit. Le regard sur son visage figea le cœur Brumek. Les traits habituellement chauds de l'érudit s'étaient durcis en quelque chose d'étranger à Ozemir, un masque sombre et froid. C'était une vision effrayante. C'était comme si Ozemir c'était renfermé sur lui-même et s'était coupé du monde. Comme s'il permettait au poison de s'emparer de lui. Brumek pouvait voir que c'était toujours Ozemir et non pas le démon qui se tenait là, même si l'image n'avait pas de couleurs, et le fait que c'était l'érudit qui se tenait apathique …

« La froideur va continuer à grandir en lui, » dit Luna doucement en tournant la page pour le guerrier. « Il y a plus. »

Brumek secoua sa tête et fourra le carnet dans ses mains. « Je ne veux pas voir, » murmura-t-il la voix rauque.

« Tu dois faire quelque chose. Ozemir ne viendra pas à toi, Brumek, » elle le surprit en lui adressant un regard noir. « Tu ne t'es pas expliqué clairement avec lui. Peut-être que si tu expliques tout ce que tu ressens, alors Ozemir comprendra. »

Tom et Falde firent leur apparition et virent Brumek effondré contre un mur, abattu, tandis que Luna était assise contre le mur, regardant tout autour. Ses yeux étaient flous, mais Tom avait l'impression qu'elle était profondément plongée dans ses pensées.

« Luna. »

La Serdaigle lui fit un sourire rayonnant et se concentra sur le jeune Ukatae qui l'approchait. « Oui, je vais attendre dans ma chambre jusqu'à ce que tu aies pris ta douche. »

Tom sourit et secoua sa tête. « Très bien, alors. Falde peut te faire prendre l'Ombre. Je ne devrais pas être long. »

Luna glissa jusqu'à Falde et fit un au-revoir de la main à Tom avant qu'ils ne s'évaporent. Tom observa Brumek en entrant dans l'Ombre du guerrier. « Répare ce que tu as fait à Ozemir, peu importe ce que c'est.

- Occupes-toi de tes affaires.

- Ce sont mes affaires. Mon frère attend un bébé. Il est du genre à s'inquiéter pour un rien. Dans quel état de stress crois-tu qu'il est depuis que vous agissez comme ça ? Harry s'inquiète beaucoup trop des autres. Son bien être est totalement mon affaire. Tu as compris ? » Brumek ne répondit pas et les transporta au dortoir des 7ème années. Après une douche rapide, Tom se dépêcha de s'habiller. Il se renfrogna quand il se rendit compte qu'il se pomponnait devant le miroir. Heureux que ses frères ne soient pas là pour le voir, il sortit du nid des serpentard et se dirigea vers la tour Serdaigle. Une fois devant la porte, il s'imagina Luna dans son esprit et appela la Marque sur son épaule. Luna ne fut pas longue à apparaître.

Il dut s'éclaircir la gorge quand ses yeux gris se concentrèrent totalement sur lui. « Tu as eu mal quand je t'ai appelé ?

- Ça n'a picoté qu'un peu. » Luna sourit pour apaiser son inquiétude visible. Elle pivota et le guida dans la salle derrière elle.

« Donc… Euh- voilà. J'ai trouvé ça et j'ai pensé que tu voudrais l'avoir. » Il lui tendit le dessin.

Elle ne fit que le regarder. « Garde le. J'en ai plus.

- Ah bon ?

- Oui. Il se trouve que j'aime beaucoup ton visage. Ça me calme de le dessiner.

- Pourquoi ?

- Tu fais partie de passé, du présent et du futur. »

Comment est-ce que cela pouvait la détendre ? « Tout le monde ne fait-il pas partie du passé, présent et futur ? »

Luna lui fit un sourire rayonnant. « Tu pourrais penser que les gens comprennent ça… Mais ce n'est pas le cas. Et tout le monde n'a pas eu un impact aussi important que toi sur notre passé et sur notre présent.

- Et le futur ?

- Tout dépend de toi. Non ?

- Tu vois vraiment beaucoup de choses.

- Moins que ce que j'aimerais et que ce que tu crois. »

Tom cacha sa surprise et son plaisir d'entendre de tels propos. Le fait qu'elle souhaitait en voir plus signifiait qu'elle se fichait qu'il gagne plus de pouvoir.

Ils marchèrent dans le château, allant toujours plus bas le temps passant, et Tom se dit que c'était un miracle qu'ils ne croisent ni élève, ni professeur sur le chemin. Ils marchaient dans un silence quasi absolu et Tom sentait que Luna le guidait quelque part. Elle semblait savoir où ils allaient.

Tom finit enfin par reconnaître l'endroit où elle les guidait, ils se trouvaient dans le couloir sombre de leur dernière rencontre, là où elle parlait avec le château. Il la suivit dans les ombres et ils s'arrêtèrent au bout du couloir qui ne donnait nulle part. Bizarre. La dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, il avait eu l'impression qu'il y avait quelque chose à explorer dans cette direction.

« C'est un cul-de-sac, Luna.

- Tom, dis-moi, » elle s'arrêta au bout du couloir et se tourna pour le regarder. Tom inspira brusquement en voyant ses yeux gris briller dans le noir. « Pendant toutes ces années passées ici, as-tu déjà trouvé les quartiers privés de Salazar Serpentard ? »

Il s'approcha d'elle lentement. « Non. Et pourtant, j'ai passé des années à les chercher.

- Viens te mettre à côté de moi. »

Tom fit ce qu'elle lui dit et la Serdaigle prit une de ses mains dans les siennes. Tom regarda sa tête dorée avec incertitude quand elle posa sa main contre la sienne, et pressa sa paume avec l'autre pour l'aplatir. Dès qu'il se détendit, elle prit son poignet et pressa la paume du brun contre le mur de pierre.

« Donne ton nom, héritier de Serpentard, » chuchota—elle.

Il dit d'une voix intelligible, « Tom Marvolo Jédusor. » Immédiatement, il sentit lu mur vibrer sous sa main et ses yeux s'agrandirent d'excitation quand il sentit une aura l'atteindre pour tester sa magie et son sang. Il sentit la pierre changer et la regarda briller et se transformer en une porte en bois voûtée.

Luna sautilla d'excitation, levant ses mains comme si elle adressait une prière et les pressa contre ses lèvres. « Ouvre-la ! »

Tom hocha la tête et laissa sa main retomber à ses côtés. Il n'y avait aucune poignée à attraper. Au lieu de ça, il y avait des serpents gravés le long de la partie voûtée de la porte. Ouvre-toi.

La porte s'ouvrit sur des ténèbres. Ils sortirent tous les deux leur baguette et lancèrent un lumos, pour voir qu'ils se trouvaient dans un autre couloir. Avant de s'enfoncer plus loin, Tom se tourna vers Brumek. « Je souhaiterais que tu restes ici si ça ne te dérange pas. Je t'appellerai si besoin.

- Je vais vous attendre ici, dans ce cas. »

Luna sourit avec chaleur au guerrier avant de refaire face au couloir. Elle prit la main plus grande de Tom dans les siennes et l'entraîna avec elle. « C'est excitant, non ? J'ai hâte de voir ce que nous allons découvrir. Crois-tu que nous allons rencontrer Salazar ? Son portrait, je veux dire. Ce serrait top ! »

Tom réussit à acquiescer. Il ne savait pas s'il devait se libérer de sa prise ou non. Il ne voulait pas. Mais tenir sa main le rendait nerveux et il avait peur, s'il parlait, qu'il fasse quelque chose de stupide comme bégayer. Et il n'avait aucunement envie de ressembler à Neville. Comme il ne voulait pas blesser les sentiments de Luna, il fit en sorte de se détendre, et il ne lui fallut pas longtemps pour accepter la prise sur sa main. C'était presque comme quand Hermione lui prenait la main, et qu'il avait l'impression que c'était tout à fait normal, sauf qu'avec Luna, son cœur battait à mille à l'heure et sa peau le brûlait agréablement là où elle le touchait. Il rougit dans le noir. Il avait si chaud. Et il avait l'impression qu'elle pouvait le sentir.

« Ah, regarde ! Une autre porte ! »

Une fois cette porte ouverte, ils furent entraînés vers un escalier en spirale qui descendait. A la différence de l'escalier du directeur, celui-ci ne bougeait pas. Tom fut le premier à l'emprunter et il guida Luna vers le bas. Il garda sa baguette pointée vers l'avant, autant pour avoir de la lumière que pour pouvoir protéger la demoiselle qui le suivait. Il ne fallut pas longtemps pour que l'escalier se termine, menant à un autre couloir donnant sur une autre porte.

« Ça à intérêt à être la dernière foutue porte.

- La patience est une vertu, Tom.

- Je n'ai pas beaucoup de vertus. Et la patience n'est certainement pas l'une d'entre elles. » Ouvres-toi.

La porte s'ouvrit doucement. Dès qu'ils en dépassèrent le seuil, des torches et les lampes à huile s'allumèrent, illuminant une grande pièce qui avait clairement appartenu à un Serpentard, comme pouvaient l'indiquer les tentures noires, vertes et argentées qui parcouraient le plafond.

« C'est tellement propre ici. Pas un grain de poussière nulle part. »

Tom rit. Il trouvait que c'était bizarre que ce soir la première chose qui sortait de sa bouche quand il y avait tellement plus de choses remarquables. Comme la grande bibliothèque sur le mur du fond qui débordait pratiquement de livres anciens et de rouleaux, ou l'immense bureau couvert de parchemins et d'encore plus de livres, ou encore la gigantesque cheminée de l'autre côté de la pièce, en face du bureau qui prenait l'entièreté du mur. Elle aurait pu faire un commentaire sur la finesse des meubles antiques qu'il savait hors de prix, ou le tapis persan, lui aussi hors de prix, étalé au centre de la pièce où tous ces meubles étaient éparpillés. Mais non, Luna avait parlé de la propreté des lieux. S'il n'était pas déjà attaché à elle, c'était désormais le cas.

Luna libéra sa main et bondit vers la bibliothèque. Il avait décidé de la suivre, mais l'énorme tableau sur le mur derrière le bureau attira son attention. Il contourna le bureau et observa l'image. C'était clairement un portrait, bien qu'aucune plaque ou signature n'indiquait de nom. Il y avait une chaise vide, un peu comme un trône, signe qui lui indiquait que c'était un portrait. Quelqu'un se tenait habituellement assis sur ce siège. Il ne pensait pas que Salazar Serpentard avait une peinture d'une simple chaise.

« Bonté divine ! Certains de ces livres n'existent plus ! » Tom se tourna et la regarda se tenir sur la pointe de ses pieds pour attraper un bouquin. « C'est un livre d'histoire que je n'ai jamais vu ! » Elle s'assit par terre, l'ouvrit et le retourna.

« Pourquoi lis-tu comme ça ?

- Tu serais surpris de ce qui te vient à l'esprit en lisant les choses de bas en haut et à l'envers. C'est thérapeutique, » murmura-t-elle en scannant la page sous ses yeux. Tom passa un moment à la regarder simplement. Assise les jambes croisées, et les épaules affaissées. Les longs cheveux dorés de Luna étaient libres et tombaient sur son visage, lui bloquant la vue.

Tom reprit ses esprits et alla s'asseoir au bureau. En parcourant les différents parchemins, il se demanda ce qu'il loupait. C'étaient les quartiers personnels de Salazar. Il se doutait que la porte à côté de la librairie menait à une chambre. Il y avait des emblèmes embossés partout, indiquant que les lieux appartenaient au fondateur de Serpentard… Alors pourquoi avait-il l'impression de louper quelque chose ?

« Ça ne paraît pas tellement sinistre, ici, » fit remarquer Luna en tournant une page.

Tom acquiesça. C'était ce qui n'allait pas. Il avait imaginé les quartiers de Salazar Serpentard être un peu plus… sombres. En fait, il les avait imaginés beaucoup plus effrayants. « As-tu lu dans mon esprit ? »

Luna leva vers lui un regard surpris. « Non. Je ne ferais jamais une chose pareille. Pourquoi ?

- Parce que. » Tom haussa un sourcil en trouvant une lettre adressée à Serpentard en provenance de Griffondor. « Je pensais exactement la même chose.

- Les grands esprits se rencontrent »

Les commissures des lèvres de Tom se redressèrent et restèrent telles quelles en lisant la lettre de Griffondor. Quand il eut fini, il la repoussa avec dégoût. Ils étaient amis. Sans doute plus, si on prenait en compte les sous-entendus de Griffondor. Quelle déception. Amis !

Il trouva une autre lettre, celle-ci venant de Serdaigle. « N'as-tu jamais lu dans l'esprit de quelqu'un avant ? Je me rappelle certains de tes propos, que tu ne pouvais connaître qu'en lisant dans les esprits.

- Souviens-toi. Je sais des choses, bêta. Mais je ne lis pas volontairement dans l'esprit des gens. Je ne pense pas avoir cette capacité.

- Je parie que si. On devrait se pencher dessus.

- D'accord. »

Tom s'empara de la lettre de Serdaigle, lut trois phrases, avant de la lâcher brusquement et de la couvrir avec tout ce qu'il pouvait trouver. Est-ce que les gens à cette époque avaient tous des esprits pervers ? Pour l'amour de Merlin ! Il était clair que Serpentard et Serdaigle avaient une relation sexuelle.

« Qui donc – hoquet – êtes-vous, par les flammes de l'enfer ? »

Tom se tourna et resta bouche bée. Un homme avec de cheveux noirs en pétard, des yeux noirs globuleux, des traits finement ciselés et une barbiche noire en fit de même. Ses joues étaient d'un rosé douteux, et plus les secondes passaient, plus de hoquets s'échappaient de la bouche du portrait.

« Serpentard ! » Luna posa le livre au sol avant de se précipiter vers le portrait. « Bonjour ! »

Serpentard fronça ses sourcils en les voyant tous les deux et ouvrit sa bouche pour parler, mais un autre hoquet passa ses lèvres à la place.

Lana se pencha en avant pour avoir une meilleure vue du visage de l'homme. « Êtes-vous saoul ?

- A vrai dire, oui. Vous avez -hoquet- interrompu une fête délicieuse en activant les sorts d'alarme de mes quartiers. Dites-moi qui donc êtes -hoquet- vous, par l'enfer. Vous ne devriez pas -hoquet- être capable d'entrer ici. Vous n'auriez pas dû -hoquet- pouvoir toucher aux objets présents ! -hoquet- Vous auriez dû vous faire renvoyer par un sortilège -hoquet- dès l'instant où vos mains poisseuses se sont posées sur mes biens ! Seulement ma lignée -hoquet- peut venir ici sans subir -hoquet- mes vieux sortilèges, et je n'ai pas d'héritier. Apparemment, il aurait- été tué par le petit préféré de Griffondor. » Serpentard dit une pause en secouant sa tête tristement. « Parfois, je déteste -hoquet- Griffondor. »

Luna se pencha vers Tom et lui chuchota, « Je parie qu'il divague tout le temps quand il a trop bu. » Elle refit face au portrait. « Essayez de retenir votre respiration. Ça m'aide souvent quand j'ai le hoquet. »

Salazar se laissa tomber sur son siège et étendit une jambe sur l'un des accoudoirs. « Merci, jeune demoiselle. Je devrais essayer ça. »

Luna pouffa et donna un coup de coude à Tom. « Il m'a appelé demoiselle.

- Peut-on passer aux présentations, s'il vous plaît ? » voulut savoir Salazar, en prenant ensuite une grande inspiration, gonflant d'air ses joues, et faisant signe à Luna et Tom de continuer.

« Je suis Luna Lovegood, sixième année à Serdaigle. Très heureuse de vous rencontrer. » Luna tira sur les coins de sa robe en faisant une révérence. Salazar hocha la tête, les joues toujours gonflées d'air, et fit signe à Tom de se présenter.

« Tom Jédusor, » gronda le Mage Noir. Sa colère de voir le fondateur dans un tel état grandissait. « L'héritier de Serpentard. »

L'air que Salazar gardait fut soufflé d'un coup et son pied se reposa au sol. Ses yeux globuleux s'arrondirent jusqu'à ce qu'on voit clairement qu'ils étaient d'un bleu sombre. Salazar bondit sur ses pieds et devant leurs yeux, sa tête plongea hors du tableau. Tom tira Luna vers le bas quand Serpentard vola au-dessus de leur tête pour atterrir sur le bureau.

« Au nom de Merlin ?! Les portraits ne peuvent pas faire ça ! » siffla Tom.

« Des portraits standards, non. Les tableaux des fondateurs, en revanche, oui, » murmura Salazar à quelques centimètres du visage de Tom avant de se tourner et de sauter du bureau. Sauf qu'au lieu de sauter, Salazar trébucha à cause de ses jambes ne le soutenant pas et tomba la tête la première par terre. Luna gloussa nerveusement tandis que Tom regarda, outré. C'était ça son aïeul ? C'était lui le Grand Salazar Serpentard ? Quel genre de blague tordue était-ce ?!

Salazar se remis sur ses pieds et approcha Tom. Le sorcier mort depuis longtemps ne paraissait pas mort pour un sou. Il ne ressemblait pas non plus à un fantôme. « Hum. Tu ne ressembles pas du tout à un de mes héritiers. Tu ne sembles pas dément non plus. Tom Jédusor est dément. Tu dois mentir. » Salazar attrapa les joues de Tom et les tira vers lui pour le regarder plus attentivement.

« Hé, Sally ! »

Luna se tourna au son d'une autre voix masculine et couina de surprise quand Godric Griffondor apparut dans le tableau. C'était clairement Griffondor car il ne portait rien d'autre qu'une robe en velours froissée rouge et or.

« Sally, on attend- Oh, tu es sorti du tableau, et tu as des visiteurs ! » Les bafouillements de Godric indiquèrent qu'il était aussi bourré. « Merlin ! Ça faisait des années que nous n'avions pas eu de visiteurs, hein mon petit Sally ! »

C'était insensé ! Tom gronda à voix basse et éloigna les mains de Serpentard d'une tape avant d'attraper la main de Luna. Il sourit d'un air méprisant à Serpentard avant de sortir d'ici à toute vitesse claquant la porte derrière eux. Il traîna Luna jusqu'en haut des escaliers et à travers les couloirs dans un silence furieux et ne dit pas un mot jusqu'à ce qu'ils aient rejoint Brumek.

« Je ne peux pas y croire, » siffla-t-il en se laissant glisser contre le mur. « C'est une blague ! Salazar Serpentard est une putain de blague de mauvais goût ! Griffondor l'appelait Sally, Merlin ! »

Luna parut terriblement gênée. « J- je suis désolée, Tom. Je ne t'aurais pas amené ici si j'avais su... » Elle détourna le regard quand il leva les yeux vers elle. « Ta déception me déprime. »

Tom Se releva et attrapa ses bras. « Viens. » Cette fois, il était celui qui guidait l'autre à travers les murs. « Ne t'inquiètes pas Luna. Je vais m'en remettre. » Peut-être. Pour l'instant, il allait se concentrer sur autre chose plutôt que sur ce à quoi il venait d'assister.

Ils allèrent dans la salle sur demande. Apparemment, ils n'avaient pas besoin de demander beaucoup, car en entrant, il y avait deux fauteuils devant un feu de cheminée.

« Dis-moi qui tu es, » lui demanda-t-il doucement une fois qu'ils étaient assis.

Luna plia ses jambes sous elle et reposa un bras contre l'accoudoir. « Pour la dernière fois. Je suis Luna Lovegood. Je suis née Luna Lovegood. Quelque chose m'est arrivé, mais je suis toujours la même fille.

- Je vais arrêter de le demander de cette façon, alors. Dis-moi de quoi parlait Ozemir. Il t'a appelé déesse.

- Oui. Devine laquelle. » Elle quitta le feu pour le regarder dans les yeux.

« Hirsha, » murmura-t-il.

Luna pouffa, « Bingo.

- S'il te plaît, donnes plus d'explications. Mon esprit est devenu vide, » répondit Tom d'une voix plate.

« Je suis Luna Lovegood et je suis Hirsha. J'ai attendu que vous vous transformiez tous en Ukatae avant d'hériter à mon tour. Tu vois, mon père n'était pas vraiment mon père. Eh bien, il l'était mais… C'est plus comme s'il était un million d'êtres en un corps… C'est vraiment très dur à expliquer.

- Mais tu m'as laissé te marquer ! » protesta-t-il en sautant sur ses pieds. 'J'ai marqué la Mère !

- Je reste quand même Luna.

- Ça n'a pas de sens ! Tu es comme Ozemir, avec deux personnalités ? Un moment, tu es toi, et après tu deviens la Mère comme tu l'as fait samedi soir ?

- Je suis Luna, » répéta-t-elle. « Je suis née en tant que bébé humain. J'ai grandi en fille humaine. Je suis toujours Luna, mais je peux accomplir des choses divines, je suppose.

- Comme le chant.

- J'ai appris à faire ça quand j'avais trois ans. » Elle lui sourit joyeusement.

Tom se rassit et frotta ses yeux fatigués. « Ça suffit, » gronda-t-il. « J'en ai assez appris pour la soirée. »

Ils s'assirent en silence pendant un long moment, jusqu'à ce que Luna bondisse de sa chaise, excitée. « Montre-moi ton esprit animal ! S'il te plaît, » le supplia-t-elle.

« Hors de question.

- Je promets de ne dire à personne ce que je vois. Allez, Tom. Si tu me montre le tiens, je te montre le mien. »

Elle le dit d'une façon tellement innocente que Tom ne put s'empêcher d'avoir l'esprit mal placé. « Si tu es la Mère, ne devrais-tu pas déjà connaître ma forme animale ?

- C'est le truc justement. Je ne sais pas tout. Je te l'ai dit. J'en vois moins que ce que j'aimerais. Mais encore une fois, si je voyais tout, la vie ne serait pas si marrante, n'est-ce pas ? Et la vie peut être si drôle. Avec des surprises à chaque angle. Comme tout à l'heure. Je ne savais pas que le frère de Falde allait venir.

- Oui, c'était une surprise. Bien alors. » Tom se redressa et lui tendit la main pour qu'elle en fasse de même. « Montre-moi d'abord ta forme. »

Luna sautilla avec un sourire aux lèvres et se tint face à lui. En un clignement d'œil, elle disparut. Un petit, presque inaudible couinement, attira son attention au sol. Tom se tint figé en dehors du battement rapide de ses paupières, se demandant ce qu'il regardait. » L'esprit animal de la Mère des Ukataes est une petite souris blanche ? » Il s'accroupit et la laissa grimper dans sa paume. « C'est pour de vrai ? Parce que si tu essayes de me faire me sentir mieux par rapport à ma forme... »

La souris mordilla gentiment ses doigts et il se rappela qu'elle ne savait pas qu'elle forme il avait. Il la posa gentiment sur le fauteuil et attendit qu'elle reprenne forme humaine.

« Une souris ? » lui demanda-t-il quand elle fut de retour à la normale.

« J'aime bien. Montre-moi la tienne, maintenant.

- Bien. Mais…

- Pas un mot. Promis. »

Tom se transforma et fut tout de suite assailli de compliments sur sa mignonnerie. Il souffla d'agacement, ce qui la fit rire de ravissement.

« Tu ne l'aimes pas parce que ta forme est petite, je vois. » Luna lui tourna autour. « Je suppose que je peux le comprendre. » Elle tapota son menton d'un doigt. « Tu es très puissant, Tom. As-tu essayé d'altérer l'apparence de ton esprit animal ? »

Tom souffla un autre nuage de fumée et Luna inclina la tête. « Oh. Ozemir a dit que tu ne pouvais pas trafiquer ton animal intérieur ? » Le dragon hocha la tête lentement. « Mais ce serait jouer avec la taille, pas l'altérer. Et ce n'est pas la même chose. Je pense que tu devrais essayer de te rendre plus imposant. Je me rappelle que certains dragons chinois en avaient la capacité. Comme avec la Lovely d'Harry. »

Tom leva aussitôt la tête et se concentra. Ça ne lui prit pas longtemps pour réussir. Il grandit soudainement. Grossissant vite et sans pouvoir le contrôler. Luna hoqueta et courut au mur opposé quand elle remarqua qu'il ne s'arrêta pas. Bientôt, le dragon prit chaque centimètre de la salle et Luna se retrouva bien vite comprimée contre le mur par sa queue pleine d'écailles. Elle le regarda avec émerveillement quand il arrêta de grandir. Ce fut une bonne chose, car les murs avaient commencé à grincer et protester sous la pression de la bête.

« Je te l'avais bien dit. Je savais que tu pouvais le faire ! »

Elle n'avait pas peur de lui, elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal… C'était ce qu'elle pensait, jusqu'à ce que le dragon bouge et la cloue avec ses yeux, la paralysant. Luna se figea. Les yeux du dragon la maintenaient et une peur comme elle n'en avait jamais connu s'empara du corps de la Serdaigle au point que son esprit se remplit de terreur. Le dragon se déplaça encore, ses griffes massives bougeant, faisant trembler le sol à chaque pas qu'il fit.

La bouche de Luna s'ouvrit sur un cri silencieux quand la tête géante s'approcha, ses mâchoires à quelques centimètres de son visage. Elle pouvait sentir la vapeur sortir de ses narines, et son souffle chaud lui donnait l'impression de se faire lécher par des langues de feu. Elle était sûre qu'elle allait être rôtie vivante et mangée.

Tom cligna des yeux, confus. Quelque chose n'allait pas avec lui et Luna. En grandissant, son esprit semblait s'être transformé en quelque chose d'étranger, quelque chose de primitif. Et en clouant la fille contre le mur et en absorbant sa peur, il sentit la panique s'élever en lui. Elle n'eut pas une expression naturelle. Rassemblant ses pensées, Tom se retransforma et s'allongea pantelant sur le sol. Luna, elle, avait déjà glissé le long du mur et serré ses genoux contre sa poitrine, cachant sa tête entre ses bras en pleurant doucement. De là où il se trouvait, Tom pouvait voir ses tremblements.

Il rampa jusqu'à elle. « Luna ? » lui demanda-t-il avec douceur. Quand il lui toucha le bras, elle se crispa et s'éloigna de lui.

« Merlin, Luna. Je suis tellement désolé. Tout va bien, maintenant. Je te promets. Je n'allais pas te faire du mal. Luna ?

- Je- C'était- jamais été aussi terrifiée…

- Luna … » Il essaya de la toucher encore, et cette fois, elle ne fuit pas. Elle leva la tête pour le regarder. En le voyant revenu à lui, elle pleura. « Chuuuut. Ne pleures pas... » Il agrippa ses avants bras et la tira vers l'avant. Elle entoura ses épaules de ses bras et plongea son visage dans son cou. En retour, ses bras à lui enveloppèrent son corps et il lui frotta le dos pour l'apaiser. « Tout va bien, maintenant. Je ne te ferais jamais de mal.

- Tu étais terrifiant, » dit-elle à voix basse après un moment. « Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas penser. Je ne pouvais même pas respirer... » Luna leva la tête pour pouvoir le regarder. Il commençait à vraiment adorer ses yeux. « Tes yeux de dragon ont le pouvoir de paralyser quelqu'un de peur. Il m'était impossible de détourner le regard.

- Tu vas bien maintenant ? » demanda-t-il après quelques minutes de silence. Luna hocha la tête. « Bien. Levons-nous et je te ramène à ta tour. » Il l'aida à se tenir debout sur ses jambes tremblantes et enroula un bras autour de ses épaules pour la soutenir jusqu'à la porte.

« Mais attends ! On ne peut pas encore partir.

- Et pourquoi ?

- Tu n'as pas essayé de le faire dans l'autre sens. De rétrécir. »

Tom en resta ébahi. « Après tout ça, tu veux en voir plus ? »

Elle inclina la tête. « On en a déjà parlé, bêta. Moins que ce que je voudrais. »

Le Mage Noir soupira. « Bien. Mais après ça, on va au lit. »

Luna sourit brillamment. « Génial ! »

Tom se transforma donc une nouvelle fois et fut cette fois-ci capable de rétrécir sa taille jusqu'à atteindre celle d'un chat adulte. Luna se précipita vers lui et le prit dans ses bras avant qu'il ne comprenne ce qu'il lui arrivait. « Tu es parfait! Comme un petit animal de compagnie. » Elle le cajola et lui sourit alors qu'il la regardait avec incrédulité. « Tu peux être mon animal ! »

Quoi ?!

« Oui, et je t'appellerais Touffu. Mon animal de compagnie Touf- Heyyy ! »

Tom n'avait pas apprécié la taquinerie. Oui, il avait compris qu'elle ne faisait que l'embêter mais il avait ses limites. Pour la faire arrêter de dire ces idioties, Tom lui avait mordu le bras avant de pouvoir sans empêcher. Il se figea ensuite.

Luna gloussa en se dirigeant vers la porte, le petit dragon toujours enroulé dans ses bras. « Voilà. Maintenant, tu sais pourquoi ils passent leur temps à le faire, hein ? Le sang a bon goût, non ? » Luna ouvrit la porte et sortit de la salle sur demande, pas du tout préoccupée que le dragon soit paralysé, et marcha sereinement le long du couloir, couverte par l'Ombre de Brumek. C'était la première fois depuis des jours qu'elle voyait le guerrier avec quelque chose qui ressemblait à un sourire. Il avait dû écouter ce qu'il se passait dans la salle.

« Que vas-tu faire de lui, Mère ? »

Luna soupira. « Je suis Luna. LU-NA.

- Que vas-tu faire de lui, Luna ?

- Amènes-moi à mon dortoir et je te le passerais pour que tu puisses le donner à ses frères. » Elle sourit et souleva le petit dragon jusqu'à ce que son museau soit près de son nez, riant en voyant ses pattes et sa queue pendre mollement. « Ou tu pourrais venir avec moi et dormir sur mon oreiller. »

Je… ne suis pas… un animal de compagnie ! Réussit à penser Tom, bien que son esprit soit rempli d'un brouillard tourbillonnant d'euphorie diluée. Il n'y avait qu'un seul point négatif face à la tournure étrange des événements. Tom sut qu'il pouvait devenir accro.

« Je suis surprise que tu n'aies jamais eu de sang avant, » dit Luna en le câlinant contre sa poitrine. « Après toutes ces années à plonger dans les arcanes... » La Serdaigle regarda le petit dragon et rit. Elle se tourna vers Brumek, « il s'est endormi. »

… … …

Dès qu'ils transplanèrent dans sa chambre, Drago eut l'intention de foncer dans son compagnon pour avoir été aussi inconscient. Toutefois, dès leur arrivée, Harry s'était éloigné de lui et s'était laissé tomber sur le canapé, n'ayant pas bougé depuis. Ses yeux étaient fermés même s'il ne dormait pas. Cet imbécile de Griffondor avait un esprit bouillonnant de pensées. Et il était évident par le léger froncement de sourcils d'Harry que c'était le cas. Drago se dit qu'il passerait outre le châtiment. Des choses plus importantes devaient être discutées.

« Es-tu toujours en colère ? » demanda-t-il.

« Je suis agacé.

- Pourquoi ?

- Parce que j'attends un enfant, Drago ! » dit-il d'un ton cassant. « Et ça me fait tellement bizarre de le dire à voix haute. C'était suffisamment perturbant de le penser.

- Je croyais que tu serais content, » répondit le blond maussade.

Harry siffla, contrarié. « Ce n'est pas que je suis pas content, Drago… C'est juste que- ce n'est pas le meilleur moment pour que nous ayons un enfant, si ? On a un Ukatae psychopathe qui nous court après, au cas où tu aurais oublié ! »

Drago alla s'agenouiller devant le canapé et toucha le ventre d'Harry. Et il essaya autant qu'il le put, mais ne put contenir un sourire. « Dans un de nos livres, il est dit que le développement prend moins de temps que celui des humains. »

Harry ouvrit finalement les yeux, même s'ils s'étrécirent en se posant sur son compagnon. « Combien de temps ?

- Cinq ou six mois.

- QUOI ? » le Griffondor s'assit d'un coup et sa mâchoire semblait s'être désarticulée.

Encore une fois, Drago eut un sourire suffisant. « Nous sommes des êtres très avancés, mon amour. De plus, Ozemir ne croit pas que Demai'Tah ne tentera quelque chose dans ce laps de temps. Il pense que le maître de clan va principalement rester à l'écart tant que nous n'aurons pas fini notre apprentissage. Aussi bien sorcier qu'Ukatae. »

Harry saisit la cravate de Drago et tira jusqu'à ce qu'ils soient nez à nez. « Ne me cache plus jamais rien.

- Je suis désolé, Harry. J'ai été égoïste. »

Harry lâcha la cravate et ferma ses yeux. « Il était temps que tu recommence à te comporter comme un Serpentard. Te voir gentil avec tout le monde commençait à m'irriter.

- Pourquoi ? Parce que je marchais sur ton territoire ?

- Oui, on peut dire ça. Tu es le mauvais garçon. Et moi le gentil garçon… La plupart du temps.

- J'aime ça quand tu es mauvais, Harry. J'aime quand tu es un vilain, vilain garçon. Et malgré le fait que je sois contrarié de ce que tu as fait, tu étais tellement sexy quand tu as attaqué le frère de Falde.

- J'étais tellement en colère. Il était prêt à nous tuer sans poser de questions. Sans vérifier nos marques.

- Il sait désormais.

- Ouais. Que crois-tu que nous devrions faire d'eux ?

- Les garder. Les utiliser pour l'entraînement. S'ils refusent de nous aider, nous les tuerons. Nous ne les laisserons pas retourner auprès du Conseil. Si les Saen sont des gardes Royaux, alors ils devront reprendre leurs fonctions. Ce serait dans leur intérêt et dans le nôtre. De cette façon, Falde et les autres pourraient avoir plus de temps libre pour travailler sur des stratégies lorsque nous entrerons dans le royaume.

… … …

Le soleil s'était levé bien avant que les Saen ne se réveillent. Vendyl s'assit silencieusement, ses yeux cherchant immédiatement ses camarades, et les vit tous réveillés aussi.

« Ah, vous êtes réveillés. Bien. »

Les Saen se tournèrent pour voir deux des jeunes elfes entrer dans la Chambre. Ce n'étaient pas ceux avec les marques royales. Brumek et Falde étaient avec eux, mais étonnamment, les guerriers se retirèrent à l'autre bout de la pièce pour s'adosser contre le mur. Vendyl plissa ses yeux en direction de son frère, se demandant ce qu'il préparait.

« Vous devriez être heureux d'être encore en vie, » le jeune elfe masculin proclama.

« Et pourquoi le sommes-nous ? »

Hermione sourit. « Parce que nous voulons vous utiliser. Mes frères- »

Vendyl ricana et regarda à nouveau son frère. « Tu as envoyé des jeunes parler à ta place, Falde? Tu es devenu faible à quel- » ses mots furent coupés par le bruit d'une main claquant la chair.

« Excuse-moi, » grinça Hermione, ses yeux cuivrés brillant dangereusement. « J'étais en train de parler. »

Tom pouffa. « Mes frères, ma sœur et moi ne prenons pas d'ordres de Falde ni des autres. C'est plutôt l'inverse. Ils sont là pour nous protéger, pour nous entraîner. Mais comme mes frères sont la nouvelle lignée, nous donnons les ordres. » Tom scanna les visages surpris du reste des Saen. « Vous allez rester assis en silence et écouter. Vous ne parlerez que si on vous adresse la parole.

- JE voudrais clarifier une chose, » dit la Griffondor avec raideur, les poings serrés sur ses hanches, presque comme Molly Weasley. Elle puisa volontairement dans sa partie Ukatae et se transforma complètement. Quand elle parla ensuite, sa voix était basse et menaçante. « La stupidité ne fait pas bon ménage avec moi. C'était idiot de votre part de venir ici en pensant que vous pourriez blesser mes frères s'ils ne faisaient pas ce que vous vouliez. C'était bête de votre part de venir ici et d'interrompre notre éducation et notre entraînement. Pour ça, je vous tuerais bien volontiers. Vous ne savez pas à quel point il est dur d'avoir une bonne éducation de nos jours ? Non mais, vraiment…

- Vas droit au but, » chuchota Tom.

« Oui. Le fait est que nous avons besoin de plus d'entraînement. Vous allez nous aider. » Hermione attendit une réponse, et quand Vendyl resta silencieux, elle gronda. « Parle, maintenant.

- Pourquoi avoir besoin de s'entraîner ? »

Falde s'avança à ce moment. « Le Conseil est probablement contrôlé par Demai'Tah. Nous devrons l'affronter en fin de compte. »

Vendyl aboya de rire. « Quelle bêtise ! Demai'Tah est mort, mon frère.

- C'est marrant, » gronda Hermione, « parce que j'étais persuadée l'avoir vu tenir une épée aiguisée contre la gorge de mon frère il n'y a pas si longtemps. J'étais certaine qu'il s'était présenté comme le chef du clan Kibosh. J'étais sûre qu'il était venu pour annoncer son intention de vaincre mes frères pour contrôler le royaume Ukatae. Dis-moi, est-ce qu'un autre Ukatae oserait prétendre être le chef du clan Kibosh ?

- Ça ne peut pas être vrai, » un autre Saen chuchota. « Les Kibosh ont été exterminés.

- Je suppose que je vais devoir vous le montrer. » Hermione se tourna et murmura quelque chose à l'oreille de Falde, il acquiesça et disparut grâce à l'Ombre. Hermione sortit alors sa baguette, la tint contre sa tempe et bientôt, un filament argenté en sortit. Falde ne mit pas longtemps à revenir avec une Pensine. Tom la tint pendant qu'Hermione déposa le souvenir à l'intérieur, consciente que chaque Saen observait chacun de ses gestes. Elle prit la Pensine des mains de Tom et se dirigea vers Vendyl. « Met ton nez dans le liquide. Ça ne te fera pas de mal. »

Sans peur, Vendyl pencha sa tête. Il n'avait pas à bouger beaucoup vu qu'Hermione avait levé la bassine pour l'empêcher de tirer sur ses liens. En quelques secondes, Vendyl était immergé dans le souvenir.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda l'un des Saen, le plus prêt de Vendyl.

« Le filament argenté que j'ai extrait de ma tête était un souvenir. Nous mettons des souvenirs indésirables ou importants dans ce bol, appelé Pensine, pour clarifier notre esprit quelques fois. Quand vous touches au souvenir, vous êtes entraîné dans celui-ci et êtes capable de le voir et se déplacer à l'intérieur comme si vous revivez ce souvenir. » Hermione s'interrompit avec une grimace, et le bol trembla dans ses mains. « Falde, prends-la, vite, » murmura-t-elle. Falde se précipita pour s'en saisir avant qu'elle ne la lâche. Une fois qu'elle eut les mains libres, elle gémit et tomba à quatre pattes.

« Hermione ! » Tom se jeta au sol et posa ses mains sur ses joues. « Qu'est-ce qui ne va pas ?

-Mon dos… C'est vraiment intolérable... » Ses membres tremblèrent et lâchèrent sous son poids. Tom regarda, horrifié, ses yeux rouler dans leurs orbites.

« Brumek, amène-la dans la chambre de Severus et récupère Talyn.

Le guerrier acquiesça et s'évapora avec Hermione et Tom. Dès l'instant où Vendyl sortit son visage de la pensine, le teint gris, Falde 'évapora à son tour.

« Qu'as-tu vu, Vendyl ?

- Demai'Tah est en vie. Ces jeunes elfes sont vraiment la nouvelle lignée royale. » A ces paroles, les visages des Saen s'éclairèrent. « Nous avons du Sang Royal à Protéger de nouveau. Notre but à été rétabli. »

… … …

Severus était sur le point de manger son petit déjeuner quand Tom apparut dans l'entrée de la grande salle. Une fois que Tom eut son attention, le Mage Noir fit un signe de tête et disparut dans le couloir. Severus bougea aussitôt pour voir ce qui n'allait pas. En voyant ça, Harry et Drago quittèrent leur table pour les suivre.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Severus quand il rattrapa Tom.

« J'ai pensé que tu aimerais savoir quand les ailes d'Hermione seraient sur le point de sortir. Elle s'est évanouie il y a un moment et nous l'avons mise dans ta chambre. »

Quand ils arrivèrent, Talyn était déjà en train de chevaucher Hermione, avait déjà fait les incisions nécessaires, et était en train de se préparer à sortir les poches couvrant les ailes. Brumek était assis sur un côté et gardait ses mains posées sur le front de la jeune elfe pour la tenir inconsciente.

« Elle va bien, » dit Talyn à Severus quand il vint s'asseoir de l'autre côté du lit. « Ce sera fini dans quelques instants. » Le maître des Potions acquiesça avec raideur et fit courir ses doigts dans les cheveux d'Hermione.

« Est-ce que vous m'avez fait la même chose ? » demanda Harry difficilement. Il avait dû mettre une main contre sa bouche pour empêcher la nourriture qu'il venait de manger de sortir.

« Oui, » répondit Talyn. « La procédure est la même pour tous. »

Drago leva les yeux au ciel et fit sortir Harry. « Ne regarde pas si ça va te rendre malade.

-Désolé. » Harry avait l'air penaud. « Je ne pensais pas que ce serait aussi dégoûtant.

- Et bien, on ne peut pas faire grand-chose de plus. Hermione va bien aller. Retournons au petit-déjeuner.

- Non. Allons torturer les prisonniers jusqu'à ce qu'ils acceptent de nous aider. » Ozemir, qui avait quitté la chambre avec eux, renifla.

« Nourriture ou torture. » Drago leva une main, puis l'autre. « Nourriture… Torture. Hummm…

- Torture ! » rigola Harry en les transplanant directement dans la Chambre. Toutefois, ils se rendirent compte qu'ils n'avaient pas besoin de les torturer. Dès qu'ils apparurent et furent reconnus, les Saen enchaînés se levèrent immédiatement et se tinrent au garde-à-vous.

« Mince alors, » marmonna Drago. « Ils sont rapides. Ils ont déjà décidé qu'ils avaient tout intérêt à être dans notre camp.

- Mais je voulais torturer quelqu'un avant que les cours ne commencent ! » s'écria Harry avec force.

Drago soupira. « Bien. » Il se tourna vers les Saen mal à l'aise. « Qui se porte volontaire ? »

Sincèrement, Drago ne s'attendait pas à une réponse. Alors, quand Vendyl parla, il cligna des yeux de surprise.

« Vous pouvez m'utiliser.

- Pardon ? » Harry regarda Drago pour avoir une explication, mais ne reçut qu'un haussement d'épaules.

Vendyl leva sa main aussi haut que la chaîne le permettait. « Vous avez demandé un volontaire.

- Pour se faire torturer, » expliqua lentement Harry. « Personne ne veut se faire torturer. »

Ozemir s'avança. « Les Saen sont des Ukataes à votre service. Ils sont nés pour faire vos quatre volontés, pour vous protéger jusqu'à la mort. C'est leur but. » L'érudit s'arrêta à côté des deux jeunes et étudia son cousin. « Pourquoi le Conseil s'est tourné vers vous, Les Saen égarés ? Ils voulaient garder la nouvelle lignée à l'écart, ils sont à la botte de Demai'Tah. Vous recruter n'était pas très intelligent.

- Ça pourrait être un piège, » suggéra Drago à voix basse avant que Vendyl ne puisse répondre. Harry et Ozemir ouvrirent leur bouche, mais Drago les coupa d'un geste de la main. « Luna a dit que nous devions garder ces huit en vie, mais elle n'a pas dit que nous devions leur faire confiance. Et Ozemir, tu as raison sur ce point.

- Ouais. On dirait que tu as raison. « Harry cloua Vendyl d'un regard plat. « Et tous les huit, vous avez changé de camp assez rapidement.

- On ne peut leur faire confiance, » lui accorda Drago.

« Puis-je proposer quelque chose ?

- Toujours, Ozemir. »

Ozemir, Harry et Drago s'éloignèrent des Saen silencieux. « Je te suggère de renvoyer Vendyl et trois autres au Conseil.

- Quel bien allons-nous en tirer ?

- Pour prouver leur loyauté, nous leur demandons de kidnapper autant de membres du Conseil qu'ils peuvent dans la forêt.

- Ils pourraient nous tendre un piège.

- Ce n'est pas possible, Drago. S'ils réussissent à emmener des membres du Conseil, ce ne sera pas un piège. Les membres du Conseil ne consentiront pas à être des appâts. Ils ne voudront jamais être prêt de vous. Et si vous réussissez à capturer une partie du Conseil... »

Drago sourit. « Nous pourrons obtenir des informations…

- Et bien sûr, après, ils ne devront pas avoir le droit de vivre… »

Le visage d'Harry s'éclaira. « Et après je pourrais en torturer ? »

Ozemir hocha la tête. « Et après tu pourras les torturer. »