Bonsoir...
Pardon. J'ai repris les jeux vidéo. J'aurais pas dû...
Bonne lecture !
Chapitre 11
17 mars 2002
Harry se réveilla la tête dans un chou-fleur et le corps dans une moissonneuse batteuse. Il leva un bras douloureux pour tâter son visage. La sensation du chou-fleur disparut et fut remplacée par un mal de tête lancinant. Tout son corps lui faisait mal, sa mâchoire lui donnait l'impression d'avoir été cassée et son estomac faisait des cabrioles lui donnant la nausée.
Il se rappela de l'état euphorique de la drogue et une vague de culpabilité le submergea.
Deux ans. Deux ans de sobriété foutus en l'air pour un putain de cauchemar. Pas n'importe quel cauchemar, certes. Il ne l'avait plus fait depuis sa sortie de Sainte Mangouste. Mais il allait mieux ! Si, vraiment !
Une porte claqua dans les étages inférieurs le faisant sursauter. Il pencha son corps sur le côté du lit et vomit. Le bruit et les maux de tête n'étaient pas un très bon mélange apparemment.
Il n'avait pas été seul longtemps, perdu dans son trip. Il se rappelait d'une voix grave, douce, claire, et d'un parfum de bois et de rose. Odeur qu'il avait déjà sentie auparavant. Et il avait appelé Drago. Et l'odeur lui avait répondu que c'était lui.
Le déclic se fit difficilement. Drago Malefoy était l'odeur de bois et de rose. Il n'avait senti que le bois lors de leurs précédentes rencontres. Et cette voix qui avait demandé s'il allait perdre connaissance était la même que lorsque qu'il avait voulu se défenestrer.
Donc Drago Malefoy l'avait vu attenter à sa vie. C'était lui qui l'avait sauvé.
Harry gémit de honte et se tourna sur le flanc, retenant un haut le cœur.
Tout ce temps, Drago avait su qu'il allait mal, qu'il était dépressif. Il l'avait vu dans son pire moment de faiblesse, à une époque où il n'était plus lui-même. Sa magie l'avait blessé. Et il n'avait rien dit.
Savait-il qu'il avait été hospitalisé pendant des semaines, voulant trouver la mort par tous les moyens ? Savait-il à quel point il était imbibé de drogue ?
Une petite voix perfide lui chuchota que maintenant, il savait pour le dernier point.
Il se recroquevilla sur lui-même, s'entortillant dans les draps. Ça ferait ça de moins à lui raconter. Maigre consolation.
Mais cela voulait aussi dire qu'il avait blessé Drago. Il l'avait blessé avec sa propre magie. Alors pourquoi acceptait-il te se laisser embrasser ? Pourquoi ne lui en voulait-il pas ? Son but était-il réellement de coucher avec Harry et de partir ? Et pourquoi n'avait-il rien raconté à la presse ?
Il se sentit lentement rebasculer dans le sommeil.
•
Des grattements à la porte le firent de nouveau émerger d'un sommeil agité. Il s'emmitoufla un peu plus dans la couette trempée de sa sueur et claqua des dents. Il était glacé.
Les grattements revinrent et Kreattur entra. Ses oreilles sifflaient l'air autour d'elles.
- Monsieur Harry Potter Monsieur a recommencé. Kreattur s'inquiète encore. Monsieur, le pauvre Kreattur est trop vieux pour tout ce mouron.
- Désolé, Kreattur, baragouina Harry.
Il renifla le plus silencieusement possible retenant une larme. Sa déchéance inquiétait tout le monde. Même son elfe.
Ce dernier posa un plateau de nourriture sur l'une des tables de chevet. Harry plissa les yeux lorsque les rideaux s'ouvrirent.
- Harry Potter doit se lever et prendre une douche avant de manger. Le maître ne sent pas bon, ajouta Kreattur après coup en grimaçant.
Harry ne protesta et se leva, direction la salle de bain. Il avait tenté de résister après ses premières défonces mais Kreattur avait la manie de le mettre tout habillé dans la baignoire lorsqu'il perdait patience. De préférence dans de l'eau froide.
Il ne croisa personne dans les couloirs mais des rumeurs lui parvenaient du salon du deuxième étage. Il n'était pas seul.
Il se déshabilla lentement, grimaçant des courbatures qui l'assaillaient encore.
Nu devant son miroir, il fit l'inventaire des dégâts.
Sa peau était aussi blanche que ses toilettes, ses côtes saillaient, ses cicatrices ressortant d'autant plus. Ses yeux étaient bouffis, cerclés de rouge. Un air résigné était visible sur son visage. Résigné à subir sa vie comme la victime qu'il était.
Son orphelinat ne verrait sûrement jamais le jour, il resterait toute sa vie un drogué, un alcoolique, un déchet et surtout… Surtout, Drago Malefoy, avec qui il avait eu l'espoir de construire quelque chose, savait. Il ne pouvait plus se cacher à présent. Et Drago ne voudrait sûrement jamais d'un homme brisé comme il l'était.
•
Après s'être lavé et avoir sommairement mangé ce que son elfe lui avait apporté, Harry descendit pour affronter les personnes qui étaient dans son salon. L'expérience lui avait appris qu'il n'était pas bon de repousser ce moment. Plus on attendait et pire c'était.
Il s'arrêta sur le seuil pour observer. Ron et Hermione étaient dans le canapé, Hermione recroquevillée contre son mari. Drago était dans le fauteuil face à eux et écoutait attentivement Ron, une tasse de thé à la main.
Hermione le vit et se leva, coupant la conversation au passage. Elle vint le serrer fort dans ses bras puis le regarda attentivement, les larmes aux yeux. Ron et Drago l'observèrent sans intervenir.
Elle le prit par la main pour le guider vers le dernier fauteuil disponible, à côté de Drago, face à elle et Ron. Il ignora du mieux qu'il put le regard profondément inquiet de Drago.
Ron prit la parole en premier.
- Comment te sens-tu ?
Harry se contenta de hausser les épaules. Il se sentait comme une merde.
- Pourquoi ?
Il baissa les yeux sur le tapis, se recroquevillant dans son fauteuil.
- Le cauchemar, se contenta-t-il de répondre.
Ron soupira lourdement.
- Quel cauchemar ? demanda Drago.
Harry tenta de se fondre dans son propre corps, ignorant les yeux posés sur lui.
- Un cauchemar récurrent dans lequel les proches décédés de Harry viennent le persécuter et le culpabiliser d'être en vie, répondit à sa place Hermione.
Harry ferma les yeux, les images de ce cauchemar encore imprimées sur ses rétines. Une larme traitresse glissa le long de sa joue. Il sentit Drago bouger à ses côtés.
- Ne me touche pas, murmura Harry à son attention.
Il ne voulait pas de sa pitié, de ses mots réconfortants. Il ne voulait pas s'entendre dire qu'ils s'étaient bien amusés mais qu'il avait un passé trop lourd à supporter. Il voulait juste boire pour oublier qu'il était un raté.
Un hoquet surpris venant de Drago lui fit ouvrir les paupières. Un filament magique sortait de sa main sans qu'il ne l'ait décidé. Il vit le fil se rétracter doucement, une bouteille de Whisky neuve au bout. Harry l'attrapa et la caressa du bout des doigts.
- Tu as dû rater quelques cachettes, Ron, murmura le brun à l'attention de son ami.
- Je referai un tour de la maison dans ce cas. Et avec Kreattur, cette fois-ci.
Harry sourit presque tendrement. Il posa la bouteille au sol avec un soupir tremblant. Il devrait tout reprendre à zéro.
- Quelle heure est-il ? demanda-t-il sans s'adresser à personne en particulier.
- Deux heures de l'après-midi, lui répondit la voix de Drago.
Il l'ignora encore. Il sentit Drago bouger mais Hermione lui fit un signe de tête négatif.
- Il parlera lorsqu'il sera prêt, dit-elle à l'attention de Drago, sans se cacher.
Harry se leva de son fauteuil, grimaçant sous les courbatures encore bien présentes. Il partit à la fenêtre et observa la cour de sa maison, vide de vie. Il n'y avait jamais mis les pieds.
- Il n'y a pas grand-chose à dire, fit-il doucement. Je suis désolé, mais est-ce que ça suffit vraiment ?
Il vit dans le reflet de la vitre Drago se lever du fauteuil et s'approcher, tout en restant à bonne distance.
- Je me sens comme une merde, enchaina-t-il. Je croyais aller mieux et finalement, trop d'émotions m'ont fait craquer. Pourquoi maintenant ? Je ne sais pas.
Il fit une pause, essayant d'avaler la boule qui apparaissait dans sa gorge. Il savait que ça faisait du bien de parler. Pourquoi était-ce aussi difficile alors ?
- Je suis en colère aussi, murmura-t-il en faisant face à ses deux amis. Quand comptiez-vous me dire que Malefoy est la personne qui m'a sauvé la vie ?
Il vit du coin de l'œil l'air blessé de Drago à son nom de famille puis la surprise sur les trois visages.
Ron toussota.
- Jamais, de préférence.
- Pourquoi ?
- Parce que tu supportais mal qu'on te voie dans cet état. Tu es fragile mais tu n'aimes pas qu'on le sache. Tu culpabilises de nous inquiéter, tu souffres de notre sollicitude. On ne voulait pas que tu apprennes que tu avais blessé une autre personne que nous pour alléger un peu ta souffrance.
- Et aussi parce que savoir que c'était Malefoy qui t'avait sauvé aurait amené trop de doutes et de questions dans ta dépression, ajouta Hermione.
- J'ai refusé que tu saches quoi que ce soit, Harry, termina Drago.
Harry ferma les yeux. On le protégeait. Encore. Lui, le fragile. Lui, l'incapable.
- Harry…
La voix de Ron brisa le silence tendu de la pièce.
- Que veux-tu ?
Le souvenir des potions médicales revint soudainement. La promesse d'un oubli légal et confortable.
- Une chambre à Sainte Mangouste.
- Ça, Potter, il va falloir oublier, répondit sèchement Drago.
Il leva un regard surpris vers le blond. C'était la première fois qu'il le voyait vraiment depuis qu'il était dans la pièce. Il portait les mêmes vêtements que la veille et des poches coulaient sous ses yeux. Il n'avait pas l'air d'avoir bien dormi lui non plus.
- Le Magenmagot t'as écrit ce matin, compléta-t-il en pointant du doigt une lettre ouverte. La convocation est pour dans cinq jours.
Harry ne s'offusqua même pas qu'ils aient ouvert son courrier. Une sueur froide s'écoula dans son dos. Il s'assit à même le sol, tremblant. En réponse à sa panique, sa magie tenta de se faufiler. Mais il l'arrêta juste à temps. Pas assez cependant pour que l'air n'en deviennent presque suffocant.
Des mains brûlantes attrapèrent son visage et ses yeux rencontrèrent un puits de gris.
- Ressaisis-toi Harry. Le plaidoyer est prêt, nous sommes prêts.
Il tenta de se dégager mais la poigne du blond ne céda pas. Sa magie crépita, menaçante, le serpentard l'ignora.
- Je vais partir mais nous parlerons avant le plaidoyer. Je comprends que tu m'en veuilles, Harry, mais rien ne change pour moi. Je serai tout ce que tu voudras.
Harry eut un rire étranglé. Drago brava sa magie pour lui déposer un baiser sur le front et s'en alla par la cheminée.
Plusieurs minutes passèrent. Il sentit Ron et Hermione l'enlacer. Sa magie se rétracta doucement, au rythme de ses sanglots.
- Il se trompe… Il se trompe…
- Harry…
- J'ai failli le tuer… J'ai failli vous tuer, et il vous a sauvé la vie. Comment pourrais-je lui en vouloir ?
•
20 mars 2002
Harry se cachait. Un hibou l'avait réveillé un peu plus tôt pour le prévenir de l'arrivée de Drago. Il ne voulait pas de confrontation, alors il se cachait. Il avait bloqué sa cheminée mais il ne pouvait pas annuler le sort de Fidelitas à distance, alors Drago pourrait entrer par la porte.
Son comportement était ridicule, il le savait. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il faudrait encore qu'il parle, qu'il se justifie.
Il ne voulait pas voir le dégoût ou la pitié sur le visage de Drago lorsqu'il lui dirait tout.
Le heurtoir réveilla les portraits restants, faisant sursauter Harry. Sa tête percuta les poutres apparentes du toit. Il s'était réfugié dans le grenier, là où il se réfugiait déjà avant pour cacher ses méfaits.
Les portraits se turent, le silence revint dans la maison. Un crac soudain dans le grenier lui fit de nouveau percuter la poutre, lui faisant venir les larmes aux yeux.
- Potter, arrête de te cacher, on doit parler.
Oh, Kreattur, le saligaud !
- Kreattur, je t'avais dit de ne pas lui dire où j'étais !
- Le maitre fait sa mauvaise tête, répondit l'elfe. Monsieur et Monsieur doivent parler.
Un nouveau crac retentit. Harry entendit les pas de Drago s'approcher de lui. Son visage fermé apparut à son niveau, lui faisant baisser les yeux.
- Je n'ai plus l'âge pour faire un cache-cache, Potter. Sors de là, paye-moi un verre, et discutons entre hommes que nous sommes.
Le blond se redressa sans attendre de réponse et quitta la pièce sans un regard pour Harry.
Ce dernier, surpris, ne réagit pas tout de suite. Il n'y allait pas par quatre chemins… Il se redressa difficilement de sa position accroupie. Il finit par suivre Drago, qui n'avait pas l'air de lui donner le choix.
Drago l'attendait dans la cuisine. Un hachis Parmentier l'attendait sagement dans une assiette. Il garda les yeux baissés pendant qu'il s'installait.
- Kreattur m'a dit que tu n'avais pas mangé depuis hier midi.
Harry grogna dans sa barbe de trois jours. Maudit soit cet elfe de malheur !
Il mangea ce qu'il put dans un silence tendu. Une fois son assiette presque pleine repoussée, un thé corsé apparut devant lui. Un café fit de même devant Drago. L'heure était venue.
- Pourquoi dans la cuisine ? Marmonna Harry.
- Parce que tu n'avais pas mangé, et parce que je ne veux pas que le salon devienne un endroit négatif pour nous.
Harry releva les yeux au « nous » mais les abaissa bien vite lorsqu'il vit les deux prunelles grises sur lui. Il remua son thé. Il ne voulait pas parler, ne pas le regarder. La honte l'habillait comme un cocon doux amer. Il voulait se vautrer dedans et faire comme si la confrontation qui allait avoir lieu n'était pas. Au moins, la honte, il savait gérer.
- Weasley… Ron et Hermione m'ont raconté certaines choses.
Harry ne réagit pas, préférant se noyer dans son thé.
- Ils m'ont dit pour la drogue et pour l'alcool. Pour la dépression aussi, même si je le savais déjà.
Il remua son thé et en but une gorgée, toujours sans regarder l'homme face à lui. Il ne voulait pas écouter non plus.
- J'errais dans les couloirs sans but précis ce jour-là. Je fuyais les regards noirs, plein de haine qui me suivaient partout. La marque tatouée sur mon bras me brûlait. Je voulais juste respirer un peu. Ce sont les cris de Weasley et Granger qui m'ont alerté. J'ai couru dans leur direction. Je les ai vus t'arracher de la fenêtre. J'ai vu ta magie les attaquer. C'était…
Les cris de ses amis lui revinrent désagréablement aux oreilles.
- Ce jour-là, je me suis rendu compte que j'avais fait comme tout le monde malgré ce que je pensais. Je t'avais mis sur un piédestal. Je me suis pris ton humanité en pleine gueule comme on se prend une gifle.
Harry releva les yeux malgré lui. Drago le regardait attentivement.
- Je pensais comme tout le monde, que tu nous avais sauvés, enfin. Jamais je n'aurais pensé que ça te pesait, te bouffait même. Je te voyais te vautrer dans ton succès, fier de ce que tu avais accompli. Pas dépressif au point de vouloir attenter à ta vie.
Harry referma les yeux. Il expira lentement.
- J'ai harcelé Granger et Weasley pendant des jours pour savoir où tu étais et comment tu allais après ça. Ils n'ont rien voulu me dire. Ils te protègent comme un dragon couve son petit.
- Pourquoi ? demanda Harry. Pourquoi mon état t'inquiétait tant ?
- Parce que… Merlin, parce que tu m'as touché Potter. Je ne suis pas fait de glace, contrairement à ce qu'on croit. Tu nous as demandé de te tuer. Tu hurlais à en réveiller les morts ! J'étais inquiet de ce que tu pourrais faire si on te laissait seul. Je voulais t'aider, te dire que tu n'étais pas seul dans cette détresse, à te détester d'être ce que tu étais. À cette époque, j'étais presque dans le même état que toi.
Drago se tut un moment pour boire son café. Harry l'imita.
- J'ai dû faire un stage à Sainte Mangouste pour compléter mes études de première année. J'ai su que tu y avais été admis en surprenant une conversation que je n'aurais jamais dû entendre mais je n'ai pas réussi à te trouver.
- Ma chambre était incartable, sous ordre du Ministre lui-même, expliqua Harry. Il ne fallait pas que le monde sache que j'étais dépressif, alcoolique, drogué et suicidaire. Le personnel soignant a dû signer une clause de confidentialité en plus de leur serment médical pour pouvoir s'occuper de moi.
Drago hocha la tête en signe de compréhension.
- Je ne t'ai rien dit, parce que je savais que tu m'en voudrais. Et quand j'ai vu comment notre relation évoluait…
- Je ne t'en veux pas, le coupa Harry.
- Alors pourquoi me rejettes-tu ?
Harry retira ses lunettes, las.
- Parce que je t'ai blessé une fois avec ma magie, à cause de mon instabilité psychologique. Et je ne veux pas recommencer.
- Tes amis s'approchent de toi eux.
- Ils ont forcé le passage, ils ne m'ont pas laissé le choix. La peur de les blesser est omniprésente.
La main de Drago enveloppa soudain la sienne, posée sagement sur la table. Il la retira prestement. Drago se leva, tira sur sa chaise et s'agenouilla face à lui, les mains sur ses cuisses. Harry se crispa aussitôt.
- Harry, je veux être tout pour toi. Et si tu ne m'as pas menti dans mon atelier, c'est aussi ce que tu souhaites. Je me fiche d'être blessé, je me fiche de tes sautes d'humeur. Je serai là en tant qu'ami, amant, confident, je te hurlerai tes quatre vérités au visage lorsqu'il le faudra et je détruirai toutes les bouteilles d'alcool en Angleterre s'il le faut.
Harry sentit ses yeux s'emplir de larmes douloureuses.
- Comment tu as fait pour t'en sortir ? chuchota-t-il.
- Je me suis rendu compte, qu'il y avait pire que moi. Et que je pouvais devenir celui que je voulais en me battant. Je peux me battre avec toi Harry. Mais je ne pourrai pas me battre pour toi, même si j'en meure d'envie.
Ses yeux criaient de ne pas le rejeter. De le laisser entrer dans sa vie une bonne fois pour toute. Mais Harry avait encore des questions.
- Pourquoi tu m'as invité à boire un verre avec toi ?
- Pour apprendre à connaitre Harry. Celui qui a voulu se faire du mal, celui qui est maladroit, qui n'aime pas le café et qui est grognon le matin.
- Mais, pourquoi ? insista Harry
Drago soupira en se frottant les yeux.
- Parce que je… Quand on s'est revus au Ministère, tu n'as pas été une seule fois agressif malgré notre passif, ce qui m'a intrigué. Quand tu es venu au magasin la première fois, – ton déguisement n'a servi à rien au passage – je t'ai trouvé changé. Plus timide, plus… Tu avais juste l'air de vouloir décamper au plus vite. Ce qui ne te ressemble pas. La seconde fois, au magasin, tu étais toujours aussi maladroit et, surtout, ton refus d'être auror avait fait le tour du pays. Depuis quand refusais-tu de sauver la veuve et l'orphelin ? Depuis quand tu étais si timide, au point de voir prendre la fuite ? Et je me suis rappelé de ton essai d'en finir avec la vie et de ton hospitalisation. J'ai eu envie de connaitre celui que personne ne voit. Celui qui se cache sous la cape du héros.
- Tu n'as donc jamais voulu me manipuler pour faire de moi ta pute ?
Le tact, Harry, bon sang, le tact !
Les yeux de Drago s'arrondirent de surprise.
- Non, bien sûr que non ! s'insurgea-t-il. Au départ, je voulais juste savoir qui tu étais, assouvir ma curiosité et sortir de ta vie. Mais…
Drago sembla hésitant soudain.
- J'ai su que tu étais homosexuel. Et ensuite, ce que j'ai vu de toi m'a plu. Tu es quelqu'un de très attachant, Harry.
- Je suis surtout un être faible, incapable de s'autogérer avec des pulsions destructrices, cracha Harry en réponse.
- Et ce sont ces faiblesses qui te rendent si attachant, répondit Drago du tact au tact.
Harry rougit malgré lui. Ses doutes fondaient comme neige au soleil. Et ces yeux... Les yeux de Drago lui promettaient à cet instant sérénité, sécurité et sincérité. Tout ce qu'il cherchait ou presque depuis sa sortie d'hospitalisation. Alors...
- D'accord, murmura-t-il.
Drago sourit doucement et l'embrassa chastement sur les lèvres.
- D'accord, répéta le blond.
Il se redressa en faisant craquer son dos puis saisit la main de Harry.
- Maintenant, direction le salon ! On va retravailler ton plaidoyer et envoyer un hibou à Granger et Weasley. Et Pansy aussi. Oh, et à ton psy aussi, un peu de travail sur ta confiance en toi ne te fera pas de mal avant le passage au tribunal.
Harry se laissa entrainer dans les escaliers, un léger sourire aux lèvres. C'était si bon de se sentir soutenu à son tour.
