Les paroles en italiques à la fin sont des pensées de Lucien
Impossible dans la vie Infini dans la mort
Lucien rentrait au château des de Martel après une soirée de chasse passée loin du domaine. Il avait eu envie d'élargir son territoire et s'était estimé assez doué pour se nourrir sur d'autres humains que ceux vivant près de son lieu de résidence. Il décida d'aller voir son ami et créateur Klaus afin de lui raconter sa soirée mais lorsqu'il franchit la porte de la chambre de celui-ci il fut surpris de la trouver vide. Il allait repartir lorsqu'un morceau de papier dissimulé entre deux pierres attira son attention. Il s'en approcha, attrapa la feuille, la déplia et la lu "Lucien, nous avons du partir en urgence car notre père se rapprochait de nous. Nous n'avons pas pu t'attendre et j'en suis désolé mon ami. J'espère que tu t'en sortiras et que nous nous reverrons. A un jour peut-être. Klaus." Le Castle n'en revenait pas, il l'avait abandonné, il l'avait laissé ici pour qu'il joue le rôle du lièvre, mais il n'allait pas se laisser faire. Il allait tout de suite quitter les lieux lorsque des voix attirèrent son attention.
" Tu as vu le visage de lady Aurora, je l'ai rarement vu aussi pâle. Murmura une jeune femme qu'il reconnu comme étant celle de Viviane une des servantes du château.
-Chut, ne dis pas ça, nous aurons des ennuis si on nous entends! La réprimanda sa sœur cadette Suzanne d'une voix apeurée."
Lucien écarquilla grand les yeux, Aurora était enfin de retour. Il se rapprocha de la porte, l'ouvrit délicatement et une fois certain qu'il n'y avait personne, il se précipita en direction de la chambre de la jeune comtesse.
Il venait de pénétrer dans la pièce privée de la jeune femme et la trouva allongée sur son lit. Il cru d'abord qu'elle dormait mais changea d'avis lorsqu'il remarqua que son corps tremblait, elle était habitée par des spasmes qu'il identifia sans difficultés. Elle pleurait, quelque chose ou quelqu'un l'avait rendu tellement triste qu'elle ne pouvait contenir sa peine et la déversait sur son oreiller. Il se rapprocha doucement d'elle et caressa doucement ses cheveux. Cela la surpris et elle tourna la tête afin de voir de qui il s'agissait.
-Lucien! S'exclama-t-elle dans un murmure en reconnaissant le jeune Castel.
Elle se redressa, essuya ses larmes et l'invita à s'asseoir lui aussi sur le matelas. Il s'exécuta sans tarder et une fois qu'il fut en place, elle se jeta dans ses bras, où il l'accueillit avec plaisir. Il passa les siens autour de la fine taille de la comtesse et huma son doux parfum. Il était bien content de s'être nourri avant de la rejoindre, la tentation aurait été trop forte et il aurait pu s'en prendre à elle. Elle releva son visage et le rapprocha de celui du garçon qui comprit ce qu'elle voulait et abaissa le sien afin que leurs lèvres se touchent. Lucien eut l'impression de revivre, cela faisait plus d'un mois qu'il n'avait pu y goûter, qu'il n'avait pu la voir, sentir son parfum de lavande ni même être envoûté par sa douce voix.
-Rory, mon amour, pourquoi pleurais-tu avant que j'arrive? Lui demanda-t-il désireux de savoir ce qui avait fait de la peine à son amoureuse.
Elle ferma ses yeux quelques instants, inspira profondément, puis expira avant de relever ses paupières.
-Tu sais que père m'a envoyé chez ma cousine Émilie pour assister à son mariage avec le comte de Dreux. Cela a visiblement inspiré celui dont je porte le nom puisqu'il m'a annoncé qu'il avait trouvé le mari idéal pour moi en la personne du duc de Rohan.
A peine avait-elle terminé que des larmes se remirent à couler sur ses joues, elle n'avait rien pu dire, son père la détestait, la jugeait responsable de tout ce qui n'allait pas dans sa vie et avait donc trouvé le moyen idéal de lui faire payer tous ses malheurs en la forçant à épouser un monstre.
Lucien resta muet, son Aurora, sa belle comtesse allait être vendue à un homme aussi riche que cruel qui la tuerait il en était certain. Il lui ferait mal physiquement et psychologiquement et s'il ne la tuait pas de ses propres mains il la pousserait au suicide. D'autant plus s'il découvrait que son épouse n'était plus pure...
Il y avait un peu plus d'un an de cela, le seigneur de Martel était parti rendre visite à un ami sans emmener sa fille avec lui de peur qu'elle lui fasse honte. La jeune fille était donc restée seule dans le château. Ce que n'avait pas prévu son père c'était que l'homme qu'elle aimait, Lucien Castle, qui se trouvait être son amoureux depuis des années et qui connaissait les rondes des gardes, la rejoigne dans sa chambre. Lorsqu'elle l'avait vu, un immense sourire avait remplacé sa mine triste et ses yeux s'étaient mis à briller. En remarquant cela, il avait franchi la distance qui les séparait et était venu la rejoindre sur son lit. Ils s'étaient embrassés, heureux d'être enfin ensemble, libres de s'aimer à l'abri des regards de la société, libres de vivre leur histoire. Si ce n'était pas la première fois qu'il la retrouvait dans sa chambre afin de lui souhaiter bonne nuit, ce fut la première fois qu'elle le retint. Elle l'aimait et avait envie de le lui montrer en lui offrant son corps. Il avait tout d'abord refusé par peur que quelqu'un le découvre, le raconte au conte et qu'Aurora ait des ennuis. Si cela s'était su elle aurait été reniée, le chef de famille l'aurait envoyée dans un couvent et Lucien ne l'aurait plus revue de sa vie. Il aurait préféré mourir que vivre sans la voir, sans sentir son parfum de fleur, sans pouvoir l'embrasser en cachette. Seulement elle n'avait rien voulu entendre, elle lui avait juré que personne ne saurait jamais rien avant de fougueusement l'embrasser. Cela avait été la première nuit qu'ils avaient passé ensemble mais pas la dernière. Dès qu'il en avait eu l'occasion il l'avait rejoint et ils avaient profité l'un de l'autre, oubliant le reste du monde...
Seulement la nouvelle qu'elle venait de lui apprendre bouleversait tout, elle les ramenait cruellement à la réalité. Bientôt Aurora de Martel serait vendue et il ne la reverrait plus jamais. Elle serait plongée en Enfer, Lucien en était sûr et certain.
-Aurora, il faut que je te dise quelque chose. Annonça-t-il d'une voix nerveuse.
Elle leva les yeux vers lui et le fixa inquiète, elle avait un mauvais présentement, une petite voix en elle lui soufflait que ce qu'il allait lui révéler allait rompre leur petit paradis.
-As-tu entendu des rumeurs depuis que tu es revenu ici racontant que des démons ont assaillit les environs? La questionna-t-il.
Elle fronça les sourcils, oui elle avait entendu deux de ses servantes en parler discrètement alors qu'elle quittait la chapelle où elle s'était rendue pour remercier son frère et sa mère d'avoir veillé sur elle et ceux qui l'avaient accompagnée lors de son voyage. Elle ne saisissant pas la raison de cette question ni même où cette conversation les menait.
-Oui mais quel est le rapport avec nous?
-Je suis l'une de ces créatures dont les locaux ont peur. Lui révéla-t-il.
-Quoi mais non c'est impossible, je te connais depuis que nous sommes enfants je le saurais si tu étais un monstre.
A peine avait-elle terminé sa phrase qu'elle le vit ouvrir la bouche et deux de ses dents s'allonger. Elle fut tétanisée de peur et son sang se glaça, si voir cette réaction sur le visage de ses victimes lui procurait du plaisir cela lui fit mal au cœur d'apercevoir la peur dans les iris de sa belle comtesse. Il les rétracta afin de lui prouver qu'il ne s'en prendrait pas à elle.
Aurora sentit son palpitant reprendre un rythme normal lorsque les dents pointus de son cher et tendre reprire leur taille normale. Un silence s'installa entre les deux, elle essayait de comprendre comment Lucien avait pu devenir cette créature qui terrifiait les environs.
-Attends, tu m'as parlé de créatures, tu n'étais donc pas tout seul. Comprit-elle.
-Non...Pendant ton absence ton père recevait des invités, des amis de longue date qui étaient de passages à Marseille et j'avais été chargé d'aller les chercher. Au retour nous avons été attaqué par des monstres assoiffés de sang, je m'étais caché sous un tas d'affaires afin de ne pas être repéré et subir le même sort que ceux que j'accompagnais. Seulement l'un d'entre eux a entendu mon cœur paniqué cogner dans ma poitrine. Il a retiré les tissus qui me dissimulaient et j'ai crû que j'allais mourir. La jeune femme et les quatre hommes qui étaient avec elle discutaient pour savoir si oui ou non il fallait me garder en vie.
-Ils songeaient à te tuer! Comprit-elle horrifiée à l'idée que des inconnus auraient pu assassiner l'homme de sa vie.
-J'étais effrayé, fort heureusement je suis parvenu à les convaincre de me garder en vie, que je pourrais les introduire au château de ton père où les gens qu'ils venaient d'attaquer se rendaient. Ils ont hésité, se sont disputés et ont décidé de voter pour savoir quoi faire de moi. Deux voulaient me garder en vie et deux autres se débarrasser de moi, c'est donc un d'entre eux qui a dû trancher et qui a décidé de m'épargner. Je leur ai enseigné comment ils devaient se comporter pour passer pour de véritables nobles. Lorsque nous sommes arrivés devant ton père je les ai présenté comment étant les enfants du duc de guise. Si au début il fut assez dubitatif, ils surent le convaincre.
Il s'arrêta un bref instant, elle n'avait pas besoin de savoir que le conte avait longuement posé ses yeux dans le le décolleté de Rebekah Mikaelson, celle qui se faisait passer pour la fille du duc de Guise. Aurora n'avait pas à apprendre que son père manquait de respect envers sa défunte mère.
-Et ensuite, comment es-tu devenu...enfin...ce que tu es? Lui demanda-elle incertaine du bon mot à employer.
-Un soir, ton père avait trop bu, il était énervé pour je ne sais plus quelle raison et malheureusement pour moi je fus le premier serviteur qu'il vit. Il m'a crié dessus, puis il a décidé de me faire torturer par son garde le plus loyal...J'ai été fouetté pendant de longs moments qui m'ont paru une éternité. Du sang coulait de mon dos et avant de partir, il prit sa dague préférée et traça une marque qui agrandit mes lèvres. Poursuivit-il.
Il fit une nouvelle pause afin de lui montrer précisément l'endroit où il avait été blessé. Elle avança lentement sa main droite vers lui et caressa délicatement la zone qu'il lui avait indiqué. Elle se représenta les marques et imagina aisément la douleur qu'il avait dû éprouver. Elle lâcha un profond soupir avant de secouer de gauche à droite à sa tête. Son géniteur ne comprendrait jamais que maltraiter et torturer des innocents ne soulageraient jamais sa douleur d'avoir perdu son fils adoré.
-Et ensuite, que s'est-il passé?
-Niklaus Mikaelson, celui grâce à qui j'étais encore en vie est revenu d'une chasse, il a sentit l'odeur du sang et s'est dirigé vers l'endroit où me faisait retenir ton père. Il s'est rapproché de moi et m'a détaché, j'étais exténué, mes blessures et ma position me faisaient énormément souffrir, des larmes coulaient sur mes joues, j'avais peur de ne plus te revoir et pour cette raison j'en voulais à mon nouvel ami. Je le jugeait responsable de tous mes malheurs, je voulu lui faire payer et sorti une dague de sous mes vêtements. Je le frappais au cœur seulement j'avais oublié qu'il était immortel et que ma faible attaque n'aurait aucun effet sur lui.
-C'est lui qui t'as tué et qui t'as transformé en ce que tu es désormais?
-En partie oui...Il m'a repoussé en me rappelant que m'en prendre à lui ne servait à rien, je parvins tout de même à le blesser à l'intérieur de la main droite, j'avais également une blessure à cet endroit, son sang et le mien se mélangèrent. Ma cicatrice se referma avant de disparaître tout comme celle qui agrandissait mes lèvres. Nous fûmes tous deux sous le choc et croyant que j'étais comme lui je me précipitais en dehors de ma cellule, résolu à me venger de celui qui m'avait torturé. J'avançais dans le couloir prêt à rejoindre la salle où il se trouvait afin de le tuer. J'avais aussi prévu de m'en prendre à ton père mais alors que j'avançais, sûr de ma nouvelle nature, un garde que je n'avais pas vu, vint derrière moi et avec sa lance me transperça la poitrine. Je m'écroulais au sol et alors je commençais à me vider de mon sang, il m'enfonça plusieurs fois son arme pour s'assurer de ma mort. Mes dernières pensées furent pour toi et je me cru mort.
Il fit une nouvelle pause et ferma quelques instants les yeux, revivre ce moment, bien qu'à l'origine de son nouveau statut et de sa nouvelle puissance restait un souvenir assez désagréable de sa vie. La jeune femme, bien qu'impatiente d'entendre la suite de son récit ne le pressa pas et profita également de ce silence pour calmer son cœur. Savoir ce que son Lucien avait enduré à cause de celui dont elle portait le nom la faisait terriblement souffrir et sa seule consolation était de le voir en vie et en bonne santé devant elle. Remarquant son état de trouble, son compagnon l'embrassa tendrement sur le front afin d'apaiser son esprit et la rassurer.
-Je revins à moi alors que la nuit était tombée, sous le regard étonné de Klaus. Je regardais tout autour de moi ne comprenant pas ce que je faisais là. Une fois remis de mes émotions je dis à mon ami que j'avais soif et que ce n'était pas de l'eau que je désirais mais du sang. Cette requête ne l'étonna pas, il était lui-même passé par là et savait ce que j'allais traverser. Il me dit de le suivre et me conduisit discrètement jusqu'au château. Là nous nous cachâmes dans l'ombre et attendîmes que quelqu'un passe. Nous n'eûmes pas à patienter longtemps puisqu'un serviteur passa dans le couloir, Klaus l'attrapa pour moi et me le balança dans les bras, je ne pris même pas la peine de réfléchir, je plaquais ma main gauche contre sa bouche et enfonçais mes crocs qui poussèrent d'eux-mêmes dans sa gorge. Je bu tellement de sang qu'il mourut et s'effondra à terre. Ce fut à ce moment-là que je pris conscience de ce que j'avais fait, mais au lieu de regretter mon geste je n'eus envie que d'une chose et ce fut de recommencer. Je voulais encore goûter à cette boisson qui m'avait rassasié comme aucun verre d'eau ne l'avait fait. Poursuivit-il.
Aurora n'eut pas besoin qu'il poursuive davantage, elle combla d'elle-même la partie qu'il lui manquait. Cet homme, enfin si elle pouvait le qualifier ainsi, avait joué le rôle de guide pour Lucien et lui avait tout appris sur sa nouvelle nature. Le vampire avait peur de sa réaction, pourrait-elle continuer de l'aimer en sachant qu'il avait tué des hommes et des femmes, qu'il était un monstre, il allait la perdre il en était sûr et certain.
-Lucien, tu m'aimes n'est-ce pas?
-Aurora, je t'aime depuis que nous sommes enfants et je n'ai jamais cessé de t'aimer depuis le jour de notre rencontre. Affirma-t-il en posant ses mains sur celle de la jeune femme.
-Transforme-moi, fais de moi ce que tu es. Le supplia-t-elle.
-Quoi?
-Tu ne sais pas comment faire? Lui demanda-elle.
- Klaus m'a expliqué comment il était parvenu à me transformer, même si c'était la première fois et que cela était un pur accident...
Il ne su quoi dire de plus, il ne pouvait accepter de peur d'échouer et de la tuer, si cela se produisait il ne pourrait jamais s'en remettre et préférait mourir que d'être celui qui lui ôterait la vie. Cependant une petite voix lui soufflait que s'il réussissait Aurora et lui seraient unis pour l'éternité...
-Mon amour, dis-moi oui je t'en pris, transforme moi en ce que tu es, ainsi nous serons égaux et rien ni personne ne pourra nous séparer. Insista-t-elle.
Il se tut une nouvelle fois, la demande de la jeune femme le tentait de plus en plus, il ne savait pas ce qui leur arriveraient mais il savait qu'une vie entre eux était impossible et que s'il ne la transformait pas la mort viendrait lui la ravir à un moment ou à un autre.
-D'accord, demain soir je te rejoindrais dans ta chambre une fois que tout le monde dormira, là tu te trancheras les veines et une fois que ton sang aura abondamment coulé, je me mordrais, te donnerais le mien à boire. Enfin, tu te jetteras par ta fenêtre, je te laisserais mourir même s'il me faudra la plus grande volonté du monde pour ne pas te sauver. Après cela je te transporterais dans un endroit éloigné et à l'abri du soleil où tu pourras revenir à la vie sans danger. Lui expliqua-t-il.
-Merci, merci mon amour! Lui dit-elle ravie en se jetant à son cou et en l'embrassant à de nombreuses reprises. "
Le vampire répondit à chacun des baisers de son amour aussi excité qu'elle à l'idée que le lendemain ils seraient égaux et inséparables, personne ne pourrait jamais plus l'éloigner d'elle. Il la quitta à contrecœur, car l'un et l'autre brûlaient d'envie de passer la nuit ensemble, mais il savait que la nuit suivante sa belle aurait besoin de force pour revenir à la vie après s'être tuée.
Le lendemain Aurora fut ravie de voir la nuit enfin là, elle l'avait attendue toute la journée en supportant la longue discussion avec celui dont elle portait le nom au sujet de son mariage à venir. Elle ne l'avait pas contredit et avait répondu favorablement à toutes ses remarques tout en songeant au soir et à sa nouvelle existence avec son amant. Une fois seule dans sa chambre et certaine que personne ne viendrait la déranger elle sortit un poignard qu'elle gardait sur elle de jour comme de nuit et qui avait autrefois appartenu à Tristan son défunt frère, mort à la suite d'une chute de cheval. Elle alla ensuite à sa fenêtre et contempla le ciel un long moment.
"Mère, tu m'as envoyé Lucien pour me rendre heureuse et me faire savoir qu'un homme peut-être doux, gentil et combler une femme d'amour. Je te remercie d'avoir placé cet être que j'aime plus que ma vie sur ma route, d'avoir fait de lui ma lumière dans les jours les plus sombres et d'avoir fait qu'aujourd'hui il puisse m'offrir une liberté comme je n'en avais jamais espéré. Tristan, cette arme qui va me permettre de devenir plus forte c'est à toi qu'elle appartenait, c'est toi qui va me permettre de réaliser la première étape de ma nouvelle existence. Je sais que tu comprends toi aussi que mon bonheur c'est Lucien et que je préférerais mourir que vivre sans lui. Merci grand frère, merci pour tout. Je t'aime, je vous aime fort."
Après avoir jeté un dernier regard au ciel étoilé, elle vint s'asseoir sur son lit, tint son arme dans sa main droite et se trancha les veines de son avant-bras gauche. La douleur fut si vive qu'elle dû se mordre la langue pour ne pas crier, elle lâcha un profond soupir lorsque cela fut fait. Elle observa sa plaie et le sang qui s'en échappait, elle trouva cela beau et aurait pu y admirer encore si elle ne s'était souvenue qu'elle devait s'infliger la même blessure sur l'autre avant-bras. Cela fut un peu plus difficile à cause de sa blessure mais elle y parvint. Une fois terminée, elle cacha son arme sous son oreiller, puis elle s'allongea, ferma les yeux et attendit que Lucien vienne. Celui-ci arriva et trouva la jeune femme dans un état très faible, l'odeur du sang lui monta aux narines et il lui fallut toute la volonté du monde pour ne pas se jeter sur elle et la vider du liquide si précieux à sa vie. Il ne la quitta pas des yeux afin de vérifier l'état de sa respiration. Quand elle fut assez lente, il s'assit sur le lit à la droite d'Aurora, il se mordit au poignet droit, le mena jusqu'à la bouche de sa belle, l'entrouvrit délicatement afin de laisser le liquide rouge glisser dans sa gorge. Après qu'elle en ait avalé plusieurs gorgées, il fut soulagé de voir les plaies se refermer, sa respiration retrouver son rythme habituel et sa belle ouvrir les yeux.
"Comment te sens-tu? Lui demanda-t-il.
-Bien, je suis soulagée de voir que cela a fonctionné, j'avais si peur que tu n'arrives pas à temps ou que notre plan échoue. Révéla-t-elle contente de le voir.
-Moi aussi, en te voyant allongée ici, te vider de ton sang, j'ai eu peur d'être trop tenté par celui-ci et de t'en prendre au lieu de t'en donner. Je ne me le serais jamais pardonné.
Elle posa chacune de ses mains sur une des joues de son compagnon et plongea son regard dans le sien.
-J'avais confiance en toi, je savais que tu ne me ferais aucun mal et que ma vie était en sécurité entre tes mains. N'oublie pas que je sais lire ton cœur mieux que quiconque ici, je connais le sens de chacun de ses battements. Déclara-t-elle.
Il sourit et vint caler son front contre celui d'Aurora, elle avait raison comme très souvent, elle pouvait deviner chaque émotions qui traversaient son âme et chacune des significations des battements de son organe logé dans sa poitrine.
-Tu es toujours certaine de vouloir aller jusqu'au bout, je ne t'en voudrais pas si tu avais changé d'avis.
-Lucien, je suis sûre de ma décision depuis que je sais que grâce à elle nous allons pouvoir être ensemble, sans redouter que l'on nous sépare. Répéta-t-elle toujours aussi déterminée.
Il n'insista pas, il avait eu la réponse qu'il attendait et savait que rien ne la ferait changer d'avis. Elle l'embrassa tendrement, se leva et se dirigea lentement vers la fenêtre. Il la suivit, la souleva légèrement pour l'aider à monter sur le rebord de celle-ci, elle s'accrocha à chacun des bords de la fenêtre.
-A la nuit prochaine. Lui murmura-t-elle tendrement."
Il hocha la tête ne trouvant pas de mots assez justes pour lui répondre. Il la vit lâcher prises et voler vers le vide, grâce à son ouïe améliorée il l'entendit heurter le sol et encore une fois il dû lutter contre lui-même pour ne pas s'approcher du bord pour voir avant d'avoir entendu les battements de son cœur s'arrêter.
Une fois sûr qu'elle n'était plus de ce monde, il jeta un denier regard à cet endroit qui avait été le témoin secret de leurs plus tendres moments, il ne reviendrait plus ici en pleine nuit, il ne la rejoindrait plus dans son lit.. Il éprouva une pointe de nostalgie en se rappelant de tous ses souvenirs qu'il garderait en lui pour toujours, mais ce sentiment se dissipa quand il pensa que demain soir, Aurora et lui seraient ensemble pour l'éternité.
Lucien arriva là où gisait sa chérie, elle était étendue sur le sol, fac contre terre, il se baissa et la prit délicatement. Il posa son regard sur le visage de la défunte, il retira toutes les traces de sang qu'il pu et qui entachait sa beauté. Il fonça ensuite en direction de l'ancienne demeure des Castel. Là où il avait passé toute son enfance, celle où il n'avait plus remis les pieds depuis le meurtre de son père. Elle était un peu éloignée du centre du village, ainsi on ne remarquerait pas leur présence. Il la déposa avec délicatesse sur le lit qui avait autrefois été le sien. Il vérifia que le soleil ne pourrait l'atteindre et une fois satisfait, il s'assit au pied de celui-ci pour veiller sur la belle endormie.
La nuit venait de succéder au jour lorsqu'Auroura ouvrit les yeux et que l'air revint remplir ses poumons. Elle se releva brutalement, confuse, elle ne reconnaissait pas l'endroit où elle se trouvait. Ce mouvement attira l'attention de Lucien qui était parti patrouiller dans la maison et qui revint dans la pièce où il l'avait laissée.
"Lucien, cela a fonctionné n'est-ce pas?
-Ressens-tu le besoin urgent de boire du sang? Lui demanda-t-il à son tour.
-Oui..Avoua-t-elle réalisant cette envie soudaine et inhabituelle.
-Allons-chasser mon amour, tu as besoin de te nourrir et moi aussi. Suis-moi je connais un endroit où nous pourrons assouvir notre soif.
Il lui tendit la main pour l'aider à se lever qu'elle accepta avec plaisir. Une fois debout elle rapprocha son visage de celui qu'elle aimait et lui mordilla gentiment la lèvre inférieure. Il se retira surpris par son action.
-Je suis désolée, j'avais tellement envie de savoir quel goût avait ton sang que je n'ai pas pu résister. Lui confia-t-elle avec un petit sourire enfantin.
-Quel est ton jugement mon amour? La questionna-t-il.
-Je n'avais jamais goûté à quelque chose d'aussi délicieux, si tu n'avais pas été celui à qui il appartient et si je ne t'avais pas aimé de tout mon cœur alors je crois que je ne me serais pas arrêté. Déclara-t-elle.
-La nuit ne fait que commencer mon ange et nous en sommes les maîtres. Viens, allons chasser! S'exclama-t-il excité à l'idée de lui apprendre l'art de la chasse."
Tout le temps que dura le règne de la lune dans le ciel les deux amants s'abreuvèrent de sang humain. Lucien dû admettre que voir Aurora, les lèvres maculées du liquide vital, l'emplit de bonheur. Plus personne ne se mettrait en travers de leur route, il la protégerait de tous ceux qui voudraient lui la prendre et il pourrait enfin dire qu'elle était sa femme. Une fois rassasiée, elle revint vers lui, se blottit contre lui et l'embrassa tendrement, elle était habitée par une gaieté qu'elle ne connaissait pas, celle de savoir qu'elle pourrait appeler l'homme qu'elle aimait son amoureux.
Finalement je devrais remercier Klaus de m'avoir laissé en arrière, si j'étais partie avec lui, j'aurais été séparé de Rory et elle aurait été la femme d'un monstre. Si je recroise mon créateur un jour il faudra que je le remercie.
