Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.


Chapitre 2

Une fois à l'école maternelle, Hiccup oublia la rencontre perturbante avec Jack dès qu'il aperçut sa fille. Comme la plupart des autres enfants, elle était couverte de peinture et sa maîtresse, Anna, en avait été aspergée, elle aussi. Comme d'habitude, Sophie sourit dès qu'elle le vit et se précipita dans ses bras. Sans effort, il la souleva et elle s'accrocha à lui.

- Tu as été sage, à l'école ?

- Oui ! Avec la maîtresse, on a fait de la peinture.

- Oui, je vois ça.

Il se dirigea vers l'institutrice.

- Salut Anna.

- Hey ! Fit-elle en souriant. Bonjour Hiccup !

- Journée mouvementée ?

Elle soupira et lui fit un petit sourire désolé.

- Un peu. C'est la première fois qu'ils faisaient de la peinture alors ça a un peu dégénéré.

- C'est les parents qui vont être contents.

Elle grimaça.

- J'ai déjà eu deux mères qui sont venues me voir.

Hiccup rigola. Anna se mit à danser d'un pied sur l'autre.

- J'étais un peu distraite, aujourd'hui.

- Comparé aux autres jours où tu es attentive ?

Anna était une jeune femme charmante, selon lui. Agréable, le cœur sur la main, naturelle, c'était le genre de fille dont tout le monde profitait (y compris son dernier fiancé) mais qui réussissait toujours à se relever. Et, malgré toutes les qualités qu'elle avait, Anna avait tendance à avoir la tête dans les nuages.

Elle lui tira la langue et lui expliqua :

- Aujourd'hui, j'avais une bonne raison.

Elle lui montra sa main gauche où trônait une bague en argent surmonté d'un petit diamant. Et il ne s'occupait pas souvent de ses mains, mais il était quasiment sûr qu'il y a quelques jours encore, elle ne l'avait pas.

- Il t'a demandé en mariage ?

Elle sourit.

- Hier soir !

Elle entreprit de lui expliquer comment Kristoff, son petit ami, était venu la chercher au travail, pour ensuite l'emmener au cinéma, puis faire une balade romantique le long de la jetée, pour finir par un repas qu'il avait préparé lui-même. Elle en était à la partie où il se mettait à genoux et où il prenait sa main quand une mère furieuse vint les interrompre en lui demandant d'un ton méprisant pourquoi son fils était couvert de peinture. À ce moment, Hiccup s'en alla.


Alors qu'ils étaient sur la route du retour (la joie d'habiter à cinq minutes de l'école), Sophie lui demanda :

- Dis, papa, est-ce que ça veut dire que la maîtresse va se marier ?

- Oui, pourquoi ?

- Elle va se marier avec toi ?

Sans pouvoir s'en empêcher, Hiccup rigola.

- Non, mon poussin, pas avec moi.

- Mais avec qui, alors ?

- Avec son ami.

- Mais... C'est bien ton ami, à toi aussi, non ?

- Oui... Mais elle se marie avec quelqu'un d'autre. Un ami qu'elle aime vraiment beaucoup.

- Et est-ce que toi aussi, tu as un ami comme ça, que tu aimes vraiment beaucoup ?

Immédiatement, il se remémora la rencontre avec Jack à l'atelier.

- Non, mon cœur, il n'y a personne comme ça.

- Mais tu ne voudrais pas te marier, toi aussi ?

Il s'était arrêté et s'était penché vers elle.

- Pourquoi tu veux que je me marie ?

- Beh... La maîtresse, elle est heureuse. Et maman, elle est heureuse avec Eret. Alors si tu te maries, tu seras aussi heureux.

Sa phrase le toucha en plein cœur. Il savait qu'il ne souriait pas forcément beaucoup, quand il ne faisait pas attention. Il se concentrait uniquement sur son travail et sur sa fille, et ne sortait pas souvent. De temps à autre, il sortait avec Rustik pour aller boire une bière, mais il était de retour avant dix heures. Il ne réfléchissait pas souvent sur le fait de savoir s'il avait une belle vie ou pas, mais il était heureux d'avoir sa fille et se disait que même s'il n'avait personne pour partager son lit, plus de parents pour le conseiller, et très peu d'amis, ça lui convenait. Mais il semblait que Sophie voyait les choses autrement. Et la question qui trottait dans son esprit, c'était est-ce qu'elle avait vraiment tort ?

Mais peu importait la réponse, elle devait croire qu'il allait bien. Il avait vu l'effet qu'un parent dépressif et malade faisait sur son enfant avec Raiponce et Gothel, et il était hors de question qu'il reproduise la même chose avec sa fille.

- Mais je suis très heureux, Soph'.

- Mais tu souris pratiquement jamais.

- Je sais... Mais c'est comme ça. J'ai jamais beaucoup souri. Mais ça ne veut pas dire que je suis malheureux, d'accord ? C'est juste que je ne souris pas.

- Mais pourquoi ?

Il lui sourit tendrement.

- Pourquoi est-ce que certaines personnes ont les cheveux blonds, et d'autres les cheveux noirs ? C'est juste comme ça, mon cœur.

Il voyait bien que la réponse ne satisfaisait pas vraiment Sophie, mais c'était tout ce qu'elle devait savoir.


Le lendemain, quand il arriva à l'atelier, Rustik fonça sur lui. Il l'attrapa par le bras et le traîna sans plus de cérémonie dans la pièce réservée à Hiccup.

- Hé là, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Il parait que t'as remis le couvert avec ton ex ?

- Hein ?

- Frost. Il paraît qu'il était là hier ?

Rustik lui sourit d'un air de requin affamé. Depuis qu'il fréquentait Astrid, il avait perçu Rustik, les jumeaux et Varek sous un autre jour. Bien qu'il ait toujours plus ou moins apprécié Varek, parce qu'il était une force tranquille, une personne qui ne cherchait pas d'embrouilles, il avait toujours eu du mal avec les jumeaux. Et alors qu'il les avait pris pour deux crétins qui occupaient stupidement leurs journées à se moquer des autres, il s'avérait qu'ils avaient en réalité beaucoup plus à offrir que cela. Kranedur était doué pour la musique, bien qu'il ne le montrait jamais, et sur les encouragements d'Hiccup et d'Astrid, il s'était lancé dans un groupe qui avait sorti leur premier album ''The Dawn of the Dragons Racers'' il y avait quelques mois. Et étrangement, ça avait bien marché. Kognedur, quant à elle, savait se comporter comme une véritable amie quand elle avait suffisamment confiance pour se dévoiler. Il savait qu'il arrivait qu'Astrid l'appelle en plein milieu de la nuit quand elle avait un souci, et Kogn répondait toujours présent. Et au fur et à mesure du temps qui passait, Hiccup savait qu'il avait réussi à gagner sa confiance. Mais si elle était là pour lui, lui était également là pour elle. Et Rustik, et bien... Rustik était devenu son meilleur ami, avec Kozmotis, chose qu'il avait toujours considérée comme impossible. Ils étaient tellement différents, tous les deux, que jamais il n'avait pensé qu'ils puissent devenir un jour amis. Mais Rustik avait commencé à changer de comportement avec lui quand il avait appris pour son accident à la ''Mort Verte'', pour son père et le fait qu'il prenait sur lui d'élever le bébé. Tout comme Hiccup avait changé de comportement avec lui quand il avait appris que si Rustik se comportait comme le dernier des abrutis depuis toujours, c'était pour échapper à l'ambiance familiale trop lourde à porter. Son père était une figure industrielle importante et il arrivait que quand Rustik fasse des débordements un peu trop importants, il lui faisait passer l'envie de recommencer à coup de ceinture. Avant la naissance de Sophie, ils avaient passé plusieurs soirées à discuter en se découvrant mutuellement. Et bien qu'il ait toujours cru ça impossible, il avait fini par devenir ami avec tout ce petit monde.

- Et alors ? Répondit Hiccup. Il a sa télé en panne, c'est tout.

- Genre. Ton gars, qui s'est barré en te brisant le cœur, au passage, réapparaît comme ça, ici, du jour au lendemain, et tout ce que tu trouves à dire, c'est ''il a sa télé en panne''.

- Il y a juste rien d'autre à dire, c'est tout.

- C'est ça. Tu comptes le revoir ?

- Non.

Hiccup soupira.

- Ça c'est trop mal passé la première fois. Et j'ai Sophie, maintenant. Je ne veux personne d'autre.

- Hiccup ! Fit la voix de Gueulfor de l'autre bout du comptoir. Amènes-toi !

Hiccup le laissa et retrouva son oncle. Rustik soupira, triste pour son ami. Lui qui n'avait personne, il trouvait ça débile que deux personnes qui s'aiment se séparent pour un truc aussi stupide. Mais bon, qu'est-ce qu'il en savait ? Les relations, ce n'était pas son domaine de prédilection non plus...


- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Hiccup en arrivant dans le bureau de Gueulfor.

- Assieds-toi.

Le neveu fronça les sourcils. Déjà que les convocations dans le bureau de son oncle étaient plutôt rares, généralement, mais quand elles arrivaient, c'était rarement bon signe.

- T'as entendu parler de Dagur ?

- Dagur... Le milliardaire excentrique ?

- Celui-là même. Visiblement, tu lui as tapé dans l'œil, et il te veut sur un projet.

- Comment ?

- Tu te souviens de la gamine avec sa guitare explosée ? Celle que tu avais recollée comme neuve ?

- Oui.

- C'était sa nièce. Elle lui a parlé de toi, et il a visiblement... Un projet, et il voudrait que tu y participes.

- J'ai pas mal de boulot, encore, et...

- C'est qu'il paye bien. Il paye extrêmement bien.

- Combien ?

- L'équivalent d'une année de bénéfice.

- Wow... C'est pas... C'est pas un peu trop ?

- C'est lui qui a décidé. La moitié pour toi si tu fais ce qu'il te dit, et l'autre moitié pour le magasin.

Gueulfor soupira.

- Écoute, je sais que tu as beaucoup de trucs à faire, dans ton atelier. Mais imagine ce que tu pourras faire de cet argent, tu pourrais payer des études à Sophie, déménager, prendre une maison plus grande, partir en vacances. C'est une somme énorme, et tu sauras toujours quoi faire de cet argent.

Hiccup soupira. Il n'aimait pas trop laisser les objets qu'il avait en cours de réparation en plan, mais c'est vrai que d'un côté, il y avait beaucoup d'argent. Et même si ce n'est pas un motif qui l'avait intéressé, ça représentait quand même un argument de poids.

- Ce serait pour combien de temps ?

- Quelques semaines, d'après ce que je sais. Un mois. Deux, max.

Gueulfor le reconduisit à la porte de son bureau.

- Écoute, réfléchis-y, d'accord ? On a rendez-vous à son bureau dans trois jours.

- Okay.


Il ne mit pas plus d'une heure à se décider. Tout en continuant de réparer ce qu'il avait entreposé, il songea que ça représentait une somme d'argent immense. Et que s'il se dépêchait, il pouvait réparer tout ce qu'on lui avait amené avant de se consacrer totalement à ce projet. Tout en regardant la télé que Jack avait amenée, il se dit qu'il allait commencer par là. Généralement, il réparait les objets par ordre d'arrivée, mais il ferait une exception. Il allait la réparer immédiatement, il la poserait sur le comptoir avec le reçu, et il ne reverrait ainsi jamais l'argenté. Il ne voulait plus le revoir.

Elle ne lui prit pas plus d'un quart d'heure. Un simple fil rebranché plus tard, et il l'amena sur le comptoir avec le reçu. Son collègue, qui était avec une cliente, et l'invectiva.

- Hiccup, cette dame à sa télé en panne, et elle voudrait savoir quand ça serait réparé.

- Vous êtes ?

- Elsa. Elsa Lair.

Hiccup regarda la liste de ses clients relatifs aux téléviseurs.

- Je n'ai rien à votre nom.

- C'est mon fiancé qui a amené la télévision.

Elle désigna d'un léger coup de tête la télé qu'il venait d'amener, et Hiccup sentit une boule s'installer dans son ventre.

- Et je crois que c'est celle-là.

- C'est quoi, le nom de votre fiancé ?

- Overland. Jack Overland.

Hiccup fit de son mieux pour rester calme. La fiancée de Jack. Évidemment, il savait que son ancien amour n'allait pas rester seul et ne mènerait pas une vie de prêtre toute sa vie. Mais s'il pouvait ne pas voir la fiancée et le couple heureux, ça le soulagerait vraiment. Du ton le plus neutre dont il était capable, il sourit et déclara :

- La voici, en effet. Comme neuve.

''Et ça ma belle'', songea-t-il. ''Ça va te coûter cher''. Certes, ce n'était pas très professionnel de sa part, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

- Je te laisse, fit son collègue avant de s'éclipser en prétextant qu'il avait du travail.

Il posa le reçu et réalisa quelque chose.

- Vous avez dit que votre nom de famille, c'est Lair. Vous connaissez Anna, la maîtresse de maternelle ?

Le visage d'Elsa se fendit d'un doux sourire. Selon les critères de beaucoup de gens, elle était magnifique. Grande, mince, gracile, les cheveux tellement blonds qu'ils en étaient presque trop clairs, elle abordait un air constamment froid et distant qui ajoutait à son charme. Mais la manière dont elle avait souri à la mention d'Anna, ça la rendait encore plus belle.

- C'est ma petite sœur.

Il se rappela que plusieurs fois, Anna lui avait parlé de sa sœur aînée, qui dirigeait la boite que sa famille avait fondée, il y avait une cinquantaine d'années. Et même si sa fortune et son air distant effrayaient un peu les gens, la maîtresse lui avait raconté que lorsqu'on la connaissait bien, Elsa était douce et charmante.

- Vous la connaissez ? Reprit-elle.

- Oui, elle travaille à l'école maternelle d'à côté. De temps en temps, on se voit. Une femme exceptionnelle et un cœur en or.

Elle fronça les sourcils, un peu sceptique.

- Vous ne seriez pas un peu amoureux d'elle, par hasard ?

Sans s'en empêcher, Hiccup explosa de rire.

- Oh non, j'ai bien assez d'une femme dans ma vie. Et de toute façon, j'ai appris qu'elle allait se marier.

À la tête de la future mariée, il sut qu'il avait fait une boulette.

- Elle va se marier ?

- Aie... Elle ne vous a rien dit ?

- Pitiez, ne me dites pas qu'elle s'est remise avec Hans, parce que...

- Non. Non, c'est Kristoff qui lui a fait sa demande.

Elsa lâcha un soupir, soulagée.

- Tant mieux. Kristoff est... Enfin, il est toujours mieux que son dernier fiancé.

Hiccup grimaça. De ce qu'il savait d'Hans, le riche héritier à la recherche d'une riche héritière pour faire fructifier sa fortune ; Kristoff, avec son job à l'animalerie et son énorme chien appelé Sven qu'il trimbalait partout, était largement mieux pour la jeune femme.

- C'est certain. Et surtout, je ne vous ai rien dit.

Elle sourit compréhensive et sortit un porte-carte.

- Alors combien je vous dois ? Pour la télé ?

Hiccup soupira, en regardant le téléviseur. S'il voulait au départ lui faire payer un prix exorbitant, il n'en était plus aussi sûr. Certes, elle allait se marier avec Jack. Mais en premier lieu, c'était de sa faute à lui. S'il n'avait pas aussi mal fait les choses. S'il n'avait pas bu et mit Astrid enceinte. S'il n'avait pas eu Sophie... Jack serait encore avec lui. Mais les choses avaient tourné différemment. Même s'il ne connaissait plus le bonheur d'être aimé comme l'avait aimé Jack, il connaissait le bonheur en tant que père, et ça valait selon lui, toutes les relations du monde. Et Elsa était une femme charmante, et si elle était la personne qu'Anna lui avait décrite, elle ne méritait vraiment pas sa colère. Ce n'était pas sa faute si Jack était tombé amoureux d'elle et voulait l'épouser. Hiccup avait tout foiré et il se dit qu'il serait très hypocrite de sa part de faire payer son erreur à la blonde.

Il sourit à Elsa.

- Pour la sœur d'Anna, c'est la maison qui offre.

Elle sembla surprise.

- Vous êtes sûr ?

- Oui. Et vous aurez probablement plein de frais à payer avec le mariage qui arrive. Alors c'est cadeau.

Il ignora ce qu'il avait pu dire pour la mettre de travers, mais le visage de la blonde se ferma et en une demie seconde, elle eut l'air énervée. Mais aussi soudainement que c'était apparu, elle reprit un visage neutre et se força à sourire.

- Je vous remercie.

Il lui sourit et l'aida à porter la télé dans la voiture. Elle le remercia une fois de plus et monta dans la voiture. Il rentra dans l'atelier et elle sortit son téléphone.

- Jack, c'est moi. Oui. Tu peux oublier, ce n'est plus la peine.