Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.
Chapitre 8
Très tôt le lendemain matin, Hiccup se leva, avec un léger mal de crâne. Il descendit prendre son petit-déjeuner sans un bruit, pour ne pas réveiller Sophie ou Valhalaramma et dès qu'il eut fini, il se remit à travailler sur le deuxième prototype de jouet. Vers 10 heures, Jack arriva et lui expliqua les plans, en ne faisant aucun commentaire sur ce qui s'était passé la veille.
C'est comme ça qu'ils se remirent à travailler, dans le seul bruit des outils rencontrant les matériaux et les seules paroles qu'ils échangèrent concernaient le projet. Le soir Jack repartait après un salut poli, et Hiccup commença à se poser des questions. Est-ce que l'argenté lui en voulait, pour ne presque plus lui parler ? D'habitude, il laissait échapper des commentaires tendancieux, ou avait des gestes quelque peu déplacés. Mais depuis ce jour-là, rien du tout. Comme s'il avait commis une bêtise et que Jack lui en voulait.
Ou peut-être s'était-il rendu compte qu'Elsa valait mieux que lui. Après tout, elle avait tout pour elle. Un physique avantageux, un cœur en or et une fortune astronomique. Alors que lui, qu'avait-il à offrir ? Cinq minutes par-ci par-là ? Une relation qu'il tenait absolument à limiter à cause de sa fille ? N'importe qui de sensé choisirait Elsa à sa place. Mais il avait stupidement espéré que Jack le choisirait. Et si jamais Jack l'avait choisi, comment cela se serait fini ? Elsa aurait eu le cœur brisé, et il ne voulait pas lui infliger ça, pas après ce que lui avait ressenti. Et Sophie... Sophie comprendrait-elle ? Ou est-ce qu'on la détesterait à l'école parce que son père fréquentait un autre homme ? Ça c'était produit tellement de fois... Sophie se mettrait alors à le détester lui, et il ne pourrait pas le supporter. Si on voyait les choses objectivement, une relation avec Jack était purement vouée à l'échec.
Environ une semaine après, il fut convoqué chez Dagur, où l'attendait son oncle, Alvin, North, Bunny et Jack. Après un long monologue sur les joies de la collection de coléoptères, Dagur lui demanda comment se déroulait la confection des jouets.
- Tout va bien, pour l'instant, répondit alors Hiccup. Aucun problème d'aucune sorte.
- Magnifique, mon ami, magnifique. Où en êtes-vous ?
- Au deuxième. On est sur la fin.
- Et votre collaboration se passe bien ?
Hiccup haussa les épaules.
- On fait aller.
- Quel dommage, soupira Dagur. Moi qui adore les carnages... Enfin, tant que mes jouets sont prêts, c'est l'essentiel. Vous avez donc fini le premier prototype ?
- Oui, je l'ai mis sous clé, dans mon garage.
- Formidable. Je veux le voir. Vous êtes libre tout de suite ?
Hiccup haussa les sourcils.
- Euh... Pardon ?
- Je veux le voir. Est-ce qu'on peut aller chez vous pour le voir ?
- Euh... J'imagine, mais...
Dagur se leva, l'ignorant complètement.
- Parfait. Messieurs, vous êtes les bienvenus.
Bien qu'encore étonné, Hiccup se retrouva à conduire Dagur, Gueulfor, North, Bunny et Jack chez lui. Quand ils arrivèrent, Dagur commenta l'aspect général des maisons en illustrant son propos avec la maison qu'il avait acheté sur la côte dans laquelle s'était produit un triple meurtre.
- Je vous assure, il y avait tellement de sang, continuait-il. Le propriétaire m'a assuré que la tête de la fille avait volé tellement haut qu'elle s'était encastrée dans le lustre.
Avant de passer la porte, Hiccup s'arrêta et les regarda :
- Par contre, je vous prierai de ne faire aucun commentaire dans ce style. Pas de sang, pas de cadavres, pas de trucs interdits aux mineurs. J'ai une fille à l'intérieur et je ne veux pas l'emmener chez le psy jusqu'à la fin de ses jours.
Il ouvrit la porte et salua sa mère qui était sur le canapé, un livre à la main.
- Oh, tu es rentré ?
- Oui. Sophie n'est pas là ?
- Non, Jamie l'a emmené au parc.
- Jamie, c'est votre épouse ? Demanda Dagur.
- Hein ?
Hiccup grimaça.
Jamie était l'adolescent de dix-sept ans qui gardait Sophie quand Hiccup travaillait trop tard. Évidemment, depuis le retour de Valhallarama, Hiccup ne faisait plus tellement appel à lui, mais Sophie s'était attachée à lui, alors il passait de temps en temps et l'emmenait faire un tour.
- Non, Jamie c'est ma baby-sitter.
- Bonjour Valka.
Hiccup fronça les sourcils. De ce qu'il savait, uniquement son père appelait sa mère ainsi. Il se tourna vers Alvin, qui avait prononcé cette phrase.
- Qu'est-ce ce que tu fais là ?
Sa mère était clairement énervée, chose extrêmement rare en soi, et s'était levée.
- Aux dernières nouvelles, je suis toujours l'associé de ton beau-frère, qui a engagé ton fils. Ce qui fait que par conséquent, il travaille pour moi.
Il avait prononcé cette dernière phrase sur un ton de défi, et souriait d'un air grognard.
- Espèce de sale...
- Magnifique, commenta Dagur. On va peut-être avoir droit à une mise à mort, finalement.
- Maman, calme-toi, fit Hiccup.
La dernière chose dont il avait besoin, c'était que sa mère s'énerve et le fasse renvoyer avant qu'il ne puisse finir son projet.
- Sale enfant de... Commença-t-elle
Il la tira de force vers la cuisine.
- Eh, calme-toi, tu veux ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
Valhallarama soupira, comme soudainement très fatiguée, et se passa la main sur le visage.
- Ton père ne t'a jamais raconté ? Ce qui s'était passé entre lui et Alvin ?
- Non. Il m'a toujours dit de ne pas lui faire confiance, mais c'est tout.
Elle soupira et se mit à tourner en rond, comme si elle cherchait ses mots.
- Écoute, ce n'est pas forcément le moment idéal pour te raconter ça...
- Va faire un tour. Va en ville, va rendre visite à Madame Aque. Mais s'il te plaît, calme-toi.
Elle soupira.
- Oui. Oui, tu as raison.
Elle lui mit la main sur l'épaule.
- Méfie-toi de lui.
Il sourit.
- Je l'ai toujours fait.
Elle sourit à son tour et attrapa son sac à main, puis, sans un regard pour les six autres, elle traversa le salon et sortit de la maison. Hiccup les rejoint et s'excusa pour sa mère et leur montra le garage.
Dagur fut littéralement ravi de la conception des dragons. Il passa dix bonnes minutes à les observer sous tous les angles, puis Hiccup lui fit une démonstration du premier prototype. Avec l'assentiment de Jack, il avait pris la peine de modifier quelques options qui selon lui, pouvaient être améliorées. Et visiblement, ses choix plaisaient énormément à Dagur.
- Vous voyez, si vous appuyez ici, les griffes des pattes avant sortent, comme si c'était des vraies. Bien sûr, elles ne sont pas aussi coupantes...
- Je m'en fous, c'est ma sœur qui payera l'hôpital.
- Je pensais surtout aux autres enfants, si vous souhaitez commercialiser le modèle.
- Encore une fois, ce n'est pas moi qui vais payer l'hôpital, alors qu'importe.
Dagur observa encore un peu les deux prototypes et finit par partir après avoir tenu à embrasser Hiccup sur les deux joues en le serrant contre lui. Gueulfor partit à son tour, après son associé, en chuchotant à son neveu qu'il garderait un œil sur Alvin. North partit derrière, en voulant emmener les deux autres, mais Bunny ne bougea pas en constatant que Jack restait immobile.
- Je vais rester, dit Jack. Tant qu'à être là, autant essayer de finir le prototype.
- Oublie pas de m'appeler, quand t'as fini.
- T'inquiète.
Bunny jeta un regard noir à Hiccup et suivit North dehors.
- Bon, si tu veux continuer, commença Hiccup, il me faudrait...
- Non, coupa Jack. Enfin, je veux bien continuer, mais j'ai surtout dit ça à Bunny pour qu'il parte.
Hiccup haussa un sourcil.
- Laisse tomber, dit Jack.
Il évitait de regarder et Hiccup en eut marre.
- Je peux savoir ce que je t'ai fait ?
- Comment ça ?
- T'évites de me regarder, de me toucher, de me parler. Je peux savoir ce que je t'ai fait pour que tu m'évites ?
- Je ne t'évite pas.
- Si.
- Non, c'est...
Jack soupira.
- C'est pas pour t'éviter. Je veux juste qu'on se concentre sur le boulot. J'arrive pas... Je ne suis pas à ce que je fais quand je te vois, à côté de moi, ou que je touche. Et je me suis dit que plus vite on finira le prototype, plus vite on ira fêter ça. Et la dernière fois...
Jack sourit, comme perdu dans ses pensées.
- C'était cool.
Hiccup sourit.
- Je pensais que tu avais juste décidé de...
Il soupira, incapable de continuer. Il ne pouvait pas décemment lui dire qu'il était jaloux d'Elsa, si ?
- Je pensais que tu voulais mettre de la distance entre nous. Que j'avais fait un truc de travers.
- Non. Non, tu n'as rien fait, s'empressa de dire Jack. C'est moi, je pensais que si on se concentrait, on finirait plus vite...
- Pour qu'on puisse se refaire une soirée tous les deux ?
Jack rougit un peu et détourna le regard.
- Alors finissons ce dragon rapidement, ajouta Hiccup en souriant.
Jack le regarda et sourit.
Deux heures plus tard, Hiccup vissait le dernier boulon. Jack l'aida à se relever et Hiccup alla se laver les mains.
- Tu veux aller où, ce soir ?
- Je ne sais pas, répondit l'argenté. Le pub de l'autre fois, il était bien.
- Le Winchester ?
- Oui.
Hiccup s'essuya les mains.
- Ça marche. Je vais prévenir ma mère et j'arrive. Tu m'attends à la voiture ?
- Okay.
Hiccup alla sortir quand Jack lui attrapa la main. Le mécanicien se retourna, surpris, et sentit une bouche se coller à la sienne. L'autre main de Jack se colla à sa nuque et il essaya d'approfondir le baiser, ce qu'Hiccup lui accorda volontiers. Le mécanicien mit ses mains sur sa taille et le fit reculer jusqu'à l'évier, sans cesser de l'embrasser. La température monta de quelques degrés quand Jack entoura sa nuque et écarta les jambes pour permettre à Hiccup de s'y glisser. Le mécanicien avait la tête qui tournait, et savait qu'il devait arrêter rapidement, avant de se retrouver à faire quelque chose qu'il regretterait plus tard. Mais il n'y arrivait pas. Il glissa ses mains sur ses fesses pour coller Jack davantage à lui et l'argenté stoppa le baiser. Mais immédiatement, Hiccup mit sa tête dans son cou et couvrit sa gorge de baiser. Jack commença à lui retirer sa veste et se remit à l'embrasser en lui murmurant combien il avait envie de lui. Et bien qu'Hiccup voulait par-dessus tout céder, il s'écarta.
- On peut pas.
Jack avait l'air plus que désappointé.
- Hein ?
- On peut pas.
- Attends, quoi ? T'es sérieux ?
- Sophie ou ma mère peuvent débarquer n'importe quand. Je ne coucherais pas avec quelqu'un dans mon garage quand ma fille peut ouvrir la porte n'importe quand.
Jack soupira et se passa une main sur le visage. Il était visiblement énervé et frustré, et honnêtement, Hiccup l'était un peu aussi. Mais il avait réussi à rassembler le peu de raison qui lui restait pour arrêter.
Il regarda l'heure.
- Il est presque sept heure. Elle est où, Elsa ?
- J'en sais rien, grogna Jack. Je crois qu'elle voulait sortir. Pourquoi ?
- Je te ramène chez toi.
Hiccup remit sa veste en place, et sortit du garage et Jack le suivit. Il avait l'air particulièrement énervé et Hiccup ne pouvait pas lui en vouloir. Il était lui aussi frustré de la situation.
Il dit à sa mère qu'il rentrerait tard, il embrassa Sophie et ils montèrent dans la voiture. Sur la route, Hiccup maudissait sa conscience de les avoir arrêtés. Il savait qu'il avait pris la bonne décision, qu'il ne se serait jamais pardonné si Sophie était rentrée pendant qu'il s'envoyait en l'air avec Jack, mais il avait tellement envie de lui. Ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas senti une telle passion le prendre aux tripes. Il savait que quand Jack l'avait embrassé, c'était juste un baiser qu'il lui accordait parce qu'ils étaient tous les deux. Mais ça avait dégénéré, comme ça dégénérait souvent quand ils étaient ensemble. La première fois qu'ils avaient travaillé ensemble, ça avait aussi dérapé. Il avait l'impression que dès qu'il touchait Jack, un feu ardent se déclenchait en lui et que rien ne pouvait l'éteindre. Sa morale l'arrêtait à chaque fois, lui rappelant que leur relation n'était pas forcément des plus saines et un peu dévastatrice, que l'endroit où il le faisait n'était pas le plus adéquat. À chaque fois, ils s'arrêtaient et repartaient aussi énervés et frustrés l'un que l'autre.
- Et merde.
Ils arrivaient dans une zone industrielle et Hiccup se gara derrière un bâtiment à l'abri d'un quelconque réverbère.
- Pourquoi on s'arrête ? Demanda Jack.
- Parce que là, je sais que personne ne viendra nous emmerder.
Il détacha sa ceinture.
- Parce que j'ai envie de toi.
Il fit reculer son siège au maximum.
- Et que j'en peux plus.
Il n'en fallut pas plus à Jack pour réagir.
On frappa à la fenêtre avant de la voiture. Un peu paniqué, Hiccup avança son siège et ouvrit la vitre, et se pencha, Jack toujours sur lui.
- Oui ?
C'était un vigile.
- Je peux savoir ce que vous faites ?
- Rien, on s'en va.
- Sortez, messieurs, s'il vous plaît.
Mais Hiccup ne sortit pas. Il enclencha le contact de la voiture et démarra en trombe. Il sortit de la zone industrielle et conduisit encore trois minutes avant de se garer devant le manoir de l'argenté. Jack regagna enfin son siège et ils se rhabillèrent décemment. Ils sortirent de la voiture et dès que leurs regards se croisèrent, ils se mirent à ricaner.
- C'était chaud, fit l'argenté.
- Je me suis jamais senti aussi con, je crois.
- Pourquoi t'as démarré ?
- Il m'a foutu les jetons. Et tu nous voyais dire : 'attendez, on se rhabille avant ?'
- Il a tout de suite compris, il est pas con.
- Faut dire qu'on était pas vraiment discret.
Ils ricanèrent davantage. Jack vint se coller à Hiccup, et sourit en essayant de l'embrasser mais Hiccup le repoussa.
- Quoi ? Demanda Jack d'une petite voix, visiblement surpris.
- On est chez toi.
- Et alors ?
- Et alors je ferais pas ça chez toi.
Jack s'écarta.
- Quoi ?
- Je sais pas si Elsa est là ou pas, et je ne veux pas faire ça chez toi.
- Attends, t'es sérieux ?
Hiccup lui tendit la main dans l'intention de lui la serrer, mais Jack lui donna un coup dedans d'un revers de sa main.
- Je t'avais prévenu. Je t'accorde ...
- Ce que tu peux ? Tu viens, tu me sautes et tu ne veux même pas m'embrasser ? On est dehors, en pleine nuit, et Elsa, elle a autre chose à faire que de m'espionner !
- Jack...
- Non, ça va, casse-toi, si t'as mieux à faire. Putain, je le crois pas...
Jack fit demi-tour et Hiccup lui attrapa le bras pour le retenir.
- Jack, s'te plaît...
- Lâche-moi !
Jack se dégagea violemment et le poussa. Il partit vers la maison sans un regard pour le mécanicien et Hiccup soupira.
Il avait la désagréable impression d'avoir tout fait foirer.
