Juste un rêve...
Disclaimer : Le Monde de Narnia et ses personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de C.S. Lewis. Mais puisque rien n'interdit de rêver, je lui emprunte un peu de son univers. ^^ Je ne touche aucun gain ou quoi que ce soit, juste le plaisir de mettre des mots sur ce que j'ai en tête.
Note de l'auteur : J'ai écris ce texte il y a un moment. Cela faisait très très longtemps que j'avais envie de faire une petite incursion dans le Monde de Narnia. J'ai décidé de me jeter à l'eau avec cet OS. Malheureusement, je ne l'ai pas achevé et il a pris la poussière dans mon ordinateur. Je le ressors ce soir en espérant me motiver à lui donner une suite et fin. J'espère qu'il vous plaira. ^^
Rating : T si je ne me trompe pas. C'est un peu plus osé que ce que j'écris habituellement, mais je ne pense pas qu'il y aura de scènes de lemon.
Bonne lecture!
Ses doigts glissaient sur sa peau, en savouraient le grain délicat, se délectaient des frisons qu'il déclenchait sur la toile tendue de son corps. Ses lèvres effleurèrent sa poitrine, pour mieux saisir entre elles le grain de beauté à la naissance de son cou, le pressant délicatement, l'embrassant avec révérence. Sa bouche, rougie par le mordillement de ses dents, déjà rendue plus pleine encore par leurs baisers, s'arrondit pour laisser échapper un gémissement. Un petit soupir discret de contentement, qui le chavira plus que de raison.
Elle l'enivrait. Complètement, totalement, jusqu'à lui faire perdre tout bon sens.
C'était dans l'odeur de sa peau, dans le goût de ses baisers, les murmures de sa bouche, les frôlements de son corps, et l'éclat de son regard. Elle l'assoiffait : de contacts, de sensations, de désirs. Il avait l'impression de ne jamais pouvoir s'en abreuver suffisamment. Elle était une source limpide et inépuisable, une eau fraîche qu'il ne pouvait emprisonner entre ses mains, qu'il ne pouvait que saisir et regarder glisser entre ses paumes.
Elle le fascinait.
Sa main droite dessina un cercle sur son ventre et il la sentit se tendre un peu plus sous lui. Sa bouche remonta le long de sa clavicule, en une chaîne sans fin de baisers, jusqu'au sommet de sa mâchoire. Il la sentait frissonner sous la torture de ses lèvres. Sa respiration était plus brusque, saccadée à ses oreilles. Il l'imaginait sans mal planter ses dents dans la pulpe déjà malmenée de sa bouche pour retenir le moindre son. Cette simple image le rendait fou. Fou d'elle. Elle avait un pouvoir incroyable, une magie qui n'appartenait qu'à elle, et qu'elle avait utilisé pour l'ensorceler. Et quel doux sortilèges ! Il n'aurait voulu s'y soustraire pour rien au monde, tandis que ses doigts s'égaraient parmi des mèches de bronze éclatant.
Elle inspira. Sa poitrine se gonfla et se heurta à la sienne. Il aurait voulu pouvoir la dévisager, mais il n'était capable que de fixer ses lèvres. Ses lèvres, ô combien tentatrices, écarlates, brillantes, entrouvertes en un appel silencieux, une supplique qu'il ne saisissait que trop bien ! Ses lèvres qu'il avait violenté, pris d'assaut en lui imposant son désir, mais qu'il avait également choyé à chaque tendre baiser, qu'il prenait un plaisir coupable à effleurer, à mordiller, à embrasser, comme à cet instant. Il l'embrassa à en perdre haleine. Sa bouche pressait contre la sienne, se fondant dans la sienne, désireuse de ne jamais s'en séparer. Il n'avait pas besoin de respirer quand il pouvait l'embrasser, la sentir frissonnante contre lui, oublieuse du même désir qui grondait dans leurs veines.
Lorsqu'ils retrouvèrent leur individualité, à contre cœur, les lèvres encore gorgées de l'autre, sa bouche ne laissa échapper qu'un halètement suppliant.
- Caspian…
/§/
Le jeune roi se réveilla en sursaut et en sueur. Sous le roulement de la mer et le voile de la nuit, il lui fallut de longues secondes pour se souvenir d'où il était. Et bien d'autres encore pour réaliser qu'il était seul. Qu'il l'avait toujours été. La lumière chaude du soleil avait disparu. Les éclats dorées avaient cessé de jouer sur sa peau pâle.
Caspian se prit la tête entre les mains, encore secoué.
Il avait rêvé. Ces derniers temps, il en rêvait tout le temps, de cette femme à la peau blanche et aux boucles rousses.
Ce n'était qu'un songe. Et pourtant, il lui semblait si réel… Il ressentait encore la douceur de sa chevelure entre ses doigts. Le velouté de sa peau brûlait toujours la pulpe de ses paumes. Et sa voix… La manière qu'elle avait de prononcer son prénom… Il l'entendait encore, elle résonnait sous son torse, faisait battre étrangement son cœur. Il y avait quelque chose de si familier dans cette voix…
Sans qu'il n'arrive à le saisir.
La femme de ses nuits lui échappait. Elle était une sirène dans l'océan de son inconscience. Elle ne ressemblait à aucune de ses relations, à aucune femme qu'il avait rencontré ou fréquenté. Il ne la connaissait pas. Pourtant, ce n'était pas une étrangère. Il le sentait.
Elle était plus, tellement plus.
Ce n'était qu'un rêve. Pourtant, il n'arrivait pas à s'en défaire, pas plus lorsqu'il repoussa les draps défaits pour s'échapper d'un lit trop vide, que quand la bise l'accueillit sur le pont encore endormi sous le regard argenté des étoiles.
/§/
Sa joue effleura la sienne et sa barbe griffa avec douceur sa mâchoire. La caresse un peu râpeuse, si différente de celle qu'elle avait déjà connu, lui arracha un sourire. Elle aimait ça. Elle aimait sentir la rugosité et la délicatesse de cet homme. Elle aimait ses grandes paumes contre ses hanches, ses bras forts qui l'entouraient, la largeur de ce torse qui l'écrasait parfois, sans faire exprès. Il était parfois un peu brusque, souvent si tendre. Elle ne se lassait pas du contraste de sa barbe rêche contre sa peau et de la puissance de son corps contre le sien. Il la protégeait, la couvrait avec prudence, et se montrait quelque fois un peu plus brutal lorsqu'il s'oubliait.
Lorsqu'il la touchait, lorsque ses doigts glissaient le long de ses côtes, que ses lèvres embrassaient son ventre, que sa langue glissait autours de son nombril, avant de poursuivre plus loin, elle se sentait… vivante. Plus vivante qu'elle ne l'était réellement ces derniers temps. Il la faisait se sentir unique, désirée. Il ravivait sous sa chair cendreuse les flammes d'un brasier qui s'était étouffé depuis son retour, qui n'avait pas sa place dans ce monde-ci.
Et lorsqu'il l'embrassait… Quand sa bouche trouvait la sienne, que leurs langues se rencontraient, qu'ils ne formaient plus qu'un, elle se sentait exploser un des milliers d'étincelles. Cet homme, brun, aux lèvres si douces, au torse puissant, auquel elle parvenait à soutirer des soupirs légers et des grognements sourds, elle aimait le sentir contre elle. C'était devenu presque vital, beaucoup plus réel que tout ce qu'elle pouvait désirer d'autre.
Dans le secret de ses nuits, elle savait que c'était ce qu'elle voulait, cet homme là. Pas un enfant de son âge, un adolescent maladroit, mais un homme fait, un homme qui savait comment faire parler son corps, comment la faire ployer sous la caresse de ses paumes, de sa bouche, de sa langue et de…
Ses doigts se crispèrent sur le coton des draps. Un halètement gênant s'échappa de ses lèvres, la faisant rougir et le faisant rire contre son estomac. Son souffle sur sa peau humide l'électrisa. Éblouie par la lumière vive, elle passa ses mains dans la soie de sa chevelure sombre et l'attira à elle pour se rassasier de sa bouche. Celle dont elle n'avait jamais goûter la saveur, mais dont elle connaissait la douceur. Quand enfin, ils se séparèrent, leur peau glissant l'une contre l'autre pour redevenir deux corps distincts, il entrouvrit les lèvres sur un murmure qui ne l'atteint jamais.
/§/
Lucy se réveilla brusquement, le cœur battant sous ses côtes. La fraîcheur de la nuit l'accueillit dans une chambre encore désagréablement étrangère. Elle était seule. Inévitablement et totalement seule entre les draps chiffonnés. L'éclat de la lune entre les rideaux de dentelle ne laissait pas le moindre doute.
Pourtant, elle sentait encore la tiède révérence du soleil sur sa peau, et surtout la chaleur de sa présence près d'elle. Distraitement, elle ne put s'empêcher de toucher ses joues. Là, sous sa paume, elle percevait encore le contact rude et soyeux de sa barbe.
La jeune femme bascula ses jambes dans le vide. Assise dans la pénombre, la plante des pieds contre le parquet glacé, elle inspira à plein poumon pour tenter d'apaiser les battements sourds dans sa poitrine.
Elle avait encore rêvé… Encore…
Le même rêve, ou du moins, au contenu similaire, et surtout, le même homme.
Protégée par l'obscurité tamisée et l'éclat argenté de la lune, Lucy la Vaillante se sentit devenir cramoisie. Ses joues la brûlaient tandis qu'elle se mordillait les lèvres. Elle ne comprenait pas.
Elle ne se comprenait plus.
Jusqu'à maintenant, on ne pouvait pas réellement dire qu'elle avait été intéressée par les garçons ou par la chose en elle-même. C'était un peu difficile de se faire une place lorsqu'on avait Suzanne la Douce comme grande sœur, surtout auprès de la gente masculine. Lucy s'était habituée à être pour ainsi dire invisible. A leurs yeux, du moins. Elle n'avait pas la grâce naturelle de sa sœur, pas sa confiance assurée, ni sa délicate beauté, et encore mois la douceur de son caractère. Si Suzanne était une rose, Lucy était un chardon. D'apparence rêche, sans noblesse, d'une banalité presque affligeante. La rose se démarquait avec ses pétales soyeux, sa robe gonflée et ses teintes poudrées. Le chardon se noyait dans la masse des herbes grasses et indésirables… Ses piquants n'incitaient pas à tendre la main pour le saisir, pas plus que son duvet de pétales à l'approcher pour en exhaler le parfum.
Lucy se sentait à l'égal d'un chardon. Pas assez belle pour attirer les regards, pas assez gracieuse pour stimuler l'admiration, pas assez douce ni intelligente pour marquer les esprits. Voilà ce qui la décrivait parfaitement, elle n'était jamais assez. Elle avait l'impression de se noyer dans la masse des autres filles. Elle qui avait découvert le chemin de Narnia, en avait été une reine, se trouvait d'une banalité affligeante dans cette réalité.
Dans sa réalité.
Elle n'était que la dernière des Pevensie, la petite sœur, la dernière derrière Peter, Suzanne et Edmund. Un être insignifiant, qu'on ne regardait que pour le comparer à ses aînés, pour voir ce qu'il avait de moins, et qu'on ne risquait pas d'approcher, puisque cela n'avait aucun intérêt. Lucy poussa un soupir à fendre l'âme, les épaules soudainement voûtée sous le point de son inintérêt.
Sauf quand elle était avec lui. Sauf dans ses rêves.
Cet homme, il lui faisait sentir qu'elle était désirée et désirable.
Lui, elle parvenait à le captiver. Elle captait chacun de ses regards, elle les sentait brûler sa peau, réchauffer son ventre, avant que ses mains, ses lèvres ne s'y substituent en de délicieuses caresses.
Sous le couvert de la nuit, elle resserra ses bras autours d'elle. Elle aurait pu en pleurer. La douleur était si vive dans son âme. Elle était déchirée entre cette réalité morne, où elle se sentait plus fade qu'une nature morte, et ses songes colorés de rayons dorés, où elle devenait tellement plus, où elle se sentait radieuse, aimée, choyée. Il n'était plus question de normalité ni d'ennui. Tout devenait soudainement neuf, chatoyant, éclatant.
Lucy la Vaillante ne s'intéressait pas à l'amour. Ce dernier lui avait toujours tourné le dos, lui préférant Suzanne. Mais pour une fois depuis longtemps, elle voulait espérer. Elle voulait croire que elle aussi, elle pouvait, qu'elle y avait droit. Alors elle aussi voulait être capable de plaire, de captiver tous les regards comme savait si bien le faire Suzanne la Douce.
Elle voulait retrouver la sensation chaude de l'amour de cet homme.
