Disclaimer : tout l'univers de Saint Seiya que vous reconnaîtrez aisément appartient à Masami Kurumada. L'auteur ne retire aucun profit de son utilisation si ce n'est le plaisir d'écrire et d'être lue.
Genre : songfic. Texte articulé autour de la chanson "Et si tu n'existais pas". Paroles de Pierre Delanoë et Claude Lemesle. La musique est composée par Salvatore Cutugno et Pasquale Losito. La chanson est interprétée par Joe Dassin.
Note : il y a bien longtemps que j'ai délaissé le fandom de Saint Seiya pour des raisons de santé. Mon esprit était tourné vers ma guérison.
Je suis triste de voir ce qu'il est devenu. Il ne faut oublier que Saint Seiya Oméga ne fait pas partie du manga. Ce n'est qu'une pitoyable adaptation d'une suite qui n'aurait jamais dû exister. Alors pour écrire sur Saint Seiya, il faut commencer par connaitre les origines de cette œuvre pour mieux l'appréhender.
Un dernier détail, mais qui a son importance. Certains lecteurs mettent les fics qu'ils lisent en favoris. Ça ne sert à rien et ça n'aide certainement pas l'auteur qui ne sait pas pourquoi vous faites ça. Laissez plutôt un commentaire ou envoyez un message privé qui explique votre choix, ce sera bien plus utile et constructif pour progresser. Merci.
Ceci étant dit, j'espère que ce texte vous plaira. Bonne lecture.
Et si tu n'existais pas - Joe Dassin
Je suis un être à l'apparence froide. Ce masque impassible que je porte en toutes circonstances m'est devenu naturel. En fait, sans lui, je serais terrifié que l'on puisse deviner qui je suis. J'ai pourtant appris, dès mon plus jeune âge, à contrôler mes sentiments pour ne pas que mes ennemis puissent s'en servir contre moi. Je ne montre jamais, mon énervement, ma colère, ma lassitude, ma frustration ou ma joie et toute cette palette d'émotions humaines. Mais face à ce sentiment-là, je suis impuissant. Je réagis malgré moi, sans rien pouvoir maîtrisé. Tout ce que je peux faire, c'est minimiser ce que j'endure et qui parfois me prend au dépourvu. Le simple fait de te voir accélère les battements de mon cœur sans que je parvienne à me calmer. Le son de ta voix me fait fermer les yeux pour mieux l'apprécier comme j'écouterais le chant d'un oiseau. Que ton regard croise le mien et je me sens bruler de l'intérieur comme si mille soleils brillaient follement dans mon corps. J'aime ressentir tout cela. Ça m'est devenu si vital que je me surprends à me demander ce que serait cette existence sans toi. Parce que je ne peux m'empêcher d'y songer. Ainsi est la nature humaine. J'apprécie ce que j'ai, mais si je ne l'avais pas, quelle serait ma vie ? Si je ne l'avais plus ?
Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais ?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
La première question qui me vient à l'esprit c'est pourquoi toi ? Pas que tu ne mérites pas d'être aimé, mais nous sommes si différents l'un de l'autre que j'ai du mal à comprendre comment j'ai pu développer un sentiment aussi fort envers toi. Nous n'avons rien en commun. Ou presque. À part notre devoir pour Athéna, notre sens du sacrifice et notre abnégation, nous accomplissons cette tâche d'une manière qui nous est proppre. Tu es un assassin, ou du moins, tu en es devenu un sous la férule était de Saga, car à l'époque, nous ignorions que c'était lui sous le masque du Grand Pope, et moi, je suis son espion. Je ne me sens pas incapable d'aimer, j'ai été amoureux une fois, il y a quelques années. C'est ce que je coyais parce que, ce que je ressentais alors n'est rien en comparaison de ce que j'éprouve aujourd'hui. Celle qui a pris mon innocence l'a fait sur ordre, certes, mais je sais qu'elle avait de l'affection pour moi. Et je lui ai rendu cette affection, pensant qu'il s'agissait d'amour. Puis elle a disparu de ma vie et du Sanctuaire. Si au début j'en ai été attristé, j'ai fini par l'oublier. Et imaginer un monde sans elle ne fut pas difficile. Alors que sans toi… Un tel monde est juste inconcevable. Si tu n'étais pas venu au monde, si tu n'étais pas devenu qui tu es, si nos chemins ne s'étaient jamais croisés, mon existence n'aurait eu aucun sens. Un monde sans toi est sans lumière. J'errerais sur une terre stérile, je crois que même Athéna n'aurait pu me faire comprendre ce qu'est l'espoir. Si aujourd'hui je sais ce que sont les sentiments, c'est grâce à toi et non à Elle. Bien qu'Elle le brandisse comme un étendard à la tête de ses troupes, cette passion amoureuse qui me dévore, Elle ne la ressentira jamais. Quelque part, je la plains.
Et si tu n'existais pas
J'essaierais d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas
Oui, je sais. Avec des "si" on peut mettre Paris en bouteille, comme dit le proverbe. Aurais-je ressenti que tu n'existes pas dans ce monde ? Oui. Je l'affirme parce qu'il m'aurait manqué quelque chose. Quelqu'un… Je sais que je me serais toujours senti seul. Et j'aurais cherché à combler ce vide, ce manque en inventant un sentiment si fort, si pur qu'il aurait fini par prendre forme. D'abord, il aurait été flou, éthéré. Je l'aurais nourri avec ma tendresse, mon désir d'aimer et d'être aimé. Et petit à petit, il aurait grandi, forci et il se serait finalement matérialisé. Il aurait enfin eu un aspect physique, tangible, palpable. Il aurait pris tes traits. Et c'est complètement émerveillé que j'aurais contemplé mon amour infini. Toi.
Et si tu n'existais pas
Dis-moi pour qui j'existerais ?
Des passantes endormies dans mes bras
Que je n'aimerais jamais
Après avoir perdu mon innocence, j'ai eu d'autres maitresses et des amants aussi, qui m'ont appris beaucoup sur les relations charnelles. Des choses qui me seraient utiles pour remplir certaines missions. Bien que je n'aime pas agir de la sorte, je le faisais pour Athéna. Du moins, l'ai-je cru pendant longtemps. À combien d'hommes et de femmes ai-je ouvert les bras pour accomplir mon devoir ? Combien de ses ombres sans visage se sont glissées entre mes draps et ont joui de mon corps ? Certaines ont tenté de percer mon cœur, en vain. D'autres m'ont supplié de les aimer. Et c'est avec dédain et écœurement que je leur tournais le dos, n'éprouvant que de la pitié pour ses êtres que j'avais floués. Après tout, s'ils n'étaient pas capables de comprendre que je les avais trompés, tant pis pour eux.
Et si tu n'existais pas
Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va
Je me sentirais perdu
J'aurais besoin de toi
Tenter d'imaginer un monde dans lequel tu ne serais pas né est une torture. Mais j'ai besoin de comprendre quel est ce lien qui m'unit à toi. À ton insu, mais il est bien là. Lorsque je me projette dans l'avenir, tu es là, à mes côtés. Ton sourire me réconforte, le poids de ton bras sur mes épaules me rassure, ton amitié me réchauffe. Et dès que j'élimine tout cela, je suffoque. Ma gorge se serre, mon cœur se brise de chagrin. Où que mon regard se porte, tout n'est que grisaille, tristesse, peine. La douleur qui me broie la poitrine dans ces moments-là est si accablante que j'en tombe à genoux avec une formidable envie de hurler cette souffrance. Et c'est là que je me rends compte à quel point j'ai perdu le contrôle de mes émotions. A-t-on déjà vu un Chevalier des Glaces se tortiller de désespoir comme un misérable vers de terre ? A-t-on déjà vu un Chevalier d'Or du Verseau souhaiter de tout son cœur, de toute son âme que quelqu'un vienne apaiser son tourment ? Non, bien sûr que non. C'est à moi de trouver le remède au mal qui me ronge.
Et si tu n'existais pas
Dis-moi comment j'existerais ?
Je pourrais faire semblant d'être moi
Mais je ne serais pas vrai
Si j'ai pu vivre jusqu'à présent, c'est parce que tu étais là. Depuis toutes ces années, sans que j'en ai conscience, mon âme et mon cœur étaient liés à toi. Insidieusement et sans aucune malice, tu m'as conquis. Ta joie de vivre que j'aurais aimé imiter, la chaleur de ta présence alors que je suis tout le contraire, ta légèreté alors que je prends toujours tout au sérieux, étaient les pendants de ma personnalité et la complétaient si bien. On dit que les opposés s'attirent, mais je n'ai jamais rien remarqué qui me donne le plus infime espoir que tu m'apprécies un peu. Et de toute façon, je n'aurais jamais pu feindre une autre attitude que celle que j'ai. Cela aurait surpris tout le monde si j'étais arrivé un jour aux arènes d'entraînements en arborant un sourire. D'aucuns auraient pu me croire malade, ou pire, fou. Je ne sais pas faire semblant,
Et si tu n'existais pas
Je crois que je l'aurais trouvé
Le secret de la vie, le pourquoi
Simplement pour te créer
Et pour te regarder
Nous avons neuf mois et un jour d'écart. Je sais maintenant ce que signifie le premier cri que j'ai poussé en venant au monde. Je hurlais simplement mon désir que tu existes. Je savais, alors âgé de quelques minutes à peine, qu'il me faudrait trouver quelqu'un capable de supporter cet amour colossal que j'ai en moi. Ce cri est l'origine secrète de ta vie. Je l'ai hurlé si fort, je l'ai tant voulu, tant espéré que quelque part, quelqu'un, touché par la profondeur et la pureté de mes sentiments, a exaucé mon souhait. Mon amour pour toi, alors que j'ignorais tout de lui, voulait vivre et s'épanouir comme s'il savait qu'un jour nous nous rencontrions. Il pourrait contempler sa création. L'être unique fait pour l'incarner. Toi.
Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais ?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
Je sais maintenant pourquoi nous existons toi et moi. Parce qu'à nous deux, nous formons un être parfait. Tes qualités contrebalancent mes défauts et inversement. J'ai cru pendant longtemps que j'errerai dans un monde où tu ne serais pas. Puis dans un monde où tu serais, mais sans me voir. Où je n'aurai jamais la moindre lueur d'espoir que mon amour soit partagé. Et aujourd'hui, ce monde nous l'arpentons ensemble, nous le découvrons main dans la main. Et j'ai compris une chose primordiale. Si tu n'existais pas, je n'existerais pas. C'est aussi simple que cela. Nous sommes nés l'un pour l'autre.
Et si tu n'existais pas
J'essaierais d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas
Je n'ai plus besoin de tenter d'inventer l'amour. Tu es l'amour. Mon amour. Brulant et lumineux. Doux et violent. J'ai voulu ta naissance avant même de savoir que je t'aimais. Mon seul regret c'est que nous ne soyons pas immortels pour nous aimer pour l'éternité. Au terme de cette vie, si tu pars avant moi, je ne te survivrai pas plus que quelques minutes. Parce que je n'ai pas ma place dans un univers où tu n'existes pas. Parce que je ne veux pas d'un monde où tu n'existes pas. Mais nous avons encore du temps devant nous, n'est-ce pas ? Beaucoup de temps. Et alors que tu pleures mon nom tandis que le plaisir t'emporte dans ses déferlantes où je ne tarde pas à te rejoindre, je pleure de bonheur tant mon amour pour toi est immense. J'essuie une larme au coin de ta paupière. Même cause, mêmes effets. Nous nous serrons l'un contre l'autre si fort que ça nous coupe le souffle, que nos bras nous font mal. Nous nous séparons en souriant et en échangeant quelques baisers. La dernière chose que je voie avant de sombrer dans le sommeil, c'est ton regard saphir, débordant de tendresse et d'amour.
Je te regarde dormir, mais je sais que tu ne vas pas tarder à t'éveiller. Tu vas ouvrir tes magnifiques yeux bleus et alors ce sera comme si le jour se parait de couleurs irréelles que même le plus talentueux des peintres ne pourrait reproduire. Et puis nous accomplirons le même rituel, comme tous les autres matins.
— Bonjour Milo… Je t'aime aujourd'hui bien plus qu'hier…
— Bonjour Camus… Je t'aime aujourd'hui bien moins que demain…
Et si tu n'existais pas…
Mais tu existes…
