Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.


Chapitre 9

Hiccup, le dimanche suivant, était bien au chaud sous les couvertures de son lit. Merida et Raiponce avaient eu un empêchement de dernière minute la veille et ils avaient décidé de reporter au dimanche, en fin de compte. Dimanche que Hiccup passait sous la couette chaude, plongé dans un rêve des plus exquis. Il se voyait dans le gymnase, assit comme d'habitude sur les gradins, à contempler Jack jouer de façon extraordinaire, comme toujours. Le professeur siffla la fin de la partie, notant la victoire de l'équipe de l'argenté, et Jack se dirigea vers lui. Il sauta par-dessus la rambarde qui séparait les gradins du terrain et le rejoignit en lui souriant tendrement.

- Alors ?

Hiccup lui sourit à son tour.

- Tu as été génial, comme d'habitude.

Jack s'avança vers lui, et se glissa sur ses genoux, une jambe de chaque côté de son bassin et noua ses bras autour de la nuque brune.

- C'est parce que tu es là...

Ils se rapprochaient pour joindre leurs lèvres quand...

- HICCUP HORRENDOUS HADDOCK TROISIÈME DU NOM ! LÈVE-TOI !

Malheureusement pour lui, la voix mélodieuse de son cher père le ramena à la réalité au moment où ça devenait intéressant. Grognant, il avisa son réveil. 8:00. Il soupira dramatiquement en se redressant. Les autres n'arrivaient qu'à neuf heures, il avait encore le temps de se lever. Mais connaissant son père, il était plus prudent de se lever quand il le demandait.

À contrecœur, il se leva et descendit l'escalier qui menait à la cuisine. N'étant pas frileux de nature, il dormait uniquement avec un caleçon, été comme hiver. Il descendait déjeuner comme ça depuis qu'il était tout jeune et ça ne dérangeait plus son père depuis longtemps.

Difficilement, il descendit les escaliers, sa jambe métallique cliquetant à chaque marche, et arriva à la cuisine, l'esprit encore embrumé par le sommeil. Il salua vaguement son père et Krokmou, son chat, vint se câliner entre ses jambes avant de sauter gracieusement sur le comptoir où il posa un bol.

- C'est bien aujourd'hui qu'ils viennent, tes copains, non ?

Hiccup était encore trop endormi pour remarquer que son père souriait narquoisement.

- Ouais, dit-il en prenant une brique de lait dans le frigo. À neuf heures.

Il versa les céréales dans le bol en baillant et Krokmou miaula.

- Une seconde, marmonna Hiccup.

Il sortit une coupelle et y versa le fond de croquettes que contenait la boîte.

- T'as pas oublié quelque chose ? Demanda Stoïck, qui souriait toujours.

Krokmou miaula de nouveau sans toucher à sa gamelle.

- Mange, c'est prêt, dit Hiccup à son chat. Si, j'ai oublié d'en racheter, ajouta-t-il à l'adresse de son père en secouant la boîte de croquettes désormais vide.

- C'est pas les croquettes qui m'intéressent, dit Stoïck.

Krokmou émit un drôle de bruit et Hiccup remplit son bol de lait.

- Dis pas ça, tu vas le vexer.

- Tu sais quel week-end on est ?

- Nan, pourquoi ? Il y a un truc de prévu ?

- Oui, dit Stoïck en souriant de plus belle. Dis-moi, tu n'aurais pas oublié qu'on changeait d'heure, par hasard ?

Hiccup releva la tête soudainement réveillé. Il avait complètement oublié d'avancer son réveil. Et merde.

Il se retourna vers son père et se pétrifia. Derrière Stoïck, qui le regardait narquoisement, la main sous le menton, se tenaient Jack, Merida et Raiponce qui le regardait stupéfait, la bouche légèrement entrouverte. Et lui, il était devant eux, à moitié à poil, sa jambe mécanique parfaitement visible. Ça craignait à mort.

Quand enfin, il réussit à reprendre contenance, il montra fébrilement l'escalier.

- Je... J'vais me changer.

Manquant de se viander royalement en tentant de courir, il monta dans sa chambre sous le rire de son père.


Honteux au point de vouloir en mourir, il redescendit quinze minutes plus tard, habillé de la tête aux pieds. Sans un mot, il s'installa au salon à côté de ses camarades, toujours rouge. Raiponce prit la parole de sa voix la plus douce.

- C'est pour ça que tu ne fais pas de sport ?

Hiccup hocha faiblement la tête et la baissa, la gorge trop nouée pour répondre. Il tenta de calmer son cœur qui battait beaucoup trop vite, sans succès. Il était totalement mort. Quand les gens l'apprendraient au lycée, il serait encore plus persécuté qu'aujourd'hui, les autres se foutraient de sa gueule royalement. Il imaginait déjà avec horreur les surnoms qu'ils allaient lui trouver. Il devait changer de lycée. C'était tout ce qui restait à faire. Il ne supporterait pas de tomber encore plus bas que le statut de gros looseur qu'il occupait déjà.

Sans qu'il ne puisse le contrôler, les larmes se mirent à couler toutes seules. Il essaya d'être le plus discret possible ; sa frange cachant ses yeux, mais quand il sentit une grande main aux doigts fins se poser sur son épaule, il pleura franchement. Son corps fut secoué de sanglot et une fois de plus, il se maudit d'être une telle lavette.

- Eh, murmura une voix douce à son oreille, qu'il identifia comme celle de Jack. Calme-toi, ça va aller.

Il se sentit pressé contre un torse large et la main le serra contre. Il sentit une tête chevelue se poser contre son épaule et des cheveux roux apparurent devant son visage. Raiponce se mit à genoux devant lui en lui prenant les mains et lui murmura que tout irait bien. Et pour la première fois, Hiccup le crut.


Quand il se calma, ils reprirent leurs devoirs. L'ambiance était plus légère que d'habitude, si bien qu'ils rigolèrent plus qu'ils ne travaillèrent. Tellement absorbés dans leur délire, ils ne remarquèrent pas lorsqu'ils finirent de faire le point, que la nuit était tombée. Ce fut l'arrivée de Stoïck qui les ramena sur terre.

- Vous travaillez encore, les jeunes ?

Il y eut des toux discrètes et il n'insista pas.

- Vous voulez que je vous ramène ?

Les filles acceptèrent volontiers, Merida pestant contre les quinze messages que sa mère lui avait envoyés en ne la voyant pas revenir, mais Jack déclina poliment, prétextant qu'il habitait tout près. La vérité est qu'il habitait à facilement trois kilomètres, et que la nuit plus le froid plus le fait que le trafic de bus avait stoppé il y avait une heure, le tout lui promettait une rentrée chez lui vraiment houleuse. Mais Merida savait que Jack préférait perdre une demi-heure à marcher dans le froid et la nuit pour passer cinq minutes de plus avec Hiccup, que partir tout de suite et rentrer en voiture, alors elle ne dit rien.

Quand Stoïck et les filles partirent, un silence gênant s'installa entre les deux garçons. Ils ne savaient pas quoi dire et Hiccup dansait d'un pied sur l'autre, mal à l'aise.

- Écoute... Commença le brun. À propos de tout à l'heure... Je ne sais pas ce qu'il m'a pris...

Jack sourit.

- T'inquiète.

- Ce n'est pas dans mes habitudes de me laisser aller comme ça...

Jack passa un bras autour de ses épaules.

- C'est à ça que ça sert, les potes. À te soutenir quand ça ne va pas.

Hiccup nerveux fuyait son regard.

- Je... Je ne sais pas, je n'ai jamais eu de potes avant... Alors...

Il s'arrêta quand il sentit la main de l'autre garçon remonter sur sa nuque. Il faisait quoi, là au juste ?

- Je... Je ne sais pas trop... Trop comment... Tenta-t-il de continuer malgré la gêne qui le submergeait.

La main de Jack remonta dans ses cheveux. Bon sang, il ne pouvait pas arrêter de le caresser comme ça ? Pas que ça le dérangeait, au contraire, c'était même très agréable, mais il n'arrivait pas à se concentrer... Encore moins quand Jack le regardait comme ça...

Hiccup renonça définitivement à parler quand il remarqua que Jack avançait son visage du sien. Il faisait quoi là ? Il allait l'embrasser ? Comment avaient-ils pu en arriver là ? Il était à deux doigts de se faire embrasser par un garçon, un garçon à qui il n'avait jamais parlé encore quelques semaines auparavant. Mais bizarrement, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Quitte à se faire voler sa virginité labiale, il préférait que ce soit par Jack que par quelqu'un d'autre...

Jack, quant à lui, ressentait des émotions contradictoires. Le chaud et le froid. Depuis la mort de sa sœur, il avait l'habitude de ressentir du froid quand il ressentait une émotion forte. Mais là, il sentait ses joues chauffer atrocement et il avait l'impression de geler de l'intérieur. Il était sur le point d'embrasser Hiccup. Il avait fini par admettre (avec le concours de Bunny qui s'était montré particulièrement casse-couilles à ce sujet) qu'il ressentait quelque chose pour le brun, qui allait au-delà d'une simple amitié. Mais devant lui, à presque frôler ses lèvres des siennes, il tremblait de peur. Et si Hiccup ne voulait pas ? S'il le rejetait ? Remarque, il l'aurait déjà fait si ça avait été le cas... Il allait enfin pouvoir l'embrasser...

''So happy together ! And happy together !''

Comme frappés par la foudre, ils s'écartèrent violemment l'un de l'autre.

- Y'a... Y'a ton portable qui sonne... Marmonna Hiccup.

Jack, maudissant celui qui avait osé l'interrompre regarda le nom du coupable. Bunny. Il allait le tuer.

- Je... Je ferais mieux d'y aller... Dit Jack nerveux.

- Euh, ouais... dit Hiccup aussi peu à l'aise.

Jack sortit dehors et lui fit un petit signe de la main pour le saluer en souriant.

- À demain !

Hiccup sourit à son tour.

- À demain.

Le regardant s'éloigner, il referma la porte et posa sa tête contre le chambranle en bois.

Il venait de se passer quoi, là ?