Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.


Chapitre 19

La situation ne fit qu'empirer. Jack, en plus de ne plus fréquenter North et les autres, ne venait même plus vers Hiccup, Merida et Raiponce. Merida avait été voir plusieurs fois Bunny pour essayer de lui parler, il n'en avait résulté que de violentes disputes. Personne n'osait dire quoi que ce soit et dans la classe, un lourd silence inconfortable régnant à tous les cours.

Hiccup ne tint pas deux jours ainsi. Le mercredi suivant, il abandonna sa table de travail sous un prétexte bidon et se dirigea vers celle de Bunny.

- Je voudrais...

- Dégage Hadock, répondit méchamment Bunny.

Hiccup soupira discrètement et même Rustik, avec qui il ne s'était jamais entendu, lui lança un regard désolé.

Si même lui avait pitié de lui...

Il se souvint des paroles de Raiponce, la semaine précédente.

Avec une telle détermination, tu peux être sûr que ça se fera.

Peut-être que ça voulait dire qu'il était capable de tout ? Après tout, il avait bien réussi à dresser Krokmou, ce qui n'avait pas été une mince affaire.

Il l'avait trouvé une ruelle abandonnée, quelque temps avant qu'il ne perde sa jambe. Le petit chaton était seul, dans le froid et semblait crever de faim, alors Hiccup avait voulu le ramener chez lui pour le nourrir, mais il n'avait reçu que des coups de griffes à la place. Il était revenu le lendemain -sous la désapprobation de son père qui avait vu l'état de ses mains- pour le nourrir là où il l'avait trouvé. Le chaton avait attendu qu'il parte pour manger. Le lendemain, il avait toléré la présence d'Hiccup au bout de la ruelle* pour le voir manger. Et chaque jour, quand il lui amenait à manger, il pouvait se rapprocher un peu plus de l'animal. Jusqu'au jour où il avait pu le toucher. Ça n'avait pas duré plus de dix secondes, mais ça avait été suffisant à Hiccup pour qu'il comprenne qu'à force de patience, il pourrait faire en sorte que le chat ait confiance en lui. Plusieurs semaines avaient passé et le chat lui faisait de plus en plus confiance. Jusqu'au jour de l'accident qui lui avait fait perdre sa jambe. Il s'était réveillé à l'hôpital, son père à son chevet et l'une de ses premières questions, hormis le fait de savoir s'il pourrait remarcher un jour, fut de savoir si son père avait nourri son ami à fourrure.

- Oui, je lui ai donné à manger, à ta saloperie de bestiole, avait soupiré son père. Seulement, il ne voulait pas se laisser approcher alors j'ai pris un de tes vêtements pour qu'il reconnaisse ton odeur.

Son père lui avait donné la boîte qu'il tenait.

- Le problème, c'est qu'il n'a pas voulu me le rendre, alors...

Hiccup avait ouvert la boite et tomba sur deux orbes verts. En un éclair, il avait une boule de poils noirs sur le visage qui lui ronronnait dessus.

Il s'était rendu compte que visiblement, Krokmou l'appréciait plus qu'il ne voulait lui montrer. En sortant de l'hôpital, il l'avait ramené chez lui et depuis, Krokmou dormait sur son vêtement dans sa chambre.

Alors s'il avait pu se faire apprécier d'un chat solitaire au caractère de feu, il pouvait bien apprivoiser un lapin caractériel.

- C'est pas négociable. Debout, on doit parler, dit Hiccup.

- Je t'avais dit que je te frapperais si...

- J'me défendrais, coupa Hiccup.

Il attrapa Bunny par le bras et le força à quitter le CDI. Bunny, trop choqué, ne réagissait pas.

- Depuis quand tu te défends, toi ? Demanda-t-il, étonné.

- Depuis que je fréquente notre ami commun. En parlant d'ami commun...

Bunny leva les bras en signe de protestation.

- Je t'arrête tout de suite. Ça ne te regarde absolument pas, et...

- Ça me regarde, justement, parce que votre engueulade le fait souffrir et que je ne veux pas qu'il souffre.

- T'es pas sa mère.

- Et alors ? Si j'ai envie de le protéger, tu vas m'en empêcher ?

- Apprends à te protéger toi-même, déjà, ce sera pas mal.

- Je t'emmerde.

Bunny haussa un sourcil, vraiment étonné. Ça faisait un moment qu'il connaissait Hiccup. Six ans. Depuis la sixième, jamais il ne l'avait vu si...

Durant toute sa scolarité, Hiccup s'était fait mépriser, insulter, parfois même tabasser. Jamais de protestation, jamais d'ami. Toujours seul. Bunny avait fini par croire que c'était le genre de tocard qui se suicidait pendant le lycée parce qu'il ne pouvait plus supporter leur vie de merde. Bon Dieu qu'est-ce qu'il pouvait détester ces lâches. Lui qui avait perdu sa famille il y avait très longtemps chérissait la vie par-dessus tout. Il haïssait ces gens qui préféraient se tuer plutôt que d'affronter leurs problèmes. Mais il tenait bon. Il endurait le traitement des autres en silence, sans jamais rien dire. Et en six ans, c'était la première fois qu'il le voyait répondre, qu'il le voyait aussi... Vivant.

Bunny soupira et s'assit sur le banc le plus proche. Il entreprit d'expliquer.

- Il passe tout son temps avec toi. Même quand on est ensemble, il t'envoie message sur message. Il passe sa vie à te parler, et quand tu ne réponds plus, il parle de toi sans arrêt. Genre, l'autre jour, vous vous êtes fait virer de cours parce que vous vous envoyez des messages. Il s'est passé quoi ? Cinq minutes, le temps que je sorte, tu étais sur ses genoux à faire des câlins... Un peu plus et vous vous envoyiez en l'air.

Hiccup fut sidéré.

- On dirait que t'es presque... Jaloux ?

À sa grande surprise, Bunny soupira.

- Un peu. J'ai l'impression de perdre mon meilleur ami.

Hiccup expliqua :

- Cette histoire de se faire virer de cours... Je ne voulais pas, j'ai horreur de louper des cours... Mais tu le connais, plus tu lui demandes d'arrêter, plus il continue. On était pas en train de s'envoyer en l'air, après, on discutait juste... Je voulais savoir ce qu'il avait contre Pitch et il m'a expliqué, pour sa sœur... On a abordé des sujets personnels, je lui ai parlé de ma... Enfin de truc perso, et c'est pour ça qu'on se câlinait, pour se réconforter. J'ignorais qu'il était avec toi quand il m'envoyait tous ces messages.

Il soupira.

- Je ne veux pas le couper de ses amis, si c'est ce que tu penses. Je suis très content qu'il en ait, au contraire. Je veux juste qu'on passe un peu de temps ensemble...

Bunny ouvrit la bouche pour répondre mais il fut devancé.

- Hiccup, je t'avais dit de me laisser gérer ça.

Jack était sorti du CDI, en colère.

- Doué comme t'es, dans cinquante ans, on y serait encore.

- Ça, c'est clair, commenta Bunny.

- Eh ! Protesta Jack.

Hiccup, une idée germant dans son esprit, se tourna vers Bunny.

- Je te propose un deal.

- Balance, répondit Bunny.

- Eh, je ne suis pas une marchandise !

- Tu l'as la semaine et moi les week-ends.

Bunny explosa de rire et accepta sous les protestations outrées de Jack qui alla voir son amoureux pour crier au scandale. Bunny se leva.

- J'vous laisse, les amoureux.

Il se dirigeait vers le CDI quand il se retourna vers le couple.

- Je te déteste !

- Non, c'est pas vrai.

- Je suis grand garçon, j'aurais pu m'occuper de ça tout seul !

- T'es surtout un gros gamin. Et j'en avais marre de te voir déprimer.

- Je ne déprimais absolument pas.

- Non, tiens. Pense-tu. À peine.

- T'es casse-couilles, répondit Jack boudeur, en croisant les bras.

- Et toi t'es susceptible. J'ai arrangé les choses, non ? Tu peux pas être juste content ?

- C'est mon taff ! Explosa Jack. C'est à moi de te soutenir quand t'as un problème, pas l'inverse !

Hiccup soupira.

- Je ne suis pas une princesse, tu sais. Et il faut bien que quelqu'un t'aide quand toi, tu as un problème. Et si t'as le malheur de me dire que non, je te jure que tu t'en manges une.

- Depuis quand tu es aussi protecteur ?

- Depuis que j'ai un copain qui vaut le coup.

De là où il était Bunny connaissait bien son ami pour voir qu'il se retenait de sourire et de sauter sur Hiccup, car il savait qu'il était plus qu'ému par ses paroles. Ça faisait bizarre de voir Hiccup aussi vivant, aussi réactif. Il avait vraiment changé.

Depuis que j'ai un copain qui vaut le coup.

Ou peut-être qu'il était comme ça, tout simplement. Personne ne lui avait jamais parlé pour apprendre à le connaître, alors personne ne le connaissait vraiment. Bunny sourit. Hiccup semblait être un type bien, et à présent, il voyait totalement ce que Jack pouvait lui trouver.


*''il avait toléré la présence d'Hiccup au bout de la ruelle'' je suis une grande amatrice de chat et j'ai pu tester ce genre de comportement plusieurs fois. Comme dirait Durendal (et oui encore lui) ''Ce n'est pas toi qui possèdes le chat, c'est le chat qui te possède.''