Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.


Chapitre 21

Hiccup et Jack, encore l'un dans les bras de l'autre, se figèrent, blancs comme un linge. Stoïck arriva à leur hauteur et Jack se plaça devant Hiccup.

- Monsieur Haddock, c'est...

Il ne finit pas sa phrase. D'une main puissante Stoïck l'écarta et à présent face à son fils, il lui lança quelque chose dessus. Hiccup s'attendait à avoir particulièrement mal, mais il n'en fut rien, ou si peu. La chose que son père lui avait lancée était molle... Un vêtement ?

- Que tu embrasses un garçon en plein milieu de la rue passe encore, mais il gèle, alors tu vas me faire le plaisir de mettre un manteau.

Hiccup était beaucoup trop surpris pour bouger.

- Papa...

Stoïck regarda Jack.

- Tu m'as l'air d'un bon gamin, alors je prends la délicatesse de te prévenir. Fais-le souffrir, et je te jure que cette planète ne sera pas suffisamment grande pour que tu te caches, je te retrouverais et je te ferais regretter d'être venu au monde, c'est clair ?

Devant l'air plus que sérieux de Stoïck, Jack hocha la tête fébrilement.

Stoïck sourit.

- Bien, maintenant que c'est réglé, bienvenu dans la famille. Et si jamais l'envie de rendre visite à mon fils en pleine nuit te prend, il y a une échelle dans la remise.

Il se tourna vers Hiccup.

- Ne tarde pas trop.

Et il les laissa là. Hiccup sentit ses jambes trembler sous l'émotion.

- Je crois que je vais m'évanouir.

Jack le serra contre lui.

- Je suis là.

Hiccup sourit. Oui, il était là. Et pour un moment.


Dix minutes plus tard, ils se séparèrent sur un dernier baiser et Jack rentra chez lui. Hiccup rejoint son père devant la télé.

- Merci, dit-il.

- Hum ? Fit Stoïck la bouche pleine. De quoi ?

- De bien prendre... Jack.

- Oh, ça ? De rien.

- Mais ça ne te fait rien ? De savoir que...

- Que tu es amoureux de lui ?

Stoïck soupira.

- Depuis le moment où il a traversé la porte pour la première fois, je le savais. Quand il a vu que tu avais une prothèse, outre le fait qu'il était surpris, il bavait presque parce que tu étais quasiment à poil.

- Tu... Tu étais de dos ! Comment peux-tu le savoir ?

- Je suis ton père, je sais tout. Et quand je lui ai proposé de le ramener, il a refusé en restant avec toi alors qu'il habitait plus loin. Oui, ajouta-t-il en voyant la bouche de son fils s'ouvrir. Je sais où il habite. Quand sa petite sœur est morte et qu'il était à l'hôpital, c'était à cette époque que tu faisais ta rééducation. Alors je suis allé voir ses parents pour essayer de les soutenir et on avait un peu discuté, c'est comme ça que j'ai su où il habitait. À sa fête d'Halloween, aussi. Tu trépignais d'impatience à l'idée d'y aller. Tu en es revenu le sourire aux lèvres. Tu n'avais pas souri comme ça depuis longtemps. Et tout à l'heure, j'ai bien vu que j'interrompais quelque chose. Je ne suis pas aveugle, tu sais ?

Dire qu'Hiccup était stupéfait était un euphémisme.

- Tu... Tu n'es pas en colère ou quoi...

- En colère ? Pourquoi ?

- Parce que ton fils unique est amoureux d'un garçon ? Des parents déshériteraient leur enfant pour moins que ça, tu sais.

- Fiston, tu es, pardonne-moi l'expression, ce qu'il convient d'appeler un boulet. Les mecs comme toi, de mon temps, se faisaient tabasser par tout le monde.*

- Je me suis fait tabasser par tout le monde, dit Hiccup, blasé.

- C'est triste à dire, mais je ne te voyais pas finir ta vie autrement que mourir seul à soixante-dix balais, dans une vieille maison décrépie, et on ne s'apercevrait de ta mort qu'à cause d'un retard de tes factures. Mais quand j'ai vu comment tu regardais Jack, je me suis dit que peut-être... Tu réussirais à t'ouvrir à quelqu'un d'autre que Krokmou. Et tu as réussi à te faire des amis, et à leur faire suffisamment confiance pour leur parler de toi. Et si tu étais en plein milieu de la rue à lui aspirer les amygdales, c'est que tu lui as aussi ouvert ton cœur. En colère ?

Stoïck regarda son fils.

- Hiccup, je n'ai jamais été aussi fier de toi.

Il regarda la télé en faisant mine de ne pas voir que les yeux de son fils se remplissaient de larmes. Hiccup sourit en les essuyant discrètement. Quand il réalisa quelque chose.

- Alors, le week-end où on a célébré Maman, quand tu m'as appelé pour rien, tu savais que tu nous dérangeais.

- Oui.

- Alors pourquoi tu l'as fait ?

- Parce que je voulais te faire sortir de tes gonds. Tu es si timide et un Haddock n'est pas timide. Il est courageux. Tu es un bourrin, c'est un trait de famille. Ta mère était comme ça, je suis comme ça... Et même s'il ne s'est pas encore développé chez toi, tu es un fonceur. Dans ce genre de situation, on ne réfléchit pas. Tu lambinais trop, alors je t'ai filé un coup de pouce. Et vu comment tu lui as couru après, je suis assez fier de moi.

Devant le sourire qu'abordait son père, Hiccup soupira et sourit à son tour.


*''Les mecs comme toi, de mon temps, se faisaient tabasser par tout le monde.'' ça me rappelle Atlantide l'Empire perdu (Walt Disney). À un moment, Milo, le héros (et aussi gros boulet de l'équipe) se lance dans une explication scientifique. Audrey, la mécano mexicaine, commente avec un ''les crétinos comme lui, à l'école, je les rackettais''.