Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : -Maman… C'est quoi, ces lettres ? [Magnificent Century : Kösem]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances d'univers alternatifs (09/50) + Défi de Sarah et son cerveau n°58 : faire un UA!Modern + UA Challenge 135 : UA!Père/Mère Célibataire + Osman II + Scorpion : Osman II + Prénom 202 : Osman + Prompt 765 : Un garçon a besoin de son père + Prompt du 28/07/2023 : A découvre que son père/sa mère lui avait envoyé des lettres régulièrement durant son enfance + Quatre aspects des... sœurs de Summerset Abbey : 2/4 : Prudence : Écrire sur quelqu'un qui ne connaît pas son père ou sur quelqu'un adopté + Titre du 25/04/2023 : Il n'est jamais trop tard
Il n'est jamais trop tard
Chapitre 1
Un garçon a besoin de son père. Cette phrase que Mahfiruze a entendue à répétition durant sa grossesse revient dans son esprit alors que son fils lui fait face. Sur ses traits encore enfantins, il y a l'incompréhension, la confusion, la tristesse, la colère aussi et si elle sait que cela va être désagréable, elle sait qu'une part d'elle l'aura mérité. Elle ne fera que récolter ce qu'elle a semé il y a treize ans.
-Maman… C'est quoi, ces lettres ?
-Où les as-tu trouvées ?
-Je cherchais mon manteau d'hiver. La boîte est tombée. J'ai voulu ranger et j'ai vu mon prénom.
Elle sait très bien ce que sont ces lettres. Elle se demande encore pourquoi elle ne les a pas arrachées, brûlées, jetées. Les garder, c'était prendre le risque que son enfant découvre la vérité. Mais en même temps, il y avait quelque chose qui l'en empêchait, comme un sentiment de honte, d'une limite à ne pas franchir.
-Maman.
-Assieds-toi, Osman.
Elle soupire. Par moment, elle aimerait remonter le temps.
-Ces lettres viennent d'Ahmed Khan.
-Pourquoi m'a-t-il écrit ?
Ahmed a écrit pendant presque cinq ans. Puis un jour, plus rien et pour cause : elle a déménagé et n'a prévenu personne. C'est bas, c'est mesquin, c'est cruel, c'est puéril, elle le sait bien. Sauf que personne n'a le droit de la juger, personne. Elle cherche un mensonge à lui dire. Aucun ne vient. Et ce serait une insulte à son intelligence. Elle s'est mise dans ce merdier toute seule.
-Parce qu'il s'agit de ton géniteur, Osman.
Elle refuse de dire père. Elle ne lui a pas laissé le plaisir de s'octroyer ce privilège, pas après tout ça.
-Mais… Tu m'as toujours dit que mon père ne voulait pas d'enfants. Que c'était pour ça qu'il était parti. Parce qu'il ne voulait pas d'enfant, qu'il n'en avait rien à faire…
La voix de son fils a tremblé. Elle voit sa mâchoire se serrer, ses poings, ses efforts aussi pour ne pas se mettre à hurler et pour un adolescent qui va entamer sa puberté, c'est quelque chose de presque surhumain.
-Tu m'as menti…
-Oui. Oui, je t'ai menti, Osman.
La jeune femme veut poser sa main sur son épaule mais Osman se décale. Cela pique. Beaucoup. Mais encore une fois, elle sait que c'est une conséquence de ses actions.
-Pourquoi ? Pourquoi tu m'as menti ?
-Parce que l'histoire entre ton père et moi m'a fait tellement de mal que j'ai voulu ne plus jamais le revoir.
-Il… Il t'a frappée ?
C'est sa première crainte et elle en éprouve une certaine fierté : cela veut dire qu'elle l'élève correctement.
-Non. Non, ton père n'a jamais levé la main sur une femme. Et s'il n'a pas changé, il ne l'a toujours pas fait et ne le fera jamais.
-Alors pourquoi ?
-Osman, ce sont des histoires d'adultes.
-Tu m'as caché pendant des années que j'avais un père qui voulait de moi !
-Osman.
Sa voix est ferme.
-Tu es en colère, je le comprends, tu en as parfaitement le droit. J'ai eu tort, sans doute. Mais même en colère, tu ne me manqueras pas de respect.
Il peste, se lève et va dans sa chambre en claquant la porte. Elle sait que cela ne servira à rien d'aller le voir tout de suite : il a besoin de se calmer et puis merde, ce n'est qu'une porte. Il y a plus important dans la vie. Du genre trouver comment expliquer à son fils les circonstances de sa naissance, qui est son père, pourquoi on a pris ses distances…
Et espérer qu'il ne nous en veuille pas trop.
A Suivre
