"-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Ma maman a fait partie d'une grande famille très connue mais elle ne voulait plus les voir, elle disait qu'ils n'étaient pas des gens bien. Elle ne voulait pas trop m'en parler mais elle a dit que quand ils s'entendaient encore bien, ils me gardaient de temps en temps et qu'ils s'est passé des choses étranges. Apparemment, j'ai hérité de gènes rares et ça les intéressait. Je sais pas grand-chose là-dessus. Elle n'aimait pas en parler. Un jour, il y a eu un grand orage. On était dehors quand ça a commencé mais on est vite rentrés. J'avais une sensation bizarre. Je sentais que quelque chose allait pas. Une des fenêtres était ouverte. Quand j'ai voulu la fermer, un éclair est tombé tout près. La foudre n'est pas rentrée dans le sol comme elle aurait dû. A la place, elle est venue vers moi. J'ai eu peur alors je me suis reculé. Maman est intervenue et s'est mise devant moi pour me protéger. L'éclair l'a frappée. Elle est tombée et n'a plus bougé. Quand papa est arrivé et qu'il a voulu l'aider en la prenant dans ses bras, il s'est mis à bouger bizarrement avant de tomber lui aussi. J'ai voulu les réveiller mais c'était impossible.
-La foudre a été attirée par toi ? "
Léo se contenta de hocher la tête, de grosses larmes dévalant ses joues. Les deux adultes se lancèrent un regard et décidèrent de la marche à suivre.
(T/P) amena le petit sur le canapé et le prit contre elle pour le rassurer. Elle lui expliqua qu'il ne lui arriverait rien ici car tous les deux étaient capables de se défendre. Pour le lui prouver et lui changer les idées, elle fit apparaitre un lapin qui vint se poser sur les genoux de l'enfant quémandant des caresses. Doucement, Léo tendit la main est l'effleura. L'animal avait beau ne pas être un véritable être vivant, il réagissait comme tel. Son pelage était doux, il donnait l'impression de passer les doigts dans la brise.
Lentement, sa main cessa de bouger et il s'endormit contre la demoiselle.
Elle attendit quelques minutes avant de demander à son compagnon de le mettre au lit. Quand il descendit, ils discutèrent de la situation.
"-Qu'est-ce que tu en penses ? Demanda (T/P).
-Ça ne peut être que du nen.
-Tu crois que c'est le sien ?
-Sa famille est puissante, ils n'auraient pas attendu aussi longtemps pour le supprimer s'ils l'avaient voulu. Et puis l'éclair était naturel apparemment.
-Ça m'inquiète. Le nen ne devraient pas se présenter comme ça. C'est vraiment dangereux aussi bien pour son entourage que pour lui. Il aurait pu en mourir lui-aussi.
-Il ne sait même pas ce que c'est. Avec de l'entraînement, il parviendrait à le maîtriser un minimum.
-Mais est-ce qu'il voudra s'impliquer avec la chose qui a tué ses parents ? Et surtout, est-ce qu'il supporterait de le faire en sachant que cette même chose vient de lui ?
-Tu préfères ne rien lui dire ? Ça pourrait recommencer et lui être fatal.
-Pas forcément. Mon frère pourrait s'en charger. Il n'y aurait plus à s'inquiéter.
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Tout le monde n'est pas capable d'utiliser son nen aussi facilement. Ce serait du gâchis.
-Sauf si ça doit détruire le peu qu'il lui reste.
-Les épreuves forgent le caractère.
-Tout le monde n'est pas capable de les supporter. Certains finissent complètement brisés...
-De toute façon, c'est à lui de choisir. On ne peut pas prendre cette décision à sa place.
-Il ne pourra pas oublier une fois qu'on lui aura expliqué. Il faut être prudents."
Ils allèrent se coucher peu après. Il n'y avait rien à ajouter. Le petit avait droit à la vérité même si elle serait dur à entendre. Aucun d'eux ne se sentait de lui mentir, surtout si la situation pouvait se reproduire, et le privé de ses capacités sans son consentement... Non, il fallait qu'il puisse choisir son avenir lui-même. Eux n'avaient pas eu cette chance. Ils avaient absolument eu besoin de leurs pouvoirs mais lui pouvait vivre normalement. Cependant, la demoiselle était inquiète de la réaction de Léo. Elle allait devoir lui annoncer qu'il avait indirectement tué ses propres parents. Elle eut beaucoup de mal à dormir cette nuit-là.
Le lendemain, la journée commença normalement. Ils prirent leur petit déjeuner dans le calme et ensuite, les garçons allèrent au potager. Feitan avait promis de la laisser gérer l'annonce de la nouvelle. De toute façon, il n'avait clairement pas envie de s'y coller.
C'est dans l'après-midi que (T/P) se lança.
"-Léo, hier tu nous a raconté ce qui t'es arrivé. On y a beaucoup réfléchit et on n'a trouvé qu'une seule raison pour laquelle la foudre aurait pu t'attaquer. Cette raison, on peut la contrôler pour qu'elle ne te fasse plus jamais de mal.
-Vraiment !?
-Oui. Est-ce que tu connais quelque chose qui s'appelle le nen ?
-Non.
-C'est la force vitale qu'il y a en chaque personne. Tout le monde a un nen. Il en existe plusieurs catégories. Si tu apprends à contrôler le tien, tu ne risqueras plus rien avec les orages.
-Mais pourquoi la foudre m'a attaqué alors ?
-On pense que quand tu étais petit, la famille de ta mère a cherché à renforcer ton nen pendant qu'ils te gardaient. Le jour de l'accident, Tu avais peur de l'orage. Ça a dû d'une certaine façon déclencher ton nen.
-Et donc... c'est moi qui ait appelé l'éclair.
-Pas vraiment, l'éclair à réagit à ta capacité c'est vrai mais tu ne la contrôlais pas du tout et tu ne savais même pas qu'elle existait. Si ça avait été le cas, tu aurais sûrement fait attention. "
Comme elle s'y attendait, la nouvelle le perturbait beaucoup. Il aurait sûrement besoin de temps pour s'y habituer avant de vouloir arranger les choses.
"-Maintenant tu as deux solution gamin, reprit Feitan.
(T/P) lui lança un regard accusateur alors que Léo se tournait vers lui.
-Soit on appelle quelqu'un qui peut t'enlever ton nen, soit on t'apprends à t'en servir correctement ce qui pourra t'aider à trouver un travail et te permettra de te défendre en toute situation.
-Est-ce que je peux y réfléchir ?
-Bien sûr, prends tout le temps qu'il te faudra, temporisa la demoiselle.
-D'accord. Je... vais monter un peu dans la chambre.
-Pas de soucis."
Quand elle fut sûre qu'il était dans la chambre, elle se tourna vers son compagnon.
"-Fei, commença-t-elle sur un ton inquiétant.
-Le plus tôt sera le mieux.
-D'accord mais tu ne peux pas lui faire entrer autant d'informations dans la tête d'un coup. C'est trop soudain.
-En quelques heures, j'ai appris que tu t'étais faite enlevée, torturée, que tu avais tenté par tous les moyens de protéger nos secrets et que tu ne voulais plus toucher aucun homme. Je m'en suis pas si mal sorti.
Il exagérait et il le savait.
-Tu es un homme adulte, qui plus est, tu es habitué à ce genre de situation. C'est un enfant qui apprend qu'il a tué ses parents. Il faut que tu arrêtes de croire que tout le monde est comme toi, finit-elle.
-Je suis au courant merci. Je te rappelle que c'est pour ça que j'étais persuadé que tu allais partir.
-Fei, reprit-elle plus doucement. La différence n'est pas une mauvaise chose, on s'en sort très bien tous les deux, mais il faut que tu acceptes les différences des personnes qui entreront dans nos vies. Tout le monde n'est pas aussi fort que toi.
-Je sais.
-Et je sais très bien que tu peux être un brin sentimental quand tu veux, j'aime beaucoup ces moments-là mais toi, tu considères ça comme une faiblesse.
-S'en est une.
-Vraiment ? Sans mes sentiments pour toi, je ne serais pas passée au-dessus de ma peur.
-S'en est une pour un voleur.
-Est-ce que tu n'es qu'un voleur ? Juste un membre de la brigade ?
-Oui évidemment.
-Alors tu ne peux pas comprendre ce que j'essaye de t'expliquer."
Elle était déçue que la discussion ait tournée de cette façon. Et assez blessée qu'il ne se considère que comme un membre de la troupe. Elle pensait que depuis le temps, il répondrait qu'il était aussi son compagnon. Elle savait bien qu'il l'aimait, il l'avait encore prouvé en lui parlant de son inquiétude pendant l'enlèvement de la demoiselle. Mais il était maladroit dans ses mots. Simplement, elle espérait qu'il ne pensait pas qu'à ses missions. Cette discussion lui avait donné un petit doute. Elle ne doutait pas de ses sentiments mais est-ce qu'il ne préférait pas la brigade et le danger des missions à leur petite vie tranquille ? Elle avait besoin d'une réponse.
Léo ne redescendit que pour manger et c'est à peine s'il toucha à son assiette. L'ambiance était au plus bas. Même elle refusait de parler à moins que ce soit nécessaire. Visiblement, ils étaient tous de méchante humeur et ça n'allait pas en s'arrangeant. Le soir venu, elle apporta un plateau avec quelques gâteaux dans la chambre de Léo au cas où il aurait faim durant la nuit. Elle avait pour habitude de ne pas amener de nourriture dans les chambres mais elle pouvait bien faire une exception, surtout dans cette situation. La façon dont il acceptait la nouvelle l'inquiétait. A cet âge, on développait facilement un traumatisme et s'en débarrasser était loin d'être simple.
Le petit dormait déjà quand elle entra, il devait être fatigué. Elle aussi l'était. La demoiselle lui caressa la tête quelques secondes avant de s'éclipser.
Beaucoup de chose leur tombaient sur la tête d'un coup, pour Léo comme pour elle. Ils auraient tous les deux besoin d'un peu de temps pour encaisser. Elle ferait de son mieux pour l'aider mais ce n'était pas gagné. Surtout si Feitan insistait.
La maison était vraiment silencieuse maintenant. Ça lui rappelait la période où son compagnon n'était pas là. Tout de suite, elle n'avait qu'une envie, se glisser dans son lit et dormir aussi longtemps que possible. Cependant, la question revenait toujours à son esprit quoi qu'elle fasse. Elle voulait savoir si à ses yeux, elle avait autant d'importance que la brigade. Malgré tout, elle avait affreusement peur de la réponse et presque encore plus de sa propre réaction. S'il lui répondait non, elle serait forcément blessée et elle n'était pas sûre de supporter l'idée. La brigade était aussi importante pour elle évidement, il s'agissait de son frère et de ses meilleures amies, dans les faits, elle serait probablement incapable de choisir entre lui et eux. Donc elle n'attendait pas de Feitan qu'il la fasse passer devant, ce serait ridiculement égoïste, mais simplement qu'il pense comme elle qu'ils formaient tous une grande famille étrange et décousue mais une famille tout de même. Les autres membres partageaient pour la plupart cette opinion. Enfin, elle ne pouvait pas savoir tant qu'elle ne lui demandait pas. Elle en revenait toujours au même point, un vrai cercle vicieux.
Elle rejoins la chambre avant lui. Finalement, la demoiselle n'était pas prête à aller se coucher. Elle avait besoin de sa réponse pour pouvoir passer à autre chose.
(T/P) attendit que Feitan la rejoigne. Elle était assise sur le lit, les pieds au sol, comme prête à déguerpir dès qu'elle saurait. Quand il entra, elle sursauta malgré elle.
"-Tu n'es pas encore couchée ?
-Non. J'avais une question à te poser.
Il ne répondit rien et s'installa sur les draps. Elle se doutait qu'il réagirait de cette façon. Sans même tourner la tête, elle reprit la parole.
-C'est important Feitan.
-Quoi ?
Il n'avait aucune envie de lui répondre. En réalité, il espérait vraiment qu'elle dormirai déjà quand il viendrait.
-Je veux que tu me réponde honnêtement.
Ce n'était pas nécessaire de le préciser étant donné son niveau d'énervement mais elle tenait à le faire quand même.
-Je veux savoir si pour toi, la brigade est la chose la plus importante. Est-ce que tu serais prêt à tout pour le groupe, absolument tout ?
-Oui, c'est évident."
