"-Et merde mon frère !

-Il est dangereux, demanda Léo ?

-Il n'y a pas de mot pour le décrire. Comment il sait ?

-Peut-être qu'il nous a ordonné de lui en parler si tu nous racontais quelque chose du genre mais, même si c'était le cas, tu n'aurais pas besoin de le savoir.

-J'ai compris je dirai rien. Bon. Allons sauver mon... je sais pas quoi mais on y va, répondit la demoiselle en soufflant."

Les trois se mirent en route pour la maison que (T/P) partageait avec Feitan. Elles exagéraient un peu quand elles parlaient de cadavre mais si Kuroro était vraiment fâché, et il l'était sûrement, il pourrait faire de gros dégâts.

Ils arrivèrent assez rapidement. (T/P) ouvrit la porte et les fit entrer avant de se mettre à hurler.

"-Kuroro ! Je sais que tu es là. Je te préviens, s'il y a du sang parterre je t'étripe !

Un bruit se fit entendre à l'étage. Elle monta les marches quatre à quatre pour trouver son frère tenant Feitan par le col, lui lançant un grand sourire.

-Salut petite sœur."

Elle lui fit lâcher le noiraud et le força à descendre. Avant de le suivre, elle se tourna vers Feitan.

"-Ça va ?

-Il ne m'a rien fait si c'est la question.

-Ça l'était. Pour le reste, j'ai déjà la réponse.

Elle n'était pas très gentille de frapper dans son égo de cette façon mais c'était sorti tout seul. Elle savait qu'elle n'avait pas fière allure mais lui n'était pas mieux. Ses cheveux étaient en bataille et il avait d'énormes cernes.

-Et toi, comment ça va ?

-On fait aller.

Il y eut une petite pause.

-Tu me manques.

-Je sais. J'ai lu ton message. Je t'attendrais dans le parc, seule.

-Merci.

Elle commençait à partir mais elle s'arrêta quelques secondes.

-Maintenant que tu as ta réponse, dors un peu. Je refuserais de t'écouter si tu as l'air trop fatigué."

Elle descendit ensuite pour retrouver son frère.

"-Bon, on a des trucs à se dire toi et moi.

Et à cet instant, elle faisait tout aussi peur que lui.

-Je ne vois pas pourquoi tu le défends.

-Parce que c'est à moi de régler ça.

-Tu es triste, évidemment que je m'en mêle. Et puis je l'avais prévenu.

-Et moi je t'ai prévenu toi de t'occuper de tes affaires.

-Ça me concerne, tu es ma sœur.

-Un vrai dialogue de sourd, commenta Machi, assise un peu plus loin.

-Cet homme est le frère de (T/P) mais aussi votre patron c'est ça, demanda Léo ?

-Oui.

-Alors je ne comprends pas leur dispute.

-Entre Feitan et (T/P) ?

-Oui. Elle lui en veut parce qu'il a dit que son travail était la chose la plus importante pour lui mais vous êtes importants pour elle aussi. Au final ils ressentent la même chose.

-C'est vrai mais c'est aussi pour ça qu'ils ont du mal à communiquer. Ils se connaissent bien mais il arrive qu'ils aient besoin de confirmation seulement, ils ne savent pas comment les demander et les donner sans blesser l'autre. Cette fois, c'est (T/P) qui en voulait mais Feitan n'a pas su les lui donner.

-Je lui ai dit qu'elle vous aimait autant que lui et qu'il fallait qu'ils s'expliquent.

-Tu es intelligent.

-Merci."

La discussion entre le frère et la sœur continua un moment sans qu'ils arrivent à se mettre d'accord.

"-Dis-moi (T/P), qui est le garçon qui est venu avec toi ?

Elle savait très bien que son frère cherchait à détourner la conversation, mais elle abandonna.

-Voilà Léo. Il vit avec nous.

-Il a un nen intéressant. Dis-moi Léo, tu sais ce que tu comptes faire de ces capacités ?

-Pas encore mais j'y réfléchis.

-Il est futé ce petit, répondit Kuroro en regardant sa sœur.

-Oui, c'est un garçon très agréable à vivre. "

Face à tous ces compliments, l'enfant ne savait plus où se mettre. Cela fit sourire les adultes.

Après cette aventure, le frère et la sœur décidèrent de rentrer à l'orphelinat. Léo préféra rester et Machi était introuvable mais elle les rattraperai.

En réalité, la demoiselle aux cheveux rose était simplement montée à l'étage pour voir son collègue. Comme elle s'en doutait, il n'allait pas très bien mais elle ne le plaindrait pas. C'était à cause de sa bêtise que les choses avaient tourné de cette façon et puis ça ne ferait que l'énerver. Cependant, elle voulait qu'ils règlent leurs histoires au plus vite. C'était évident qu'ils avaient du mal à vivre séparés comme ça.

"-Qu'est-ce que tu prépares, demanda-t-elle ?

-Des explications.

-C'est tout ?

-Non.

-Allons bon. Je vais t'aider pour cette partie-là."

Les trois jours passèrent rapidement. Contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, (T/P) était plus curieuse que stressée. Elle se demandait ce qu'il allait lui dire et espérait que ce serait positif.

Elle avait demandé à Machi de ne pas en parler devant son frère bien qu'il soit sûrement déjà au courant. Elle se sentait plus à l'aise de cette façon. Ce qu'il pouvait être surprotecteur.

Son amie avait tenu à la rendre jolie pour l'occasion.

"Qu'il voit ce qu'il a manqué pendant quelques jours"

On pouvait dire beaucoup de chose de Machi, et c'est vrai qu'au premier abord elle était plutôt froide mais c'était une amie en or. Et (T/P) ne ratait pas une occasion de le lui rappeler même si la voleuse en était toujours gênée.

La demoiselle s'était installée sur une balancelle au cœur du jardin derrière elle, un grand arbre apportait de l'ombre durant la journée.

Il était neuf heures. Étant donné que l'été battait son plein, il faisait encore jour. Bientôt, les criquets se calmeraient et le hibou commencerai à boubouler.

Elle attendait depuis quelques minutes déjà. Enfin elle avait attendu toute la journée que Feitan se manifeste mais c'est seulement depuis un petit moment qu'elle n'avait plus d'autre activité à faire en même temps. Autrement dit, elle s'ennuyait à mort aussi elle se retenait d'aller le chercher et de le ramener en le tirant par l'oreille. Il exagérait de la faire patienter à ce point.

Un chat était posté à la lisière du domaine sagement assis la queue sur ses pattes. Bientôt, il poussa un miaulement sifflé, comme le vent entre les arbres.

Feitan était là.

Bon il fallait encore qu'il arrive jusqu'à elle mais (T/P) savait qu'il ne lui avait pas posé un lapin. S'il avait essayé elle lui aurait probablement fait manger par le derrière donc elle était rassurée.

Quand il arriva, dans branches s'étaient visiblement prises dans ses cheveux y laissant quelques feuilles. Elle était contente de voir qu'il s'était autant dépêché.

Sans bouger, elle le laissa s'approcher puis lui fit signe de s'assoir près d'elle. Le noiraud hésita un instant mais s'assit tout de même.

Le silence se fit. Aucun d'eux ne savait comment se lancer. Se dire salut comme si de rien n'était paressait idiot et entrer dans le vif du sujet directement un peu trop cru. Feitan choisi la seconde option.

"-Je suis désolé.

-A quel sujet ?

-Quand j'ai dit que la brigade était ce qu'il y avait de plus important.

-C'est la vérité. Il ne faut pas t'excuser pour ça.

-Non. C'était pas vrai. Ou si mais pas uniquement.

-C'est-à-dire ?

-La brigade est importante. C'est un fait. Mais toi aussi. Je nous ai trop considérés comme des membres avant de nous voir comme des individus. C'est quelque chose que je n'ai pas l'habitude de faire, tu sais de... me sentir humain.

-Je sais. Et donc en temps qu'humain ?

-Tu es ce que j'ai de plus important. Je ne me vois pas retourner à ma vie d'avant. Seulement, je ne peux pas non plus faire comme si la brigade n'existait pas. J'en demande peut-être beaucoup mais j'ai besoin des deux.

-Je comprends tu sais. Je les aime aussi, après tout on est un peu comme une famille. On se dispute, se sort des vacheries et tout le reste mais on se donne des coups de main dès que possible et on garde toujours un contact. Peu importe comment on le voit, on est ensemble quand ça va et quand tout part en sucette. Je ne peux pas te demander de choisir et je n'ai aucune envie de le faire parce que je ne le ferai pas moi-même. Ce que je voulais vraiment, c'était que tu me dises ce que tu as dit à l'instant. Que j'étais importante pour toi. Je ne veux pas que tu restes avec moi en attendant les missions.

-Ce n'est pas le cas !

-Je voudrais aussi que tu ne me vois pas uniquement comme un membre de la brigade. Je ne suis pas un membre officiel mais je fais quand même partie du groupe d'une certaine façon, je suis contente quand tu me racontes vos boulots et j'aime passer du temps avec tout le monde mais je ne suis pas simplement quelqu'un avec qui tu travailles ou avec qui tu vas boire un coup. On est ensemble. Je te le redis, je ne veux pas que tu m'aimes plus que la brigade je veux simplement que tu me vois comme ta compagne.

-J'ai été con. J'ai pensé qu'c'était suffisant de vivre avec toi, de rien dire et de laisser couler les choses mais j'ai pas réfléchi à ce que tu pouvais en penser et ressentir. Quand tu me l'as demandé, j'ai pas compris où tu voulais en venir et j'ai dit le premier truc qui m'est venu à l'esprit sans réfléchir, c'était de la merde. Je le sais, il faut que je réfléchisse avant de dure des conneries et que j'arrête de croire que les gens me cherchent des faiblesses dès que possible. Je te promets d'faire des efforts, de dire plus facilement ce que je pense, de t'écouter quand tu as des doutes et de tout faire pour te rassurer mais tout ça, je peux le faire que si tu es avec moi. S'il te plaît, reviens.

-Parce qu'on a réussi à s'expliquer et à se comprendre et aussi parce que je sais qu'on s'aime beaucoup trop pour abandonner notre relation pour ça, je vais rentrer.

Un soupir de soulagement échappa à Feitan ce qui fit glousser (T/P).

-Tu étais si stressé que ça ?

-Oui !

La demoiselle se laissa glisser contre le dossier de façon à ce que sa tête se retrouve sur les genoux de son compagnon.

-Je récupère ma place, rit-la jeune femme. Elle m'a un peu manqué.

-Hum. Dans ce cas reprends la et garde-la.

La main de Feitan se posa dans les cheveux de (T/P) qu'il se mit à masser gentiment sachant qu'elle adorait ça.

-En fait, j'ai autre chose à te dire, reprit-il.

-C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Si c'est la deuxième option ça peut attendre demain.

-Bah en fait, tout dépend de comment tu vas le prendre.

Les mouvements dans sa chevelure s'étaient arrêtés. Les yeux dans ceux noirs de son homologue, elle attendait qu'il parle.

-J'ai réfléchi à une possibilité pour que je n'oublie plus jamais à quel point tu es importante pour moi.

-Ça me tente bien ça.

-Mais, il y a des chances pour qu'on passe un moment vachement chiant à cause de ça

-Rassures-moi, tu parles pas d'un nouveau tatouage ? Parce que j'ai galéré à t'empêcher de tuer le tatoueur.

-Non c'est pas ça, ricana le jeune homme. Mais ça risque d'être tout aussi chiant enfin ça l'a déjà un peu été.

-Alors là tu m'embrouilles.

-J'en ai déjà parlé à ton frère, (elle sourit de l'entendre le dire de cette façon plutôt que "le boss") j'ai eu un mal de chien à le convaincre de m'aider mais j'ai fini par y arriver. C'est pour ça que je t'en parle tout de suite.

-Oula, t'as dû batailler dur s'il était contre.

-Ouais. Du coup voilà, je me suis dit qu'on pourrai avoir un truc rien qu'à nous, on a déjà la maison mais étant donné qu'elle risque de servir de squat...

-Pas faux.

-Du coup, je te propose un truc qu'on peut pas partager avec plus de gens que nous deux mais qu'on peut pas faire seul non plus. Un lien rien que pour nous.

-Feitan t'es en train de-

-Te demander si tu veux qu'on se marie."