La fête battait son plein quand les nouveaux mariés s'éclipsèrent avec Léo pour discuter.
Le garçon était avec eux depuis plusieurs mois maintenant et avait su s'intégrer à leur vie. Il passait son temps à jardiner avec Feitan et aidait (T/P) autant que possible. S'ils devaient être honnêtes, l'enfant faisait partie intégrante de leur quotidien. Ils ne se voyaient pas vivre sans lui et espéraient que ce soit réciproque.
Ils l'avaient conduit dans un coin du jardin pour discuter.
"-Léo, je voudrais que tu sois le plus honnête possible, qu'est-ce que tu penses de la vie avec nous ?
La jeune femme s'inquiétait un peu de la tournure de cette conversation mais il fallait bien qu'ils en parlent.
-Je m'amuse beaucoup et j'apprends plein de chose.
-Est-ce que tu es heureux ?
-Mes parents me manquent, je voudrais qu'ils soient encore avec moi. Vous êtes très gentils mais...
-Ce n'est pas la même chose. On comprend, on ne peut pas remplacer tes parents et ce n'est pas ce qu'on veut faire. Ils auront toujours une place à part dans ton cœur, il faut en prendre soin.
-Par contre, ajouta Feitan, on peut continuer ce qu'ils ont commencé et s'occuper de toi.
-Vous voulez dire que je pourrais rester avec vous ? Comme une famille ?
-Oui, reprit la jeune femme. Tous les trois, on pourrait continuer à vivre ensemble, comme on l'a fait jusqu'ici, aussi longtemps que tu voudras rester avec nous et même après. Mais on comprendrait aussi que tu ne veuilles pas rester trop longtemps ou que tu ne nous considères pas comme des membres de ta famille. C'est à toi de voir ce que tu préfères.
-Je ne veux pas être tout seul et vous êtes géniaux avec moi. Je ne peux pas vous voir comme mon papa et ma maman mais on peut inventer un mot rien que pour nous non ? Comme ça, on forme une famille mais je ne les oublie pas. C'est possible ?
-Bien sur.
-Mais...
-Oui ?
-Les gens qui sont venus aujourd'hui, ce sont vos familles pas vrai ?
-ça pose soucis ?
-Ben, s'ils sont pas d'accord, est-ce qu'on peut quand même être ensemble ?
-Ho Léo, s'exclama (T/P) en le prenant dans ses bras ! Tu as passé du temps avec Machi, Shizuku et mon frère et tous les trois t'aiment déjà.
-Si tu veux être sûr, qu'est-ce que tu dirais d'aller leur demander ?
Feitan se pencha pour lui chuchoter la fin à l'oreille.
-S'il y en a un qui dit quoi que se soit, je lui arracher les ongles un par un."
La demoiselle fit mine de ne pas entendre la menace de son compagnon et saisi la main de l'enfant pour rejoindre la fête.
"-Tout le monde ! On a quelque chose à vous annoncer et on voudrait votre avis, elle sourit à l'enfant. Voilà, vous savez que depuis quelques temps, Léo vit avec nous. Aujourd'hui, nous lui avons proposé de rester et de devenir un membre à part entière de la famille, mais avant de donner sa décision, il voudrait avoir votre opinion. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Tout le monde se mit à parler en même temps, si bien que ça en devenait incompréhensible. Finalement, Kuroro vint à leur rencontre.
-Dis-moi Léo, tu aimes vivre ici ?
-Oui, il n'osait pas vraiment le regarder dans les yeux de peur de sa réaction.
-Est-ce que tu aimes (T/P) et Feitan ?
-Oui.
-Alors il n'y a aucune raison pour que tu ne puisses pas rester. Les liens du sang sont importants, mais ils ne nous définissent pas. L'important, c'est ce que tu veux faire et à quel point tu es déterminé à le faire. Si tu veux rester, fais-le et intègre toi à la famille. Un jour, tu devras surement créer la tienne, mais tu auras toujours un soutien sur lequel t'appuyer.
Machi intervint accompagnée de Shizuku.
-Ce n'est pas à nous de prendre cette décision de toute façon. On préfère éviter de trop se mêler des affaires des autres. Tant que ça vous convient à tous les trois, ça nous convient aussi.
-Avoues que tu ne veux pas reconnaître que tu l'adores, la taquina son amie ?
Elle se contenta de lui jeter un regard noir.
-Bon tu vois, coupa Feitan, ils sont d'accord."
Tout heureux, l'enfant se jeta dans les bras de Kuroro qui l'enlaça simplement. Ensuite il se rua sur Machi qui eu plus de mal à le réceptionner. Il finit par le couple et ne les lâcha plus pendant un bon moment.
Voilà qui rajoutait encore une raison de faire la fête. Phinks ne rata pas l'occasion de tenter une bêtise.
"-Vient avec tonton Phinks, petit. On va bien s'amuser !
-Je jure que si tu n'éloignes pas cette bière de Léo je t'étripe !
-Oui Mdame !"
Malgré tout, il continuait à rire, signe qu'il allait remettre le couvert et trouver un moyen de faire des âneries.
Kuroro quant à lui s'approcha de sa sœur.
"-Je peux me considérer comme un oncle ?
-Et bien il ne nous considère pas comme ses parents mais je pense qu'il sera content de t'appeler comme ça.
-Bien. Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ?
-Ne me dis pas que tu comptes jouer les gâteux !
-Tu n'as jamais voulu utiliser cet argent, je l'investis autrement.
-Tu es incorrigible. Tu n'auras qu'à lui poser la question mais le connaissant, tu n'es pas beaucoup mieux loti qu'avec moi."
Le soir venu, les enfants durent aller se coucher et laisser aux adultes la fin de la soirée.
Léo aussi gagna un des lits de l'orphelinat. Il y resterait jusqu'à la fin de la fête, ce qui lui permettait de s'octroyer une sieste avant d'aller véritablement se coucher dans sa nouvelle maison. (T/P) s'occupa de le border, lui embrassant le front du bout des lèvres.
"-A tout à l'heure, lui chuchota-t-elle.
-A plus tard Ma, Pa aussi.
-A plus petit, Feitan lui répondit."
Ils le laissèrent alors qu'il s'endormait déjà, épuisé par sa journée riche en rebondissement.
"-Qu'est-ce que tu penses de nos nouveaux surnoms, gloussa la jeune femme ?
-J'en ai eu des plus mauvais.
-Avoues que tu as eu un petit pincement au cœur !
-J'vois pas de quoi tu parles.
-C'est ça ! J'te jure toi alors, ria-t-elle.
-Bon, on retourne voir cette bande d'ivrogne oui ou non ?
-Comme tu y vas fort, tout ça pour changer de sujet. C'est pas très gentil tout ça.
-J'le suis pas.
-Je t'aime comme ça.
-Pfff
-Je le vois comme un "moi aussi"
-Prends le comme tu veux."
Elle rit de la réaction de son compagnon et passa son bras sous le sien pour retourner sur les lieux de la fête. Mieux valait ne pas laisser certains membres de la brigade sans surveillance trop longtemps. Surtout après quelques verres, question de survie.
Heureusement pour eux, rien n'était arrivé durant leur absence et la soirée pu continuer tranquillement. Kuroro invita sa sœur à danser. Il avait personnellement choisi la chanson. Une musique simple à suivre pour ne pas se faire écraser les pieds. Quand elle fut terminée, Feitan vint prendre le relais, son patron lui cédant la main de sa cavalière.
Sharnalk lança "la période des slows, sorry not sorry pour les invités sans cavaliers".
(T/P) souris à cette formulation et décida d'embêter Feitan.
"-Alors ça fait quoi d'être marié ?
-C'est fatiguant.
Le jeune homme avait bien compris son manège.
-Dis-toi que la prochaine fois que tu te feras draguer, tu pourras refuser en montrant simplement ta bague. Même pas besoin d'ouvrir la bouche.
-Comme si ça arrivait souvent...Il leva les yeux au ciel.
-Je le fais dès que je peux !
-Heureusement que tu portes la même que moi alors, tu as un laisser passer.
-Je suis la seule à avoir cet avantage ?
-Évidemment.
-Tu te rends compte que maintenant je ne pourrais plus m'offusquer que les gens m'appellent madame dans la rue. Je suis mariée et j'ai un enfant.
-Si ça peut te rassurer, tu seras toujours une gamine à mes yeux.
-Ho le fourbe !
Elle lui donna un coup de coude dans les côtes, sachant pertinemment qu'elle ne lui ferait aucun mal.
-On verra si tu tiens le même discours quand on sera tous les deux vieux et ridés et que tu auras mal partout. Tu seras bien content d'avoir une gamine pour t'aider.
-Tu vois loin.
-C'est parce que je vais coller tes jolies petites fesses jusqu'à la fin de ta vie.
-On n'est pas rendus.
-Et non, tu n'as plus aucun moyen de te débarrasser de moi.
-Dis donc tu tiendrais pas un peu beaucoup de ton frère ?
-Tu trouves ? Fais attention, c'est pratiquement le tien aussi maintenant.
Pour toute réponse il fronça le nez.
Elle renchérit.
-Je t'imagine en train de l'appeler beau-frère, c'est magique !
-Ça jamais.
-J'arriverai peut-être à le convaincre de le faire, réfléchit-elle.
-Faites que non !
-T'es pas drôle. En y réfléchissant, on a pas préparé d'enterrement de vie de garçon ou de jeune fille avant la fête.
-On s'en fout, si tu y tiens, tu peux toujours organiser une soirée avec les filles.
-Je m'amuserai certainement plus que toi, plaisanta-t-elle. Entre mon frère, Phinks, Sharnalk, Bonorenof, Korutopi, Nobunaga et Franklin ça peut vite tourner au vinaigre.
-M'en parle pas.
-Ho tu arriverais peut-être à obtenir un peu de calme en en assommant deux ou trois.
-Pas envie. On fera une sortie ensemble à la place.
-Ça me va mais j'en connais un qui va être déçu.
-M'en fous. Il est pas rancunier de toute façon.
-Heureusement.
-Tu sais qu'ils s'attendent tous à ce qu'on ait des activités particulières pour cette nuit ?
Elle l'avait assez embêté pour qu'il se décide à répliquer.
-Et toi, tu t'attends à quoi ?
-Va savoir.
-Un vrai cachotier dis donc.
-C'est une légère déformation professionnelle, vous comprenez.
-Bien sur ! "
Ils retournèrent s'assoir à la fin de la chanson. (T/P) sourit en remarquant Kuroro et Machi sur la piste de danse. Tous les membres savaient dansé, dans différentes mesures et styles... mais il était rare qu'ils s'amusent à pratiquer cette compétence. Sharnalk jouait toujours les DJ pendant que Phinks bavardait joyeusement loin du reste de la bande qui préférait discuter plus calmement avec d'autres invités et surtout rester éloignés de son odeur d'alcool.
"-Et les amoureux, les interpela-t-il ! Vous avez pensé au jeu de la jarretière ?
-Si tu veux perdre tes mains lances-toi répliqua son ami.
-Ce serait dommage de gâcher la fête !
-Machi te remettrait ça rapidement.
-Moi qui te prenais pour un frère, tu veux m'estropier. Dire que j'étais prêt à vous garder le petit...
-Franchement, tu serais la dernière personne à qui je confierai un enfant.
-T'es méchant.
-Pour le coup je dirai plutôt réaliste, intervint la mariée.
-Si même toi tu t'y mets..."
A partir de minuit, les premiers invités commencèrent à rentrer chez eux pour une bonne nuit de sommeil. Les membres restèrent jusqu'à la fin, habitués à peu dormir. Ceux qui n'étaient pas complètement saouls, à comprendre tout le monde sauf Phinks, aidèrent à ramener les restes de nourriture à l'intérieur et à ranger le reste des affaires. Seule l'arche ne serait démontée que plus tard.
Ensuite, toute la troupe rejoignit la maison du couple, dans laquelle ils logeaient, avec Léo ballotant sur l'épaule de son nouvel oncle. Après un interminable défilé dans les deux salles de bain, les demoiselles ayant besoin de se démaquiller en prime, ils se souhaitèrent bonne nuit avant de s'en aller dans leurs chambres.
Feitan avait enlevé son costume et (T/P) s'était débattue quelques instants avec la fermeture de sa robe avant de s'en débarrasser. L'un en face de l'autre, ils se jetèrent un regard empli de fatigue.
"-On fait quoi du coup, demanda la jeune femme ?
-Franchement, j'suis crevé.
-Moi aussi.
-On dort ?
-On dort.
Ils s'installèrent tous les deux sous les draps et se collèrent l'un à l'autre pour dormir.
-De toute façon, on n'a jamais été du genre à satisfaire les attentes des autres, continua-t-elle.
-Ouais.
-Et puis on aura tout le temps de se rattraper.
-Aussi.
-On ressemble à un vieux couple nan ?
-Nan. Dors maintenant.
-Bonne nuit."
