Cet OS a été écrit pendant la 103ème nuit d'écriture du FoF. Il fallait le rédiger sur le thème "Dense" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.


Le gondolier fou :

La fuite des Jumeaux Weasley avait été un soulagement. Ombrage et Rusard étaient à peu près satisfaits. Après avoir semé des feux d'artifices ignobles, après de multiples plaisanteries douteuses et enfin ce marécage, ils étaient partis. Comme ça : envolés, partis, débarrassés !

Ombrage n'avait pas encore obtenu l'autorisation pour son Argus adoré. Il voulait réutiliser les cachots et les chaînes abandonnées depuis longtemps. Les deux personnages les plus détestés de Poudlard comptaient bien faire ratifier leur projet par le ministre de la magie. Le décret d'éducation numéro vingt-neuf était un projet ambitieux qui calmerait définitivement les troubles. Seulement voilà, au moment de l'envoyer, Rusard et Ombrage avait été appelés d'urgence au cinquième étage par un élève de confiance, le jeune Mafefoy. Il y avait eu une catastrophe ! Un couloir entier avait été transformé en marécage !

Heureusement la brigade inquisitoriale avait tout de suite réagi et capturé les deux coupables. Les jumeaux Weasley, encore eux ! Ils n'avaient pas tout de suite cherché à fuir. Ils attendaient fièrement. Leur fuite avait été un affront public pour la grande Inquisitrice mais ils étaient enfin partis. Ils avaient fui lâchement en appelant leurs balais volants.

Contrairement à ce qu'avaient cru Ombrage et Rusard, le départ des deux terreurs ne signifiait en rien la fin de leurs problèmes. Il avait déjà fallu reconstruire le bureau inquisitorial. Mais ils avaient aussi échoué à se débarrasser du marécage. Ils avaient tout essayé pour l'enlever : sortilèges de réduction, de disparition, d'expulsion, d'explosion, tout !

Ça n'aurait pas posé de problème si ce couloir n'était pas l'un des plus fréquentés. Les salles de métamorphoses, de sortilèges et de runes s'y trouvaient. Non seulement les professeurs concernés n'avaient été d'aucune aide pour enlever le marécage mais ils avaient été inflexibles. Ils conservaient leurs salles.

Ombrage les avait menacés de tout. Les professeurs s'étaient ligués, ils ne bougeraient pas à moins qu'elle ponde un décret d'éducation quelconque les forçant à changer de salle à cause d'un petit obstacle gênant le passage. Or Ombrage ne pouvait pas décemment demander à son délicieux ministre de valider un décret pareil. Pour cela il faudrait qu'elle admette son absence d'autorité sur Poudlard. Elle avait, en effet, fait croire qu'elle maîtrisait tout depuis qu'elle avait soi-disant renvoyé les deux principaux éléments perturbateurs. Si elle parvenait à renvoyer Potter, le ministre lui avait promis l'Ordre de Merlin troisième classe, pour contribution exceptionnelle et modernisation de l'éducation sorcière. Elle refusait d'admettre sa défaite. Les salles n'avaient donc pas changées, le couloir non plus.

Le grand perdant de l'histoire avait été Rusard. Une seule solution avait été trouvée. Flitwick avait proposé à Rusard d'employer une barge pour conduire les élèves aux différentes salles. McGonagall avait approuvé et immédiatement invoqué une embarcation à fond plat, ainsi qu'une perche pour Rusard.

Evidemment, Rusard n'avait pas trouvé la remarque de Flitwick très drôle. Il n'avait rien d'un fier gondolier vénitien. Ce travail stupide l'occupait presque toute la journée, l'empêchant de tenir à l'œil les affreux élèves. Ceux-ci en profitaient pour mener la vie dure à la Grande Inquisitrice.

Ce qui devait arriver, arriva. Juste avant le couvre-feu, Rusard dû acheminer des étudiants pour qu'ils rentrent à la tour de Serdaigle. Quand il fit demi-tour avec sa fière embarcation et qu'il fut en plein milieu du marécage, il vit trois silhouettes sombres apparaître. Rusard leur cria de déguerpir et les menaça de mille tortures.

Loin d'être impressionnés, les trois étudiants sortirent des baguettes et jetèrent des sorts au Cracmol. Un sort de mutisme, évidemment, et un sort qui rendit l'embarcation de plus en plus dense. Rusard tenta tout ce qu'il put mais la barge était devenue si lourde que la perche était inutile. Il ne pouvait plus la bouger. Rusard passa donc la pire nuit de sa vie. Flitwick vint quand même le délivrer le lendemain matin en lui apportant un chausson aux pommes. Le professeur de sortilèges ne se rappelait sans doute pas que le concierge détestait les pommes. Maudite densité, maudites pommes, maudits sorciers !