Hello ! :)

Cet OS a été écrit au départ pour mon amie nesache. Elle voulait que je ressuscite Remus. Coup de chance j'ai eu des idées grâce au Forum Francophone (FoF) qui proposait des thèmes d'univers alternatifs. Le texte répond aux thèmes "Fix-it" ( = répare en anglais) et "guerre"

Disclaimer : Comme d'habitude, je ne détiens pas les droits sur l'univers ou les personnages.

Voilà voilà

Bonne lecture !


Rebâtir Poudlard :

La réhabilitation du château s'était avérée plus complexe que prévue. Lors de la bataille de Poudlard, les protections magiques avaient été hautement sollicitées. De puissants maléfices et de la magie noire avaient perturbé l'architecture enchantée.

Les enseignants et les volontaires s'étaient courageusement attelés à reconstruction. Les murs et les plafonds ensorcelés étaient étudiés un par un. Souvent, il fallait consolider ou désactiver voir briser la structure affaiblie puis l'enchanter à nouveau.

Remus avait survécu à cette bataille par un miracle qu'il n'expliquait toujours pas. Il partageait son temps entre la maison de sa belle-mère Andromeda et l'antique château. Le loup-garou était tout aussi occupé que son épouse Nymphadora, elle aussi miraculée de guerre.

Pendant les travaux de Poudlard, le lycanthrope s'était très vite rapproché de son ancien professeur et collègue Filius Flitwick. Ils associèrent leurs talents respectifs et se plongèrent dans les manuels d'architecture magiques pour sécuriser la structure du château. La tâche était ardue mais l'entente des deux hommes les rendaient efficaces.

Un elfe se matérialisa à leur côté alors qu'ils entamaient le diagnostic d'une clef de voûte proche de la salle commune des Poufsouffle. Le petit être tendit une enveloppe parcheminée à Remus. Le loup-garou remercia en elfe en souriant puis décacheta la lettre avec curiosité.

Bonjour Remus,

Je vous sais très occupé au côté de ce cher Filius, mais auriez-vous quelques minutes pour prendre le thé à 5 pm ?

En espérant que vous pourrez vous libérer

Minerva McGonagall

PS : J'aime les chardons.

Filius et Remus échangèrent un regard interrogateur. Le lycanthrope haussa les épaules et demanda à l'elfe de confirmer sa présence auprès de la directrice pour le thé.

Après la disparition de la créature, les deux hommes spéculèrent sur la raison de cette entrevue. Filius supposa que la directrice voulait rémunérer le travail considérable que Remus fournissait bénévolement dans la reconstruction de l'école.

N'ayant pas de meilleure idée, Remus proposa à son aîné de se replonger dans l'architecture. Il prit juste soin d'ensorceler sa montre pour qu'elle chante un air de cornemuse vingt minutes avant le rendez-vous.

Les deux mages reportèrent leur attention sur la voûte. Une arche semblait endommagée. Deux explosions l'avaient touchée. Ils s'employèrent à sonder la structure pour déceler des dégâts internes. Leurs sortilèges d'analyse confirmèrent leurs craintes. La voûte avait été détériorée en profondeur. Les lignes magiques qui orientaient les descentes de charges étaient trop perturbées pour qu'un ajustement suffise.

Remus réprima un soupir et se dirigea vers la fenêtre la plus proche. D'un sortilège d'attraction, il attira de lourds madriers de chêne. Heureusement les sifflotements du directeur de Serdaigle lui rendirent le sourire.

Les madriers s'assemblèrent un par un, guidés par des coups de baguette assurés. Avec la pratique, la procédure devenait bien rodée. En quelques minutes, ils montèrent la structure en bois de sorte qu'elle épouse et soutienne la voûte. Quelques sortilèges furent nécessaires pour renforcer les assemblages.

Filius sortit un balai miniaturisé de sa poche, lui rendit sa taille habituelle puis s'éleva doucement dans les hauteurs. Remus se coordonna aussitôt avec lui, prêt à réagir pour le protéger en cas d'effondrement.

Le Serdaigle désactiva une par une les lignes de descente de charges. Il observa une pause entre chaque sortilège pour évaluer la réaction de la voûte. La structure en chêne gémit sous le poids, mais fit son office et retint les lourdes pierres. Filius répara l'arche avec délicatesse, toujours sous l'œil attentif de Remus. Quand ce fut fait, les deux mages enchantèrent à nouveau la voûte.

Filius redescendit joyeusement vers son ancien élève.

« Vous voyez Remus, il n'y a que les Gryffondor qui provoquent des chutes de pierres, taquina-t-il.

— Je proteste. Les dégâts étaient très différents, répondit Remus faussement indigné.

— Tse tse tse, j'affecte dix points à ma maison pour la réparation de cette voûte. »

Les deux hommes éclatèrent de rire jusqu'à ce qu'une musique irlandaise se fasse entendre.

« Allez-y, je démonte la structure en bois, déclara Filius.

— Vous êtes sûr que…

— Bien sûr ! Ce sera l'affaire d'un instant et ensuite je file m'accorder un thé et des scones dans les cuisines. Nous reprendrons quand vous reviendrez. »

Remus acquiesça et s'éloigna en direction du bureau directorial. La gargouille s'écarta lorsqu'elle entendit le mot de passe « chardon ». Le lycanthrope frappa à la porte et entra dès que la voix fatiguée de la directrice l'y invita.

« Ah Remus, soupira-t-elle. Voulez-vous du thé ?

— Avec plaisir mais sans biscuit au gingembre, répondit-il.

— Remus, suis-je vraiment la seule à apprécier ces délicieux biscuits ?

— Ils manquent hélas de chocolat pour me plaire, expliqua le loup-garou amusé. Que puis-je pour vous ?

— Tout d'abord, prendre des nouvelles d'un ami. J'aurais dû le faire plus tôt mais je suis débordée. Et comme Filius et vous êtes assez indépendants, je n'ai pas pris la peine de suivre vos progrès. Comment est-ce que vous vous en sortez ?

— Nous avançons assez bien en fait. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont désormais sûrs. Il nous reste le second et les sous-sols. Heureusement les combats ne sont pas déroulés dans la totalité du château. Avec Filius nous avons trouvé un bon rythme.

— Justement il n'y a que deux semaines que vous êtes sorti de Ste-Mangouste. Est-ce que ce n'est pas au contraire un rythme trop rapide ? s'inquiéta-t-elle.

— Rassurez-vous, je vais très bien.

— Vous avez tout de même passé cinq semaines dans le coma. Tout comme Nymphadora.

— Nous sommes parfaitement rétablis.

— D'ailleurs pouvez-vous me donner quelques précisions sur votre convalescence. Les rares explications que j'ai arrachées aux guérisseurs étaient assez…

— Confuses ?

— C'est bien le mot.

— Bellatrix a infligé un avada à Tonks. Pourtant cela n'a pas fonctionné. Les guérisseurs ont supposé que Bellatrix devait être épuisée par les combats, ce qui a atténué le maléfice. Apparemment les liens du sang auraient pu aider à la protéger, mais au final nous ne savons pas.

— Bien, l'essentiel est là. Nymphadora est vivante.

— Exact.

— Et vous ? Qu'est-ce qui vous a plongé dans le coma ?

— Un autre avada. La dernière chose dont je me souviens est le visage d'Antonin Dolohov. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il a échoué. Je devais aussi mourir et finalement je m'en suis sorti également avec un simple coma.

— Les guérisseurs avaient des hypothèses ?

— Pas vraiment. J'en ai parlé avec beaucoup de monde. La dernière supposition en date est celle de Miss Lovegood. Elle semble que seule la volonté d'un maître de la Mort aurait pu détourner les Moires de leur rôle. Comment a-t-elle formulé cela ? Seul le maître de la Mort possède le pouvoir de retenir Atropos et de permettre à Lachésis de dérouler le fil de la vie vers une nouvelle voie.

— Un maître de la Mort » répéta McGonagall incrédule.

Ni l'un ni l'autre n'aperçurent le regard amusé du portrait d'Albus Dumbledore qui feignait de somnoler dans son cadre.

« Enfin, pour en revenir à des sujets que nous maîtrisons, comment vous en sortez-vous ? demanda Remus. Comment puis-je vous aider ?

— Vous réalisez déjà des missions capitales Remus je vous en remercie. Le ministère a enfin débloqué des fonds pour nous aider. Quelques grandes familles sorcières ont consenti à faire des dons en Gallions et quelques nouveaux elfes. Je vais d'ailleurs pourvoir vous rémunérer, en tant qu'enchanteur.

— Ce n'est…

— Ce n'est pas négociable Remus, s'agaça la directrice. L'architecture magique est un métier hautement qualifié et vous le réalisez avec brio. Sans compter les maléfices et les artefacts laissés par ces affreux Carrow dont vous nous avez débarrassés. Votre modestie ne m'intéresse pas. Acceptez !

— Bien, admit Remus à contrecœur. Sinon Hermione a évoqué une nouvelle matière au programme de Poudlard. Vous avez réussi à organiser ça ?

— C'est exact, un cours de découverte des civilisations sorcières, moldues et quelques autres créatures pensantes. Il sera obligatoire pendant les deux premières années.

— Je trouve que c'est une excellente idée. Cette jeune fille ira loin.

— Très loin » approuva McGonagall en réprimant difficilement sa fierté.

La directrice dévora deux biscuits en s'autorisant un ronronnement.

« Par contre les négociations avec les espèces de la forêt n'avancent pas, reprit-elle.

— Qu'est-ce qui bloque ? L'intégration du petit frère d'Hagrid ?

— Il occupe un espace considérable que les Centaures revendiquent.

— Les Acromentules ont subi de lourdes pertes, pouvons-nous le déplacer sur leur territoire.

— Hélas, non ! Ces horribles bestioles n'obéissent plus à Hagrid. Elle serait bien capable de l'attaquer pour le manger. Jusqu'ici Hagrid nous servait de médiateur avec les Centaures.

— Qu'en pense Firenze ? Il a pourtant été réintégré dans le troupeau.

— Heureusement qu'il est là. C'est le seul qui nous permet de maintenir le dialogue.

— J'irai lui parler. Ma condition me permet de mieux appréhender la nature et donc d'interagir avec les Centaures. »

La directrice opina, mais préférait ne pas se faire trop d'illusions.

« Je commence aussi à réfléchir au renouvellement de l'équipe professorale.

— Le renouvellement ? demanda Remus avec nostalgie. Pourtant il n'y a que les Carrow a remplacer ?

— Horace Slughorn et Pomona ont tous les deux voulu démissionner. Horace a été secoué par notre duel contre Voldemort. Quant à Pomona, elle a été sérieusement blessée. J'ai réussi à les persuader de rester un ou deux ans de plus. Je ne pouvais pas perdre deux directeurs de maison, alors que je dois moi-même renoncer à diriger la maison Gryffondor. Je garde tout de même les cours de métamorphose. Contrairement à Albus et à... Severus, je n'ai pas d'obligations extérieures. »

Remus n'osa commenter. Il est vrai que l'enseignement à temps complet était incompatible avec des responsabilités au Magenmagot et de la Confédération Internationale des Sorciers et pire avec la position de lieutenant de Voldemort.

« Qui vous remplacera à la tête de Gryffondor ?

— Je l'ignore encore. Nous n'avons plus d'anciens Gryffondor. Charity était la seule à fréquenter notre maison. Horace est aussi le seul représentant de Serpentard. Merlin merci, Bathsheda Blabbling va reprendre progressivement les Poufsouffle. Pomona cherchera un apprenti ou un botaniste intéressé quand Ste-Mangouste la laissera sortir.

— Avez-vous pensé à Neville Londubat ? En plus, c'est un Gryffondor.

— Vis-à-vis de la botanique, il serait parfait, mais il est un peu jeune pour diriger les Gryffondor.

— Mais il a leur respect et il est modéré. Nul doute qu'il s'opposera farouchement à la probable stigmatisation des Serpentard.

— Vous aussi vous pensez que cela va arriver. Je soupçonne que c'était l'un des motifs d'Horace pour reprendre sa retraite.

— Comment l'avez-vous convaincu de revenir ?

— Il y aura plusieurs héros de guerre à la rentrée. Hermione et Neville ont demandé le redoublement. Horace espère qu'Harry et Ron reviendront également. »

Remus eut un sourire en coin mais ne fit aucun commentaire. La directrice savait tout comme lui qu'Harry et Ron songeait à intégrer directement le département des aurors.

« Sinon Argus Rusard est parti en début de semaine. Même s'il ne l'admettait jamais, il appréciait Poudlard. L'état du château et le traumatisme des combats l'ont fait fuir.

— Avez-vous des pistes pour son successeur ?

— J'ai proposé à Gawain Robard de donner la priorité à un auror rendu inapte au service. J'en rencontre deux demain.

— Voilà qui s'arrange, s'enthousiasma Remus. Enfin pas pour les étudiants. Un pisteur professionnel qui sévira dans les couloirs. Quelle horreur !

— Remus voyons, le rabroua la directrice. Votre côté maraudeur resurgit un peu trop par moment.

— Toutes mes excuses » répondit-il avec un air qui se voulait innocent.

La sévère directrice ne parvint pas à réprimer son hilarité et éclata de rire, pendant que son ancien élève se contentait d'un sourire amusé.

« Pour autant, j'appréciais aussi votre côté enseignant, dit-elle après avoir retrouvé son souffle. C'est le dernier point que je voulais aborder avec vous. Est-ce que vous accepteriez de reprendre votre ancien poste ?

— Minerva, je suis très touché par votre proposition, mais la malédiction…

— La malédiction sur le poste s'est éteinte avec son lanceur. Filius, Horace et moi avons vérifié.

— C'est une excellente nouvelle, mais je ne parlais pas de cette malédiction.

— Horace vous préparera la potion Tue-Loup sans soucis.

— La question n'est pas là. La dernière fois, ma condition avait été passée sous le silence. Aujourd'hui je suis un loup-garou officiel dont le nom a été placardé partout pendant cette terrible année.

— Et aujourd'hui c'est un héros de guerre qui revient, un combattant qui a défendu nos élèves.

— Non Minerva. Personne n'acceptera. »

La directrice McGonagall s'agaça de tant de résistance. Elle savait que Remus avait adoré cette année d'enseignement. Mieux il avait été excellent. Elle ignora le ricanement discret de Phineas.

« Albus ? demanda-t-elle en se tournant vers le portrait de son ancien mentor. Comment avez-vous fait pour le convaincre qu'il est brillant en tant que professeur ?

— Je n'ai pas convaincu notre jeune ami, répondit l'ancien directeur en souriant. Je l'ai persuadé.

— Je suis revenu pour protéger Harry de Sirius. Albus a tenté de me recruter à plusieurs reprises. Il a fallu cette fameuse évasion pour que je prenne le risque de…

— Il n'y a pas eu d'accident, coupa Minerva agacée.

— Il était moins une.

— Vous avez toujours été un excellent élève Remus, intervint Albus. Vous apprenez de vos erreurs. Nous savons et vous savez au fond de vous que cet accident ne se reproduira pas. »

Remus ne répondit pas. Il ne parviendrait à rien sur le terrain de la logique face à l'argumentaire de Dumbledore.

« C'est l'amour et l'altruisme qui vous ont fait revenir, n'est-ce pas ?

— Harry n'est plus en danger. Il va enfin pouvoir mener sa vie en sécurité.

— Potter est peut-être en sécurité, mais ce n'est pas le cas de tous les élèves, intervint une voix revêche.

— Bonsoir Severus, salua diplomatiquement Remus.

— Qui protégera mes Serpentard quand les Gryffondor se feront justice ? Slughorn ? Laissez-moi rire.

— Voyons Severus, les Gryffondor…

— C'est déjà arrivé une fois Lupin, grogna le portrait. En 1981 et 1982 juste après la chute du Seigneur des Ténèbres. C'était ma première année d'enseignement. Les Serpentard se faisaient harceler sans relâche. C'était la vengeance des justes, précisa-t-il ironiquement. Bien entendu, les Gryffondor concernés n'avaient jamais levé la baguette auparavant pour défendre les étudiants Nés-Moldus.

— Remus, appela doucement le portrait de Dumbeldore. Les Gryffondor auront besoin d'un symbole fort pour les canaliser. Par ailleurs, tous les élèves auront besoin de quelqu'un capable de leur enseigner l'éthique derrière l'utilisation de la magie au lieu d'énumérer une liste de sortilèges prohibés.

— Donc vous ne voulez pas seulement que je sois uniquement le professeur de défense, mais aussi le directeur de Gryffondor, conclut Remus légèrement pâle. Vous savez je suis censé assumer une vie de famille.

— Tout est arrangé, répondit Miverva. J'ai réservé un vaste appartement pour vous trois. J'ai jugé bon de prendre un qui soit à proximité de l'infirmerie. Cette pauvre Nymphadora est tellement maladroite. À sa demande il est assez proche des cuisines.

— Un instant, s'alarma Remus. Vous avez déjà tout organisé avec Dora ? »

Un éclat de rire s'éleva d'un autre portrait.

« Mon arrière-arrière-arrière petite fille a du caractère. Je n'aimerais pas lui expliquer qu'elle devra faire une croix sur le magnifique appartement qu'elle décore en ce moment même. Si j'étais vous, j'accepterais prudemment plutôt que de risquer son courroux. »


Heureusement que les directeurs de Serpentard sont là pour mettre l'ambiance dans le bureau directorial :D

Voilà c'était le deuxième OS sur Remus. Heureusement qu'il accepte dans les deux cas. Enfin là, il n'a vraiment pas le choix O:)

A bientôt !