Ce texte a été écrit pendant la 150ème nuit d'écriture du Forum Francophone (FoF) qui a cette occasion a été rebaptisée « nuit du chaos » pour marquer l'événement.

Nous devions écrire sur le thème « quinquet ». Vous ne connaissez pas ? Allons voyons ? Pas très culturé on dirait… Apparemment c'était un sort de lampe à huile inventée au 18ème siècle (évidemment que je n'en avais jamais entendu parler)

Et il fallait aussi conclure l'OS par la première phrase d'un des précédents textes. Je ne vous dis pas lequel pour faire une petite chute :)

Et comme j'ai débordé sur l'heure suivante j'ai intégré le thème « famille » aussi, mais avec la contrainte supplémentaire de ne pas écrire sur une relation familiale… mais pour le coup je ne suis pas sûr d'avoir réussi à écrire selon la contrainte. Vous jugerez.

Bonne lecture !


Parfois Albus est insupportable :


— Albus vous feriez un très mauvais auror.

— C'est donc une bonne chose que j'aie choisi une carrière d'enseignant.

— Plutôt oui.

— Je n'ai pas l'habitude rester oisif si longtemps.

— Ça s'appelle faire une planque. Ce serait trop facile si nos poissons arrivaient vingt minutes après le début de la planque.

— Je sais je sais. Vous ne voulez pas rejouer au bonneteau ?

— Vous n'avez plumé. C'était pourtant mon rôle de vous plumer. Avec qui avez-vous pratiqué ce jeu pour atteindre ce niveau ?

— Avec Norbert Dragonneau et Jacob Kowalski bien sûr.

— C'était évident, maugréa Maugrey.

— Nous pourrions reparler métamorphose. Je vous promets de parler d'applications plus théoriques.

— Nous avons déjà fait le tour des métamorphoses qui pourraient avoir un usage militaire, grogna Maugrey traumatisé.

— Je ne sais plus quoi proposer.

— Les vertus du silence méditatif ? suggéra Maugrey. Concentrez-vous sur ce quinquet, fixez la flamme, videz votre esprit, améliorez votre occlumencie et laissez-moi en paix.

— Mon occlumencie est déjà d'un niveau… satisfaisant, le rassura le directeur. Je vous ai vraiment traumatisé avec le bonneteau et la métamorphose théorique.

— Oui.

— Sincèrement navré.

— Faites semblant d'avoir un peu d'empathie avec les pauvres représentants de la plèbe.

— Alastor vous allez me donner mauvaise conscience.

— Tant mieux c'est le but.

— Quelle mauvaise foi !

— Vrai !

Le directeur finit par obéir et se concentra sur la petite flamme qui éclairait le quinquet.

Quatre heures de concentrations plus tard, Albus céda.

— Est-ce que votre informateur est sûr de son information au moins ?

— Aucune idée et Modingus est un escroc donc il ne faut pas le croire sur parole.

— Génial…

— Bienvenue chez les aurors.

— Si ce n'est pas indiscret, comment en êtes-vous venu à fréquenter cet escroc ?

— Je l'ai arrêté deux fois et sorti de quelques mauvaises passes depuis il me fournit des tuyaux sur mes affaires. Le souci avec ces gens là c'est que ce sont des informations incomplètes, des indices, juste histoire de dire qu'il vous aide, mais au final il fait tout pour éviter de dénoncer ses collègues. Les escrocs forment une grande famille qui cultive une sorte de solidarité.

— Je serais presque impressionné si nous n'en étions pas à cinq heures de planque.

— Une fois j'ai fait une planque qui a duré quatre jours. Sacré souvenir ! Mais j'étais avec un collègue beaucoup plus patient que vous.

— Il doit être un bon auror lui.

— Pas vraiment. C'était pas un mauvais bougre mais trop idéaliste. Ça lui a coûté la vie le pauvre. Mais je m'entendais à merveille avec lui. Ce binôme était presque un frère.

— Les aurors aussi forment une grande famille.

— Exact.

Albus continua à se morfondre pendant une bonne heure quand Maugrey releva la tête.

— J'avais oublié un détail sur ce brave Modingus.

— Lequel ?

— Il est terrifié par tout ce qui touche à la magie noire du coup ça rend ses informations plus fiables sur le trafic qui nous intéresse.

— Merlin vous entende.

— Je n'ai pas pensé à vous demander. Votre Modingus, est-ce qu'il a donné des indices sur l'aristocrate qui s'est mis à acheter ces artefacts de magie noire ?

— Non je sais juste que les vêtements sont d'excellente qualité. Les escrocs sont entraînés à les repérer pour identifier de potentiels pigeons et la démarche trahit l'aristocrate par rapport au bourgeois arriviste. Les gosses qui apprennent l'étiquette dès le berceau, ça laisse des traces dans ce genre de familles.

— Cela fait vraiment beaucoup d'incertitudes. En plus nous ne savons pas si les artefacts en question terminent vraiment entre les mains des mangemorts.

— Moi je suis sûr que si, affirma Maugrey. Les dingues qui veulent enrichir leurs collections privées prennent le temps de sélectionner les pièces. Notre aristo achète presque tout ce qui passe donc c'est pour un usage un peu appliqué que celui d'un collectionneur.

— Maugrey ?

— Quoi encore ?

— Vous voyez le barbu qui promène tranquillement en direction de notre entrepôt ?

— Ce guignol n'a pas la démarche qui correspond.

— Je vois ça. À votre avis est-ce que l'entrepôt pourrait aussi servir à stocker de l'alcool frelaté, du tabac de contrebande et autres potions hallucinogènes.

— Probablement pourquoi ? Vous connaissez ce gars ?

— Nous parlions de familles. Nous n'en étions pas encore aux confidences, mais je crois que le moment est bien choisi.

— Il est sur le point d'entrer dans l'entrepôt. Albus ? Qui est ce type ? Ne me dites pas que c'est...

— Abelforth mon très cher petit frère.


En voilà un qui va se faire un savon par son grand frère.

Donc "Abelforth mon très cher petit frère" était la première phrase du texte de 23h j'espère que ça vous a surpris :)

Et la contrainte d'évoquer le thème de la famille sans vraiment parler de relations familiales ? Réussi ? Pas réussi ?

À bientôt !