ꔹꔹ

"𝙻'𝚊𝚞𝚝𝚘𝚖𝚗𝚎 𝚎𝚜𝚝 𝚞𝚗 𝚊𝚗𝚍𝚊𝚗𝚝𝚎 𝚖𝚎́𝚕𝚊𝚗𝚌𝚘𝚕𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚎𝚝 𝚐𝚛𝚊𝚌𝚒𝚎𝚞𝚡 𝚚𝚞𝚒 𝚙𝚛𝚎́𝚙𝚊𝚛𝚎 𝚊𝚍𝚖𝚒𝚛𝚊𝚋𝚕𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚎 𝚜𝚘𝚕𝚎𝚗𝚗𝚎𝚕 𝚊𝚍𝚊𝚐𝚒𝚘 𝚍𝚎 𝚕'𝚑𝚒𝚟𝚎𝚛"

- 𝙶𝚎𝚘𝚛𝚐𝚎 𝚂𝚊𝚗𝚍

𝔗𝔥𝔢 𝔟𝔢𝔞𝔲𝔱𝔶 𝔬𝔣 𝔡𝔢𝔞𝔱𝔥

𝐒𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟏𝟗𝟒𝟐

- C'est excellent, Tom !

- Excellent, Tom, répéta Éris avec une voix niaise.

Fenris souffla du nez, se retenant d'éclater de rire. De l'autre côté de la salle, Jedusor leur jeta un regard froid et Éris baissa les yeux par réflexe.

Ça faisait bien une demi-heure que les deux amis étaient penchés sur leur chaudron. Mais malheureusement pour eux, rien ne semblait se passer comme prévu. Leur concoction prenait une forme et une couleur assez inquiétantes. La potion produisait de plus en plus de bulles, le chaudron se mit progressivement à trembler.

Fenris et Éris se regardèrent au même moment.

- Ça va exploser, dirent-ils en coeur, avant de se jeter sous la table.

BOUM !

Une énorme explosion retentit et des cris s'élevèrent dans la pièce. Éris jeta un coup d'œil à son ami, Fenris ne semblait pas plus paniqué que cela. Au contraire, il avait l'air de s'amuser.

- Vous êtes des génies, s'exclama Alphard, avec un sourire admiratif, en les rejoignant sous la table.

- WINDSOR, GREENGRASS !!! hurla Slughorn, fou de colère.

- On va mourir, couina Fenris.

- Heureuse de vous avoir connu, dit Éris aux deux Serpentard.

- On se revoit en Métamorphose, lança Alphard. Bonne chance les gars.

- C'est pas le courage qui t'étouffe, pesta Éris en le regardant s'éloigner.

- Si j'avais du courage, je serais un Gryffondor, dit Alphard, en quittant la pièce envahie d'une épaisse fumée violette.

Les deux Serpentard s'extirpèrent de leur cachette, tombant nez à nez avec le professeur Slughorn. Ce dernier avait pris une étrange couleur rougeâtre, qui tendait sur le violet. Ce qui, d'après Éris, allait plutôt bien avec le reste du décor.

Elle leva ensuite la tête, découvrant leur chaudron planté dans le plafond de pierre du laboratoire.

- Pourquoi, Windsor, pourquoi est-ce qu'à chaque fois, que je pense que vous êtes devenue sérieuse, vous vous débrouillez toujours pour me décevoir ?!

- Si je peux me permettre, dit Fenris d'une petite voix. C'est un peu de ma faute.

- Vous, Greengrass, vous êtes un cas désespéré, alors taisez vous !

- Sympa, marmonna Fenris.

- Cette fois-ci, je ne laisserai rien passer ! Vous allez amèrement le regretter !

- Mais-

- Il n'y a pas de "Mais" Windsor ! s'exclama Slughorn. Je veux vous voir ce soir dans mon bureau, tous les deux ! Vous allez passer votre soirée à trier des Véracrasses !

- Quoi ! cria Éris en grimaçant. Non, s'il vous plaît, monsieur !

- Vous n'avez pas à protester !

- Hum hum, toussa quelqu'un à côté d'eux.

- Quoi ! cria Slughorn. Qu'est-ce qu'il y a enc-...oh...Tom, c'est vous...

La voix de Slughorn s'était immédiatement adoucie, comme si sa colère s'était évaporée. Éris se tourna vers Tom Jedusor, ce dernier se tenait droit comme un i, les mains derrière le dos, un air innocent plaqué sur le visage.

- Si je peux me permettre, monsieur, commença Jedusor d'une voix mielleuse. Je pense que cette punition est un peu excessive, ils n'ont rien fait de mal, ce n'est pas de leur faute si ce sont des incapables.

- Je vais le démonter, marmonna Fenris.

- Attends, siffla Éris en le retenant.

- Et que proposez-vous, Tom ? demanda Slughorn comme si il s'adressait à son supérieur hiérarchique.

- Donnez leur une chance de se racheter, proposa Jedusor. Et passez l'éponge pour cette fois, s'il vous plaît, monsieur.

- J'vais vomir, chuchota Fenris.

- Te retiens surtout pas, répondit Éris sur le même ton.

Mais cette dernière ne se préoccupait plus des états d'âme de son ami. Ses yeux étaient rivés sur Jedusor, inspectant chaque millimètre de son visage, comme pour y déceler le moindre signe de mensonge. Tom Jedusor avait l'air infiniment sincère, il avait l'air d'un élève normal, essayant de défendre ses camarades. Il avait l'air d'un Préfet modèle, d'un parfait putain d'hypocrite.

Slughorn restait silencieux, observant lui aussi le visage de Jedusor, et semblait réfléchir.

- Je vais y songer, merci Tom, finit-t-il par dire.

BAM !

Éris poussa un cri, avant de se rendre compte que ce bruit n'était rien de plus que le chaudron qui venait de retomber. Elle ne vit donc pas le fin sourire se dessiner sur le visage de Jedusor.

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- Putain, mais à quoi il joue ! s'exclama Éris en grimpant les escaliers quatre à quatre. Qu'est-ce que ce type a derrière la tête ?!

- Ça, j'aimerais bien le savoir, lança Fenris en la suivant.

- Non, mais tu as vu sa tête ? On aurait vraiment cru qu'il était sincère ! Tu imagines ça ? Quel sale petit fils de...de...Vélane !

- C'est vrai qu'il a des airs de Vélane, dit Fenris en trottinant derrière elle. Si il faut, il a du sang de Vélane. C'est possible chez les hommes ?

- J'en sais rien ! s'écria Éris.

- Et puis, après tout, il est orphelin, si il faut c'est vraiment un fils de Vélane...

- Fenris..., siffla Éris à bout de nerfs.

Ils venaient de passer trois heures à réparer les dégâts - sans Magie - qu'ils avaient causés dans le laboratoire de Slughorn. Loupant non seulement le cours de Métamorphose, mais aussi le dîner. Ils avaient ensuite décidé de monter jusqu'à leur point de rendez-vous habituel, pour rejoindre Maddie, Nolan ainsi qu'Alphard et Eileen.

- Voyez vous ça, Windsor et Greengrass, lança une voix familière.

Éris s'immobilisa, les poings serrés.

- Oooh Black, ce n'est pas le moment, siffla la brune en se retournant vers Walburga et ses deux acolytes.

Walburga Black était ce que l'on pouvait qualifier de "Princesse de Serpentard", une jeune sorcière brillante, de très bonne famille et d'une beauté à couper le souffle. Un visage très pâle à l'air sévère, illuminé par des yeux d'un bleu froid. Une cascade de boucles foncées aux reflets fauve tombait dans son dos. Hormis une éternelle mèche rebelle, qui lui tombaient sur le visage.

Walburga était toujours accompagnée de ses deux esclaves qu'elle osait qualifier d'amies, Cora Travers et Astrea Lestrange. Et généralement, lorsqu'on voyait ces trois là arriver, ça sentait souvent les ennuis.

- Il parait que tu as réussi à t'en sortir sans punition, après tes exploits de tout à l'heure.

- J'vais me la faire, siffla Éris en grinçant des dents.

- J'ai entendu dire, continua Walburga. Que c'était Tom qui vous avait aidé...Comme c'est étrange, pour Fenris, je comprends mais...prendre la défense d'une Sang-de-Bourbe...

- Ta gueule, Walburga ! cria Fenris en s'avançant vers elle.

- Greengrass, soupira cette dernière. Tu vas continuer longtemps, à essayer de défendre ta petite Sang-de-Bourbe, en espérant pouvoir un jour lui passer dessus ?

- Beurk, lança Cora Travers, mimant un vomissement.

Fenris se stoppa à quelques centimètres de Walburga, les poings serrés et le corps tremblant de colère. Éris ne bougea pas, attendant de voir ce qu'il allait faire.

Walburga garda la tête haute, le regard braqué sur le fils cadet des Greengrass.

- Tu sais, Wal, ce n'est pas parce que tu es une Black, que je ne peux pas te casser la gueule, dit-il à mi-voix. Orion s'en foutra et Alphard me jettera des fleurs. Alors, je serais toi, je me méfierais.

- Ce sont des menaces, Greengrass ? demanda Walburga en souriant.

- Prends ça comme un avertissement, dit-il froidement. Arrêtes de croire que tu peux t'en prendre à n'importe qui.

- Très amusant, ta petite tentative d'intimidation, déclara t-elle. C'est touchant de te voir te comporter comme un petit chien.

- C'est bon, lança Éris en glissant sa main dans sa poche. On a compris, tu es frustrée et tu as besoin d'évacuer ta frustration sur quelqu'un. Mais maintenant, dégage !

Les trois Serpentard éclatèrent de rire, un rire s'apparentant plutôt à des cris de poules.

- Mais pour qui tu te prends, Windsor ?! lança Walburga Black en s'avançant vers elle, contournant Fenris.

En réalité, elle n'en savait rien, d'habitude Éris se contentait d'ignorer les provocations de Walpurga et sa bande. Cependant, Walburga s'attaquait à son ami, ce qui avait le don de l'énerver.

- Tu n'es rien d'autre, qu'une...sale...petite... Sang-de-Bourbe.

Tout en parlant, Walburga sortit sa baguette de sa poche, jouant avec l'objet en bois tout en souriant.

- Il est grand temps, que je te refasse un petit...rappel à l'ordre, dit-elle d'un ton léger.

- Wal, menaça Fenris.

- Laisse, Fenris, dit Éris sans lâcher sa baguette dans sa poche. Je...Cette fois, je veux me débrouiller toute seule.

- Vous l'entendez ? demanda Walburga en riant. Vous l'entendez ? Éris veut se débrouiller toute seule !

- J'en tremble de peur, lança Cora.

- Moi aussi, dit Walburga en brandissant sa baguette. Incendio !

- Protego ! s'écria Éris en sortant sa baguette.

Un épais bouclier argenté se dressa entre elle et les flammes lancées par Walburga Black. Mais Éris n'attendit pas pour passer à l'offensive.

- Stupéfix ! s'écria t-elle.

Un éclair rouge frappa Walburga en pleine poitrine et elle vola de l'autre côté du couloir.

- Sale petite garce, cria Walburga en se relevant avec difficulté. Tu vas le payer !

- J'attends que ça, répliqua Éris en passant une main dans ses cheveux. Allez, ramène toi !

- Éris, c'est bon, arrête ça, protesta Fenris.

- Non, dit-elle sans quitter Walburga des yeux. Pas cette fois...

C'était plus fort qu'elle, Éris était transportée par une sensation étrange, une sensation de puissance qu'elle ne connaissait pas. Mais une chose était sûre, elle adorait ça.

- Expelliarmus ! s'exclama Walburga.

- Non ! s'écria Éris en bloquant le sortilège. Tu n'as rien trouvé de mieux ?! Tu penses me faire quelque chose avec un petit Expelliarmus ?!

- LA FERME ! hurla Walburga, hors d'elle. TU N'ES QU'UNE SALOPE AU SANG POURRI ! UNE ERREUR DE LA NATURE ! BOMBARDA !

Une énorme explosion résonna dans le couloir, tellement forte que Fenris, Cora et Astrea furent projetés en arrière. Mais quand la fumée se dissipa, Éris se tenait encore debout au milieu du couloir.

Même elle était surprise, d'être encore debout après une telle attaque.

Un silence de mort s'installa dans le couloir, jusqu'à ce qu'un rire le brise.

- C'est tout ? demanda Éris en riant. Sans mentir, je m'attendais à bien plus que...ça.

- Tu en veux plus ? s'écria la Black. Tu veux vraiment crever enfaite ?!

- Quoiqu'il arrive, répondit Éris. Ce n'est pas toi qui aura ma peau. Alors maintenant bouges toi, car les professeurs vont rappliquer et ça risquerait de te mettre dans une position délicate.

- J'aime terminer ce que j'ai commencé, dit Walburga en brandissant sa baguette. Endoloris !

Un éclair rouge vif traversa le couloir, cette fois-ci, il toucha Éris qui tomba à la renverse sur le sol froid. Une douleur inhumaine traversa son corps, elle avait l'impression que tous ses os se brisaient. Sa peau la brûlait et ses yeux révulsaient sous la douleur, c'était comme si on la broyait dans un immense brasier.

Éris ne savait pas depuis combien de temps cela durait, elle ne pouvait pas le dire mais son supplice s'arrêta soudainement.

Transpirante et haletante, elle bascula sur le ventre, lutant pour garder les yeux ouverts. C'est là qu'elle vit quelqu'un s'approcher d'elle, une baguette à la main, se baissant à son niveau. Des cheveux sombres, des pupilles d'un noir profond et un air impassible.

- Tu es vraiment pitoyable, Windsor, souffla Jedusor.

Puis il se releva doucement et Éris aperçut le corps étendu sur le sol de Walburga Black, inconsciente.

- Prends ta petite copine et dégage de là, ordonna Jedusor. Je m'occupe du reste.

Éris sentit des bras l'agripper, puis son corps se releva et ses pieds quittèrent le sol. Son dernier réflexe fut de passer ses bras autour du cou de Fenris, avant de perdre connaissance.

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𝑶𝑵𝑬 𝑳𝑨𝑺𝑻 𝑺𝑷𝑬𝑳𝑳

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"𝙸 𝚊𝚖 𝚌𝚘𝚖𝚏𝚘𝚛𝚝𝚊𝚋𝚕𝚎 𝚠𝚒𝚝𝚑 𝚟𝚒𝚘𝚕𝚎𝚗𝚌𝚎"