ꔹꔹ
"𝙸 𝚠𝚊𝚗𝚗𝚊 𝚕𝚒𝚟𝚎, 𝚗𝚘 𝚓𝚞𝚜𝚝 𝚜𝚞𝚛𝚟𝚒𝚟𝚎"
𝔗𝔥𝔢 𝔰𝔦𝔩𝔢𝔫𝔱 𝔣𝔩𝔦𝔤𝔥𝔱 𝔬𝔣 𝔞 𝔠𝔯𝔬𝔴
𝒯out était flou, comme si le monde était entièrement recouvert d'un épais voile trouble. Ou encore, comme si un cocon l'empêchait d'atteindre l'extérieur. Un cocon doux et comfortable dont elle n'avait pas envie de sortir.
Éris était comme perdue, nageant dans un océan trouble et sans fin.
Cependant, une voix résonnait au loin, d'abord incompréhensible, puis de plus en plus nette.
Une seule phrase, répétée en boucle :
"Tu es vraiment pitoyable, Windsor"
Cette voix, ces mots, appartenaient à ce petit morveux de Tom Jedusor. Elle aurait pu le parier.
Pitoyable.
Non, elle n'était pas pitoyable. Elle était loin d'être pitoyable, elle était brillante et puissante. Tom Jedusor avait tort, rien en elle n'était pitoyable. Et elle allait le prouver, à lui et aux autres, à tous les autres. Mais pour cela, elle devait sortir de là, elle devait lever le voile.
Elle devait se réveiller.
Sa haine l'amena à suivre la voix, suivre les lointains murmures, pour trouver Jedusor et lui prouver. Elle allait lui prouver qu'elle n'était pas pitoyable.
Jedusor
Jedusor
Jedusor
Jedusor
Jedusor
Jedusor
Jedusor
Jedusor
JEDUSOR
JEDUSOR
JEDUSOR
- JEDUSOR !
- AH ! cria Maddie en basculant en arrière. MAIS ÇA VA PAS LA TÊTE ?!
Éris se releva, en sueur, constatant qu'elle était sur un canapé, devant un feu de cheminée.
À côté d'elle, Maddie était toujours au sol, ramassant une petite fiole qui s'était renversée sur le tapis. Un peu plus loin, Eileen et Nolan discutaient sur autre canapé. À côté d'eux, Alphard pestait sur Fenris pour qu'il le laisse désinfecter ses blessures. Tous s'étaient retournés vers elle, lorsqu'elle s'était réveillée en hurlant.
- Jedusor ? demanda Alphard, qui tenait en l'air, un petit coton du bout d'une pince pour tapoter Fenris de façon plus ou moins délicate. C'est tout ce que tu trouves à dire ? Je suis un peu déçu, je m'attendais à un, "Où suis-je ? Que s'est-il passé ?". Et là, on t'aurait dit, "Ne t'inquiètes pas, on est dans la Salle sur Demande, tout va bien". Mais non, mademoiselle décide de se réveiller en hurlant le nom d'un con.
- Tu pousses la blague un peu loin, Alphard, lança Nolan.
- Excusez-moi d'être le seul choqué qu'elle n'hurle pas mon nom ! répliqua Alphard, en se remettant à taper sur Fenris avec son coton emplit de désinfectant.
- Aïe ! cria Fenris en s'écartant. Ça fait super mal !
- Faut souffrir, quand on est pas assez intelligent pour remettre ma chère sœur à sa place, AVANT qu'elle ne fasse exploser le couloir, rétorqua Alphard. Maintenant ramène ta petite tête ici, Greengrass, ou je te lance un Petrificus totalus.
Les menaces du Black firent leur effet, puisque Fenris se laissa ensuite soigner, non sans lancer un regard noir à l'infirmier improvisé qui s'occupait de lui.
- Pourquoi est-ce que tu as crié le nom de cet abruti ? demanda Maddie en s'installant à côté d'Éris.
- J'en sais rien, avoua Éris. C'était cette voix...
- Par Merlin, elle entend des voix maintenant ! s'écria Alphard.
- Alphard, menaça Maddie en fusillant le Serpentard du regard.
- Ok, j'ai compris, je me tais.
- Non, il y avait une voix, la voix de Jedusor, qui répétait la même chose en boucle, expliqua Éris. C'est en écoutant cette voix que je me suis réveillée.
- Tu es sûre que ce n'est pas plutôt grâce à la potion que Mad te passe sous le nez, depuis dix minutes ? supposa Alphard.
- Je te jure qu'il y avait une voix.
- Moi, je te crois, dit Eileen qui était restée silencieuse depuis le début. C'est tout à fait possible.
- Et il te disait quoi ? demanda Fenris.
- Toujours la même chose "Tu es vraiment pitoyable, Windsor."
- C'est ce qu'il t'a dit tout à l'heure, avant que tu ne perdes connaissance, affirma Fenris.
- Je sais, dit Éris. Je me souviens de ce qu'il s'est passé.
- C'était vraiment très con de s'attaquer à Black, lança Maddie. Vous savez qu'elle se vengera par tous les moyens.
- Qu'elle vienne cette sale garce, dit Fenris. Ce coup là, je compte bien ne pas me laisser faire.
- Je vais encore me retrouver à rafistoler toute la bande, soupira Alphard. Vous pourriez pas vous en débarrasser définitivement ? On irait jeter les corps dans le Lac Noir et ni vu ni connu, problème résolu !
- Les corps ça remonte à la surface, lança Nolan.
- Pas si on les leste avant de les jeter, répliqua Alphard.
- Pourquoi est-ce que je traîne avec des meurtriers moi déjà ? demanda Nolan en levant les yeux au ciel.
- Bonne question, dit Fenris. Peut-être parce que, toi aussi, tu as des petites envies de meurtre. Tu le caches seulement mieux que nous.
- Ne me mettez pas dans le même panier, lança Eileen. Je ne suis pas une meurtrière, enfin...je crois...
- Quand le doute s'installe, il n'y a plus de doute à avoir, lança Alphard en terminant de recoudre Fenris.
- Tu es sacrément amochée, dit Éris en observant son ami. C'est à cause de l'explosion ?
- Ouais, cette conne de Walpurga, elle a fait exploser tout le couloir, déclara Maddie. Je suis passée après, Dippet était au bord du malaise. L'endroit tout entier était dévasté, Slughorn était particulièrement choqué.
- Et...Jedusor ? demanda Éris d'une petite voix.
- Il parlait avec Dippet et Dumbledore, répondit Maddie. Je n'ai pas très bien compris ce qu'ils disaient, mais Tom prétendait juste avoir trouvé Wal et les deux bécasses, rien d'autre.
- C'est moi, ou cet abruti nous couvre ? s'étouffa Fenris.
- Il se pourrait bien, souffla Éris en fronçant les sourcils. Je trouve ça étrange...il doit avoir quelque chose derrière la tête.
- C'est évident, non ? dit Nolan. Si Jedusor vous couvre, c'est qu'il doit y trouver un quelconque avantage. Ce gars là n'est pas "gentil", c'est même tout l'inverse.
- Jedusor est calculateur, affirma Éris. Il doit certainement avoir une idée derrière la tête...et dix coups d'avance.
- Laisse tomber Tom, lança Eileen. Tu as reçu un Doloris en pleine poitrine, est-ce que tu vas bien ?
- Je pensais que personne ne me poserait la question, lança Éris en se levant. Mais, oui, je vais bien, maintenant, on doit sortir d'ici.
- Je pensais passer la nuit dans la Salle sur Demande, dit Eileen. Redescendre dans les cachots, avec ce qu'il s'est passé...c'est trop risqué.
- Je reste aussi, lança Nolan. Me suis disputé avec Potter, je veux pas le croiser.
- Dispute de couple ? demanda Éris avec un sourire moqueur.
- Je ne veux pas en parler, dit Nolan en attrapant un livre à côté de lui.
- Ta subtilité n'a d'égal que ton aptitude à t'attirer des ennuis, Éris, souffla Alphard. C'était aussi évident que le nez au milieu de la figure.
- Oupsi, dit-elle d'une petite voix. Bon, Fenris et moi devons aller vérifier quelque chose. On se voit demain.
- Tu es plutôt en forme pour quelqu'un qui s'est pris un sortilège impardonnable, remarqua Alphard.
- C'est parce que quelque chose attire ma curiosité, et c'est plus fort que les courbatures ou autres joyeusetés que je ressens encore.
- Ta curiosité te tuera, soupira Nolan.
- Peut-être bien, dit Éris en s'éloignant. Mais c'est plus fort que moi, je me dois de me mêler de ce qui ne me regarde pas, c'est dans ma nature.
- Tu es donc naturellement suicidaire, lança Maddie. Ce n'est pas une bonne idée de mettre son nez dans les affaires de Jedusor.
- J'ai pas entendu ! s'exclama la Serpentard en sortant de la Salle sur Demande.
ꔹꔹ
Le clocher de Poudlard venait de sonner trois heure du matin, lorsque deux silhouettes se glissèrent dans les couloirs. Éris menait la marche, suivit de son acolyte de toujours.
Ils redescendaient en direction des cachots, lorsqu'un bruit résonna à l'autre bout d'un couloir. Brusquement, Fenris tira Éris par le bras et ils se cachèrent derrière une statue.
- Putain ! s'écria la douce et agréable voix d'Arès Lestrange. Pourquoi est-ce qu'on doit se farcir ça aujourd'hui ?! Et pourquoi en pleine nuit ?
- Mais quand est-ce que tu vas arrêter de te plaindre, Lestrange ? soupira Orion Black.
- Il est frustré, se moqua Oberon Selwyn.
- Monsieur était en bonne compagnie, avant que je ne débarque pour le sortir de force de son lit, expliqua Adrian Nott.
- Oooh et c'était qui ? Ou quoi ? demanda William Avery. Car connaissant Lestrange...
- Mais tu peux pas fermer ta gueule ?! cracha le concerné.
- C'était une Serpentard de sixième année, je ne connais pas son nom, répondit Nott. Ce qui est sûr, c'est que c'est une Sang-mêlé, sinon je la connaîtrais.
- Tu es tombé si bas ? pouffa Karl Yaxley.
- La ferme, pesta Lestrange. Moi, au moins, je n'ai jamais essayé de me taper des Sang-de Bourbe.
- Terrain glissant, s'exclama Joffrey Greengrass.
- Je te signale, qu'elle était Sang-mêlé, c'est Malefoy qui racontait des conneries. Cet enfoiré est d'ailleurs très mal placé pour critiquer.
- Parait qu'il regarde beaucoup Windsor ces derniers temps, railla Arès, content qu'on ne parle plus de lui.
De sa cachette, Éris serra les poings, se retenant d'aller les encastrer dans le visage du Lestrange.
- Windsor ?! s'étrangla Avery. Plutôt me taper une chèvre directement.
- Personne ne te retient, dit Joffrey Greengrass.
- Non, mais vous imaginez, Windsor ?! répéta Avery. C'est une bonne à rien, doublée d'une harpie.
C'était décidé, William Avery allait vivre la pire année scolaire de sa vie, Éris se le jura. D'ailleurs, heureusement que Fenris la retenait, sinon elle serait déjà allée l'étrangler.
- Bah, visiblement Malefoy la trouve pas mal, lança Nott. Avouez que les vacances l'ont arrangées.
- Même si c'était le cas, lança Lestrange. C'est une Sang-de-Bourbe, je ne la touche même pas du bout de ma baguette.
- Laquelle ? demanda Avery avant d'éclater de rire.
- Mais vous allez la boucler ! s'exclama Orion Black. Ou il faut que je vous balance un sortilège de mutisme jusqu'à ce que nous soyons dehors ?!
- Rabat-joie, cracha Lestrange.
Le petit groupe était à présent trop loin pour pouvoir les entendre. Éris se relava doucement, guettant le moindre bruit.
- Ceux-là, siffla la brune, agacée. Ceux-là, je vais amèrement leur faire payer, à commencer par Avery.
- On aura tout le temps de s'occuper de ça plus tard, murmura Fenris. Vu le boucan qu'ils faisaient, le concierge ne va pas tarder à rappliquer.
- Changement de programme, déclara Éris en regardant la direction dans laquelle ils étaient partis. Ça te dit une petite balade au clair de lune ?
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ? demanda Fenris. Ta dernière sortie s'était plutôt mal passée, est-ce que tu as essayé de te transformer durant les vacances ?
- J'ai tenté quelques petites choses, avoua Éris. J'arrive même à voler maintenant, s'il te plaît, Fenris, je veux savoir ce que Jedusor prépare.
Le Serpentard la regarda avec froideur, une lueur de crainte au fond des yeux.
Depuis leur troisième année, Éris, Fenris, Nolan, Maddie, Alphard et Eileen tentaient de devenir des animagus.
Ce procédé long et compliqué avait porté ses fruits sur Fenris, le premier de la bande à maîtriser cette capacité. Maddie quant à elle, avait pris quelques mois de plus, mais avait finalement réussi. Nolan avait lamentablement échoué à plusieurs reprises, Alphard avait avalé la feuille qu'il devait garder en bouche durant le processus. Et pour ce qui était de Eileen, elle allait bientôt terminer sa seconde tentative.
Éris, elle, avait eu un accident l'année passée, ce qui lui avait valut un long séjour à l'infirmerie. La forme animale qu'elle avait pris était celle d'un oiseau. Et lorsqu'elle avait tenté de s'envoler du haut d'une tour, son corps n'avait pas réussi à maintenir la forme animale. La chute qu'elle avait fait, aurait pu lui être mortelle. Mais par chance, Éris n'avait fait qu'un séjour à l'infirmerie. Mais elle ne s'était pas dégonflée pour autant, et s'était entraînée durant l'été.
- Je te jure que je maîtrise ma forme animagus, allez Fenris, s'il te plaît.
- D'accord, mais fais attention à toi.
Un immense sourire se dessina sur le visage d'Éris.
Quelques minutes plus tard, un grand loup noir se glissa à l'extérieur du château, suivit par un étrange corbeau qui titubait en volant.
Mais Éris ne voulait pas se laisser abattre, elle allait réussir à voler correctement, à trouver Jedusor et sa bande, puis à lui crever les yeux avec ses petits cerfs. Bon, peut-être pas, mais l'idée lui était agréable. Elle l'aurait bien fait à Avery, mais connaissant un peu le personnage, il se serait fait un plaisir de manger des ailes de corbeau grillées. Et cette perspective l'enchantait pas.
Ne trouvant pas tout de suite la petite bande de Jedusor, Éris prit de la hauteur, retrouvant cette vision familière de Poudlard depuis les hauteurs. Elle connaissait déjà ces paysages, lorsque les années passées, Fenris et Nolan l'emmenaient se balader en balais, de nuit. Le reflet de la lune argentée sur le Lac Noir, la fine couche de brume qui enveloppait la Forêt Interdite et les lumières de Pré-au-Lard qui brillaient au loin. Malgré ce paysage idyllique, la Serpentard ne perdait pas son objectif.
C'est là qu'elle les vit, Lestrange, Avery, Nott, Greengrass, Selwyn, Yaxley menés par Black.
Ils descendaient la pente en direction de la Forêt Interdite. Éris jeta un coup d'œil en dessous d'elle, Fenris suivait discrètement le groupe. Ils commencèrent à s'engouffrer dans la forêt, Éris dû se concentrer au maximum pour ne pas se prendre une branche. Fenris, quant à lui, était plutôt à l'aise, tapis dans l'ombre.
On avait beau dire que Jedusor était intelligent, ses sbires étaient complètement cons. Ne pas remarquer un corbeau en pleine nuit, c'était une chose, mais ne pas voir un loup de plus d'un mètre de haut en était une autre. Mais bon, elle n'allait pas se plaindre de ne pas se faire débusquer.
Le petit groupe s'arrêta dans une clairière noyée par une brume épaisse, un parfait décor de film d'horreur.
- Je vous jure, s'exclama Lestrange. Que si Tom décide encore de reporter, je...je...je...
- Tu vas, quoi ? demanda la voix glaciale de Tom Jedusor.
Deux silhouettes se détachèrent de l'ombre, l'un était grand, brun regard sombre même dans la pénombre. L'autre, blond comme neige, aux yeux gris, presque argentés.
- Tiens, Tom, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Lestrange d'une voix penaude. Ah, oui, je suis bête, tu nous as donné rendez-vous.
- Tu es ridicule, Lestrange, lança Abraxas Malefoy.
- Il a un problème le blondinet ?! demanda Ares Lestrange.
- Taisez-vous, siffla Jedusor.
Un silence de mort s'installa dans la clairière, aucun n'osa bouger et Éris se garda bien de faire le moindre mouvement. Elle s'était perchée sur une des branches d'un grand sapin, assez haut pour ne pas se faire remarquer. Fenris n'était plus visible, sûrement tapis dans l'ombre, loin des yeux et des oreilles de Jedusor.
- Pourquoi ce soir, Tom ? demanda Orion Black d'une voix froide.
- Il s'est passé quelque chose...d'intéressant, répondit Jedusor. Ça m'a permis de réaliser qu'il fallait se presser.
- À cause de ce qu'il s'est passé avec Walburga ? demanda Orion Black. Tu penses que Gryffondor est derrière ça ?
Jedusor resta silencieux, comme si il réfléchissait à une réponse.
- Aucun incapable de Gryffondor ne pourrait faire ce genre de dégâts, déclara Lestrange, qui ne s'était toujours pas résigné à la boucler.
- Lestrange a raison, dit Jedusor d'une voix grave. Black et les deux autres étaient dans un sale état, ce n'est que peu probable que ce soit l'attaque d'un Gryffondor.
Mais quel parfait menteur ! s'indigna Éris.
Tom Jedusor était un hypocrite doublé d'un charmeur de serpent, bon à faire avaler des couleuvres à n'importe qui.
- Ta fiancée était dans un sale état, Black, railla Avery. Et elle ne se souvient d'absolument rien, comme c'est étrange.
- Je me moque de l'état dans lequel est Walburga, répliqua sèchement Orion.
- C'est beau l'amour, pouffa Lestrange.
- Beurk, lança Joffrey Greengrass.
Ce n'était pas une nouvelle, Orion détestait sa cousine et fiancée, il la détestait au point de ne lui adresser la parole qu'en présence de leur famille. À Poudlard, jamais Orion ne voulait avoir à côtoyer à Walburga, même si cette dernière insistait. Mais personne n'avait jamais compris pourquoi, la rumeur disait juste qu'il n'approuvait pas de devoir épouser sa cousine. Même si cette dernière était la sorcière la plus belle et prometteuse de Serpentard, derrière le fameux Tom Jedusor.
- Qu'est-ce qu'on doit faire ? demanda soudainement Orion pour changer de sujet.
- Retirez simplement votre manche gauche et tendez votre bras vers moi, expliqua Tom. Ce soir, les Chevaliers de Walpurgis vont enfin être liés.
Si Éris avait été sous sa forme humaine, elle aurait certainement fait une tête de poisson rouge. Complètement ahurie par ce qu'il se passait juste en dessous d'elle. Ça n'avait aucun sens. Qu'est-ce que Jedusor allait encore trafiquer ? Qu'est-ce qu'il s'apprêtait à faire pour les lier ? Et qui étaient les Chevaliers de Walpurgis ?
Le seul moyen de le savoir était de se taire et rester cachée jusqu'à ce que Jedusor se décide à passer à l'acte. Et c'est ce qu'il fit.
Lentement, Tom sortit sa baguette, aussi blanche qu'un os, elle reflétait à la lueur de la lune. Puis il s'avança vers son plus fidèle ami, Abraxas Malefoy. Ce dernier se tenait le bras gauche, tête haute, l'air fier d'être choisi comme le premier cobaye de cette expérience plus que douteuse.
Une lumière verte s'échappa de la baguette de Jedusor lorsque ce dernier commença à marmonner une incantation. Une traînée de la même teinte se glissa jusqu'à l'avant-bras du Malefoy, puis pénétra dans sa peau.
Le hurlement que poussa Abraxas arracha un frisson d'horreur à Éris, qui détourna le regard. Décidément, non seulement ces types étaient givrés, mais masochistes par dessus le marché !
Les rares fois où elle avait entendu un tel cri, c'était avant que les auteurs de ces derniers trépassent. Alors même si elle estimait que Jedusor était un poil psychopathe, elle ne l'estimait pas capable de supprimer quelqu'un. Qui plus est son bras droit et "ami".
Enfin le cri d'Abraxas s'estompa et Éris décida tout de même de vérifier si il n'était pas mort.
Non, Abraxas Malefoy était toujours en vie, quoique pas mal sonné par ce qu'il venait de se passer. À présent, il contemplait avec la plus grande fascination, la marque noir d'encre sur son avant bras. Un crâne humain, vomissant un serpent.
Qu'est-ce que c'était encore que cette chose ? Un tatouage ? Même ceux du monde des sorciers ne faisaient pas si mal, elle le savait, elle avait un corbeau sur les côtes, ainsi qu'une multitude d'autres petits tatouages réalisés par Fenris et Eileen.
Qu'était donc cettte étrange marque ? Et comment est-ce qu'elle liait les "Chevaliers" entre eux ?
Mais Éris avait toujours les cris de Malefoy en tête. Et lorsqu'elle vit Orion Black se faire infliger la même chose, la Serpentard décida que c'en était trop. Décollant de la branche où elle s'était posée, elle se glissa hors de la Forêt Interdite.
ꔹꔹ
- Tu as vu ça ?! s'écria Éris en tombant dans la pelouse.
Elle venait de reprendre son apparence humaine en précipitation, avant même de toucher le sol.
- Ce type est un malade mental ! s'exclama Fenris.
- Fen, dit Éris en attrapant son ami par les épaules. Jure moi que tu ne parleras à personne de ce qu'il s'est passé ce soir. Je ne veux pas impliquer d'autres personnes.
Fenris sembla réfléchir, puis hocha la tête.
- Parfait, souffla Éris en s'approchant d'un mur.
Elle remua sa baguette et un escalier se dessina dans la pierre. Les deux compères utilisèrent ce passage secret et se précipitèrent dans leurs dortoirs respectifs, avant que Jedusor et sa bande ne se ramènent.
Mais la brune ne trouva pas le sommeil, les cris de douleur d'Abraxas Malefoy résonnaient encore dans sa tête.
Mais qu'est-ce que Jedusor avait réellement derrière la tête, à quoi est-ce qu'il jouait ?
ꔹꔹ
𝑶𝑵𝑬 𝑳𝑨𝑺𝑻 𝑺𝑷𝑬𝑳𝑳
•๏๏•
"𝙳𝚘𝚗'𝚝 𝚝𝚎𝚕𝚕 𝚙𝚎𝚘𝚙𝚕𝚎 𝚢𝚘𝚞𝚛 𝚙𝚕𝚊𝚗𝚜.
𝚂𝚑𝚘𝚠 𝚝𝚑𝚎𝚖 𝚢𝚘𝚞𝚛 𝚛𝚎𝚜𝚞𝚕𝚝𝚜."
