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"𝚅𝚘𝚞𝚜 𝚟𝚘𝚢𝚎𝚣 𝚕'𝚘𝚖𝚋𝚛𝚎,

𝚎𝚝 𝚖𝚘𝚒 𝚓𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚎𝚖𝚙𝚕𝚎 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚜𝚝𝚛𝚎𝚜.

𝙲𝚑𝚊𝚌𝚞𝚗 𝚊 𝚜𝚊 𝚏𝚊𝚌̧𝚘𝚗 𝚍𝚎 𝚛𝚎𝚐𝚊𝚛𝚍𝚎𝚛 𝚕𝚊 𝚗𝚞𝚒𝚝."

- 𝚅𝚒𝚌𝚝𝚘𝚛 𝙷𝚞𝚐𝚘

𝔄 𝔰𝔦𝔠𝔨𝔩𝔶 𝔞𝔪𝔟𝔦𝔱𝔦𝔬𝔫

𝒜ssise dans un coin de la bibliothèque, une pile de livres douteux à ses côtés, Éris commençait à perdre patience. Ça faisait trois heures, qu'elle cherchait en vain un livre lui expliquant ce que pouvait être ces marques qu'avaient reçu les "Chevaliers de Walpurgis".

Mais elle n'arrivait pas à trouver quelque chose qui correspondait à ce Fenris et elle avaient vu dans la Forêt Interdite. Cette situation lui donnait un avant goût d'échec, qu'elle ne supportait pas.

- Mais qui voilà ? lança une voix derrière elle. Je pensais que les animaux étaient interdits dans la bibliothèque, mais visiblement les Sang-de-Bourbe font exception.

Éris se crispa immédiatement, refermant son livre d'un coup sec.

- Malefoy, mais quelle surprise, dit-elle en se tournant vers Abraxas. J'ignorais que tu savais lire. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Ça ne te regarde en rien, Windsor, répliqua Abraxas. Tu n'as pas à me poser ce genre de questions.

- Très bien, répliqua Éris en attrapant des livres pour aller les ranger. Mais si tu n'as rien de plus intéressant à me dire, je vais m'en aller.

Avant qu'elle n'ait pu se relever, Abraxas lui barra le chemin. Elle était donc coincée entre le mur, une étagère et un Serpentard qui commençait à doucement l'agacer.

- Je peux passer ? Ou il me faut ton autorisation ? demanda t-elle en fixant le Malefoy.

- Tu sais, Windsor, je trouve que tu t'es plutôt bien arrangée depuis l'année dernière.

La mâchoire de la Serpentard se crispa, elle avait un très mauvais pressentiment. Son regard se posa sur son interlocuteur qui puait les ennuis à des kilomètres.

- D'aussi loin que je me souvienne, on ne t'a jamais vu avec quelqu'un, Windsor.

- En quoi ça te regarde ? siffla Éris. En rien. Alors, maintenant, laisse moi passer, Malefoy.

- Tu penses pouvoir me donner des ordres ? railla le blond. Mais tu délires ma belle.

Éris essaya de se lever, mais Abraxas la poussa en arrière pour qu'elle retombe sur sa chaise. La brune commença à sérieusement paniquer, ne sachant pas ou trop bien ce que voulait Malefoy.

Lentement, il se baissa vers elle, assez près pour qu'Éris sente son souffle dans sa nuque. Répugnée et impuissante, elle ferma les yeux, attendant que ça passe.

- Je sais ce que tu as fait à Walburga, souffla Malefoy à son oreille. J'étais avec Tom lorsqu'elle a commencé à t'attaquer, c'était très amusant de vous voir vous battre comme deux harpies.

- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ? demanda t-elle d'une voix froide.

- Ce que je veux ? répéta Malefoy en glissant ses doigts sur la joue d'Éris. Je pense que tu en as une vague idée.

Elle resta silencieuse, les paupières mi-closes, tandis que la main de Malefoy descendait dans sa nuque.

- On peut peut-être trouver un arrangement, pour éviter que Dippet apprenne qui est la personne qui s'en ait pris à Walburga Black.

- Ce n'est pas moi qui l'ai envoyé au tapis, souffla Éris. J'étais trop occupée à me prendre un Doloris en pleine poitrine. C'est Jedusor qui-

- En effet, avoua Malefoy. Cependant...tu ne peux pas le prouver, c'est ta parole contre la mienne et Tom niera avoir fait ou vu quoique ce soit. Et sincèrement, qui penses-tu que Slughorn croira ? L'élève modèle ou la Sang-de-Bourbe ?

- Malefoy, une dernière fois, qu'est-ce que tu veux ? siffla Éris, mâchoire serrée.

- Hé bien, si tu ne veux pas que je rapporte ce que j'ai vu à Slughorn, tu-

- Enlèves tes sales pattes de ma pote, ou je te fais bouffer cette encyclopédie ! s'exclama une voix masculine.

Éris rouvrit les yeux, apercevant Alphard Black au dessus de l'épaule de Malefoy. Il tenait à la main une énorme encyclopédie sur les herbes et champignons de Grande-Bretagne.

Abraxas marmonna une insulte dans sa barbe puis se retourna vers lui.

- Et te mêler de ton cul ? C'est possible ?! pesta Malefoy.

- Non, je ne peux pas, c'est plus fort que moi, railla Alphard en s'approchant un peu plus du blond. Maintenant, dégage, ou je te jure que ça va mal se terminer.

- Des menaces, pouffa Malefoy. Tu te crois plus fort que moi, Alphard ?

- Redescends d'un étage, mon grand, menaça Alphard dont le visage était fermé. Tu n'es pas en position de rire. Je suis un Black, tu n'es qu'un morveux de blondinet arrogant.

Abraxas fusilla Alphard du regard, mais ne dit pas un mot. Puis il pivota vers Éris.

- On continuera notre conversation un de ces jours, dit-il avant de tourner les talons.

- Si jamais il recommence, déclara Alphard en observant Abraxas quitter la bibliothèque. Je pense que Jedusor devra se choisir un autre bras droit.

- Je n'avais pas besoin de ton aide, siffla Éris en se levant, abandonnant sa pile de livres.

- Éris, si je n'étais pas intervenu, je ne sais pas ce que Malefoy aurait fait, lança Alphard en lui emboîtant le pas.

- Je sais me défendre ! s'exclama Éris en sortant de la bibliothèque.

- Ça en avait pas l'air, protesta Alphard.

- Occupe toi de ton cul, comme disait l'autre farfadet décoloré ! s'écria la Serpentard tout en descendant les escaliers.

- Riri, je voulais juste aider une amie en détresse ! s'exclama Alphard en la suivant.

- JE N'AI PAS BESOIN D'AIDE ! hurla Éris en se retournant vers son ami. JE NE SUIS PAS FAIBLE ! JE N'AI PAS BESOIN QU'UN SANG-PUR VIENNE À MON SECOURS !

Elle termina sa phrase en éclatant en larmes, tombant sur les marches de pierre.

- Je ne suis pas pitoyable, dit-elle en pleurant. Je ne veux pas avoir l'air d'une petite chose faible à protéger ! Je ne veux pas qu'on s'occupe de moi comme si j'étais inférieure à vous tous !

- Riri, je sais très bien que tu n'es pas faible, souffla Alphard en s'asseyant à côté d'elle. Tu es une sorcière intelligente, douée et avec un sens de l'humour hors du commun. Si j'ai envoyé balader Malefoy, ce n'est pas parce que je te crois incapable de te défendre, mais parce que tu es mon amie, et qu'on s'entraide entre amis. Je n'allais pas rester spectateur d'une agression...

Éris releva la tête vers son ami, le Serpentard lui servit un sourire maladroit, avant de prendre la brune dans ses bras.

- Tu es loin d'être faible, Éris, tu es une élève brillante, qui possède des pouvoirs d'une rare beauté. Tu es la seule à ne pas avoir fait attention à mon nom de famille, la seule à avoir été honnête dès notre première rencontre. Et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, je ne le permettrai pas.

Elle était fatiguée, à peine arrivée à Poudlard, elle avait déjà subi un Impardonnable. Maintenant, c'était Malefoy qui l'avait dans sa ligne de mire, et il n'était pas prêt de la lâcher.

Ça avait toujours été comme ça, depuis son arrivée à Poudlard, sa vie s'était transformée en Enfer.

Mais Éris luttait envers et contre tout, pour rester debout et réussir par tous les moyens possibles. Elle avait eu cette rare chance de naître avec des pouvoirs, elle ne pouvait pas abandonner.

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Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'altercation à la bibliothèque. Éris n'avait pas abandonné ses recherches mais s'était orientée vers quelque chose de nouveau, la réserve de la bibliothèque. Un endroit où seuls les élèves avec une autorisation signée d'un professeur, pouvaient se rendre. Un endroit où Tom Jedusor passait le plus clair de son temps libre, à force de lécher les pompes de Slughorn.

Le nouvel objectif d'Éris était donc d'obtenir une autorisation, avant d'envisager la manière forte pour s'introduire dans la réserve. Elle avait d'abord pensé à Slughorn, mais ces derniers temps la Serpentard préférait garder ses distances, question de survie. Il lui restait donc un large choix de possibilités.

Tout d'abord la professeure Ellwood, qui enseignait l'Astronomie et qui était connue de tous comme étant particulièrement sympathique. Mais aussi aux professeurs Dumbledore et Adonis, dont les matières étaient la Métamorphose et les Sortilèges. Cependant, Éris savait avec quel professeur elle avait le plus de chance d'obtenir son autorisation.

La Préfète arriva enfin devant la grande porte en chêne qui marquait l'entrée du bureau. Frappant trois coups pour s'annoncer, elle n'eut qu'à attendre que la porte s'ouvre.

- Entre, Éris, lança une voix féminine à l'intérieur de la pièce.

La Serpentard ne se fit pas prier et pénétra dans la pièce avant de refermer la porte derrière elle.

La pièce était spacieuse, composée d'une grande table en chêne massif, entourée de lourdes chaises. De grandes étagères, toutes remplies de livres ou d'objets plus ou moins dangereux.

Au fond, de grande fenêtres illuminaient le grand bureau minutieusement organisé, accompagné d'un imposant fauteuil en bois ouvragé, partiellement couvert de velours.

De l'autre côté de la pièce, deux canapés se faisaient face devant une immense cheminée portant le blason de Poudlard. À côté d'eux, un grand fauteuil de velours vert émeraude reposait. Sur ce dernier siégeait un femme qui lisait attentivement un vieux grimoire.

- Bonsoir, professeure Têtenjoy, dit-elle en observant la femme.

Galatea Têtenjoy enseignait la Défense Contre les Forces du Mal. C'était une grande femme blonde aux yeux bleu froid qui donnaient la désagréable impression qu'elle lisait dans l'âme de ceux qu'elle regardait. Son visage fin était toujours orné d'un rictus amusé et son apparence était toujours impeccablement soignée.

Personne ne pouvait deviner l'âge de cette sorcière, d'aucuns diraient qu'elle avait quarante cinq ans tout au plus. Mais personne n'aurait pu se douter que cela faisait presque cinquante ans qu'elle enseignait à Poudlard. Éris la soupçonnait d'avoir des origines vélanes, ou même d'en être une, mais cela restait une pure spéculation puisque la professeure Têtenjoy demeurait un mystère pour tous.

- Éris, je t'en prie, installe toi, dit la sorcière sans relever les yeux de son ouvrage.

Comme à son habitude, la brune s'assit sur l'un des grands canapés, attendant patiemment que Têtenjoy ait fini sa lecture. Au bout de quelques secondes, la femme ferma le grimoire et releva la tête vers elle.

- Merci d'avoir attendu, dit-elle à la Serpentard. Bien, que même vaut cette visite ? Si je me rappelle bien, c'est la première fois depuis le début de l'année que tu viens me voir, je suis déçue de ne pas t'avoir vu plus tôt.

Tout en parlant, Têtenjoy remua la main et le grimoire qu'elle tenait alla se ranger par lui même dans une des armoires.

- Je suis désolée, professeure, souffla Éris en se mordant la lèvre inférieure. J'ai eu pas mal de soucis depuis la rentrée...

- Je m'attendais à une excuse plus crédible, répliqua la sorcière en sondant Éris de ses yeux bleus. Mais soit. Alors, qu'est-ce que tu veux ?

- Juste vous rendre visite, pour m'excuser de-

- Éris, ce prétexte peut fonctionner sur Slughorn ou Dumbledore, mais pas sur moi. Cela fait quinze jours que nous sommes tous rentrés à Poudlard, tu as participé à plusieurs de mes cours sans être réellement présente. Et aujourd'hui, tu viens me voir comme si de rien n'était. Alors, je te repose la question, qu'est-ce que tu veux ?

La brune se mordit à nouveau la lèvre, se maudissant d'avoir été si négligeante avec sa professeure. Mais Têtenjoy était loin d'être idiote, très loin même. C'est pour cela qu'elle choisit de jouer la carte de l'honnêteté.

- Je voudrais une autorisation d'entrer dans les archives de la bibliothèque, déclara t-elle sans quitter la professeure des yeux.

Têtenjoy resta silencieuse pendant quelques secondes, réfléchissant. Éris pensa qu'il était trop tard pour elle, qu'il ne lui restait plus qu'à forcer les serrures en pleine nuit.

- Je te donne cela à une seule condition, déclara la professeure.

Éris écarquilla les yeux, abasourdie par cette situation.

- Pardon ?

- Tu as bien entendu, dit Têtenjoy. Comme tu as été honnête, plus honnête que d'autres, j'ai envie de te rendre service. Je te donnerai cette autorisation, sans te demander pourquoi tu as besoin d'entrer dans la réserve. Mais comme les bons comptes font les bons amis, tu devras me rendre un service en retour.

- Ce que vous voudrez, s'écria Éris, aux anges.

- J'ai besoin de toi pour surveiller quelqu'un, déclara la professeure. Quelqu'un qui attire mon attention depuis un temps.

Le visage de la Serpentard s'assombrit aussitôt, son intuition lui disait de se méfier.

- J'ai besoin que tu espionnes Tom Jedusor, déclara Têtenjoy d'une voix calme.

- Jedusor, s'étrangla la Serpentard. Ce Jedusor ?

- Il n'y en a qu'un seul au sein de l'école, répondit Têtenjoy. Donc, oui, ce Jedusor. Celui qui est dans la même maison que toi, de la même année que toi et le plus important, Préfet, tout comme toi. C'est pour cela que tu es la mieux placée pour le surveiller.

- Mais...je ne vais quand même pas, me mettre à pister Jedusor comme un chien de chasse, s'indigna Éris. Et puis pourquoi faire ?!

- Je ne te demande pas ce que tu comptes faire dans la réserve, dit la professeure. Alors ne me demande pas ce que je comptes faire de Jedusor. Contente toi de l'observer, et rapporte moi ce qu'il te semble suspect.

- Ça revient à le traquer, continua Éris. C'est comme si un rapace tournait autour d'un mulot, attendant le bon moment pour plonger.

Têtenjoy émit un léger ricanement.

- Éris, nous savons toutes deux que Tom Jedusor, se rapproche plus d'une vipère que d'un mulot.

La brune ne répondit pas, pesant le pour et le contre. D'un côté elle pourrait avoir accès à la réserve sans risquer de se faire renvoyer, de l'autre elle devait surveiller un serpent pour le compte de sa professeure. Est-ce que cette autorisation valait vraiment le coup de prendre des risques ? Est-ce qu'elle n'était de toutes façons pas déjà entrain d'espionner Jedusor ?

- Ça marche, lança t-elle au bout d'un moment. Je surveillerai Tom en échange d'un accès illimité à la réserve.

- Tu es dure en affaire, déclara Têtenjoy en se dirigeant vers son bureau pour rédiger l'autorisation.

- Non, madame, je suis Serpentard, répliqua Éris. Je ne fais rien, sans y trouver un intérêt pouvant m'être réellement utile.

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𝑶𝑵𝑬 𝑳𝑨𝑺𝑻 𝑺𝑷𝑬𝑳𝑳

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"𝚃𝚞 𝚖𝚎 𝚌𝚛𝚘𝚒𝚜 𝚕𝚊 𝚖𝚊𝚛𝚎́𝚎 𝚎𝚝 𝚓𝚎 𝚜𝚞𝚒𝚜 𝚕𝚎 𝚍𝚎́𝚕𝚞𝚐𝚎"

- 𝚅𝚒𝚌𝚝𝚘𝚛 𝙷𝚞𝚐𝚘