«You can't choose your family, but you can choose what you want to be. »

2 mai 1998, Poudlard

—HARRY POTTER EST MORT.

—NON !

Le cri était terrifiant, rempli de souffrance et de douleur. Personne n'aurait pu penser que Minerva McGonagall pouvait pousser un tel cri, encore moins pour un élève. Mais bien qu'elle appréciait la plupart de ses élèves, ce n'était pas n'importe lequel, c'était Harry, elle l'avait vu à sa naissance. C'était l'élève pour lequel elle avait le plus d'affection, presque un amour maternel.

—Quiconque résistera, mourra, annonça le seigneur des ténèbres de sa voix glaciale.

—Harry ! Non !

Les cris de ses deux meilleurs amis étaient déchirants. Certains membres de l'Ordre pleuraient, une nouvelle perte à leur compte. La plupart des combattants étaient sous le choc. Personne ne pouvait croire que Harry Potter était mort. C'était impossible. Pas le Survivant, pas l'Elu.

Avada Kedavra

Le professeur McGonagall fut coupée dans son élan alors qu'elle se rapprochait de son élève. Bellatrix rit, le genre de rire qui glace tout le monde, y compris les mangemorts. C'était bien évidemment elle qui avait lancé le sort.

La bataille reprit alors de façon acharnée. Elle emporta de nombreuses vies, fit de nombreuses victimes du côté de la lumière. Les quelques survivants n'étaient pas assez entraînés, n'avaient pas assez d'expérience. Hermione et Ron décidèrent de partir avec les quelques personnes qu'ils restaient.

Ce fut ainsi que le trio d'or devint un duo.

2 mai 1999, Manoir Malefoy

—Comme c'est jouissif ! Les deux derniers résistants vont mourir aujourd'hui ! Un an jour pour jour après leur ami.

—Il vous aura fallu quand même un an pour nous trouver Tom.

L'expression réjouissante de Voldemort s'effaça, Tom était mort depuis longtemps, ce patronyme moldu ne lui correspondait plus, désormais il était fort, Voldemort n'était pas un fils de moldu mais le digne descendant de Salazar Serpentard. Son visage reprit une expression cruelle et il continua.

—Qui va mourir en premier ? Personne ne se porte volontaire ? Comme c'est dommage ! Je vais choisir le garçon.

—Maître, si vous voulez mon avis, la fille serait un meilleur ch-

—Je ne t'ai pas demandé ton avis Bellatrix ! Draco, amène donc la sang-de-bourbe aux cachots le temps que nous nous occupons de son ami !

Drago Malefoy exécuta les ordres et emmena Hermione. Il avait maigri, de nombreux cernes occupaient son visage et celui-ci était neutre, impassible mais ses yeux criaient de la peur, la douleur, la fatigue et une envie de se trouver partout sauf dans l'endroit où il était.

—Excuse-moi Granger. Sans moi on n'en serait sûrement pas là.

Sur ces mots bien étranges, il verrouilla le cachot et remonta lentement les escaliers. Hermione se laissa glisser le long du mur, elle regrettait de ne pas avoir été assez vigilante. A cause d'elle, la résistance allait mourir. Certes elle n'était plus composée que d'elle et de Ron, mais tout de même. A cause d'elle, le monde des sorciers allait définitivement tomber dans les ténèbres et le monde moldu allait être détruit. Les cris de Ron raisonnaient dans sa tête, avec horreur. Et la hantise de Hermione arriva, le sort fatal fut prononcé.

—Avada Kedavra

—RON ! hurla-t-elle, d'une voix déchirante.

Malefoy revint la chercher, pour leur plus grand malheur à tous les deux. A peine fut elle arrivée devant Voldemort, le premier sort apparu. Suivi d'une dizaine d'autres, les mangemorts s'en donnaient à cœur joie.

Endoloris !

Endoloris !

Hermione ne pouvait détacher son regard du cadavre de Ron. Il était étendu là, le corps meurtri mais son visage était paisible, comme s'il accueillait la mort avec soulagement, ce qui devait être probablement le cas. Son meilleur ami l'avait quitté. Son dernier soutien, les deux derniers résistants contre le reste du monde. Hermione hurlait en silence, elle ne voulait pas donner ce plaisir aux mangemorts, elle hurlait pour Ron, pour tous les cadavres qu'elle avait vu dans la cave, pour tous ces amis, mort un à un. Ils avaient placé Ron au centre de la pièce, pour qu'Hermione ne puisse pas le rater. Sa vie avait tellement changé depuis un an, un an qu'elle se cachait, changeait d'endroit tous les mois. Un an que la grande bataille avait eu lieu. Un an que Harry était mort. Un an que Ron était devenu son soutient inflexible, la faisant passer avant lui pour tout. Y compris dans la mort. Hermione pleurait en silence, ses larmes dévalaient ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir, ce qu'elle n'aurait pas fait. Elle devait pleurer pour Ron. Pour la fin de sa vie aussi, même si pour elle aussi, la mort serait un soulagement. Elle ne pouvait plus lutter seule contre le monde entier. Les dirigeants des pays voisins fermaient les yeux, ne se doutant pas que dans quelques mois à peine, leurs propres pays seraient envahis et qu'eux-mêmes seraient morts.

Voldemort demanda d'arrêter les sorts. Il s'approcha d'elle, un sourire cruel collé sur sa bouche. Hermione savait ce qui allait suivre. Elle n'était pas idiote. Tout le monde savait ce que faisaient les mangemorts. Elle sentit les mains du seigneur des ténèbres parcourir son corps, elle le sentit entrer en elle. Elle ne le regarda pas, ses yeux toujours fixaient sur Ron. Elle avait affreusement mal, pire encore que sous le doloris, elle continuait de pleurer, mais ne cria pas non plus, du moins pas à haute voix. Voldemort se retira et laissa la place aux autres mangemorts qui l'imitèrent aussitôt. Hermione se retenait de vomir. Elle se sentait si sale, elle avait si mal. Elle voulait mourir. Voilà, elle l'avait pensé. Elle voulait mourir. Mais Hermione avait appris avec le temps, que rien ne se passait jamais comme elle le voulait, alors il était fort probable qu'elle ne mourrait pas tout de suite.

Lorsque ce fut au tour de Malefoy, il refusa. Il n'eut cependant pas le choix. Il s'approcha d'Hermione et, étant le propriétaire de la maison, transplana avec elle. Ils arrivèrent dans une clairière. Hermione était nue, à bout de force, épuisée, blessée de partout. Elle vomit tout ce qu'elle avait dans le ventre, c'est-à-dire pas grand-chose, mais recracha ses tripes, qui venait du plus profond d'elle-même. Malefoy avait la respiration saccadée, ne réalisant toujours pas ce qu'il venait de faire.

—Merci Malefoy. De m'avoir sauvée. Je te dois la vie.

—Drago. Appelle-moi Drago. J'ai juste huh senti que huh je devais huh le faire.

—Tu ne vas pas bien ? Tu as du mal à respirer. On va retransplaner chez moi. Je vais te soigner.

—NON ! Je vais huh mourir Hermione. La huh marque n'est pas huh seulement un moyen de huh communication. Elle nous huh tue si nous huh trahissons le huh seigneur des ténèbres. Ils huh vont bientôt savoir huh où nous huh nous trouvons. Pars !

—Mais non ! Tu m'as sauvé la vie ! Je ne vais pas t'abandonner maintenant.

—Hermione ! Tu huh as une dette envers huh moi, alors fais ce huh que je te huh dis ! Pars. Juste huh ne m'oublie huh pas ! Tu huh es la dernière huh résistante. Laisse-moi huh te donner huh juste deux huh conseils : deviens plus dure huh qu'une pierre, ne te huh laisse plus gouverner huh par tes émotions, tu dois huh devenir aussi huh inhumaine que huh lui pour le vaincre. Pour cela huh il faut que huh tu cherches huh les bijoux du temps ! Ne t'en veux huh pas pour Weasley et huh ce qu'ils t'ont huh fait, ce huh n'est pas huh ta faute. N'oublie huh pas ce que j'ai fait, je me huh suis repenti.

Draco Malfoy mourut ainsi, non comme un mangemort bien qu'il ne l'ait jamais complètement été, mais comme un allié. Un allié précieux.

Et ce fut ainsi que le duo devint un solo.