« Ce n'est pas parce que la solution est difficile que ce n'est pas la meilleure. »
Inconnu·e
Hermione était pâle à faire peur. Elle avait la nausée et tanguait sur ses pieds, sans pouvoir s'arrêter. Sa respiration s'était coupée et elle n'arrivait plus à trouver de l'air. Elle voyait flou et n'entendait plus qu'un bourdonnement incessant dans ses oreilles. Elle apercevait des silhouettes s'affairaient autour d'elle. Elle ne contrôlait plus rien, elle se sentit s'assoir, une personne parlait. A elle ? Elle n'en savait rien. Elle ne discernait plus la réalité du cauchemar.
—Hermione, Hermione. Est-ce que tu m'entends ? C'est Ella
Ella ? Mais qui était Ella, la seule personne qu'elle voulait voir, c'était Harry. Pourquoi n'était-il pas avec elle ? Il avait toujours été là. Il n'a pas pu arriver quelque chose à Harry, si ? Et Ron, où était Ron ? Il était là aussi normalement. Ses meilleurs amis n'avaient pas pu l'abandonner, alors que se passait-il ? Comme un flash, tous ses souvenirs revinrent. Harry. Ron. L'Australie. Remus. Les poumons d'Hermione se remplirent à nouveau d'air et la jeune femme éclata en sanglots. Toutes les personnes qu'elle avait aimées, ou même qu'elle connaissait étaient mortes. Comment allait-elle survivre ? Elle pleurait et pleurait encore. Ses larmes étaient pour Harry, pour Ron, pour Remus, pour toutes les personnes qu'elle avait croisé dans sa vie et qui ne faisaient plus partie de ce monde.
Plusieurs passants s'arrêtèrent en voyant la détresse de la jeune femme. Certains la regardaient avec pitié, d'autres avec surprise. Que pouvait-il se passait pour qu'une femme, à peine adulte, soit ainsi, assise à même le sol à pleurer si fort qu'on l'entendait à dix mètres.
—Hermione, il faut qu'on y aille. Je vais t'expliquer.
Voyant que la jeune femme n'avait pas bougé, Ella se préoccupa tout d'abord de disperser le petit groupe de curieux qui s'étaient approchés d'Hermione, en hurlant.
—Hermione, il faut que tu m'écoutes, on doit aller à l'hôpital. Viens.
—A quoi ça sert d'y aller, je suis seule maintenant. marmonna Hermione.
—Mais enfin Hermione, commença Ella, puis elle sembla réaliser quelque chose. Tu ne crois pas que Remus est mort tout de même ?
—Comment peux-tu dire ça ? Tu viens de me le dire il y a un quart d'heure, et tu crois que je suis aveugle au point de ne pas voir les ambulances ou l'hélicoptère ?
—Oh, je suis désolée Hermione, je me suis mal exprimée. Oui, il est bien arrivé quelque chose à Remus, continua-t-elle en sentant le regard de son amie. Mais il n'est pas mort. Blessé gravement, oui, mais mort non. Alex est avec lui. Aller, on va à l'hôpital. Je vais t'expliquer plus en détail.
Elle prit le bras d'Hermione et la força à se lever. Elles se dirigèrent vers la voiture d'Ella, qui avait enfin reçu un message de son cousin pour les informer dans quel hôpital les secours avaient amener Remus. Ella mit le contact et démarra sa voiture, elle conduisait sans un mot, jetant un regard inquiet vers Hermione toutes les cinq secondes. La jeune femme s'était réfugiée dans un mutisme déconcertant. Elle tournait la tête vers le paysage et avait les yeux dans le vague. Elle ne semblait pas remarquer le regard persistant d'Ella. Hermione s'était réfugiée dans un monde qu'elle était la seule à connaître et à pouvoir y entrer. Après dix minutes de silence, lourdes pour Ella et insignifiantes pour Hermione, la première prit la parole.
—Tu veux savoir ce qu'il s'est passé avec Remus ? Je ne connais pas toute l'histoire mais je peux au moins te dire les grandes lignes.
Cette question fit sortir Hermione de son mutisme. Elle releva la tête et hocha celle-ci en direction de son amie.
—Alex avait parlé à un touriste qui avait vu quelque chose d'étrange à proximité de la Grande Barrière. Il a donc décidé d'aller y jeter un œil, et en regardant plus précisément il s'est aperçu que l'étrangeté ne se trouvait qu'à un kilomètre des fouilles de Remus. Il n'a rien vu de suspect en surface, il a donc attendu que Remus sorte de l'eau pour lui en parlé. Mais une demi-heure plus tard, il a senti la terre tremblait et la mer s'est soudainement agitée. Des grosses vagues ont commencé à se former. Dieu merci, ce n'était pas un tsunami. Avec la magie, vous nous l'avez prouvé, on ne peut être sûr de rien. Bref, je m'égare. C'est là qu'il a vu des corps volés et il m'a tout de suite appelée. D'autres personnes avaient appelé les secours. Personnes n'est mort, et heureusement. Il y a eu un groupe de touristes qui nageait près de l'explosion qui a aussi été blessé. Les deux amies arrivèrent enfin à l'hôpital après un peu plus de vingt minutes de route.
—Bonjour, nous venons prendre des nouvelles de Remus Lupin. Il est arrivé par hélicoptère il y a environ une demi-heure.
—Au bloc opératoire. Vous pouvez rester en salle d'attente le temps que l'opération se termine.
Le secrétaire leur montra une salle au bout du couloir. Elles s'y rendirent et rencontrèrent Alex qui faisait les cent pas l'air plus qu'angoissé.
—Ah, enfin qu'est-ce que vous faisiez, ça fait une demi-heure que j—
Le regard noir de sa cousine le fit taire sur le champ. Il lui fit signe de venir s'asseoir près d'elle, pour qu'elle lui explique. Excepté eux, la salle était vide, si bien qu'Hermione était partie se reposer à l'autre bout de la salle. Ella entreprit de raconter la mésaventure d'Hermione, vérifiant que celle-ci ne l'entendait pas. Lorsqu'elle eut fini, un silence gêné s'installa et l'attente interminable commença.
Hermione détestait les hôpitaux. Oh, peu de personnes les aimaient, mais Hermione leur vouait une haine viscérale. Cela avait commencé lorsqu'elle avait huit ans, elle s'y était rendue pour son appendicite. Elle y était restée deux semaines, suffisamment pour la traumatiser. L'année suivante, elle y était retournée, pour dire adieu à son grand-père, avant que celui-ci ne rende l'âme. A son entrée à Poudlard, ses visites à l'endroit détesté s'étaient calmées et elle n'y retourna qu'à l'attaque de Mr Weasley. En sixième année, elle accompagna Neville voir ses parents, alors que sa grand-mère était malade, le jeune homme n'ayant pas la force de s'y rendre tout seul et lui avait demandé de l'accompagner. La sorcière n'avait décemment pas pu refuser cette faveur à son ami. Puis vint son propre séjour en Espagne. Sans compter toutes les fois où Harry, et moins souvent Ron, s'était rendu à l'infirmerie de Poudlard. Hermione détestait l'hôpital, pour son odeur infecte, pour son lot de malheur qu'il entraînait, pour ce qu'il avait brisé dans sa vie.
Après une nuit d'attente, une femme entra dans la salle d'attente, réveillant au passage les trois amis. Ils relevèrent tous les trois la tête. Les deux cousins avaient les cheveux en broussaille et une marque sur la joue tandis qu'Hermione avait les yeux rougis et des cernes impressionnantes.
—Bonjour, êtes-vous la famille de l'homme qui est arrivé par hélicoptère hier après une explosion ?
—Non, nous sommes ses amis.
—Oui, je suis sa sœur.
Hermione ne prêta pas attention aux regards interrogatifs d'Ella et d'Alex. Lorsque la femme annonça que seule la famille de la victime pouvait le voir, les cousins jetèrent un regard noir à Hermione pour ne pas les avoir prévenus. Ils étaient d'une mauvaise fois évidente, c'était tout à fait logique ce soit Hermione qui pouvait voir Remus en premier, étant donné qu'elle était son amie la plus proche. La jeune femme suivie la chirurgienne, puisqu'elle s'était enfin présentée, dans un petit bureau.
—Bien, alors, pouvez-vous me dire les noms, prénoms, date de naissance, lieu de résidence de votre frère.
—Lupin, Remus John, dix mars 1960, 15 place du corail, Cairns, indiqua-t-elle, comme un robot.
—Bien, étiez-vous présente lors de l'accident ? Je dois vous avouez que je n'avais jamais vu de telles blessures. Elles ont été très compliquées à refermer, j'avais l'impression que la peau avalait le fil. Jamais, en trente ans d'expérience, je n'avais vu une telle chose. Vous savez ce qu'il s'est passé ?
—Je n'en ai pas la moindre idée, c'est vrai que c'est assez étrange. Est-ce que je pourrais aller voir mon frère ?
—Oui, bien sûr, mais je préfère vous prévenir, il se peut qu'il soit légèrement désorienté. Il devrait être réveillé à cette heure. Bon courage.
—Bon courage à vous.
Hermione sortit de la pièce et se dirigea vers la chambre de Remus, qui lui avait été préalablement indiquée par la chirurgienne. Elle frappa à la porte puis entra, sans attendre la réponse de son ami.
—Remus ? C'est moi.
—Hermione ?
—Oui Rem'. Ça va mieux ? Tu sais ce qu'il s'est passé ?
Un éclair de lucidité traversa les yeux de Remus, il semblait s'être rappelé un détail important.
—Mes vêtements, où sont mes vêtements Hermione ? C'est urgent.
—Tes vêtements ? Rem' pourquoi aurais-tu besoin de vêtement ? Tu es habillé. Si tu veux je passerai te prendre des vêtements à l'appart mais je ne vois pas ce qu'il y a de si urgent.
—Il me faut les vêtements que j'avais lors de l'accident. Ne pose pas de question, je t'expliquerai tout plus tard.
Hermione partit à la recherche des dits vêtements. Elle interrogea toute personne du corps médical qui aurait pu l'aider mais au mieux, quelqu'un lui répondait qu'il ne s'était pas occupé de Remus, au pire on lui passait devant, sans lui accordait un regard. Après avoir interrogé tout le service, Hermione vit ses espoirs tomber à l'eau. Elle retourna dans la chambre de Remus dépitée. Elle allait ouvrir la bouche pour parler de son échec à Remus quand un jeune infirmier entra dans la pièce.
—Bonjour, c'est vous qui chercher des vêtements ? Je crois qu'ils ont été jetés. Mais, si vous y tenait réellement, les poubelles ne partent que dans une heure.
Hermione remercia le jeune homme et se précipita hors de l'hôpital. Elle arriva devant les poubelles, vérifia que personne autour ne la regardait et sortit sa baguette.
—Accio vêtements de Remus.
Elle récupéra le tout et les mit dans un sac. Elle masqua l'odeur des poubelles de ses propres vêtements. Cette odeur n'était agréable pour personne. Elle entra dans la chambre de Remus qui s'était endormi, encore épuisé par son accident. Hermione essaya de se faire discrète lorsqu'elle s'assit sur le fauteuil près du lit. Malheureusement pour elle, il était assez ancien et il grinça quand elle s'appuya dessus. Le grincement réveilla Remus qui releva la tête aussitôt.
—Ah, ce n'est que toi. J'ai eu peur. Tu as mes vêtements ?
Hermione acquiesça et lui tendit le sac. Remus attrapa son pantalon, qui était dans un état piteux. Il en sortit un collier qui possédait une fine chaîne en argent et une pierre assez importante, qui avait l'air d'être en diamant. De ce bijou émanait une lumière incroyable. Hermione n'avait jamais vu quelque chose de semblable. Dans tous les livres qu'elle avait pu lire, jamais un tel phénomène n'avait été ne serait-ce qu'évoqué. Le bijou semblait vivre.
—Tu l'as trouvé ! Mais comment ? Tu as réussi !
Hermione arrivait à peine à s'exprimer tant sa surprise était immense. Après de long et éprouvant mois de recherches, Remus avait trouvé le premier Bijou du Temps.
—Comme tous les jours, je faisais mes recherches et j'ai senti un appel en moi, me disant d'aller plus loin. Plus je résistais, plus il grandissait en moi. Alors j'ai cédé. Je me suis laissé emporter par cet appel. Plus je nageais, plus une lumière semblait émaner d'un endroit de la barrière. La magie était si importante que je la sentais entrer dans mes veines. J'ai commencé à enlever une à une les barrières qui m'empêchait d'accéder au bijou. Pour la dernière, ce fut beaucoup plus compliquer. J'y ai passé des heures. Il fallait allier différentes formes de magie. J'ai perdu beaucoup d'énergie à ce moment-là. Et puis il a fallu que je donne mon sang. La barrière est tombée. J'ai enfin pu attraper le bijou et tout à exploser. Trou noir et je me réveille ici, à l'hôpital.
—Remus, tu te rends compte. On a fini la phase une, on va pouvoir accomplir la deuxième phase.
—Oui, on va devoir se préparer à quitter l'Australie. Je doute que la prochaine phase se déroule ici.
Les deux amis ne se le dirent pas, mais tous deux pensaient à la même chose. Accomplir la première phase signifiait quitter l'Australie, leurs habitudes, leur vie depuis un an. Et quitter l'Australie signifiait quitter Ella et Alex, les oublietter.
Hermione était pensive. Elle réfléchissait où la prochaine phase allait elle les emmener. Cela faisait une semaine que Remus avait découvert le collier. Il devait sortir de l'hôpital dans l'après-midi, Alex irait le chercher, étant donné qu'Hermione ne possédait pas de voiture. Ils allaient enfin savoir ce que signifiait la deuxième phase. Ils n'avaient pas encore parlé de leur départ proche à leurs amis, préférant le leur dire le plus tard possible. Ce n'était pas très courageux, mais ils savaient que perdre Ella et Alex serait une nouvelle épreuve.
Hermione entendit les deux amis entrer dans l'appartement, elle les aida et fit léviter les affaires de Remus jusqu'à sa chambre pendant qu'Alex l'aidait à s'asseoir sur le canapé. Elle congédia Alex, qui leur promit de revenir le lendemain. Les deux amis se regardèrent et d'un accord tacite, Hermione alla chercher le Livre du Temps.
—Comment faut-il faire à ton avis, on ne va quand même pas verser du sang sur le collier ?
—Non, ouvre le livre, sur une page, tu mets le collier et sur l'autre tu verses le sang.
Hermione fit ce que lui conseilla Remus, et à peine le bijou fut en contact avec le livre, il se mit à briller si fort qu'Hermione avait l'impression de se retrouver devant le soleil. Remus lui dit que c'était exactement cette lumière qu'il avait suivi pour retrouver le bijou. Hermione versa le sang sur l'autre page et les runes se transformèrent en lettres.
« Élus du Temps, félicitation, vous avez accompli la première phase de façon spectaculaire. Mais dorénavant, seule la prochaine phase compte. Car cet objet n'est rien sans ses congénères.
Élus du Temps, voici la phase deux :
Situado entre los Andes y el bosque más grande del mundo, la segunda fase será. Pero sólo los más poderosos podrán acceder a la vieja montaña y descubrir el codiciado objeto...»
—Hermione, c'est de l'italien ?
—Non, Rem', c'est de l'espagnol. Je pense que je peux le traduire, il faut juste que je me remémore ce que mon grand-père m'a appris.
Hermione partit chercher du papier et un crayon, il fallait qu'elle se concentre. Elle traduit pendant quelques minutes, ses souvenirs étaient lointains. Elle vint présenter sa traduction à Remus, qui ne pouvait que l'approuver, ne parlant pas un mot de cette langue.
« Située entre les Andes et la plus grande forêt du monde, la deuxième phase sera. Mais seuls les plus puissants accèdent à la vieille montagne et découvriront l'objet tant convoité. »
Hermione et Remus étaient partis se coucher, sans avoir résolu l'énigme. Ils savaient que les adieux avec les cousins étaient proches, et cela les rendaient malades. Jamais ils n'avaient imaginé s'attacher autant à ces deux moldus quand ils les avaient rencontrés. Cette nuit-là, aucun d'eux deux ne dormit beaucoup, ils pensaient trop à cette nouvelle énigme, qui allait changer leur vie. Encore une fois.
Le lendemain, Alex et Ella débarquèrent dans l'appartement des deux sorciers, alors que le soleil n'avait pas encore illuminé le salon de celui-ci. Hermione était encore en pyjama, à lire un livre moldu dans son canapé et Remus dormait toujours.
—On a amené le ptit dej' ! Où est Remus ?
—Il dort encore, enfin dormait, avec tout le bruit que tu fais je pense qu'il s'est réveillé.
—Effectivement je suis réveillé.
Les quatre amis prirent leur petit déjeuner ensemble, dans la bonne humeur. Ils parlaient de sujets divers, comme n'importe quel groupe d'ami le ferait. Cela faisait un bout de temps qu'ils n'avaient pas mangé tous ensemble, ne se voyant qu'en coup de vent, pour parler de la mission. Après avoir débarrassé la table, Hermione et Remus sentirent qu'Alex et Ella voulait leur parler plus sérieusement.
—On sait qu'il s'est passé quelque chose lors de l'accident de Remus, commença Ella
—Et on sait aussi que cela a un lien avec la mission, continua Alex.
Remus et Hermione se regardèrent, légèrement désespérés. Ils savaient que ce moment devait arriver, mais ils l'avaient repoussé au plus tard possible. Mais cette échappatoire avait été de courte durée. Désormais, ils allaient devoir tout expliqué à leurs amis.
—Vous avez raison. Si on vous l'a caché, c'est pour vous protéger. Et pour nous protéger nous aussi. Parce qu'on va tous souffrir. Remus, juste avant son accident, à trouver l'objet que nous cherchions.
Les deux cousins blêmirent d'un coup. Alex tremblait et Ella avait les yeux grands ouvert, sous le choc. Comme les deux sorciers, ils savaient ce que cette découverte signifiait.
—Est-ce qu'on peut le voir ?
Hermione interrogea son ami du regard, qui hocha la tête. De toute façon, ils l'oublieraient. Elle partit chercher le bijou et revint quelques secondes plus tard, avec celui-ci.
—Alors, il est où ? demanda impatiemment Alex.
—Il est devant ton nez Alex.
—Je ne vois rien, c'est une blague ?
Hermione se tourna vers Remus, et sembla lui demander une explication.
—Enfin, Hermione, ce n'est pas très compliqué à deviner. Ce bijou doit être fait pour n'être vu que pas des sorciers. C'est pourquoi personne ne l'a jamais trouvé, même par hasard. Il est invisible aux yeux des moldus.
Elle se tourna vers les cousins qui semblaient au bord de la panique.
—Et la deuxième énigme ? Vous l'avez résolue ?
—Non Alex. Et avant que tu n'ajoutes quelque chose, laisse-moi finir. Nous ne vous parlerons pas de la prochaine phase. C'est à nous, et à nous seul de la résoudre. Je suis désolée. Remus et moi voulons vous remercier pour toute l'aide que vous nous avez apporté. Pour votre soutien, même lorsque vous n'étiez pas encore au courant de la mission. Mais, vous le savez aussi bien que nous, l'heure est arrivée. On va devoir vous oublietter.
—NON ! Hermione... Remus...
—Je suis désolé Ella, mais Hermione a raison. On va le faire chez vous, pour que vous ne vous posiez pas de questions à votre « réveil ».
Remus et Hermione les raccompagnèrent jusqu'à chez eux, le cœur serré. Ils avaient tous les quatre les larmes aux yeux. Ce furent des adieux déchirants, encore une fois, Hermione et Remus perdaient un proche. Deux proches. Ils s'embrassèrent à tour de rôle puis Hermione sortit sa baguette.
—Oubliettes
Les deux amis avaient passé la journée à errer, sans trop savoir quoi faire. Il fallait cependant qu'ils se ressaisissent, la pleine lune était prévue pour le soir même. Celle-ci promettait d'être compliquée. Ce jour-là, comme toutes les fois précédentes, chacun s'enferma dans sa chambre, à l'aide de plusieurs sortilèges. Ils avaient imaginé ce stratagème pour éviter de devoir sortir dehors sous cette forme, et ainsi mettre en danger les moldus qui les entouraient. Ils évitaient aussi d'être dans la même pièce, ne savant pas comment les deux loups pourraient réagir. Et s'ils essayaient de s'entre-tuer? Mieux valait ne pas y penser.
Le soleil se levait lentement au-dessus de la mer de corail en ce joli mois de juin. Le ciel était un magnifique camaïeu de rose, orange et bleu. Un ciel comme on en voyait rarement. La nuit avait été très longue pour les deux sorciers, leurs loups avaient ressenti leur détresse et ils s'étaient donc infligés beaucoup de blessures. A son réveil, Hermione, après s'être habillée, se dirigea vers la chambre de Remus. Ils avaient instauré ce petit rituel, à chaque fin de pleine lune, Hermione se rendait dans la chambre de Remus et chacun soignait les blessures de l'autre. Ils commençaient toujours par soigner celui qui avait les blessures les plus graves et l'autre était soigné par la suite. Ce jour-là, ce fut Hermione qui avait les blessures les plus profondes mais elle ne les évoqua pas, préférant s'occuper de l'état de Remus, toujours fragile après son accident. Elle soigna chaque blessure avec précaution et lorsque ce fut son tour, Remus se mit en colère.
—Tu as vu ce que tu as Hermione ! Je me demande comment tu fais pour marcher. Je t'ai déjà dit de privilégier les blessures et non de me privilégier moi. Tu comptes tout autant !
Remus faisait référence à la première pleine lune d'Hermione, où la jeune femme avait été gravement blessée et elle avait d'abord soigné Remus, avant de qu'il s'occupe d'elle. Le sorcier lui avait fait la morale et Hermione lui avait fait comprendre qu'elle ne recommencerait plus.
—Ce n'est pas parce que j'ai été blessé la semaine dernière qu'il faut me protéger ainsi.
Hermione ne lui répondit pas, de peur d'envenimer la situation déjà tendue. Elle ignora le regard plein de reproche de Remus et alla préparer le petit déjeuner.
—Hermione va t'asseoir, je m'en occupe.
—Et comment ? Je te rappelle que tu as toujours tes béquilles. Tu n'as pas une simple blessure à la jambe, c'est une blessure magique. Alors repose-toi, je vais bien. Arrête de te faire du soucis Rem' je n'ai plus quatre ans.
Après avoir avalé un copieux petit déjeuner, les deux sorciers se mirent à étudier l'énigme de la deuxième phase. Plus vite elle sera résolue, mieux cela sera. Même s'ils avaient dû quitter leurs amis, Hermione et Remus étaient heureux d'avoir enfin accompli la première phase. Pendant plus d'un an, ils s'étaient couchés chaque jour avec un profond sentiment de désespoir et s'étaient relevé le lendemain avec une volonté de fer. Cette année avait été éprouvante, et les deux amis savaient que les suivantes le seraient tout autant, voire plus.
