« La seule raison pour laquelle les gens s'accrochent si fort à leurs vieux souvenirs, c'est parce que c'est la seule chose qui ne change pas, même si les gens, eux, changent. »
Inconnu
Hermione se trouvait en présence d'un étrange individu nommé gardien. Il ne voulait pas lui dire où était Remus et son petit air supérieur l'énervait au plus haut point. Remus était perdu entre le rêve et l'au-delà d'après lui, et elle n'avait jamais entendu quelque chose d'aussi saugrenu, excepté peut-être les énigmes du livre du temps. Elle avait d'ailleurs perdu la trace du livre, et étant donné son importance capitale, cela était un gros problème.
—Je suis maudite, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter cela.
—Ne prenez pas la magie des mots à la légère Hermione Granger, toutes nos paroles ont des répercussions.
—La magie des maux ?
—des mots, M-O-T-S. Enfin, il est temps de tester votre potentiel physique jeune humaine.
Le gardien ordonna à Hermione de se lever, ce qu'elle ne fit pas assez vite selon lui, il la fit donc se mettre debout d'un claquement de doigts.
—En garde !
Hermione attrapa sa baguette et se mit en garde, comme le gardien le lui avait demandé mais celui-ci secoua la tête et lui dit :
—Ne prenez pas cela, commença-t-il en désignant sa baguette. Je veux tester ton potentiel physique, pas ton potentiel magique.
—On va se battre à la moldue ?
—Oui, lui dit-il. Et non. Vous allez voir. En garde Hermione Granger.
Le gardien lui assena un premier coup, suivi de près par Hermione. Tous deux se battaient comme si leur vie en dépendait. Hermione ne savait pas vraiment pourquoi elle se battait avec autant d'acharnement mais son instinct lui soufflait de le faire et avec les années, elle avait appris à écouter son instinct. Elle avait mal partout et le visage en sang, elle avait beau frappé le gardien, il ne possédait pas une seule égratignure. Hermione redoublait d'énergie, mais rien ne changeait.
—Puisez au fond de vous ! Utilisez votre magie.
Devant l'air décontenancé d'Hermione, il soupira.
—Vous les humains, vous réfléchissez beaucoup trop, obligez de tout analyser.
—Mais, je n'ai pas de baguette.
—Vous êtes une sorcière ou non ? La baguette vous sert à canaliser votre énergie. Ce n'est pas elle qui contient votre magie. La magie vient de vous, est en vous. Ressentez-la, et utilisez la pour vous battre. Vous avez appris le combat moldu pour vous défendre et vous avez raison, la magie ne fait pas tout. Mais vous devez allier magie et combat pour devenir plus forte. Recommencez.
Hermione se mit en garde et envoya le premier coup. Lorsque le gardien s'apprêta à riposter, elle enchaîna avec un sort et son adversaire tomba à genoux. Elle lui donna un autre coup et le ligota par la pensée, et des cordes apparurent. Le gardien reposait à ses pieds, assommé, Hermione ne savait plus trop quoi faire et s'assit sur le sol, en espérant que le gardien se réveille rapidement. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait utilisé de la magie sans baguette. Bien sûr, comme tous les jeunes sorciers, elle en avait utilisé lorsqu'elle était enfant, avant d'entrer à Poudlard, mais la magie accidentelle n'était pas la même chose.
—Je dois dire que je suis impressionné, je ne m'attendais pas à ce que vous réussissiez du premier coup.
Hermione se tourna brusquement vers la voix. Le gardien se tenait là, debout devant elle comme s'il ne s'était rien passé. Elle jeta un bref coup d'œil à l'endroit où le corps était il y a encore quelques secondes.
—Comment avez-vous pu, comment avez-vous fait ? bégaya-t-elle. Vous étiez là et maintenant vous êtes là.
—Oh comme vous êtes bien naïve… il s'empressa de continuer avant que la jeune femme ne rétorque. Je n'allais pas non plus me battre contre vous. Tout cela n'est qu'illusion. Vous vous êtes battu contre mon illusion. Je ne me bats plus que contre elle. Et contre ma femme quand l'envie lui prend. Elle préfère me tabasser que se tabasser elle-même. Enfin bon, je vous conseille fortement de vous entraîner à combattre comme vous venez de le faire. Arriver à dissocier son esprit n'est pas si compliqué qu'on ne le pense. C'est le combattre qui est difficile. Je peux vous dire que vous avez réussi, à ma grande surprise, le test de potentiel physique Hermione Granger. Vous êtes puissante, cela ne fait aucun doute. Utilisez cette puissance à bon escient. Je vous en conjure. Adieu.
—Mais vous ne pouvez pas partir comme ça ! Où es Remus ? Et si j'ai réussi je devrais avoir le bijou du temps non ?
Le gardien ne prit pas le temps de lui répondre. Il claqua des doigts et disparu. Hermione sentit le sol tremblé et elle fut aspirée hors de la pièce. Elle atterrit brutalement sur un sol en pierre. Elle se releva immédiatement et inspecta les alentours. Elle était dans un salon de taille moyenne. Il y avait un canapé et deux fauteuils. L'endroit paraissait à la fois neuf et ancien, c'était une étrange impression. Hermione parcourait les objets étalés sur une étagère lorsqu'elle entendit un bruit sourd. Elle se retourna brusquement et vit un corps, allongé de tout son long mais avec un angle… étrange. Hermione s'approcha du corps et eut un mouvement de recul. C'était Remus.
Remus était tranquillement assis dans l'herbe, il jouait avec les pâquerettes qui étaient à ses pieds. Remus avait hâte à samedi, samedi il serait grand, samedi il aurait cinq ans. Sa maman lui avait appris à compter et il était fier de savoir que dans trois jours, il serait grand.
—Remus, le repas est servi, l'appela Lyall Lupin.
Remus mangea en silence, observant ses parents. Ils les trouvaient beaux. Ses parents étaient de très bons parents. Remus savait que ses parents n'avaient pas beaucoup d'argent et que certains disaient qu'ils étaient « pauvres ». Remus avait demandé à sa maman ce que cela voulait dire. Esperance lui avait dit qu'il ne devait pas s'inquiéter avec cela mais Remus n'était pas d'accord. Il serait bientôt grand, et il pouvait protéger ses parents. Il savait lire mais il n'avait pas de livre pour chercher les mots qu'ils ne connaissaient pas. Remus fut sorti de ses pensées par son papa qui lui annonça qu'il était temps d'aller dans son lit. Remus obéit, même s'il aurait préféré rester lire un livre avec son papa et sa maman.
Remus était allongé dans son lit, il regardait les étoiles avant de s'endormir. Remus avait toujours aimé les étoiles. C'était d'ailleurs la seule chose qu'il aimait la nuit. Il avait peur du noir, c'est pour cela qu'il regardait les étoiles, elles lui apportaient de la lumière. Remus entendit un grand bruit au-dessus de sa tête. Il vit une ombre, cette ombre faisait très peur et elle était pleine de poils. Remus avait en face de lui, le même monstre qui figurait dans ses cauchemars. Il vérifiait chaque soir, avant de s'endormir s'il n'y en avait pas sous son lit ni sous le lit de ses parents. Mais Remus en était sûr, il n'avait pas oublié de vérifier qu'il n'y avait pas de monstre, alors pourquoi était-il là ? Le monstre donna un coup de patte et cassa la fenêtre de Remus. Il se jeta sur lui et commença à le mordre. Remus avait mal, beaucoup plus que quand il s'était cassé le bras l'année précédente. Remus pleurait mais le monstre n'en avait que faire, il continuait à lui faire du mal. Remus voyait du rouge, beaucoup de rouge. Remus aimait bien le rouge, mais pas ce rouge-là. Remus aimait le rouge qui ne fait pas mal.
Remus entendit une porte claquée au loin et reconnu la voix de son papa. Oui, c'était son papa et il était venu le sauver. C'est ce que font les papas non ? Son papa chassa le monstre et se tourna vers lui.
—Ça va aller Rem'
—Papa, j'ai mal, murmura Remus, les joues pleines de larmes.
Remus sentit son corps s'agrandir, il avait très mal. Pourquoi son papa ne pouvait pas l'aider ? Et Remus, qui détestait tant le noir, se retrouva plonger dedans.
Remus se débattait dans le vide. Il avait horreur de revivre sa morsure. C'était son premier souvenir, et il était tout sauf joyeux.
Remus était assis à la table des Gryffondor, accompagné de James et Sirius, qui débattaient de la prochaine farce qu'ils pourraient faire aux Serpentard.
—On devrait peut-être lui dire de venir avec nous, vous ne croyez pas ? Il se fait souvent attaquer par les Serpentard.
—Si tu veux, lui répondit nonchalamment Sirius.
Remus se dirigea vers le garçon assis quelques mètres plus loin.
—Tu veux venir manger avec nous ? lui demanda gentiment Remus.
Voyant que le garçon hésitait, Remus lui adressa un sourire et se présenta.
—Je m'appelle Remus Lupin, on est dans la même année à Gryffondor.
—Tu veux que je vienne manger avec vous, bégaya le garçon.
—Oui, c'est ce que je viens de dire.
Le garçon rejoignit le trio, et de nouvelles amitiés commencèrent. Remus Lupin, James Potter et Sirius Black devinrent amis avec Peter Pettigrow.
Remus ne pourrait jamais se pardonner cette erreur. Il avait appris à vivre avec sa damnation, comme il appelait son « problème ». Mais jamais il ne pourrait accepter le fait d'avoir fait entrer Peter au sein du trio. Sans lui, jamais il se serait devenu gardien secret, sans lui, jamais James et Lily ne seraient morts. Remus a amené ses amis vers la mort, à cause de sa compassion pour les faibles et les opprimés. Peut-être parce qu'il en était un aussi. Remus continuait à se débattre, mais les souvenirs affluaient sans que rien ne les retienne.
Remus descendit du train et chercha son père sur le quai. Chaque année, il avait l'impression que plus en plus de famille venaient attendre le Poudlard Express. Il vit son père qui l'attendait, un peu à l'écart du bruit et de la bonne ambiance des retrouvailles.
—Papa ! Ça va ?
—Oui, oui. Et toi comment vas-tu Rem' ? Tu as fait bon voyage. Ils échangèrent quelques banalités et Remus, ne voyant pas sa mère, s'en étonna.
—Maman n'est pas là ?
Une expression de douleur passa sur le visage de son père. Remus vit immédiatement que quelque chose n'allait pas.
—Papa, où est Maman ? Papa.
Lyall Lupin prit son fils par le bras et transplana devant le perron de leur maison. Seconde chose qui n'allait pas, le père de Remus tranplanait toujours dans le salon. Il fit asseoir Remus sur le canapé et se positionna dans le fauteuil. Il prit ses mains et regarda son fils.
—Remus, ta mère a fait un AVC hier matin. Elle n'a pas survécu. Je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu avant mais je préférais le faire en face de toi plutôt que par courrier et je ne voulais pas t'infliger cette nouvelle devant tes camarades de classe.
Remus eut un instant de flottement, ne réalisant pas ce que son père venait de dire. S'en est ensuite suivi de larmes, de cris et Remus démarra au plus mal sa cinquième année.
Remus continuait à voir ses souvenirs. Pourquoi seulement les pires étaient visibles ? Dans la légende, lorsqu'on meure, c'est toute la vie qui défile devant nos yeux, pas seulement les pires moments de notre existence.
Remus se tenait dans un chalet, au fin fond du Brésil, à accomplir une mission pour l'ordre quand il entendit un hibou tapé à sa fenêtre. Il lui ouvrit et attrapa l'exemplaire de la Gazette du Sorcier. Le titre était si surprenant qu'il l'en laissa tomber le journal.
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Après s'être réjouit de cette merveilleuse nouvelle, Remus ouvrit le journal, curieux de s'avoir comment l'ordre avait pu le battre et pourquoi était-il en mission alors que ses amis devaient faire la fête. Ses yeux tombèrent sur un nom et il dut relire plusieurs fois la phrase pour réaliser ce qu'elle disait.
Les Potter sont morts, assassinés par Vous-savez-qui, juste avant que celui-ci ne disparaisse.
Remus lit le journal, d'une traite. Il le lit, cinq fois, dix fois, cent fois. Mais l'information ne voulait pas rentrer. Sirius n'aurait jamais pu vendre James et Lily, il n'aurait jamais pu tuer Peter et ces douze moldus. Sirius pouvait être violent, mais jamais envers ses amis. Ils étaient sa famille. Remus, croyant à une blague, transplana au domicile des Potter, pour leur annoncé que cela n'était vraiment pas drôle. Il ne fit pas attention au risque de désartibulation en transplanant à une si grande distance. Il fit face au salon des Potter et vit les ruines autour de lui.
—Lily, James ? Vous êtes où ? Harry ?
Seul le silence lui répondit et Remus monta à l'étage. Tout comme le rez-de-chaussée, il était désert. Il vit un peu de sang dans le lit mais il n'y avait aucune trace de ses amis. Même le chat avait disparu. C'est à cet instant que Remus comprit que sa vie ne serait plus jamais la même. C'est à cet instant que Remus comprit que Sirius avait trahis les maraudeurs, qu'Harry était orphelin. Harry, où était Harry ? Remus regarda à nouveau le journal et vit sa date. 1 novembre 1981. Il eut un mouvement de recul. Aujourd'hui, il en était sûr, c'était le dix novembre. Remus, contenant sa colère, transplana à Pré-Au-Lard et se dirigea vers la cabane hurlante. Il la traversa et se retrouva dans le parc de Poudlard. Il ne s'était pas aperçu que ses yeux ne lui obéissaient plus et que ses joues étaient pleines de larmes. Certains élèves le regardaient étrangement, comme si c'était la première fois qu'ils voyaient quelqu'un pleurer. Remus entra dans le château et se dirigea vers la grande salle. A cette heure-ci, la plupart des élèves mangeaient leur petit déjeuner. Remus poussa les portes et toutes les têtes se tournèrent vers lui. Certains avaient saisi leurs baguettes en voyant cet étranger dans un état piteux. Remus se tourna vers les professeurs, qui avaient soudainement perdu les couleurs de leurs visages.
—Il faut que nous parlons Albus, dit-il d'une voix tremblante.
Dumbledore parut surpris mais reprit son visage neutre peu de temps après.
—Monsieur Lupin… Suivez-moi, lui répondit-il d'une voix tout aussi tremblante que celle de Remus.
—Comment se fait-il que je sois averti par la Gazette du Sorcier du sort de mes amis. Comment avez-vous pu me faire ça. C'est, c'était les personnes qui comptent le plus pour moi ! Vous aviez dit qu'ils étaient en sécurité. Et Sirius, comment pouvez-vous en être sûr. Et Harry, où est-il ? Je veux le voir.
—Monsieur Lupin, calmez-vous. Les preuves sont irrévocables. Pour tout vous dire, je n'ai pas eu le temps de vous avertir. Quant à Harry Potter, il est en sécurité chez son oncle et sa tante.
—Chez son oncl— Vous l'avez emmené chez Pétunia ? Mais elle déteste la magie. Vous n'avez jamais entendu ce qu'a dit Lily sur elle ? Je peux récupérer la garde d'Harry, ce n'est pas un souci.
—Vous savez aussi bien que moi que c'est impossible. Votre condition ne vous le permet pas. Je ne dis pas cela pour vous blesser, m—
—Me blesser ? Mes amis sont morts ou à Azkaban, je ne peux pas être plus blessé. Quand aura lieu l'enterrement ?
Dumbledore regarda Remus avec pitié et le jeune homme comprit immédiatement.
—Comment avez-vous pu ? Vous les avez enterrés sans moi ?
Sur ses dernières paroles, Remus sortit du château et transplana au cimetière de Godric's Hollow.
Remus pleurait et se débattait encore. La blessure ne s'était toujours pas cicatrisée. Remus se souvenait comme si c'était hier de ces longs mois qui avaient suivi la catastrophe. Il était alors incapable de prononcer le mot « décès » ou « mort ». Il avait passé des années à cogiter là-dessus. Remus était tombé en dépression de longues années. Mais il avait su rebondir. Et c'était le plus important. Mais à peine Remus eut cette pensée, que le souvenir suivant apparu.
—Sirius, non, Sirius.
Les cris d'Harry étaient déchirants. Excepté les siens, c'était les cris les plus horribles, les plus remplis de souffrance que Remus avait entendu. Remus se mordait la lèvre pour ne pas crier. Il fallait qu'il tienne. Pour Harry. Il était si jeune, et pourtant avait vécu tant de choses.
Sirius n'était plus. Les retrouvailles avaient été beaucoup trop courte. Cela faisait à peine deux ans que Remus avait retrouvé son ami, qu'Harry avait retrouvé son parrain. Cette nouvelle mort mis à nouveau Remus plus bas que terre. Ses amis mourraient un à un, sans qu'il ne puisse rien faire. C'était le pire sentiment du monde. Remus retenait du mieux qu'il pouvait Harry. Il ne fallait pas qu'il meure lui non plus, sinon Remus aurait échoué jusqu'au bout.
Remus avait eu si peur de perdre Harry ce jour-là. Ce fut à ce moment précis qu'Harry plongea dans les ténèbres pour ne plus en ressortir. Remus s'en voulait de ne pas avoir été assez présent pour lui, mais Dumbledore l'avait envoyé en mission l'année suivante, un nouvel échec cuisant. Son seul bonheur en ces temps difficile fut Nymphadora. A la pensée de sa défunte femme, les sanglots de Remus redoublèrent.
Remus tourna la tête et eut un haut le cœur, à sa droite sa femme était là, étendue, morte. Remus eut l'impression que son cœur venait de s'arrêter de battre. Sa femme, la seule qui l'avait aimé et que lui avait aimé en retour. La seule qui avait fait fit de sa condition. Sa complice, sa confidente, la mère de son fils. Remus se releva brusquement. Il fallait qu'il voit son fils. Remus sortit du château, et réalisa que la lumière avait perdu et que les ténèbres avaient triomphé. Remus vit un corps au milieu du parc. Non, ça ne peut pas être… Remus s'effondra alors à la vue du corps qu'il n'avait pas su protéger. Le corps, la vie d'Harry Potter.
Chaque jour qui passait était un jour noir pour Remus. Ses amis étaient morts et il n'oublierait jamais le trente-et-un octobre 1981, tout comme le dix-huit juin 1996. Mais la pire date, le pire jour de l'existence de Remus fut sans contesté le deux mai 1998. Il perdit tout ce jour-là. Sa famille, sa bataille, sa confiance, son espoir.
Remus entra dans le salon des Tonks, en poussant la porte, chose qu'il ne faisait jamais. En temps normal, il préférait transplaner directement dans le salon, mais il n'eut pas le courage de le faire, redoutant trop ce qu'il verrait. Ses yeux tombèrent immédiatement vers le lit de son fils. A l'intérieur, se trouvait un petit corps inanimé. Remus prit le cadavre de son fils dans ses bras et aperçu du sang au niveau de sa tête. Remus pleurait, pleurait encore mais Teddy ne revint pas à la vie, pas plus que Dora, Harry, Sirius, James, Lily. Remus se retourna et vit Andromeda les yeux grands ouverts, tenant sa baguette entre ses mains. Elle avait dû se défendre pensa Remus. Même si elle était désormais Andromeda Tonks, elle avait toujours la combativité des Black. Elle avait protégé son petit-fils au péril de sa vie mais cela n'avait malheureusement pas suffit.
Remus fut contraint de revivre chacune des quatre cent soixante-dix-sept pleines lunes qu'il avait vécu depuis qu'il avait été mordu. Il ressentit chaque douleur liée à sa transformation, se revit, tel un monstre, tuant l'employée du ministère qui avait eu le malheur de croiser son chemin cette nuit-là. Il revit la morsure d'Hermione et toutes les pleines lunes les plus douloureuses les unes que les autres.
Lorsque Remus finit de se débattre, plus par fatigue que par véritable envie, il se sentit tourbillonner et perdit connaissance.
