« Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s'est fixé un but n'en change pas. »

Victor Hugo

Hermione, tout comme Remus, ne semblait pas comprendre ce que la femme venait de leur dire. Poudlard ? Poudlard était un château, pas une personne. C'était complètement absurde. Elle fixait la femme, Hel, puisque c'était son nom, avait toujours son sourire bienveillant et ses yeux rieurs, mais Hermione voyait désormais un éclat de mélancolie et de tristesse. Elle avait une aura magique si puissante, qu'Hermione se demandait s'il était possible de l'approcher et de la toucher, elle semblait si inatteignable. Elle paraissait grande, par sa prestance, sa démarche et sa voix paisible, pourtant, Hermione n'était pas beaucoup plus petite qu'elle. La femme prit la parole, après que les eux sorciers l'aient dévisagée pendant de longues minutes.

—Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi votre école s'appelait Poudlard ?

A en juger la tête des deux sorciers, la femme devina que non. Elle eut un petit soupir de désolation, les sorciers d'aujourd'hui ne se posaient plus aucune question ! Hermione, elle, avait un peu honte. Elle avait beau avoir lu l'Histoire de Poudlard des dizaines de fois, jamais elle ne s'était posé la question de savoir pourquoi les fondateurs avaient appelé leur école, leur création ainsi. Ce n'était pas digne d'elle, la Miss-je-sais-tout de Poudlard.

—Alors, laissez-moi vous raconter l'histoire des fondateurs, la véritable.

Il y a plusieurs siècles de cela, dix précisément, vivaient cinq amis. Ils étaient tous très proches, soudés comme les cinq doigts de la main. Ils habitaient à quelques centaines de mètres les uns des autres et il ne se passait pas une journée sans qu'ils ne se voient pas. Tout le village était étonné par cette amitié si forte, mais au fil du temps, ces cinq amis étaient connus de tous et plus personne ne se préoccupait de leur relation. Dès leur plus jeune âge, ils avaient tous manifesté des capacités magiques hors normes. Leurs parents leur avaient appris du mieux qu'ils pouvaient à canaliser leur magie, mais cela n'était pas suffisant pour les cinq amis. Ils se mirent alors à apprendre la magie dans tous les livres qui leurs tombaient sous la main. Ils avaient une telle soif d'apprendre, c'en était presque étrange.

A l'aube de leurs quinze ans, ils quittèrent leur Ecosse natale pour voyager à travers le monde, et s'instruire sur les différentes formes de magie qui existaient. Pendant près de dix ans, ils parcoururent ainsi le monde, tous les cinq, sans jamais se quitter. A l'approche de la fin de leur voyage, ils retournèrent en Écosse et achetèrent un immense terrain, perdu au milieu de nulle part. Ils décidèrent ensemble de créer un endroit où les jeunes sorciers pourraient enfin maîtriser leur magie et avoir de véritable cours. Ils passèrent des semaines et des semaines à faire des plans, à rechercher des idées pour leur école. Mais les sorciers avaient différentes opinions, aucun d'entre eux n'était d'accord sur le moyen de sélectionner les jeunes sorciers qui entreraient dans leur école. Cette école n'avait même pas encore de nom. Les deux hommes du groupe s'appréciaient de moins en moins, et le destin fut cruel, et les fit tomber amoureux de la même personne. Cette personne était malheureusement l'une des trois femmes de leur groupe d'amis. Le château était déjà construit, les plans du parc était fait, il ne restait plus qu'à choisir un nom pour l'école.

Un soir, comme ils en avaient l'habitude, les amis se retrouvèrent dans la plus haute tour du château, leur endroit préféré à tous les cinq. Helga lisait tranquillement dans un coin, Rowena réfléchissait à une nouvelle forme de magie qu'elle avait rencontré il y a peu de temps, Godric et Salazar se chamaillaient comme à leur habitude, mais cette fois ci, les piques se firent plus virulentes, les gestes, plus nerveux. Ils se disputaient à propos de Hel et de qui d'eux deux pourraient gagner son cœur. Cela dégénéra et ils en vinrent aux baguettes. Les sorts fusaient de partout, Helga essayait de les dissuader de se battre, elle détestait vraiment les conflits, mais rien n'y faisait, ils ne l'écoutaient pas. Rowena, elle était en transe, la nouvelle forme de magie qu'elle étudiait avait pris possession d'elle, pour qu'elle puisse la ressentir en profondeur et la jeune femme ne répondait plus de rien. Elle était dans un autre monde. Hel, qui avait toujours la fâcheuse manie d'être en retard, accouru dans la pièce et évalua la situation d'un regard. Elle se précipita vers ses amis et s'interposa entre eux. Les deux hommes ne l'écoutaient pas non plus, et au détour d'un sortilège, Hel fut touchée. Elle tomba de la tour, comme une poupée de chiffon. Ils ne s'aperçurent pas toute de suite de la bêtise qu'ils avaient faite, ils la regardèrent chuter, sans qu'aucun des deux sorciers ne réagisse. Helga fut la plus réactive et essaya de ralentir sa chute, mais il était déjà trop tard. Ils se précipitèrent vers le parc et virent leur amie, paisible, les yeux vides. Hel Poudlard était morte.

Ce fut un véritable déchirement pour la bande d'amis, plus encore, lorsque les deux hommes durent raconter à Rowena, qui sortit de sa transe quelques heures plus tard, que son amie était décédée, par leur faute. Leur amitié en fut brisée. Mais l'histoire ne s'arrêta pas là, une jeune moldue, qui avait le même âge que la bande d'ami avait observé l'entièreté de la scène. Cette jeune femme s'appelait Lena. Elle avait toujours envié cette bande d'amis, là où l'amitié régnait en maitre. Elle avait très peu d'amis, dans ce village, les temps étaient durs, peu d'enfant survivait, mais malgré leurs âges, ces cinq amis ne lui avaient jamais adressé la parole. Quel ne fut pas son choc lorsqu'elle vit les deux hommes de leur groupe en apparence si soudé, tuer une des femmes. Elle s'approcha du château abandonné et se dirigea vers Hel. Salazar, l'aperçut et il était si énervé, ne contrôla pas sa magie et expulsa la moldue de sa vue. Son corps n'était pas fait pour recevoir autant de magie aussi brusquement et Lena mourut sur le coup. Sa haine des moldus, déjà alimentée par les « chasses aux sorciers » de l'époque ne fit qu'augmenter et il interdit toute personne ayant des appartenances moldues d'entrer dans sa maison. Salazar quitta sur le champ le pays, et ils ne le revirent plus jamais.

Rowena et Godric enterrèrent la jeune moldue et effacèrent la mémoire de tout le village sur l'identité de cette jeune femme, ainsi que sur la leur. Helga eut l'idée de donner le nom d'Hel à leur école, en hommage, puisqu'il n'y aurait point de maison à son effigie. Rowena réussit à lier l'esprit de son amie au château et elle en fit la gardienne du lieu. Hel ne mourrait jamais, tout comme l'école de sorcellerie Poudlard ne mourra jamais non plus. Les trois derniers fondateurs se dirent adieu, à moins de trente ans, abandonnant leur vie et se séparent aux quatres coins du monde, mettant ainsi le plus de distance entre eux. Rowena et Helga ne pardonnèrent jamais aux deux hommes d'avoir tué leur amie, elles engagèrent des professeurs pour faire cours au futur élève, remirent leur création au premier directeur de Poudlard, qu'elles avaient rencontrées au cours de leur voyage à travers le monde. Les fondateurs furent adulés, leur amitié fut sacrée, mais personne ne connut la véritable raison qui les avaient poussés à quitter Poudlard. Ils ne se revirent jamais. Ce fut ainsi que Poudlard fut créé, ce fut ainsi qu'une amitié fut brisée, ce fut ainsi que la cinquième fondatrice fut oubliée.

Hel finit son récit sous les yeux abasourdis des deux amis. Comment avaient-ils pu passer à côté de cette histoire, eux qui aimaient tant la lecture ? Cette histoire était si déchirante.

—Cette histoire n'est écrite nulle-part ailleurs que dans ma mémoire. Et dans la votre désormais. Seuls quelques élus ont la chance de découvrir cette histoire.

—Vous êtes la cinquième fondatrice ? demanda Hermione, qui ne réalisait toujours pas ce que la femme venait de lui dire.

—Oui Hermione Granger, je suis la cinquième fondatrice, la fondatrice oubliée. Mais je ne m'en plains pas, je veille sur notre école, à moi et mes amis. C'est mon rôle.

—Alors vous n'en voulais pas à Gryffondor et Serpentard de vous avoir tuée ?

—Mon ressenti sur ma mort ne concerne que nous trois, c'est pourquoi je ne vous le révèlerai point.

Remus, bien que très impressionné devant Hel Poudlard, ne perdit pas de vue la raison principale pour laquelle ils se trouvaient à Poudlard.

—Pourquoi nous raconter tout cela maintenant ? Pourquoi êtes-vous apparue lorsqu'on a fait le rituel ?

—Mon cher enfant, vous êtes les Elus du temps, mais pas seulement. Vous êtes aussi les Elus de Poudlard, mes élus.

—C'est-à-dire ? Je ne comprends pas vraiment.

—Ne soyez pas pressés ainsi. Il y a tellement de choses que vous ignorez. Comme vous l'avez sûrement deviné, les élus du temps, on le pouvoir, après avoir accompli les trois phases, de voyager dans le temps.

—Pardon ?

Hermione et Remus s'étaient écriés en même temps, un voyage dans le temps, comment était-ce possible ? Hermione avait déjà remonté le temps, mais jamais plus de trois heures et les dangers étaient déjà conséquents. La fondatrice eut un sourire mélancolique, et continua ses explications.

—Nous savions, avec mes amis, que Poudlard ne serait jamais définitivement sûr. Tout comme le monde sorcier. Il y aura toujours des sorciers pour mettre en péril le secret magique et l'existence même de ses pairs. C'est pourquoi, nous avons créé un moyen, d'arrêter un de ses sorciers s'il venait à dépasser les limites. Nous avons mis presque autant de temps à trouver ce moyen et à le construire, qu'à bâtir Poudlard. Deux élus par siècle auraient le pouvoir d'arrêter un sorcier ayant trop profondément sombré dans les ténèbres. C'est le cas de Tom Jedusor. Et c'est à vous de l'arrêter.

—Nous sommes au courant merci. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi pas pendant la première guerre des sorciers ? Pourquoi pas pendant la seconde, avant que la communauté magique ne s'effondre ?

—Tom Jedusor n'avait pas encore franchis de telles limites.

—Mais c'était sûr qu'il allait le faire. Il a repoussé les limites de l'immortalité, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin !

—Je ne suis pas voyante Hermione Granger, lui répondit d'un air sévère la fondatrice. Je ne pouvais pas connaitre l'étendue de sa folie, de sa stupidité avant qu'il n'attaque Poudlard. Je ne suis qu'un souvenir. Je ne peux pas intervenir directement dans les affaires des humains.

—Et s'il y a plus d'un sorcier aussi maléfique par siècle ?

La cinquième fondatrice se tourna vers Remus, heureuse qu'il pose d'autres questions. Hermione Granger était une sorcière intéressante, mais qu'est-ce qu'elle était têtue ! Presque autant qu'elle-même, et c'en devenait dérangeant.

—Il n'y a jamais plus de deux élus par siècle, c'est la règle. Jusqu'à présent, il n'y a jamais eu besoin de plus de deux élus par siècle.

—Mais Grindelwald ?

—Grindelwald n'a jamais été une menace aussi sérieuse que Voldemort.

—Son nom est tabou !

—Pas ici, nous ne sommes plus atteignables par ce sort vous et moi, tant que nous restons ici. Puis-je finir de vous raconter l'histoire des élus du temps ? Bien, mes amis et moi-même avons eu l'idée de concevoir des objets permettant de faire voyager dans le temps les élus qui étaient digne de posséder ces objets. Seules les personnes ayant traversé de lourdes épreuves, ayant montré de grandes capacités magiques, intellectuelles et émotionnelles peuvent être désigné « élus du temps ». Salazar créa une bague, d'une grande beauté, si puissante, si magnétique, qu'on ne pouvait passer à côté d'une telle beauté. Helga créa un bracelet, très beau aussi, qui possédait de multiples couleurs. Godric créa un collier, fait de diamant qui contient une dose de magie impressionnante. Rowena fabriqua un livre, écrit en runes anciennes et imagina des énigmes permettant de retrouver les trois bijoux. Pour ma part, j'œuvre depuis mon décès sur l'horloge du temps. Vous la verrez en temps voulu.

—Et quelle est la différence entre les élus du temps et les élus de Poudlard ?

—Pour commencer, les élus du temps n'ont pas besoin d'avoir étudié dans mon école pour être désigné, contrairement aux élus de Poudlard. Peu d'élus du temps sont également élus de Poudlard. Vous n'êtes pas seulement là pour sauver le monde sorcier, mais aussi pour soigner l'école. Pour me soigner moi. Chaque jour qui passe, le château m'obéit de moins en moins. La légende a toujours dit que le château n'obéissait qu'au directeur ou qu'à la directrice. C'est entièrement faux. Le château n'obéit qu'à moi. Si j'en juge digne le directeur, il peut aussi lui obéir. Mais plus les jours passent, plus Voldemort prend le pouvoir sur ma magie et mon château. Il me détruit à petit feu. Jamais Poudlard n'a été autant en danger.

—Est-ce qu'il y a déjà eu des élus du temps qui étaient aussi élus de Poudlard ?

—Une fois. Un siècle après ma mort. Ils ont échoué. La catastrophe n'a pas été évitée et j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre, tout comme le monde magique.

—Que s'est-il passé ?

—Ils vous ont déjà expliqué. Leur amour était plus fort que tout, et ils s'en sont servis pour justifier leurs crimes.

—Vous parlez des gardiens ? De Pluton et Proserpine ?

—Bien sûr que je parle d'eux. Ce sont les seuls assez idiots pour faire cela. Lorsque les deux élus chargés de réparer leurs stupidités sont décédés, je les ai jugés et faits d'eux les gardiens du bracelet.

—On les a libérés, ils sont morts.

—Je le sais bien. Tout comme les précédents élus ont libérés le gardien du collier.

—Il y avait un gardien ?

—Non, il est mort. Rowena était très intelligente, elle a réussi à rendre le livre presque vivant. Il réécrit déjà la seconde énigme pour les prochains élus.

—Depuis la création de ce livre, combien y a-t-il eu d'élus ?

—Quatre pairs, en vous comptant. Deux paires ont échoué, une a réussi. Ne faites pas cette tête, sans les premiers élus, nous serions tous morts à l'heure qu'il est.

—Qui étaient ces deux élus ?

—Merlin et Morgane.

—Merlin et Morgane ! Mais ils se détestaient !

—Ils n'ont pas eu le choix. Mais les autres élus sont restés dans l'anonymat. Merlin et Morgane ont sauvé le monde d'une immense menace.

—Quelle était cette menace ?

—Elle n'a pas eu lieu, je ne vais donc pas vous en faire part. Concentrez-vous plutôt sur votre mission. Lorsque vous serez là-bas, je ne pourrais plus interagir avec vous, de quelque façon qu'il soit.

—Où va-t-on allé ?

—Dans le passé pardi ! Vous ne l'aviez toujours pas compris. Récupérer les bijoux du temps, résoudre les énigmes n'étaient qu'une infime partie de la mission. La plus petite.

—Les élus du temps.

—Oui, Hermione Granger, le temps était toujours au centre de votre mission. En vérité, le livre ne dit pas l'exacte vérité. La première phase s'est seulement terminée lorsque vous avez accompli le rituel. Depuis que je vous donne ces explications, vous êtes entrés dans la phase deux et dans peu de temps, vous serez dans la phase trois.

—Mais à quelle époque allez-vous nous emmené ?

—Je ne vais pas vous le dire, c'est une des choses qu'il faut que vous découvriez par vous-même. Je vais vous expliquez l'utilité de chaque objet et ensuite il sera déjà l'heure que nous nous quittions.

La fondatrice prit le collier des mains de Remus et expliqua sa fonction. Le collier permettait d'empêcher les personnes, les objets de fusionner lorsque deux choses identiques se trouvaient dans la même pièce. Le bracelet permettait de maintenir les voyageurs dans le passé. Sans lui, ils seraient immédiatement ramenés dans leur époque, sans avoir pu accomplir quoi que ce soit. La fondatrice enleva la bague de son doigt et la tandis à Hermione.

—La bague est sans aucun doute l'objet le plus important. Elle vous permettra de ne pas être consumé par la magie du temps. Vous n'aurez rien à faire dans cette époque, et la magie du temps est la plus puissante qu'il soit. Si vous l'enlevez, même sans intention négative, vous mourrez brusquement.

—Mais nous sommes tous les deux des loups-garous, lors de notre transformation, nous pourrions les perdre ou les casser.

—Non, c'est impossible de les perdre. Ils seront attachés à vous et ils s'adapterons à la forme de votre corps, humaine ou animale.

Hel Poudlard sembla réfléchir à tout ce qu'elle avait raconté aux voyageurs, s'il ne leur manquait pas une information pour mener à bien la mission.

—Une dernière chose. Vous ne devez nous aucun prétexte révéler ce que je vous ai dit à quelqu'un d'autre, excepté à la personne chargée du troisième bijou. Mais, enfin, je vous ai expliqué la puissance de la magie du temps. Un seul bijou peut tuer de nombreuses personnes. Vous ne pourrez pas garder deux bijoux sur vous, même à tour de rôle. Je vous conseille vivement de vous y mettre dès votre arrivée. Cherchez une personne de confiance, qui ne vous trahira sous aucun prétexte, qui risquerait sa vie pour vous. Il faut que vous trouviez cette personne le plus rapidement possible. Le mieux serait au maximum, une semaine après votre arrivée dans le passé.

La fondatrice récita une incantation et une immense horloge apparue. Elle possédait quatre aiguilles et onze chiffres. C'était l'horloge du temps, celle qui allait leur permettre de partir, et de réécrire l'histoire.

—J'ai déjà voyagé dans le temps en troisième année, le professeur McGonagall m'avait parlé des nombreux dangers du voyage dans le temps, comment allons-nous faire en sorte qu'on ne nous reconnaisse pas ? On va devoir changer d'apparence, de nom.

—Tout à fait Hermione Granger. Pour vos noms, vous serez Helena Grace et Remi Lucas, vous garderez ainsi les mêmes initiales. Pour votre apparence, ce sera à vous de la changer et de trouver un moyen de le faire.

—Et on vivra là-bas tout le reste de notre vie, comment allons-nous nous débrouiller pour l'argent ? Nous ne pourrons certainement pas travailler immédiatement, et si on évite les contacts ce serait mieux non ? Et—

—Hermione Granger, je ne peux pas vous donner toutes les réponses à vos questions, c'est votre quête, c'est à vous d'obtenir les indices pour l'accomplir. Il y aura dans un coffre-fort à Gringotts, l'entièreté de votre coffre actuel, l'héritage de vos parents, l'héritage de votre ami Harry Potter, c'est-à-dire l'héritage Potter et Black. Je ne pense pas me tromper en vous affirmant que vous aurez largement de quoi subvenir à vos besoins. Quant aux contacts, vous aurez besoin d'alliés, il faudra vous fondre dans la masse et réfléchir au meilleur moyen d'y arriver et d'approcher les personnes clés du passé.

—Cette horloge, comment fonctionne-t-elle ?

—L'horloge du temps est particulière, Remus Lupin, seule moi peut l'activer. L'aiguille la plus longue permet de remonter les siècles, ensuite, ce sont les années et une pour les jours. La plus petite permet quant à elle de voyager dans l'espace. Il va falloir que vous partiez, je sens mes pouvoirs partirent, cette discussion me coûte énormément. Les mangemorts me tuent. Vous devez partir, l'horloge demande beaucoup d'énergie.

—Mais non, j'ai encore des questions.

—Je ne peux rien vous révéler de plus Hermione Granger. Soyez grée, si vous n'étiez pas élus de Poudlard, vous ne m'auriez pas rencontré et vos seules indications auraient été le livre du temps. Remus Lupin, je vous confie le collier du temps, Hermione Granger, je vous confie la bague du temps. Vous devrez la porter, mais vous ne pourrez pas la cacher comme vos deux autres bagues. Prenez soin du bracelet du temps et n'oubliez pas, seule une personne digne de votre confiance pourra le porter.

La fondatrice poussa Hermione et Remus vers l'horloge. Elle semblait très faible, comment avait-elle pu perdre en si peu de temps son incroyable prestance ? Elle dégageait toujours une aura de puissance, mais elle avait énormément changé, en à peine quelques heures.

—Faites attention à vous, la mort peut frapper au moment où l'on s'y attend le moins. Le salut du monde magique, tout comme moldu repause sur vos épaules. Prenez soin de ces bijoux comme si votre vie en dépendait, ils sont rattachés à votre vie. Une rayure revient à un coup de poignard.

La fondatrice leva les bras et murmura trois fois une incantation en latin avant de s'évanouir brusquement.

—Tu crois que ça a marché ?

Avant que Remus n'ait pu lui répondre, Hermione se sentit tanguer, sa vision devenait floue, à mesure que les secondes passaient. Elle serra son sac et tourbillonna, puis le noir.