« Un ami c'est une personne qui reste dans ta vie, malgré la distance, les années, une nouvelle vie. »

Inconnu

Hermione et Remus atterrirent brutalement sur un sol en pierre. Ils se regardèrent, ne croyant toujours pas à ce que leur avait raconté la gardienne. Un voyage dans le temps ? McGonagall avait bien expliqué à Hermione les conditions et les limites des voyages dans le temps. Comment pouvait-on les oublier si facilement. Changer le passé était incroyablement dangereux. Bien sûr si Hermione pouvait sauver le monde magique, sauver ses amis, sa famille, elle le ferait sans hésiter, mais tout de même, c'était surréaliste. Elle observa la ruelle dans laquelle elle se trouvait, rien dans son environnement immédiat ne montrait qu'elle était dans une époque différente.

—Rem, tu crois que ça a marché ? Qu'on est dans le passé ?

—Je ne sais pas, il faut qu'on trouve un journal, il y aura forcément une date. Mais avant, il faut qu'on change notre apparence.

—Pourquoi ?

—Hermione, réfléchit, la photo a sûrement déjà était inventée, quel que soit l'époque où l'on se trouve, on ne s'appelle plus Remus et Hermione mais Remi et Helena, personne ne doit nous reconnaître, même dans plusieurs années. Comment allons-nous nous transformer ? Du polynectar peut-être ?

—Barty Croupton Junior en a utilisé pour prendre l'apparence de Maugrey, mais il avait ses cheveux en permanence sur lui, et la fiole dans laquelle buvait Maugrey. Ça nous demanderait une énorme organisation de gérer le stock, les cheveux. Non, il faut trouver autre chose. J'ai une idée, mais elle ne va pas te plaire.

—La métamorphose humaine.

Hermione le dévisagea, surprise, comment avait-il pu deviner ? Remus répondit avec un petit sourire à l'interrogation silencieuse d'Hermione.

—Je te connais Hermione, plus c'est dangereux, plus tu aimes, la métamorphose humaine est la forme la plus dangereuse qu'il soit, alors c'est évident. Tu as déjà essayé ?

—Oui, après la bataille de Poudlard, on n'avait pas assez de stock de polynectar donc je l'utilisais sur quelques personnes. Mais seulement sur les sorciers volontaires et majeurs. C'est-à-dire surtout Neville, Ron et moi. Je sais ce qu'on risque Remus, mais au moins, c'est permanent, pas comme le polynectar où l'on doit en reprendre toutes les heures et si on veut, on pourra retrouver notre véritable apparence. Ce n'est pas définitif.

—Ça peut le devenir si elle est mal réalisée.

—Tu ne me fais pas confiance ?

—Bien sûr que si Hermione, mais j'ai quand même le droit de douter. On va le faire, mais j'espère pour toi que tu te maîtrises assez bien. J'aimerai bien ressembler toujours à un humain quand tu auras fini.

—Je vais commencer si ça te rassure, mais ne me regarde pas, la transformation est assez horrible.

Hermione se retourna et se concentra. La métamorphose, en plus de demander une grande puissance magique, demandait aussi une concentration importante. Après quelques minutes, elle était totalement transformée, Hermione Granger avait disparue pour laisser place à Helena Grace. Ou pas.

—Hermione, ça ne va pas du tout !

—Quoi ?Mais j'étais sûre d'avoir réussi !

—Non, la transformation est bien, mais regarde toi, on dirait la sœur jumelle de Harry.

Hermione prit le miroir que lui tendait Remus et s'observa un moment. Elle avait peut-être un peu exagéré sur la ressemblance, ses cheveux étaient noirs et en bataille, comme ceux de son meilleur ami, elle avait désormais les yeux vert émeraude de Lily et ses traits du visage était en tous points semblables à ceux de Harry. Elle regarda Remus avec un petit air coupable.

—Ne me regarde pas comme ça, il ne te manquait plus que sa cicatrice.

—Non merci, j'ai déjà assez de cicatrice comme ça. Et si on réussit, quand on aura réussi, Harry n'aura pas de cicatrice n'est-ce pas ?

Hermione reprit sa baguette et changea ses traits du visage ainsi que la couleur de ses yeux. Ils étaient bleus comme la mer, si semblable à ceux de Ron. Helena Potter était devenue Helena Grace. Hermione s'occupa ensuite de Remus qui était devenu blond foncé aux yeux noirs.

—Satisfait ?

—Très. Merci de m'avoir enlevé les grosses cicatrices.

—J'ai pensé que ce serait mieux si on ne débarquait pas avec des cicatrices partout sur le corps, encore plus sur le visage. Je n'ai pas pu tout enlever, on en a beaucoup trop.

Remus comprit le sous-entendu qu'Hermione faisait. Ses cicatrices à elle étaient beaucoup plus voyante. Ils devaient en avoir autant l'un que l'autre. Remus était tout de même plus âgé mais il ne s'était jamais fait torturer pendant de longues heures. Ses cicatrices les plus voyantes étaient celle qu'il se faisait pendant la pleine lune. Hermione avait des cicatrices bien plus fragiles, bien plus chargées de souvenirs, de cauchemars. Il connaissait son sang-de-bourbe que Bellatrix Lestrange lui avait fait sur le bras. Elle avait une cicatrice qui partait de son épaule droite et qui allait jusqu'à sa hanche gauche. Hermione n'avait jamais voulu lui dire comment elle avait eu cette cicatrice, mais même après des années, elle était toujours boursouflée et rouge. La troisième plus importante était sur sa nuque. Bellatrix, dans un accès de folie, dont elle seule est capable, avait gravé un serpent dans la nuque d'Hermione, le jour où elle avait délivré des prisonniers dans le manoir Lestrange, avec Ron et Neville. Si ses deux amis n'avaient pas réagi à temps, elle serait morte là-bas. Cette blessure, était la plus douloureuse, comme la cicatrice d'Harry, ce serpent était relié aux émotions, accès de colère surtout, de Bellatrix. Elle avait eu, selon elle, de la chance, que la mangemort lui ait gravé cette infamie dans la nuque, qu'elle peut cacher avec ses cheveux, pas comme le sang-de-bourbe sur son bras. Elle avait tout essayé, les sortilèges, les potions, les plantes, même le maquillage, mais rien n'y faisait, cette cicatrice continuait d'exister, brillante, sanglante. Il ne fallait pas y penser, sinon son bras saignait sans interruption.

—Hermione, Hermione.

Remus sortit la jeune femme de ses pensées, et lui indiqua qu'il serait peut-être temps qu'ils sortent de cette ruelle et qu'ils aillent recueillir des informations. Hermione hocha la tête et suivit Remus. Ils arrivèrent dans une plus grande rue, qu'ils connaissaient bien.

—Rem' en face, c'est—

—Le chaudron baveur, oui.

—Tu crois qu'on est vraiment dans le passé ? Il ressemble tellement à celui que je connais.

—Tu t'attendais à quoi ? Vivre en noir et blanc avec des calèches partout ? Hermione, enfin. Si tu observes bien, la peinture de la devanture semble plus récente, moins écaillée.

Ils traversèrent la rue et entrèrent dans le bar. Une chose n'avait pas changé, il était toujours aussi sale. Hermione aperçu le barman, Tom. Depuis combien de temps était-il là ? Elle n'éprouvait pas beaucoup de sympathie pour lui, mais n'arrivait pas à expliquer pourquoi. Tout lui revint soudainement, et ne put retenir le « traître » qui s'échappa de ses lèvres.

—Mione, ne te fais pas remarquer.

—Mais Rem', il nous a trahi.

—On parlera de ça plus tard.

Remus s'interrompit brusquement, il venait de voir quelque chose qui le troublait profondément. Hermione l'appelait, le secouait mais il ne répondait pas, trop obnubiler par ce qu'il venait de voir.

—Rem' réveille-toi, on est en plein milieu du chemin de traverse, on ne peut pas rester là comme ça.

—Je sais en quelle année nous sommes.

—Attend, quoi ? Mais comment ?

—Je les ai vu, mais comment a-t-elle pu m'envoyer là, toutes les époques étaient bonnes, pourquoi celle-ci en particulier ?

Remus se tourna vers Hermione, le visage grave.

—On est en 1977. On doit être en été, l'été avant ma dernière année à Poudlard.

—Tu as vu James et Sirius n'est-ce pas ? Harry m'a dit que Sirius avait quitté la maison des Black pour aller chez son père.

Hermione laissa Remus quelques minutes, le temps d'aller acheter le journal du jour.

—Poudlard a un sacré sens de l'humour. On est le trente-et-un juillet. Quatre ans avant la naissance d'Harry.

—Hermione, pas en pleine rue, on pourrait nous entendre. J'espère qu'on peut louer deux chambres au chaudron Baveur, il nous faut un endroit calme où on peut parler sérieusement et réfléchir.

Remus retourna sur ses pas et se dirigea vers le barman pour lui louer deux chambres. Par chance, la sienne et celle d'Hermione étaient voisines, ils pourraient se parler plus facilement. Ils s'assirent tous les deux sur le lit de Remus et pour la première fois de la journée, prirent compte de tout ce qui venait de se passer. Leur traversée du dôme, la découverte de Pré-au-Lard, le cadavre de Rogue, la rencontre avec Hel Poudlard, le récit sur la vie des fondateurs, qui étaient en réalité cinq, la découverte de la bague, troisième bijou du temps, l'horloge du temps, apprendre qu'ils étaient aussi élus de Poudlard et qu'ils allaient voyager dans le temps, faire ce voyage dans le temps. Prendre connaissance de leur époque. Tout cela en moins d'une journée, même après tout ce qu'ils avaient vécu, c'était beaucoup. Beaucoup trop.

—Qu'est-ce qu'elle a voulu dire quand elle a parlé de tes autres bagues ?

Remus avait parlé, il avait beau être épuisé, cette question trottait dans sa tête et il ne pouvait oublier la conversation. Hermione soupira et d'un coup de baguette, deux bagues apparurent. Remus les examina et les reconnut tout de suite. Ces bagues avaient été aux doigts des pères de ses meilleurs amis pendant de nombreuses années, mais cela n'expliquait pas comment Hermione les avait eus en sa possession.

—Tu as les chevalières des Potter et des Black ? Mais, comment ?

—Harry me les a léguées. Il est allé à Gringotts et a vu cette bague aux armoiries de sa famille et a demandé à Sirius qu'est-ce que c'était. Sirius lui a montré la sienne, qu'il avait récupéré à la mort de son père, puisque Regulus était mort. Au décès de Sirius, Harry l'a récupéré. Il ne voulait pas prendre le risque d'en perdre une des deux, alors, douce ironie, il m'a confié celle des Black. Moi, la sang-de-bourbe la plus recherchée du pays, portait la chevalière de la famille l'a plus obnubilée par le sang-pur. Quand Bellatrix Lestrange, Hermione frissonna en prononçant son nom, m'a torturée, elle n'avait aucune idée que je portais la chevalière de sa famille. J'ai récupéré celle des Potter, avant la Grande Bataille. Harry pensait qu'il allait mourir et il a préféré me la donner plutôt qu'elle reste pourrir sur son cadavre, selon ces propres mots. Je les ai alors cachées à la vue de tous, les enfermant à l'intérieur de moi. C'est de la vieille magie.


Deux jours étaient passés depuis qu'Hermione et Remus avaient débarqué dans le passé. Ils avaient tous les deux dormis pendant de longues heures, agrémentées de cauchemars. Ils avaient aussi beaucoup parlé, cherchant désespérément quelqu'un à qui confier le bracelet du temps. Ils n'étaient pas d'accord sur les priorités de ce bijou.

—Non, Rem', c'est hors de question. Moi vivante, tu ne confieras pas ce bijou à Dumbledore.

—Mais pourquoi ? C'est un grand sorcier et—

—Un grand sorcier ? Il a battu Grindelwald et il est intelligent. Il t'a aidé quand tu étais jeune. C'est tout ce que tu vois. Pourquoi tout le monde est aveuglé par lui ? Ne vois-tu donc pas ses mauvais côtés ? Il manipule tout le monde, pour parvenir à ses fins. Il a placé Harry chez les Dursley, sans ne renseigner un minimum avant sur ce que Lily et James auraient voulu. Ils détestaient la magie. Ils ont maltraité Harry, il n'a jamais été heureux là-bas. Qui s'en est soucié ? Sûrement pas lui. La seule personne qui s'est souciée de ce qui se passait là-bas c'est Sirius, et il ne pouvait rien y faire. Il a laissé Harry se battre contre Quirell et par extension contre Voldemort, il l'a laissé combattre un basilic. Il nous a laissé sauver Sirius, avec pour seule indication que trois heures suffiraient ! Il a laissé Harry participé au tournoi des trois sorciers. Et quand Cedric est mort, il l'a renvoyé chez les Dursley, plus seul que jamais, alors que tout ce dont il avait besoin c'était d'être avec Sirius, avec ses amis ! Il a laissé Rogue lui donner des cours d'occlumencie alors que c'était couru d'avance qu'il ne parviendrait pas à dépasser sa haine pour James et à travers lui, pour Harry. Sirius est mort à cause de ça. Ce n'est qu'à la mort de son parrain qu'il a découvert le poids qui reposait sur ses épaules. A presque seize ans. Et pour couronner le tout, il nous a envoyé faire une mission suicide pour trouver des bouts d'âme de Voldemort, avec aucun indice ! Regarde comme ça a marché ! Harry est mort, tout le monde est mort et on doit retourner vingt ans en arrière pour réparer ses erreurs !

Hermione finit sa tirade essoufflée, des larmes coulant sur ses joues. Pour la première fois depuis longtemps, ce n'était pas des larmes de tristesse, mais des larmes de colère.

—Hermione, tout cela n'est pas la faute de Dumbledore, Sirius, c'est la faute de Bellatrix.

—C'est elle qui l'a tuée. Mais s'il avait donné les cours d'occlumencie lui-même, ça aurait fortement aidé. Bien sûr Harry aurait pu s'entraîner plus, j'aurais dû me rebeller après la mort de Cedric pour rendre visite à Harry. On a chacun nos torts. Tu n'étais pas là quand Lily et James sont morts, Je présume que tu n'as été au courant que bien plus tard.

—Dix jours.

—Pardon ?

—Je n'ai été au courant que dix jours plus tard, avec la Gazette du Sorcier.

—Alors c'est pire que je pensais. Tu le vénères alors qu'il t'a caché la mort de tes meilleurs amis, l'emprisonnement de Sirius et la « mort » de Pettigrow. Désolée, je n'aurais pas dû le dire comme ça. J'aurais dû me contrôler et ne pas m'emporter. Mais c'est juste hors de question que je confie ma vie à Dumbledore.

—Je ne vénère pas Albus, n'exagère pas. A qui veux-tu le donner ? On ne peut pas confier le bijou à un maraudeur ou à Lily, ils sont trop jeunes et on connaît peu d'adultes qui seraient capables de risquer leur vie pour nous, des inconnus.

Hermione savait qu'il avait raison, même si elle se retenait de se l'avouer. Qui pourrait accepter de risquer sa vie pour des inconnus ? Il faudrait déjà que cette supposée personne veuille bien les recevoir. Hermione eut soudainement une illumination, elle connaissait quelqu'un capable de les aider. Il suffirait d'être rusé.


—Je signe, Helena Grace et Remi Lucas et c'est bon.

Hermione tendit la lettre au hibou qui était chargé du courrier et lui indiqua le destinataire et l'adresse de la lettre.

—On a plus qu'à attendre sa réponse maintenant.

La dit réponse vint cinq heures plus tard, à la grande surprise des deux voyageurs temporels. Connaissant la personne, ils pensaient plutôt qu'elle attendrait quelques jours avant de donner sa réponse. Enfin, ils n'allaient pas s'en plaindre. Le bracelet, même s'ils alternaient le port de celui-ci, prenait une grande partie de leur énergie.

—Elle est d'accord, elle nous attend aux Trois Balais.

—Un endroit plus discret aurait été préférable.

—Je le sais, mais on ne va pas lui raconter tout ça là-bas. On ira chez elle, ou dans son bureau.

Les deux sorciers prirent leurs affaires et transplanèrent à Pré-au-Lard. Ils entrèrent dans le bar et se dirigèrent vers la table de leur interlocutrice. Les voyant se diriger vers elle, bien qu'elle ne les connaissait pas, elle les salua.

—Miss Grace, et monsieur Lucas je suppose.

—Professeur McGonagall, répondirent-ils, par automatisme.

—Je vous en prie, appeler moi Minerva.

—Dans ce cas, appelez nous Remi et Helena.

—Alors comme ça vous êtes des amis de Dougal ? Votre demande m'a grandement étonné. Il ne lui est rien arrivé j'espère.

—Non ne vous inquiétez pas Minerva il va bien. Pour être totalement franche avec vous. Dougal McGregor n'était qu'un prétexte pour vous parler. Vous ne me connaissez pas, mais je vous connais, je vous connais très bien même. Nous ne faisons pas partie d'une secte où quoi que ce soit d'autre, mais nous avons un service à vous demander, un service de la plus haute importance.

—Quelle genre de service ?

—Nous ne pouvons pas vous en faire part ici. Connaissez-vous en endroit désert où nous pourrions être au calme ?

—Mais enfin jeunes gens, qui que vous soyez, je ne vais pas ramener des inconnus chez moi.

—Nous ne vous demandons pas de vous amener chez vous mais un endroit isolé devrait suffire. Nous pouvons vous donner nos baguettes si vous le désirez.

Remus sortit sa baguette et Hermione en fit de même avec la sienne et celle d'Harry, qu'elle utilisait beaucoup plus souvent. Minerva ramassa les baguettes et fit transplaner les deux sorciers dans une petite prairie.

—Bien, maintenant vous allez tout m'expliquer. Pourquoi vous posséder la baguette d'un de mes élèves, et qui êtes-vous par Merlin ?

—En vérité, je m'appelle Hermione Granger. Je suis née le dix-neuf septembre.

Hermione baissa les yeux et prit une grande inspiration pour se donner un peu de courage.

—1979.

—Excusez-moi ?

—Elle dit vrai. Pour ma part, cette baguette est aussi la mienne. Je suis Remus Lupin, un peu plus vieux que celui que vous connaissez.

—C'est impossible, comment avez-vous pu…

—Dans notre époque, la guerre fait rage. Les mangemorts ont pris le pouvoir.

—Les mangemorts, ce petit groupe de rebelles ?

—Ils sont beaucoup plus que des rebelles. Voldemort est un véritable fanatique, nous venons de 2002. Nous sommes les deux derniers survivants de la lumière. Tous nos amis, notre famille, nos camarades, nos professeurs ont été tués. Pour la plupart sauvagement. Je vous en prie, il faut absolument que vous nous croyez.

—Qui m'a tué. Et quand ? Pourquoi ?

—Bellatrix Lestrange lors de la bataille de Poudlard, le deux mai 1998. Voldy venait d'annoncer qu'Harry était mort. Vous aviez voulu vous approcher et elle vous a tué. Avec l'Avada Kedavra. Vous n'avez pas souffert au moins. Nous allons tout vous raconter depuis le début. Cela va prendre un petit moment. Certaines choses risques d'être, comment dire, dure à entendre.

Hermione commença alors son récit, omettant le moins de détails possible, Remus prenait le relais quand les moments devenaient trop difficiles et les souvenirs trop douloureux pour Hermione. L'histoire dura trois heures. Trois heures de souvenirs, de larmes, de douleur. Le récit touchait à sa fin et Minerva n'était pas au bout de ses surprises. Hermione raconta l'histoire de la cinquième fondatrice, puis de leur arrivée dans le passé.

—Je suis profondément désolée pour tout ce qui vous est arrivé à tous les deux. Mais je ne vois pas du tout ce que je peux faire pour vous.

—Je vous ai expliqué qu'il y a trois Bijoux du Temps. La bague, que je garde, le collier, que porte Remus et le bracelet. Hel Poudlard nous a expliqué que ces bijoux étaient très puissants, très dangereux aussi. Nous ne pouvons pas les enlever, mais en porter deux pourrait nous achever rapidement. C'est pour cela que nous avons besoin de vous. Pour porter ce bijou. Nous comprendrons parfaitement si vous n'acceptiez pas. C'est de la pure folie. Mais vous êtes notre seul espoir. Personne d'autre ne peut accomplir cette tâche. Je sais que bien que vous n'aimiez pas travailler là-bas, vous êtes toujours fidèle au ministère. Nous sommes les personnes les plus hors-la-loi du monde magique. Pour ma part, j'ai tué plus de personne que les mangemorts actuels, j'ai violé un grand nombre de loi sur le secret magique, des lois très anciennes. Nous allons vous laisser réfléchir, mais s'il vous plaît, nous aurions besoin d'une réponse dans deux jours maximum.

—Comment saviez-vous autant de chose sur moi, sur ma vie ? Je ne parle jamais de Dougal à personne.

—Lors de ma sixième année, je venais régulièrement prendre le thé dans votre bureau —Remus eut un petit rire moqueur mais se reprit bien vite en voyant le regard noir qu'Hermione lui adressait— et vous m'avez raconté beaucoup de choses. Je n'allais pas très bien à ce moment-là, si j'avais su ce qui m'attendait, et vous m'aviez raconté cette histoire, pour me dire que rien n'était perdu puisque… Non, je ne peux pas vous révéler votre futur.

—Hermione, tu viens de lui révéler sa mort et les morts de toutes les personnes qu'elle connaît, pour le futur gâché, on repassera.

—Oui, mais ça, ça peut toujours potentiellement arriver. Minerva, nous allons vous laisser réfléchir.

Hermione se retourna, prête à partir, quand Minerva l'interpella. Elle ne semblait pas très sûre de ce qu'elle allait dire, mais parla tout de même.

—Malgré tout ce que vous m'avez raconté Hermione, je ne vous connais pas vraiment, mais je sais que je ne donne pas ma confiance facilement, encore moins à des adolescents. Mais je sais que si je vous ai raconté tout cela, c'est que vous le méritez, que vous en êtes digne. Alors je vais peut-être le regretter, mais vous m'avez touché. J'accepte.


N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de l'histoire !