« Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit que se préoccuper de la meilleure manière d'aller de l'avant. »
Inconnu·e
Hermione se réveilla doucement, les rayons de soleil dans les yeux. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas été réveillée ainsi. C'était elle qui voyait l'aurore se lever, pas l'inverse. Enfin, tout avait changé dorénavant, du moins elle l'espérait fortement. Elle observa la chambre dans laquelle elle se trouvait. Elle n'était sûrement pas au chaudron baveur, la chambre était plus lumineuse, plus grande et plus propre. Minerva entra dans la pièce, et s'aperçut qu'Hermione était réveillée.
—Bonjour, vous avez bien dormi ?
—Ça été, je n'ai pas fait trop de cauchemars. Mais s'il vous plaît, pouvez-vous me tutoyez ? Vous le faisiez avant et ça me perturbe beaucoup.
—Bien sûr Hermione. D'ailleurs, tu préfères que je t'appelle Hermione ou Helena ?
—Hermione c'est très bien, je ne m'y fais pas encore à Helena.
Hermione se leva et partit dans la salle de bain, avant de se rendre dans la cuisine et prendre son petit-déjeuner. Elle mangeait tranquillement, lorsqu'elle vit Remus arriver dans la cuisine. Il avait déjà manger et était prêt pour sortir.
—Où vas-tu ?
—Nulle part, pas tout de suite du moins. Il faut qu'on réfléchisse à ce qu'on va faire.
—Détruire les horcruxes, tuer Voldy, ce n'est pas très compliqué.
—Tu sais ce que je veux dire, les horcruxes, on les connaît mais on ne sait pas où ils sont à cette époque. Voldy n'est pas encore au sommet de sa puissance, il ne le sera pas avant un an et demi, deux ans.
—Justement, on va le détruire avant qu'il ne déchire plus de familles que nécessaire.
—Ce n'est pas aussi simple Hermione.
—Alors qu'est-ce qu'on va faire ? Attendre qu'il ait pris le pouvoir, attendre que la moitié de l'Ordre soit tué ?
—L'Ordre n'existe pas encore.
Les yeux d'Hermione lançaient des éclairs, sa colère était visible et Minerva intervint pour calmer un peu leur discussion.
—D'après ce que vous m'avez dit, Albus a eu un rôle important dans la lutte contre Voldemort. La fondatrice vous a dit qu'il fallait que vous soyez unis, que vous deviez vous fondre dans la masse. Il faut que vous alliez à Poudlard.
Les deux voyageurs ne regardèrent, ils savaient très bien que Poudlard était l'endroit avec le plus de souvenirs, chargé de moments joyeux comme tristes, horribles.
—C'est impossible, c'est au-dessus de mes forces, dirent-ils en cœur.
—Réfléchissez. Albus n'a pas encore trouvé de professeur de défense contre les forces du mal. Même si cet endroit a été pour vous un champ de bataille monstrueux, c'est une opportunité indéniable. Vous pourrez rentrer dans l'ordre dès sa création et vous y faire une place de choix, œuvrer avec une équipe. Ce serait le temps d'un an, deux maximum.
—Remus peut être professeur, il l'a déjà été, mais moi ? J'ai largement passé l'âge d'aller à Poudlard. J'ai vingt-deux ans !
—Tu pourrais changer ton apparence grâce à la métamorphose humaine, te rajeunir de quelques années ne devrait pas être très complexe.
—Je connais plus de sorts que tous les septièmes année réunis ! Je n'ai plus rien à apprendre là-bas.
—Je pense que Minerva a raison, les apparences sont plus importantes que le reste. Tu ne prendras presque pas d'options, tu pourras sécher l'histoire de la magie. On aura un an pour faire nos recherches sur les endroits où les horcruxes sont cachés, on pourra détruire celui qui est a Poudlard. Comment veux-tu qu'on y entre autrement ?
Hermione sembla réfléchir à la proposition de Remus, même si elle ne l'enchantait guère. Aller à Poudlard sans Harry, sans Ron, Neville, Luna et tous les autres. Comment allait-elle faire ? Elle les verrait à chaque cours, au détour d'un couloir. Cela allait être insupportable.
—Ce n'est pas comme si j'avais le choix n'est-ce pas ? Mais tu te rends compte que tu vas devoir te donner des cours à toi-même ? A James, Sirius, Lily, le traître et tous les autres que je ne connais pas. Ça va être dur. Il faudra convaincre Dumbledore, créer une histoire plausible sur notre arrivée au Royaume-Uni, trouver un endroit où se transformer, …
—On va réussir. Ne t'en fais pas, essaya de se convaincre Remus.
—Nous n'avons pas le choix de toute façon, nous devons le faire, pour eux.
Minerva avait envoyé un hibou à Dumbledore pour lui parler d'un ami qui connaissait bien la défense contre les forces du mal, capable d'assumer sans aucun problème le poste de professeur. Les trois amis attendaient avec impatience la réponse, qu'ils espéraient positive, pour un entretien. Hermione, avec l'aide de plusieurs sorts, s'était rajeunie de quelques années, pour paraitre en âge d'aller à Poudlard. Ils s'étaient inventés toute une vie, avec l'aide de Minerva. Ils seraient des sorciers espagnols, d'origine britannique, pour expliquer l'absence d'accent, qui à la mort des parents d'Hermione-Helena avaient souhaité revenir sur la terre de leurs origines. Pour le moment, Remus et Hermione était devant l'entrée du magasin d'Ollivander. Pour plus de sécurité, surtout pour la baguette de Remus, ils allaient change de baguette. Hermione rechignait à le faire, mais Remus avait fini par la convaincre en lui assurant qu'elle ne l'utiliserait qu'en public. Pour leurs entraînements, la sorcière pourrait toujours utilisait celle d'Harry ou la sienne.
Ils entrèrent dans la boutique, devant un Ollivander surpris de ne pas voir des élèves de première année. Remus expliqua qu'ils avaient tous deux besoin de nouvelles baguettes, les autres s'étaient cassées lors d'un combat. L'explication était un peu bancale mais le sorcier n'insista pas. Remus trouva assez rapidement une nouvelle baguette, avec un crin de licorne, comme la précédente mais avec un bois d'acajou et non de cyprès. Elle faisait vingt-neuf centimètres et était plus rigide que sa première baguette. Pour Hermione, ce fut plus complexe. Elle essaya des dizaines de baguette, mais aucune ne fonctionna. Ollivander lui donna même son ancienne baguette, sans qu'il ne le sache évidemment, mais tout comme les précédentes, rien ne se produisit. Ce fut deux heures après le premier essai qu'elle trouva enfin sa baguette.
—C'est vraiment étrange.
Hermione se rappela ce qu'Harry lui avait dit lorsque sa baguette l'avait choisi. Le fabriquant de baguette n'avait cessé de répéter le mot « étrange » et lui avait parlé des cœurs jumeaux. Hermione ne s'avait pas à quoi s'attendre, mais elle ne le sentait pas très bien.
—Cette baguette est l'une des premières baguettes que j'ai fabriquées, il y a des années. Je ne pensais pas la vendre un jour. Elle est en bois d'if. Son cœur est extrêmement particulier, je n'en ai jamais vendu de semblable. C'est un crin de sombral qu'i l'intérieur. Je pense que vous savez ce que cela signifie ? Votre destin est irrémédiablement lié à la mort. De très près. Je vous souhaite beaucoup de courage et de force Miss Grace. Je pense que vous en aurai besoin. Vous accomplirez de grandes choses.
Hermione resta pensive, un crin de sombral ? Elle ne savait même pas qu'il y en avait dans les baguettes. C'était des animaux si spéciaux. Hermione les aimait bien, malgré le fait qu'ils lui rappelaient que ses amis étaient morts. La sorcière sortit de la boutique, toujours dans ses pensées. Sa baguette était vraiment particulière, tout comme sa situation se dit-elle. Cette baguette l'attendait depuis de nombreuses années, elle, la femme au destin lié à la mort. Qu'allait-il se passer la prochaine fois ? Rencontrer la mort comme dans le conte des trois frères ? Hermione eut un petit rire moqueur et secoua la tête pour chasser ses pensées absurdes.
Remus et Minerva était assis sur la terrasse de Florian Fantarôme, à parler de Poudlard quand Hermione les rejoignit. Elle s'assit et commanda une bière-au-beurre, pendant qu'elle raconta l'étrangeté de sa baguette à ses deux amis.
—Un crin de sombra ? C'est vraiment surprenant, je n'ai jamais rien entendu de tel.
—Moi non plus, c'est bien ça le problème. Je n'ai absolument aucune idée de quelles sont les caractéristiques des crins de sombral dans les baguettes. J'avais fait quelques recherches pendant la chasse aux horcruxes avec Harry et Ron sur les propriétés des baguettes magiques, en particulier sur les cœurs et les différents bois mais je n'ai jamais entendu parler d'un cœur comme celui-ci. Mais ce n'est pas tout. Il ne peut jamais avoir un seul problème avec Herm— Helena Grace, non c'est trop demandé.
—Qu'est-ce qu'il y a d'autres ? demanda Remus, poussant un petit soupir au passage.
—Le bois Rem', le bois.
Remus ne sembla pas comprendre immédiatement ce qu'Hermione voulait dire, mais la seule autre baguette en bois d'if qu'il connaissait était celle…
—Tu te rends compte ? Un crin de sombral et du bois d'if ? Le même bois que la baguette de Voldy !
—Je ne me ferais jamais à l'idée que vous l'appelez Voldy. C'est d'un ridicule !
—C'est le but. Voldemort était tabou chez nous. On a pris l'habitude de l'appeler comme ça. Puisqu'il ne se satisfait pas de Tom Jedusor, on ne va pas le satisfaire non plus en l'appelant celui-dont-on-ne-doit-pas prononcer le nom ou tu-sais-qui, voldy est donc parfait.
—Alors comme cela, vous êtes anglais mais avait toujours vécu en Espagne.
—C'est exact. Mes parents ont toujours adoré l'Espagne et quand ils ont obtenu leur mutation là-bas, ils nous ont emmené ma sœur et moi avec eux. Ils ont engagé un sorcier pour nous faire cours et nous y sommes restés. Ma sœur s'est mariée avec un américain, d'où le Grace qui n'est pas très hispanique et ils ont eu Helena, ma nièce.
—Et comment se fait-il que ce soit vous qui est sa garde ?
—Ma sœur et son mari sont décédés quand Helena avait dix ans, je l'ai élevée depuis.
—Et comment avez-vous rencontré Minerva ?
—Il y a cinq ans, Helena, se croyant seule avait fait de la magie au bord d'un lac et Minerva l'avait vue. Elle lui a donc expliqué qu'on ne pouvait pas faire de la magie comme cela, à la vue de tous. Ma nièce m'a ensuite raconté ce qu'il s'est passé et nous avons beaucoup parlé avec Minerva, pour ensuite devenir amis.
—Bien, bien. Pensez-vous pouvoir enseigner à une classe entière ? J'ai vu que votre nièce a appris beaucoup de choses avec vous, mais c'est très différent de s'occuper d'une seule personne et d'une classe entière, préparer ses cours demande beaucoup de temps.
—Je le sais, mais je pense que je suis capable de le faire. Nous sommes déjà mi-août professeur, je pense que vous avez besoin de moi, comme j'ai besoin de vous. Mais il y a une chose que je ne vous ai pas dit, j'ai une condition particulière, je suis un, un loup-garou.
—Cela ne pose aucun problème Monsieur Lucas. J'ai un élève qui en est un également, vous verrez, c'est un élève exemplaire, avec un léger penchant pour les farces tout de même.
Dumbledore sourit d'un petit air malicieux, qu'Hermione aurait détesté, mais que Remus apprécia.
—Cela veut dire que j'ai le poste ?
—Tout à fait, Monsieur Lucas, ou Professeur Lucas désormais. Je vous attends le trente août pour la rentrée des professeurs.
—Une dernière chose, je sais qu'il est peu courant d'inscrire des élèves au milieu de leur cursus scolaire, mais serait-il possible de faire entrer ma nièce à Poudlard ? Elle n'a jamais fait d'année à proprement parlé mais elle a l'âge d'être en septième année et j'aimerais beaucoup qu'elle se sociabilise un peu.
—Très bien, je vous ferrais parvenir le dossier d'inscription par hibou-postal. Bonne journée.
Deux semaines s'étaient écoulées depuis l'entretien entre Remus et Dumbledore. Le trente août, comme convenu, Remus et Minerva arrivèrent à Poudlard pour la rentrée des professeurs. Hermione avait eu l'autorisation de Dumbledore pour rester dans le château durant les deux jours précédant la rentrée des élèves. Elle ne serait pas non plus obligée de prendre le Poudlard express et de traversé le lac noir en barque, à son grand soulagement. Cela lui aurait rappelé beaucoup trop de souvenirs et même si elle ne l'avouerait pas, même sous torture, Dumbledore lui avait épargné un bon moment d'horribles cauchemars mêlés de souvenirs. Officiellement, ces deux jours devaient servir à visiter le château et apprendre à se repérer à l'intérieur, mais Hermione profita plutôt de l'air frais du parc et se balada au bord du lac noir. Elle rendit visite aux sombrals et rencontra Hagrid là-bas. Elle se présenta et lutta pour ne pas se remémorer la mort tragique de son ami. Elle discuta un peu avec Hagrid mais partit au bout d'une heure, et retourna dans sa solitude. Elle se balada à travers les couloirs du château. A chaque détour d'un couloir, à chaque fois qu'un escalier bougeait, elle revoyait ses amis rire, courir, être heureux tout simplement. Quand l'innocence planait encore au-dessus de leurs têtes.
En arrivant à la tour d'Astronomie, Hermione ne put retenir ses larmes. Pour elle, cette tour était synonyme de tous les moments qu'elle avait passé là avec Harry, durant leur sixième année. Dès que quelque chose n'allait pas, ils réfugiaient là-bas et parlaient, pleuraient. Aucun d'eux ne jugeait l'autre, ils étaient libres. Cette année fut une année très sombre. La mort de Sirius planait toujours sur leurs têtes. Ils parlaient beaucoup de ce qu'ils feraient lorsque toute cette guerre serait finie. Voyager, parcourir le monde, faire leurs études, sauter de cette tour. Chaque jour, une nouvelle possibilité s'offrait à eux. Ils eurent une période plus ténébreuse que les autres, où ils eurent tous deux des pensées suicidaires. Harry d'abord et Hermione ensuite, elle voyait son ami s'enfoncer de plus en plus dans les ténèbres et plongea avec lui. C'est ainsi que Remus trouva Hermione, à deux heures du matin, recroquevillée dans un coin de la tour d'astronomie, les joues ruisselantes de larmes.
—Hermione, Mione. Ne reste pas là, tu vas prendre froid.
—Harry.
Ce fut la seule chose qu'Hermione fut capable de dire. Remus la prit dans ses bras et la porta jusqu'à ses appartements. Dumbledore avait donné à Hermione un dortoir pour les deux nuits qu'elle passerait sans maison, mais Remus n'avait aucune idée d'où ledit dortoir était situé. Il posa délicatement Hermione sur son lit et lui administra une potion de sommeil sans rêves. Il prit sa nouvelle baguette, c'était vraiment étrange d'en avoir une nouvelle, après plus de trente ans avec la précédente, et transforma son canapé en un second lit, avant de sombrer lui aussi, dans un sommeil sans rêves.
Hermione fut réveillée par les voix de Remus et Minerva, discutant un peu trop fort.
—Je pense que tu devrais la prévenir. Ça va certainement lui faire un choc quand elle les verra. Ils seront vingt ans plus jeunes. Leur caractère a sûrement beaucoup changé depuis la dernière fois qu'elle les a vu. Tous les élèves qui vont circuler dans les couloirs, les premiers cours, tout cela va lui rappeler de bons souvenirs, mais justement ce ne sont plus que des souvenirs. Tu as bien vu comment elle était hier soir. A deux heures du matin, en tee-shirt à la tour d'astronomie. Elle était à deux doigts de l'hypothermie.
—Pourriez-vous arrêtez de parler d'elle comme si elle n'était pas là ?
—Hermione ! Tu es réveillée ?
—Evidemment Rem', sinon je ne te parlerais pas. Qu'est-ce que tu dois me dire ? Tu peux fermer les rideaux, le soleil m'éblouit.
Hermione prit conscience de ce qu'elle venait de dire et que le soleil ne pouvait pas briller aussi fort le matin, surtout en Ecosse. Elle demanda donc quelle heure il était et faillit s'étouffer en entendant la réponse.
—Quatorze heures ? Mais qu'est-ce que tu m'as fait boire ?
—Une potion de sommeil sans rêves.
—Quoi ? Ce n'est pas possible.
—Qu'est-ce qu'il y a encore ?
—Tu m'as vraiment fait boire de la potion de sommeil sans rêves ? J'ai promis à Ron de ne jamais en boire. On a trop vu les dégâts qu'elle fait. Tu la prends une fois par semaine, puis une fois par jour, puis une fois par heure. C'est une horreur ce truc. Elle ne suffit pas à tout effacer. Quoi qu'on en dise, c'est de la drogue. Tu ne m'as pas donné que ça n'est-ce pas ? Je n'aurais pas dormi autant sinon.
—Je t'ai donné un somnifère moldu. Je suis désolé Hermione, mais tu aurais dû te voir. J'ai cru que tu allais mourir de tristesse et de froid. C'est de cela qu'on parlait avec Minerva. Demain tu vas revoir beaucoup de personnes qu'on a connu. Mais il faut que tu saches que les épreuves nous ont beaucoup changé. Surtout nous les maraudeurs. James est encore très arrogant, mais beaucoup moins que les années précédentes. Lily va sortir avec lui en début d'année et il va se calmer.
—Sauf avec Rogue.
—Oui c'est vrai. Mais c'est surtout de Sirius que je voulais te parler. Il n'a absolument rien à voir avec celui que tu as connu. Ses années à Azkaban l'ont terriblement changé. Il est plus insolent prétentieux, mais ne lui en veut pas. Quant à moi, je n'étais pas très bien pendant cette période. Ma mère venait de mourir et j'ai laissé James et Sirius harceler Rogue. J'avais peur de perdre mes amis si je m'opposais à eux. Il faut que tu te contrôles et que tu ne tues pas Peter dès que tu le vois. Ne fais pas cette tête Hermione, je te connais, tu en serais parfaitement capable. Les ressemblances avec tes amis vont être frappantes. Alice ressemble beaucoup à Neville. Hannah ressemble beaucoup à Seamus, même si tu ne devrais pas la voir beaucoup, elle est à Poufsouffle et James… C'est le portrait craché d'Harry. C'est vraiment deux copies conformes, physiquement du moins. Mais ne les confonds pas. James n'est pas Harry.
—Je le sais Rem' ne t'inquiètes pas.
L'après-midi était passée assez vite, et la journée du lendemain aussi. Remus avait préparé ses cours pour les semaines à venir et Hermione était allée se promener dans la forêt interdite et avait flâné dans les boutiques de Pré-au-Lard. Il était déjà dix-huit heures, et Hermione commençait à stresser. Elle se répétait qu'il n'y avait aucune raison d'angoisser, mais elle ne pouvait s'empêcher de le faire. Elle revêtit une robe de sorcier noire, sans le blason et la cravate de Gryffondor pour l'orner. La dernière fois qu'elle avait mis une robe de sorcier comme celle-ci, c'était lors de l'enterrement de Dumbledore. Remus retrouva sa « nièce » assise sur son canapé, les yeux dans le vide.
—Hermione, on va devoir y aller. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, mais ça ne l'est pas pour moi non plus. C'est pour ça qu'on va affronter cette épreuve ensemble. Tu passeras sous le choipeau après les premières années. Minerva te fera entrer juste après leur cérémonie.
—Super, je vais encore plus me faire remarquer.
—Je ne crois pas non. Si tu étais entrée avec eux, tous les élèves n'auraient vu que toi. Sérieusement Hermione, tu fais deux têtes de plus qu'eux. Dumbledore annoncera ton arrivée, et tu seras tranquille après la cérémonie.
Remus mit fin à la discussion et prit Hermione par le bras et, la sorcière obtempéra, avec quelques grognements tout de même. Ils se dirigèrent vers la grande porte, et Remus se tourna vers Hermione, pour lui faire quelques recommandations.
—N'oublie pas Mione, n'attaque pas Peter, ne confonds pas James et Harry. Tout ira bien. Poudlard veille sur nous.
Pour illustrer ses paroles, il sortit le collier de sa robe de sorcier et le rapprocha de la bague d'Hermione. A ce contact, les bijoux se mirent à scintiller plus fort.
—Si tu as le moindre doute, regarde-moi, mais ne te retourne pas vers les tables. Tu fixes mes yeux ou ceux de Minerva. Je vais y aller. Hagrid ne va pas tarder avec les premières années.
Hermione patienta quelques minutes seule dans le couloir. Elle entendait les étudiants entrer dans la grande salle, le plus bruyamment possible. Lorsque le volume sonore baissa, les premières années arrivèrent devant Hermione. Hagrid lui fit un signe de tête et conduisit les élèves devant le choipeau et Minerva. L'innocence planait au-dessus de leurs tête et Hermione en aurait pleuré tellement cette époque semblait lointaine pour elle. Mais non, elle n'était pas encore entrée dans la grande salle, elle ne pouvait pas pleurer déjà. Elle inspira et expira plusieurs fois et les portes de la grande salle s'ouvrirent devant elle.
Remus était assis entre Slughorn et Minerva, heureusement pour lui. Elle appelait les premières années un par un et Remus essayait de se concentrer sur les nouveaux venus et non sur les élèves assis à la table des Gryffondor. A la fin de la répartition, il vit Dumbledore se lever et parler.
—Chers élèves, non, ce n'est pas encore l'heure de commencer le banquet de rentrée. Il reste une dernière personne à repartir. Elle nous vient tout droit d'Espagne, et va finir sa scolarité à Poudlard. Je vous demanderai de l'accueillir le plus chaleureusement possible.
Les portes s'ouvrirent sur Hermione. Elle marchait d'un pas résolu, sans se préoccuper des chuchotements sur son passage. Une nouvelle élève en cours d'année était quelque chose de totalement inédit et les élèves le savaient bien. Son regard se fixa sur la table des Serpentard et elle vit au milieu des autres son ancien professeur de potions. Il avait bien changé, mais Hermione ne voyait plus que son cadavre. Non, Mione, tu ne dois pas penser à cela, pas de cadavres en décomposition ce soir. Ses yeux basculèrent vers la table des Gryffondor et elle vit les maraudeurs chahutaient joyeusement tandis que Lily, elle l'a reconnu immédiatement, la fixait l'air pensive. Ne pas pleurer, ne pas pleurer. Elle regarda Remus qui lui jeta un regard d'encouragement. Elle serra ses bagues et attendit que Minerva prononce son nom. Elle mit le choipeau sur sa tête et attendit le verdict.
Helena Grace, ou devrais-je dire Hermione Granger ? Ne réfléchissez pas trop, je le sais c'est tout. Une ancienne Gryffondor n'est-ce pas ? Alors, où vais-je pouvoir vous mettre ? Vous êtes d'une grande loyauté avec vos proches et vous aimez le travail acharné, mais de toute évidence vous n'avez ni la patience ni la gentillesse qui caractérise Poufsouffle. Vous êtes très intelligente et sage, mais pas assez créative pour entrer chez les Serdaigle. Vous avez de grandes ambitions et un courage hors norme, vous êtes aussi rusée que brave. Mais vous êtes trop impulsive pour être envoyée à Serpentard. Je vais donc vous mettre à
GRYFFONDOR.
Les élèves se mirent à applaudir, et Hermione se précipita à sa table, s'asseyant au bout, à côté des premières années, le plus loin possible des élèves qu'elle avait déjà rencontré dans son passé. A peine le repas fini, elle se précipita hors de la salle et se dirigea vers les appartements de Remus.
Les septièmes années de Gryffondor discutaient de leurs vacances dans leur salle commune quand Lily et Remus vinrent s'asseoir avec eux.
—Un enfer les premières années cette fois. Ils sont censés avoir onze ans, pas cinq, commença Lily.
—Ça été Lily, n'exagère pas.
—Alors la nouvelle vous lui avez parlé ?
—Non, elle n'a pas mis un pied dans la salle commune. Pourtant ses affaires sont dans notre dortoir, dans le lit inoccupé. Mais une nouvelle élève en septième année... Qu'est-ce qui a pu l'amener ici ?
—Je ne sais pas, mais elle a pas l'air fréquentable.
—Black ! Pourquoi il faut toujours que tu fasses ton rabat-joie ?
—Je dis ça parce qu'elle émane de magie noire à des kilomètres. Vous n'avez pas senti son aura.
—Je l'ai senti aussi Black, mais elle n'a pas l'air méchante. Elle est à Gryffondor après tout.
—Ne sois pas innocente Lily, ce n'est pas parce qu'on est à Gryffondor qu'on ne peut pas être mangemort, rétorqua Alice, qui ouvrit la bouche pour la première fois depuis la discussion.
Hermione rentra à ce moment précis dans la salle commune, s'attirant tous les regards. Elle allait se diriger vers son dortoir quand une voix l'interpella.
—Grace, viens avec nous.
Elle reconnut cette voix entre mille, il avait une voix très semblable à celle de son fils, légèrement plus grave. Hermione se retourna et s'approcha, bien obligée d'accepter la demande de James Potter.
—Pourquoi n'es-tu pas venu avec nous durant le banquet ?
—Je ne vous connais pas, mentit-elle, je n'allais pas me mêler avec vous ainsi.
—Pourquoi ne te présenterais-tu pas ? On ne te connaît pas non plus, demanda le traître.
Hermione ne le regarda pas et répondit d'une voix nonchalante :
—Helena Grace, dix-huit ans bientôt, sorcière, mon groupe sanguin est A-, qu'est-ce que tu veux savoir de plus ?
Pettigrow ne sut pas quoi répondre et préféra se recroqueviller sur lui-même. Ce ne fut pas le cas de James, qui lui posa une autre question.
—Statut de sang ?
—Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Calme-toi Hermione, il s'est marié à Lily, il n'est pas anti-nés-moldus, c'est fini.
—C'est ce que font les sorciers en temps normal, il donne leur statut de sang et la composition de leur baguette.
—Sang-mêlé, bois d'if. Monsieur Potter est satisfait ? Pourquoi devrais-je me présenter intégralement alors que la plupart d'entre vous ne m'ont pas dit bonjour. La politesse est la moindre des choses. Sur ceux, je vais me coucher.
Hermione se leva et fit un mouvement de cape digne de Rogue avant de gravir les marches menant à son dortoir, laissant les septième année pantois. Ils ne la connaissaient pas et ne savait pas si elle était une mangemort, mais ils étaient sûr d'une chose, elle avait du répondant.
—Vous avez vu sa bague ?
—Quelle bague ?
—Marlène a raison, sa bague était vraiment belle, presque magique.
—Il est déjà tard, on devrait peut-être aller se coucher non ? On a cours demain.
—Bien madame la préfète en chef, tout de suite madame la préfète en chef, plaisantèrent James et Sirius.
Les septièmes années montèrent dans leur dortoir et s'endormirent plus ou moins vite, chacun plongé dans ses réflexions.
