« Les secrets sont comme les rivières : plus ils sont profonds et silencieux, plus ils feront de ravages le jour où ils sortiront de leur lit de silence. »
Anonyme
Les semaines s'étaient écoulées lentement et le froid de novembre était déjà là. Hermione n'était toujours pas retournée dormir dans le dortoir des Gryffondor, préférant le calme et la solitude de la salle sur demande. Les recherches des deux voyageurs du temps étaient au point mort. Chacun faisait des recherches de son côté mais rien n'était très concluant. Hermione connaissait l'emplacement exact du diadème de Serdaigle mais préférait trouver un moyen de le détruire avant de le récupérer. Quant aux autres horcruxes, ils n'avaient aucune idée de l'endroit où ils pouvaient se trouver. Il était peu probable que Voldemort ait déjà confié ses précieux objets à certains de ses fidèles. Le principal problème, en dehors de chercher l'emplacement des autres horcruxes, était de trouver un moyen de les détruire. L'épée de Gryffondor n'était pas imprégnée de venin de basilic et par conséquence était inutile. Le basilic de la chambre des secrets n'avait pas encore été tué par Harry et les sorciers ne pouvaient décemment pas aller récupérer ses crocs. Hermione aurait bien voulu le tuer mais Remus le lui avait formellement interdit. La sorcière savait pertinemment que c'était de l'inconscience pure, mais l'idée était toujours là, dans un coin de sa tête. La solution l'a plus « envisageable » était l'utilisation du feudeymon. Ce sortilège de magie noire, si puissant, si dangereux, qui pouvait grâce à sa puissance en venir à bout de l'horcruxe. Hermione n'en avait pas encore parler à Remus, bien qu'il était fort probable qu'il n'adhère pas à l'idée.
Pour l'heure, Hermione prenait son petit déjeuner à la table des lions. Une fois n'était pas coutume, elle s'était réveillée assez tard, et n'était donc pas seule à sa table. La quasi-totalité des Gryffondor et Hermione avait horreur de ça. Mais elle avait été obligée de venir, Remus l'aurait tuée s'il l'avait vu rater un repas. Le hasard fit que précisément ce jour-là, Remus n'était pas présent dans la Grande Salle. Hermione était perdue dans ses pensées et ne vit pas Lily et les maraudeurs s'asseoir près d'elle. Elle ne parlait presque jamais avec eux, seulement un bonjour de temps en temps avec Lily ou Remus. Ils n'avaient pas apprécié le premier cours de défense contre les forces du mal où Hermione avait envoyé Pettigrow à l'infirmerie pendant trois jours. Il aurait pu s'estimer heureux, Mulciber en avait eu pour deux semaines. Celui-ci la détestait tout particulièrement et ne manquait une occasion de se confronter à la jeune femme. Lily, elle lui adressait souvent la parole, elles avaient même fait un devoir de métamorphose ensemble, mais depuis qu'elle sortait avec James, elle s'était éloignée, même si elles n'avaient jamais été très proches. Hermione ne s'en plaignait pas, après tout, il fallait bien qu'Harry naisse.
—Encore un nouveau meurtre, annonça James. Un couple de moldu assassiné dans leur salon.
Hermione sortit de ses pensées et entreprit d'écouter la conversation des maraudeurs. Les meurtres, il y en avait de plus en plus chaque jour, pourtant, ce n'était que le mois de novembre. Dans ses souvenirs, les meurtres avaient lieu plus tardivement. Il faudrait qu'elle demande à Remus. C'était presque devenu un rituel de voir apparaître La Gazette du Sorcier avec son lot de mauvaises nouvelles. Bien qu'elle n'avait pas confiance en ce journal, il pouvait se révéler fort utile de temps à autre.
—Je ne sais pas pourquoi ils attaquent des moldus sans défense, par derrière.
—Parce qu'ils sont lâches, James, ces putains de mangemorts sont lâches, racistes et aveugles, obnubilés par leur maître.
—Oui je sais Sirius mais je ne peux pas m'empêcher de douter. Ils s'attaquent aux moldus. Et après ? Pourquoi pas tous les nés-moldus, les sang-mêlé ou même ma famille, on lutte contre eux, on n'est à l'abri de rien.
Si tu savais James pensa Hermione, tu n'es pas au bout de tes cauchemars.
—Ne t'inquiètes pas Cornedrue, nous sommes les maraudeurs, rien ne peut nous arriver ! On se protégera toujours les uns les autres.
—Merci Peter mais on n'est sûr de rien. Si l'un d'entre nous était en danger de mort, que pourrait faire les autres ? Nous ne sommes que de pauvres étudiants qui ne connaissent pas grand-chose de la vie.
—Tu te trompes James. Si l'un d'entre nous était en danger de mort, les autres seraient devant sa porte, à empêcher quiconque d'entrer. As-tu si peu confiance en nous pour dire cela ? Je te rappelle que vous êtes tous en danger à cause de moi une fois par mois, finit Remus, plus bas.
Cela va bien changer dans quelques années. Le traître ne sera pas devant la porte mais bien au chaud chez lui, en attendant que son maître tue ses « amis ». Non Hermione, tu vas empêcher ça se reprit elle.
—Alors Grace, on mange toute seule ?
—Non Mulciber, j'ai le ministre de la magie en face de moi. Je suis très bien avec lui en tête à tête, retourne avec tes chiens, je crois qu'ils t'attendent.
Les chiens en question grognèrent, la ressemblance était frappante. Il ne manquait plus que leurs oreilles s'allongent.
—Si j'étais toi, bien que cela me répugnerait, j'arrêterai tout de suite ce petit jeu Grace. On n'aime pas trop les traitres-à-leur-sang qui côtoient des sang-de-bourbes.
Mulciber n'eut pas le temps de le voir arriver et se prit un énorme coup de poing dans la tête.
—N'insulte plus jamais quelqu'un de sang-de-bourbe devant moi, ou tu le payeras au centuple.
—Ce n'est pas une vulgaire sang-mêlé comme toi qui va me faire peur ! Je suis un sang-pur depuis de nombreuses générations, les sang-de-bourbes ne sont que de la vermine par rapport à moi.
—Endoloris.
Hermione n'avait même pas senti qu'elle avait sorti sa baguette ni qu'elle avait lancé ce sort. Mais elle y mit toute sa rage, toute sa colère, ce ne fut cependant pas suffisant, elle devait évacuer.
Mulciber avait mal. Bien sûr il avait déjà reçu de doloris. Après tout, c'était ainsi qu'étaient élevés les sang-purs. Mais jamais il n'avait été confronté à une telle haine dans ce sortilège.
—Expeliarmus
Hermione sentit sa baguette quitter sa main et rejoindre celle de Dumbledore. Elle vit alors que toutes les personnes présentes dans la salle l'observaient. Les cris de Mulciber étaient si forts qu'ils s'entendaient à l'autre bout du château. La jeune femme commença à sentir sa magie pulsait dans ses veines et s'enfuit dans le parc. Beaucoup de personnes la suivirent, les maraudeurs en tête, suivit de près par tous les septième année.
Elle devait à tous pris se calmer, sinon elle allait exploser, dans le sens le plus littéral du terme. Contrôle-toi, aller. Elle entendit au loin, une voix murmurer puis le noir.
Remus était dans sa salle de classe, à préparer son cours pour l'après-midi lorsqu'il crut entendre des cris. Ils étaient assez lointains et pleins de souffrance. Arrête de penser à la bataille Rem'. Il se remit au travail mais c'était sans espoir. Il revit la bataille, les cris de l'Ordre en voyant Harry mort, puis Dora qui partait combattre sa tante, lui promettant de revenir. Il se força à arrêter ses flashbacks et alla observer le parc. Il s'arrêta immédiatement. Ce qu'il vit ne lui plu pas du tout. Hermione tenait son torse avec sa main, comme si elle avait des pulsions. Elle était suivie par quasiment tout Poudlard et cela ne sentait pas bon du tout. Remus ignorait ce qu'il s'était passé mais attrapa sa baguette et couru à travers le château dans l'espoir d'arriver à temps. Fichue interdiction de tranplaner. Il arriva dans le parc, poussa ses élèves et s'approcha d'Hermione. Son mal-être était visible par tous et ses yeux se faisaient suppliant, tout le contraire de la jeune femme dans son état normal. Il évalua la situation en une fraction de seconde et murmura une incantation.
Obvolvit ut in bulla.
Obvolvit ut in bulla.
Obvolvit ut in bulla.
Hermione s'éleva dans l'air. Elle était entourée d'une boule transparente, semblable à une bulle de savon. Mais le plus étonnant n'était pas la bulle mais ce qu'il y avait à l'intérieur. Une aura noire s'était emparée de la jeune femme. L'aspect était un mélange entre des souvenirs mis dans une pensine et une cape de détraqueurs. Un spectacle magnifique et terrifiant.
—Qu'est-ce que c'est ? demanda James interloqué.
Lily lui répondit, fascinée.
—C'est sa magie noire.
Des murmures se firent dans la foule. La magie noire était quelque chose de grave, de tabou. Certains parents ne parlaient même pas de cette branche de magie obscure à leurs enfants, de peur que cela leur porte malheur.
—On dirait…
—Un obscurus.
Les murmures redoublèrent d'intensité, la plupart des élèves reculèrent, effrayés.
—Ne vous inquiétez pas chers élèves. Rentrez dans le dortoir de votre maison, ordonna Dumbledore
Plus les minutes passaient plus Hermione tournait vite sur elle-même. L'aura l'enveloppait de plus en plus. On ne distinguait plus que quelques mèches de cheveux qui s'éclaircissaient de plus en plus ainsi que ses yeux clos. Sa magie pouvait l'engloutir à tout moment.
Lily souffla à son petit ami qu'il devait être très intéressant de connaître la puissance magique de la jeune femme. Dumbledore l'entendit et murmura une incantation. Hermione ouvrit brusquement ses yeux. Au-dessus de la bulle une inscription en lettres d'or se forma. Les professeurs ouvrirent grands les yeux, ébahis. Les autres n'y connaissaient pas grand-chose mais au vu de la réaction des professeurs, cela devait être énorme.
Remus regarda l'heure et vit que cela faisait plus d'une demi-heure que Hermione libérait sa magie ainsi et qu'il était plus temps que cela s'arrête. Il créa une barrière que personne ne pouvait franchir et lança un Assurdiato. Il sortit un pendentif et prit la parole.
—Hermione Granger. Hermione Granger. Hermione Granger. Moi Remus Lupin, t'ordonne de te libérer de ton fardeau magique et de l'enfermer dans ton bien le plus précieux.
Il frappa trois coups avec sa baguette et rattrapa Hermione qui tomba comme une poupée de chiffon. Il poussa tout le monde à partir et jeta un levicorpus à son amie pour pouvoir lui prodiguer les premiers soins. Il marcha jusque devant ses appartements où il claqua la porte au nez du directeur, qui resta abasourdi par toutes les découvertes qu'il avait faites.
Lily s'était précipitée vers la bibliothèque. Pour la première depuis qu'elle était à Poudlard, elle ne prit pas le temps de saluer Mme Pince et se précipita vers la partie « magie ». Elle était suivie de près par les maraudeurs qui essayaient tant bien que mal de se faire discrets, la dernière fois qu'ils étaient venus, ils avaient brûlé un livre sous les yeux affolés de Mme Pince. Elle leur avait formellement interdit tout accès à la bibliothèque alors, ils évitaient de passer devant son bureau. Après être passés devant la dragonne comme ils la surnommaient si bien, ils arrivèrent devant la table de Lily qui avait déjà ouvert six livres devant elle.
—Lily-Chérie, je ne pense pas que tous ces livres soient utiles.
—Tu ne le sais pas James ! Je pense que tu n'as jamais étudié de près ou de loin la puissance magique alors tais-toi. Remus, si tu voudrais bien m'aider, pourrais-tu chercher des informations dans ces deux livres ? Les autres sont en runes et je suis la seule à les étudier. James, Sirius et Peter, je vous donne ce livre, il devrait être simple à comprendre, notez tout ce qui vous semble important. Enfin non, si vous trouvez quelque chose d'important, vous me le dites tout de suite.
Les cinq amis se turent et chacun se concentra sur son ou ses livres. Ils lurent plus d'une demi-heure sans trouver quelque chose d'intéressant. Sirius, qui n'avait jamais été connu pour sa patience, la perdit.
—Bon Lily ça fait trois heures qu'on cherche, il serait peut-être temps d'arrêter.
—Pour information Sirius, cela ne fait qu'une demi-heure que nous cherchons, il y a encore beaucoup de choses à apprendre.
—Là, j'ai trouvé quelque chose !
Sirius se réveilla en sursaut en entendant les cris de son meilleur ami. Il se redressa vivement et interrogea ses amis. Peter eut un haussement d'épaules tandis que Remus et Lily s'étaient tous deux précipités vers James.
—Lily, James, qu'est-ce qu'il se passe ?
—Il se passe, que contrairement à toi le cabot, nous avons continué nos recherches et il semblerait que James ait découvert quelque chose. Tu veux bien lire le passage s'il te plaît.
« La qualité magique, plus communément appelée puissance magique (magicae potentia) est un indicateur de puissance du sorcier. Cette forme de magie n'est aucunement figée et peut augmenter ou diminuer avec le temps. La qualité magique est très abstraite : un sorcier peut connaître beaucoup de sortilèges et être peu puissant et au contraire, un autre ne peut connaître qu'une dizaine de sortilèges et être très puissant. Certains sorciers sont puissants dès la naissance et d'autres le sont par leurs apprentissages ou bien par leurs actions. Au contraire, certains sorciers peuvent perdre de la qualité magique à cause d'un événement, souvent traumatisant. La qualité magique est très compliquée à mesurer due à sa forme abstraite. Les sorciers les plus puissants connus à ce jour sont Rowena Serdaigle, Salazar Serpentard, Helga Poufsouffle, Godric Gryffondor et plus récemment, Gellert Grindelwald et Albus Dumbledore. Pour calculer votre qualité magique ou celle de quelqu'un, voir La Qualité Magique, édition limitée page trois cent quatre-vingt-quatorze. »
Les amis soupirent, cela n'était pas suffisant pour découvrir le réel potentiel magique d'Helena. Leur camarade était un mystère qui semblait s'épaissir de jour en jour.
Albus Dumbledore, depuis qu'il était directeur de la renommée école de sorcellerie Poudlard, avait toujours incité le respect aux professeurs recrutés. Peu de personnes du corps enseignant osaient remettre en cause ses décisions. Lorsque les professeurs n'étaient pas contents, ils le faisaient savoir mais seul Minerva s'était déjà opposée à lui ouvertement, toujours avec respect cependant. Mais maintenant ! On lui avait claqué la porte au nez. A lui, Albus Dumbledore. Depuis la rentrée il observait ce nouveau professeur et sa nièce qui étaient arrivés à Poudlard. Ces deux personnes étaient plus que mystérieuses pour le directeur. Et s'il y a bien quelque chose qu'il déteste, ce sont les mystères. Ne pas trouver de réponses à une énigme était très frustrant. Bien sur un Dumbledore sans énigmes n'est pas vraiment un Dumbledore. Mais les énigmes, c'était lui qui les crée. Pas des sorciers espagnols sortis de nulle part.
Le vieil homme prit sa pensine et visionna à nouveau la scène. Plus il revoyait la scène, plus il était frustré. Pourquoi le professeur Lucas avait lancé un sort de silence qui plus est, inconnu ? Quelle incantation avait-il pu vouloir cacher à l'ensemble de l'école ? Et surtout, comment une personne aussi jeune que Helena Grace pouvait avoir une telle puissance magique ? Il avait rarement vu des personnes qui étaient possédées ainsi par leur magie mais souvent il avait murmuré les incantations pour révéler la puissance magique. Les yeux changeaient de couleur, cela faisait partie du processus. Mais jamais personne n'avait eu cette couleur. Pas même lui.
Le directeur s'aperçut que cela faisait plus de deux heures qu'il faisait les cent pas. Il décida de ne pas se présenter au déjeuner et transplana, il devait recueillir plus d'informations sur la famille Lucas et Grace.
—Bon Remus, je compte sur toi pour obliger le professeur McGonagall à vous parler. Sirius, Peter, tenez-vous bien je vous en supplie, c'est très important. James, on y va. On se retrouve tous, sans exception, dans deux heures.
Le couple partit sur ses mots, ils marchèrent jusqu'à Pré-au-Lard et entrèrent dans l'antenne de Fleury et Bott. Le magasin était beaucoup plus petit que celui du chemin de traverse mais il y avait quand même beaucoup de livres. Ils se dirigèrent vers la section « magie » et commencèrent à chercher le livre qu'il devait trouver. Un sorcier-libraire vint les voir et leur demanda quel était le titre de l'ouvrage qu'ils cherchaient. Lily donna le nom en question et le sorcier lança un sort dans la librairie, sans succès. Il leur expliqua que le livre ne se trouvait pas ici mais qu'il allait envoyer un hibou au magasin du Chemin de Traverse pour savoir s'ils l'avaient. Les deux amoureux ressortirent de la librairie, déçus. Ils rentrèrent à Poudlard, sans avoir envie de passer aux Trois Balais, boire une bière au beurre.
Pendant ce temps, Sirius, Remus et Peter s'étaient dirigés vers la salle de Minerva.
—Black, Lupin, Pettigrow. Que faites-vous ici ? Vous ne devriez pas être en cours ?
—Non, professeur, nous devions avoir cours avec le professeur Lucas mais il a été annulé, nous aurions quelques questions à vous poser.
—Je doute que ce soit en rapport avec le cours de Métamorphose ou du fait que vous soyez préfet, Lupin, n'est-ce pas ? Allez-y posez moi votre question.
—Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'il s'est passé dans le parc ?
—Je ne vois pas ce que je pourrais vous raconter de plus, vous étiez là. Miss Grace à libérer sa magie. Noire comme blanche, puis le professeur Dumbledore a calculé sa puissance magique.
—Oui mais, pourquoi sa magie s'est développée ainsi ? Pourquoi maintenant. Et pourquoi tous les professeurs étaient aussi étonnés lorsqu'ils ont vu sa qualité magique ?
—Tout le monde a vu ce qu'il s'est passé dans la Grande Salle. Je pense qu'être désarmée dans un moment de haine pure n'a pas été supportable pour Miss Grace. Je vois que vous vous êtes renseignés sur la qualité magique. Tout ce que je peux vous dire c'est que cela a un rapport avec ses yeux.
—Pensez-vous qu'Helena va être renvoyée ?
—Je ne l'espère pas Mr Black, ce serait une catastrophe pour le monde sorcier.
—Pour le monde sorcier, rien que ça, de toute façon il reste sept mois avant de finir l'année donc je ne vois pas ce que ça changerait. Et pourquoi le professeur Lucas a su comment réagir et l'a emmené dans ses appartements ?
Le ton de Minerva se fit beaucoup plus sec et elle pinça ses lèvres, signe qui montrait qu'elle commençait à s'énerver.
—Vous n'avez aucune idée des conséquences qui sont en jeux, de ce qu'il se passe à l'extérieur. Ce serait une véritable catastrophe si Helena se retrouvait à Azkaban pour avoir lancé un doloris. Des milliers de vies sont en jeux, dont la vôtre. Pour le reste, je ne vous en dirais pas plus, cela révèle de la vie privée. Maintenant sortez d'ici.
D'un coup de baguette, elle fit sortir les trois maraudeurs de la pièce et se laissa tomber sur sa chaise. Il fallait qu'elle réfléchisse et qu'elle aille voir comment se portait Hermione.
Les cinq amis se retrouvèrent et se dirigèrent vers la cabane hurlante, ils avaient besoin de calme. Remus Sirius et Peter racontèrent leur entretien avec le professeur McGonagall et Lily et James leur non-découverte d'éléments supplémentaires qui pouvaient les aider.
—Bref on n'a rien appris du tout.
—Au contraire Peter, nous avons appris que la puissance magique avait un rapport avec les yeux, que le professeur McGonagall est proche d'Helena puisqu'elle l'a appelé par son prénom, et la dernière, qui n'est pas des moindres, Helena Grace a un rôle plus qu'important dans la révolte qui se prépare et que nos vies sont en danger sans elle.
Sur ces paroles, Lily partit rejoindre ses amies tandis que les maraudeurs retournèrent dans leur salle commune, cherchant une nouvelle farce à faire.
Remus avait soigné la plupart des blessures d'Hermione mais pour d'autres, il faudra attendre que la jeune femme se réveille. Ses cheveux étaient emmêlés et pleins de sang séché, sa peau était très abîmée et beaucoup plus foncée qu'habituellement. La magie avait traversé sa peau et par conséquent celle-ci s'était imprégnée de la magie. Hermione avait le teint gris et était méconnaissable. Remus avait bien fait de s'être dépêché de l'emmener loin de regard car quelques secondes après avoir claqué la porte au nez au directeur, Hermione avait retrouvé ses cheveux châtains, ses yeux noisette et ses traits de visage. A son réveil, il faudrait qu'il lui en parle, la métamorphose humaine était une branche de magie si complexe. Il avait eu la visite de Mme Pomfresh mais ne l'avait pas laissée entrer. Personne ne devait voir la jeune femme dans cet état.
Plusieurs heures passèrent et Remus luttait pour ne pas s'endormir. Il réfléchissait aux conséquences que cela pourrait avoir. Il ne savait même quel événement avait déclenché cette explosion. Il aurait pu fouiller dans la tête d'Hermione mais ne le fit pas. Premièrement car elle était son amie et il n'allait pas violer ses pensées, deuxièmement, même s'il avait beaucoup progressé en Legimencie, Hermione était sûrement plus forte que lui, même évanouie.
Remus finit par s'endormir et il ne fut réveillé qu'au petit matin avec les premiers rayons de soleil qui traversaient les fenêtres de son salon. Il tourna la tête et vérifia qu'Hermione était toujours présente. Il fut soulagé de voir qu'elle était toujours là. La connaissant, il savait très bien qu'elle ne l'aurait jamais réveillé et qu'elle serait partie sans un bruit. La jeune femme bougeait beaucoup et Remus était incapable de savoir si c'était dû à d'éventuels cauchemars ou aux événements de la veille. Une bonne heure plus tard, Hermione émergea doucement de son état d'inconscience. Elle voulut se lever mais Remus l'en empêcha presque immédiatement.
—Tu ne peux pas te lever tout de suite, tu es encore trop fragile. Ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas une tare d'être fragile de temps en temps.
—Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
—Eh bien, Mulciber est venu te voir, il a commencé a insulté les nés-moldu de tu-sais-quoi, tu ne t'es pas contrôlée et tu lui as jeté un doloris, Dumbledore s'est précipité vers vous et il t'a désarmé. Ça ne t'a pas plus et tu as explosé. Je t'ai enfermée pour que tu ne fasses pas trop de dégâts. Hermione c'est une catastrophe, Albus a calculé ta puissance magique. Il doit faire des recherches à l'heure qu'il est. Et... Remus fit une pose. Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je savais que tu étais puissante Hermione, mais à ce point ?
Hermione s'était renfrognée à l'évocation de ses souvenirs. Elle savait que Remus était en colère contre elle. Elle n'aurait pas dû lui cacher son potentiel magique.
—Je ne voyais pas l'intérêt de te le dire Rem', c'est sans importance.
—Sans importance ? Hermione, tes yeux étaient BLANCS ! Rappelle-moi la couleur de ceux de Dumbledore ?
—Argent
—Les fondateurs ?
—On ne connaît pas leur puissance.
—C'est vrai. Harry ?
La gorge d'Hermione se noua à la pensée de son frère de cœur. Elle n'avait jamais imaginé qu'elle pouvait être plus puissante que lui. Elle accordait si peu d'importance à ce genre de chose.
—Hermione, quel était la couleur des yeux de Harry ?
—Je ne sais pas, on a jamais réellement testé sur lui. Je pense que ça aurait probablement été argent ou noir.
—Oui, et tu sais ce que cela veut dire ?
La jeune femme eut un haussement d'épaules, l'air désabusée.
—Ça veut dire Hermione, c'est que ta puissance est sans précédent officiel, elle est quasi illimitée. Il faut que tu te contrôles Hermione, avoir une telle puissance est dangereux pour autrui, mais surtout pour toi. Tu le sais aussi bien que moi, si je n'étais pas intervenu, tu serais morte, et toutes les personnes autour de toi, gravement blessées.
Remus laissa le temps à Hermione d'assimiler ce qu'il venait de dire, même s'il savait qu'elle connaissait déjà tout cela, l'entendre n'était pas la même chose. Il se dirigea vers la porte, il avait un problème à régler et pas des moindre, il fallait expliquer à Dumbledore ce qu'il venait de se passer, tout en lui cachant la vérité et en lui demandant de ne pas renvoyer Hermione. Il allait demander conseil à Minerva, elle pourrait peut-être l'aider.
