« Une discussion est impossible avec quelqu'un qui prétend ne pas chercher la vérité mais déjà la posséder. »
Romain Rolland
Remus et Hermione parlèrent beaucoup de ce qu'il s'était passé et avaient décidé d'un commun accord de ne pas en parler tout de suite à Minerva. Elle avait aussi ses propres problèmes et en avait déjà beaucoup fait pour les deux voyageurs du temps. Evoquer leurs souvenirs les avait irrémédiablement ramenés à leur mission et Remus annonça à son amie qu'il avait peut-être localisé un horcruxe. Hermione voulait aller le chercher tout de suite, mais Remus l'avait dissuadée. Ils avaient déjà connaissance de l'emplacement de trois horcruxes, le diadème de Serdaigle dans la salle sur demande, la bague des Gaunt dans leur maison et celui que Remus pensait avoir trouvé. Cependant, ils n'avaient encore aucun moyen de les détruire et il était plus sûr de laisser ces infamies là où elles étaient avant de pouvoir les déchiqueter et les mettre en pièces.
Ils se dirigeaient tous les deux vers la Grande salle pour prendre leur petit déjeuner. Hermione n'y était pas retournée depuis l'incident et savait pertinemment que des chuchotements se feraient sur son passage. Remus passa par l'entrée des professeurs et Hermione par les grandes portes. Malheureusement pour elle, même si elle était partie tôt chez Remus, ils avaient beaucoup discuté et la majeure partie des élèves n'était pas débout à se diriger vers leurs tables mais assis à celles-ci. Lorsqu'elle passa les portes, de nombreuses têtes se retournèrent vers elle et des murmurent se firent entendre. La voyageuse les ignorait du mieux qu'elle pouvait, mais lorsqu'elle entendit un « sang-de-bourbe », elle ne put se retenir et sortit sa baguette. Elle allait jeter un sort à celle qui avait prononcé ces mots, mais une personne intervint.
—Helena, tu ne peux pas faire ça.
Hermione reconnut la voix de Remus, mais non Rem', son ami, Remus jeune. Elle se retourna vers lui tremblante et lui adressa un regard interrogateur. Il s'était levé et Lily les avait rejoints.
—Remus a raison Helena, tu serais renvoyée. Assieds-toi avec nous.
—Lily, tu as entendu ce qu'elle a dit.
—Helena, s'il te plaît. Tu me dois une faveur, j'ai veillé sur toi toute la nuit, chuchota-t-elle pour que seuls Hermione et Remus puissent l'entendre.
Hermione était en proie à un fort combat intérieur. Elle leva les yeux vers Remus, son ami et chercha son regard. Il lui fit un signe de la tête et son regard l'incita fortement à écouter Lily. Elle baissa enfin sa baguette au grand soulagement des deux Gryffondor. Elle lança un regard si noir, si glacial à la fille qui avait profané cette misérable insulte, que Lily jura voir le plafond magique de Poudlard s'assombrir.
Hermione ne prit pas part aux discussions des maraudeurs ou de Lily et ses amies, mais elle se dirigea avec eux vers les portes de la Grande Salle, où le groupe se sépara. La moitié avait cours d'étude des moldus et les autres avaient potions. Ce fut tout naturellement qu'elle se dirigea vers Rogue pour fabriquer la potion du jour. Ils ne s'adressaient pas la parole à chaque cours, mais les potions qu'ils faisaient été toujours parfaites. Hermione se rapprochait doucement de Rogue, comme elle en avait parlé avec Remus, mais elle commençait vraiment à affectionner le jeune homme qui était très talentueux. Rogue quant à lui, pour la première fois depuis la fin de son amitié avec Lily, avait quelqu'un à qui parler sur les potions. Il appréciait d'échanger avec Hermione sur la composition de celles-ci et comment les améliorer.
Le cours toucha à sa fin, et comme à chaque fois, Slughorn distribua des points aux Gryffondor et aux Serpentard. Il réitéra sa demande quant à la participation d'Hermione à son club, mais la jeune femme, comme toutes les fois précédentes, réfuta l'idée et partit brusquement des cachots, pour se diriger vers la bibliothèque.
Hermione s'assit à sa table habituelle et entama ses recherches sur la localisation des horcruxes. Elle lisait des coupures de journaux traitant de la magie noire en forte quantité dans certains coins reculés et des formes de magie les plus anciennes et les plus destructrice quand vient s'asseoir à sa table le seul et l'unique Regulus Black. Hermione en fut très étonnée, mais préféra se taire. Elle le regardait avec insistance et leva un sourcil, comme Harry le faisait lorsqu'il doutait de ce qu'elle disait. A force de passer ses soirées avec son meilleur ami, elle avait adopté beaucoup de ses tics, sans s'en rendre compte. C'était Ron qui lui avait fait la remarque une fois, mais depuis Hermione avait été bien incapable de s'en défaire. Elle ne se plaignait pas, cela la rapprocher un peu de son défunt ami, mais évidemment cela lui faisait penser à lui aussi.
—Je peux savoir ce que tu fais ici Black ? demanda-t-elle d'un ton froid.
—Je travaille ma métamorphose.
—Je me fiche de ce que tu bosses comme cours. Que fais-tu à ma table ?
—Je ne savais pas que c'était la table attitrée de la grande Helena Grace. Excusez mes manières, très chère, je m'en vais de ce pas.
—Arrête de jouer Black, qu'est-ce que tu veux ?
—Je voulais te parler.
Hermione eu un sourire insolent qui ne plu pas au jeune Black. Il ne pouvait cependant pas l'attaquer. Il ne voulait pas se faire interdire de bibliothèque à vie, il avait encore un an et demi à faire à Poudlard et il savait pertinemment qu'il ne ferait pas le poids contre elle.
—A moi, je te rappelle que je n'ai pas le sang-pur comme toi et que mes manières sont plus qu'à désirer.
—Suis moi dans le parc, fut la seule réponse que le plus jeune des Black consentit à lui donner.
Hermione hésita à le suivre, mais sa curiosité l'emporta sur sa méfiance et elle lui emboîta le pas. De toute façon, même s'il voudrait l'attaquer, la jeune femme prendrait rapidement le dessus sur lui, ce n'était pas un problème. Regulus se dirigeait vers la lisière de la forêt interdite et s'arrêta, sous un arbre.
—Personne ne nous a suivi ?
—Personne ne verra le grand Regulus Black en compagnie d'une sang-impur, ne t'inquiètes pas. Qu'est-ce que tu me veux ?
—J'ai beaucoup repensé à la dernière fois dans la grande salle et comment tu avais attaqué Mulciber. Je n'avais jamais vu quelqu'un prononcé ce sort avec une telle haine, pourtant, c'est un des sorts préférés de ma cousine. Ton explosion dans le parc n'a fait que renforcer mes doutes. Tu pratiques la magie noire n'est-ce pas ?
Hermione retenait à grande peine un fou rire. Cela faisait tellement de temps que ça ne lui était pas arrivé, mais la situation était ridicule au possible.
—Tu m'as amené pour savoir si je fais de la magie noire, rit-elle.
—Cela n'a rien de ridicule. Tu es une Gryffondor, cracha-t-il sur le dernier mot.
—Et alors, ce n'est pas parce que ma cravate est rouge que je ne pratique que de la magie blanche.
—Mais ce n'est pas normal ! Tu es dans le camp des gentils, les Serpentard les méchants qui tuent et torturent avec la magie noire contre les gentils Gryffondor qui les combattent avec la magie blanche.
Hermione ne put se retenir et rit à gorge déployée avant de voir le sérieux de Regulus. Il plaisantait n'est-ce pas ?
—Black, tu ne crois pas ce que tu dis quand même ?
Seul le silence lui répondit et Hermione prit sa tête entre ses mains. En plus de combattre un puissant mage noir, détruire les morceaux répugnants de son âme, éviter que les membres de l'ordre soient tués, éviter de se faire tuer, elle devait aussi combattre et abolir les clichés ? Tout une vie ne suffirait jamais !
—Black, ce sont des clichés tout ça. Ce n'est pas parce que quelqu'un est à Gryffondor qu'il ne deviendra jamais mangemort, ce n'est pas parce que quelqu'un est à Serpentard qu'il sera le prochain mage noir. Je pratique la magie noire, beaucoup plus que n'importe quel Serpentard, pourtant, je suis une, si ce n'est la, des plus grandes opposantes de Voldemort.
Le jeune Black ne semblait pas savoir quoi répondre, Grace ne remettait pas seulement en la vision des maisons de Poudlard qui l'avait, mais toute l'éducation que sa famille lui avait faite.
—Mon chemin est tout tracé, je suis un Black, je vais entrer au service du seigneur des ténèbres et un jour, j'obtiendrais tout l'héritage Black.
—La vie nous joue parfois de sacrés tours, on ne s'attend jamais à ce qu'il va arriver. Ne planifie pas ta vie Black, ou la chute ne sera que plus grande.
Hermione se leva et s'apprêta à partir, Regulus était encore trop jeune pour comprendre, il n'avait pas vécu suffisamment d'épreuves pour se détourner du mage noir.
—Attends ! Tu ne peux pas me dire ça, et partir juste après.
—Je vais me gêner.
—Tu peux m'apprendre la magie noire ? tenta-t-il dans un dernier espoir.
—Tu es un Black enfin ! La magie noire coule dans tes veines. Tes parents ont dû te l'apprendre dès ton plus jeune âge, tu ne m'auras pas là-dessus.
—Apprends-moi à combattre en duel alors.
—Tu l'as dit toi-même Black, ton chemin est tout tracé. Tu entreras au service de Voldemort et comme tu m'as bien écoutée, tu sais aussi que je suis une des plus ferventes adversaires de face de serpent.
Sur ces paroles, Hermione partit pour de bon et laissa le jeune Black en proie à un combat intérieur et réfléchissant à son avenir.
Le vent de décembre s'infiltrait dans les vêtements de Remus. Il venait de terminer un cours particulièrement éprouvant avec les deuxièmes années, qui n'avaient rien fait d'autre que se battre entre maison. Remus était au bord du lac noir, comme tous les vendredis soir. A chaque fin de semaine, il prenait l'air au bord du lac, avec pour seule compagnie, le calamar géant. Remus aimait ces moments, où il se retrouvait face à lui-même. Ce petit moment de solitude était très important pour lui dans sa semaine, et même Hermione devait attendre quand elle voulait lui parler de la mission.
Remus entendit une explosion et vit de la fumée s'échapper du centre de la forêt interdite. Un épais nuage noir s'élevait, chose que Remus n'avait jamais vu auparavant. Quelle créature était capable de faire du feu au milieu de la forêt interdite ? En tout Gryffondor qu'il était, courageux et impulsif, Remus se dirigea vers la source de fumée. Il arriva dans une clairière lumineuse, où se tenait une personne allongée au centre, sa baguette entre les mains. C'était une femme aux longs cheveux bruns et plus Remus s'approchait, plus cette personne semblait familière. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il s'aperçut que cette personne était Hermione, avec sa propre apparence et non celle d'Helena. Elle avait une importante brûlure sur son avant-bras droit. Là où se trouvait sur son bras gauche la marque sang-de-bourbe de Bellatrix, sur le bras droit d'Hermione il y avait désormais une brûlure longue de dix centimètres. Ce n'était pas une brûlure classique, elle n'était ni rouge ni marron, mais noire, comme si elle était grillée. Les deux marques sur ses bras étaient similaires par leur taille. Sur la largeur du bras, elles commençaient et finissaient exactement au même endroit. La cicatrice d'Hermione s'était d'ailleurs remise à saigner.
Remus secoua Hermione pour la réveiller mais sans succès. Il lança plusieurs sorts, mais rien ne se passa. Il ne pouvait cependant pas l'envoyer à l'infirmerie sous cette apparence, personne ne devait savoir qu'ils avaient menti, encore moins Mme Pomfresh et sa curiosité habituelle. Le voyageur envoya un patronus à Minerva, en lui précisant bien de venir seule. Il espérait qu'à cette heure-ci elle soit encore dans son bureau, et non dans la Grande Salle à dîner.
Au grand soulagement de Remus, Minerva arriva un quart d'heure plus tard dans la clairière. Elle se précipita vers les deux amis et questionna Remus. Il n'en savait pas beaucoup plus que la sorcière, mais Minerva put au moins lui redonner sa fausse apparence. D'un sort, Remus fit voler Hermione et ils se dirigèrent tous les trois vers le château. Minerva regardait Hermione avec anxiété, par mégarde, Remus l'avais cognée dans un arbre, et la sorcière faisait tout pour qu'il ne le fasse pas une deuxième fois.
—Remus, je peux contrôler son vol si tu préfères.
—Oui je veux bien, je suis un peu perturbé, je ne comprends pas ce qu'elle faisait là dans cette clairière, seule. Comment a-t-elle pu être aussi négligente ?
—Ce qu'elle faisait est évident, elle essayait de maîtriser le feudeymon. Ne fais pas cette tête Remus, tu as reconnu le sortilège. Il n'y a que ce sort pour brûler ainsi la peau. Elle ne pourra pas retrouver son aspect d'antan, pas avec ce sort. Elle a eu de la chance de s'en sortir seulement qu'avec cette brûlure. Cela aurait pu être bien pire, lui répondit Minerva la mine sombre.
—Mais pourquoi ? Le feudeymon est un sort extrêmement dangereux. Hermione est loin d'être bête, elle connaît parfaitement les risques de ce sort.
—Le feudeymon est d'une puissance dévastatrice. Je n'en suis pas sûre, mais je pense qu'il est si puissant qu'il peut détruire les tu-sais-quoi. Hermione semblait maîtriser le sort, mais quelque chose l'a perturbée et il a échappé à son contrôle. Quelque chose de puissant puisqu'il a aussi fait saigner une vieille cicatrice.
—Cette cicatrice a été faite par Bellatrix Lestrange. Tu crois que cela pourrait avoir un lien avec l'accident ?
—Je l'ignore Remus, mais j'espère fortement que tu te trompes. Bellatrix Lestrange dans la forêt interdite ? Il y a de quoi s'inquiéter, déplora Minerva d'un ton navré, tout en secouant la tête.
Hermione sortit le plus discrètement possible de l'infirmerie. Mme Pomfresh lui avait ordonné de ne pas bouger pendant les cinq prochains jours, mais la sorcière n'en avait aucune envie. Elle était restée inconsciente deux jours et elle avait déjà perdu assez de temps comme cela. Remus lui avait fait la morale pendant une demi-heure lorsqu'elle s'était réveillée. Elle aurait peut-être pu prévenir ses amis qu'elle sortait, mais elle n'avait plus cinq ans, elle était adulte et pouvait largement se gérer elle-même. Remus semblait oublié qu'elle avait vingt-trois ans.
Hermione remontait l'escalier qui menait à la salle sur demande quand elle entendit son nom d'emprunt.
—Grace, tu vas où comme ça ?
Hermione se retourna, surprise d'entendre cette voix. Ce n'était pas du tout le genre de son propriétaire de crier ainsi dans les couloirs. Ils étaient seuls dans le couloir, à deux heures du matin, il y avait peu de chance que les couloirs soient pleins.
—Severus tu m'as fait peur !
Malgré tout ce qu'elle avait vécu, ce qui était le plus étrange, c'est qu'elle soit devenue familière avec Rogue. Son ancien professeur de potions si détesté. Ils n'étaient pas amis, c'était un mot trop fort, mais ils étaient plus que simples camarades de classe. Chaque semaine à préparer des potions les avait rapprochés. Encore plus depuis qu'Hermione avait démontré sa puissance à toute l'école dans le parc de Poudlard. Peu à peu, Hermione avait réussi à percer la carapace de Severus et lui avait apprécié l'intelligence et l'ingéniosité d'Hermione, pour les potions comme pour les sortilèges d'attaque et de défense, la métamorphose. Ils se voyaient régulièrement à la bibliothèque et en étaient venu à se parler beaucoup plus qu'au premier abord. Ils ne parlaient pas de leur vie, mais de l'invention de potions, sorts…
—Tu n'es pas censée être à l'infirmerie entre la vie et la mort ? Ou peut-être les Serpentard se sont réjouis trop vite ?
—Je n'ai jamais été entre la vie et la mort. Un sortilège a mal tourné.
—Le feudeymon n'est-ce pas ?
—Comment as-tu su ?
—Tu es brûlée, sévèrement. Seul le feudeymon peut engendrer une telle brûlure. Crois-moi, ta peau est morte. Ta tenue de l'infirmerie ne cache pas grand-chose de tes cicatrices.
Hermione observa ses bras et rabattit ses manches sur ses bras meurtris. Elle détestait ses cicatrices. Deux plus que toutes les autres. Mais il ne fallait en aucun cas que quelqu'un apprenne pourquoi elle s'était brûlée alors qu'elle maitrisait le feudeymon depuis longtemps. Remus serait dégouté, Minerva aussi. Si cela venait à tomber entre les mains de ses ennemis, Hermione ne serait plus en sécurité.
—J'ai vu ce que tu essayes de cacher Helena.
—Quoi, mais non mais…
—Tu veux bien m'expliquer.
—Très bien, ce n'est pas comme si tu allais accepter d'être oublietter. Mais pas ici, les murs ont des oreilles.
Severus regarda Hermione étrangement et la jeune femme sentit son regard posé sur elle.
—Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne connais pas cette expression ? C'est une expression moldue. Mais ici, c'est plutôt vrai avec tous les tableaux. Si tu veux parler, je ne vais pas t'attendre. Je suis fatiguée, mentit-elle.
Severus lui emboîta le pas, en se dépêchant. Hermione marchait vite, comme pour s'éloigner de lui et le maintenir loin de ses secrets. Ils arrivèrent devant le mur du septième étage et Hermione passa trois fois devant et demanda un endroit calme pour parler à Severus. Severus en apercevant la porte apparaître, retint Hermione par le bras.
—Attends, tu connais l'existence de la salle sur demande ? Une poignée d'élèves à la chance de la voir apparaître dans leur scolarité, souvent à la fin et toi tu es là depuis seulement trois mois et tu vois la chose la plus mystérieuse du château.
—La salle va et vient est loin d'être la chose la plus mystérieuse de ce château Severus.
La voyageuse du temps sembla se rendre compte qu'elle en avait trop dit et mit sa main à sa bouche. Elle vit l'expression interrogative de Severus et sortit sa baguette.
—Qu'est-ce que tu veux dire ? N'ose même pas m'oublietter Grace, continua-t-il d'une voix ferme.
—Bien. Entre.
Hermione s'assit sur un fauteuil et invita Severus à l'imiter.
—Qu'est-ce que tu me caches ?
—C'est compliqué, je ne peux pas tout te dire Sev', Severus. Je ne devrais pas t'appeler comme ça.
—Pourquoi ?
—C'est Lily qui t'appelle—
La fin de sa phrase mourut dans sa gorge et une fois de plus, Hermione s'aperçut qu'elle en avait trop dit.
—Comment sais-tu ? Elle ne m'appelait comme cela qu'en privé. On n'est plus ami depuis la cinquième année. Qui es-tu ?
Hermione regarda Severus, sans savoir quoi lui répondre. Il avait une expression neutre, comme toujours mais son regard semblait curieux, comme lorsqu'il faisait de nouvelles potions.
—C'est compliqué. Je ne peux pas te le révéler.
—Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?
—Honnêtement, les deux. J'ai interdiction formelle de t'en faire part et ça te mettrait plus en danger que ça ne te ferait du bien.
—Tu n'es pas celle que tu prétends être. N'es-tu pas censé être une sang-mêlé ? L'inscription sur ton bras montre l'inverse. Mais ce n'est pas ça qui m'étonne le plus, non c'est le fait qu'une Gryffondor fasse de la magie noire, je me demande ce que dirait tes camarades.
—Je t'en prie Severus, tu es à Serpentard. Personne dans cette maison ne montre sa véritable personnalité, ses sentiments. Tu es loin d'être ce que tu prétends aussi. Quant à la magie noire, je n'ai aucune raison de me justifier. Tu la pratiques également non ? Cette magie est dite noire car des sorciers aux intentions néfastes l'ont pratiquée un peu trop. Certains sorts peuvent être très intéressant.
—Tu ne me diras rien sur qui tu es ?
—Je ne peux pas.
—Est-ce que cela a un lien avec ta bague ?
Hermione eut un petit sourire et prit le temps d'admirer la bague du temps avant de répondre à Severus.
—Tu es bien trop intelligent pour ton propre bien. Je ne peux pas te le dire. J'ai fait une promesse et les personnes au courant se comptent sur les doigts d'une main. Merde, je n'aurais pas dire ça non plus.
Severus se leva et s'apprêta à partir de la pièce va et vient, il se retourna et dit à Hermione :
—Ne crois pas qu'on en restera là Grace, je suis Serpentard, je n'abandonne pas et je ruserai autant qu'il le faut pour découvrir ton secret.
—Tu va perdre ton temps Severus.
Il partit pour de bon et en traversant la porte, il murmura si bas qu'Hermione ne fut pas sûre d'avoir bien compris
—Une dernière chose, tu peux m'appeler Sev' si tu veux Helena, ça ne me dérange pas.
