« Le monde progresse grâce aux choses impossibles qui ont été réalisées. »
André Maurois
Hermione se dirigeait vers les serres de Poudlard le plus discrètement possible. Elle avait oublié sa cape d'invisibilité dans la salle sur demande et avait laissé la carte des maraudeurs à Remus, elle savait qu'elle était importante pour lui et elle n'en avait pas réellement besoin. Si c'était le cas, elle pouvait venir la prendre, mais Remus l'aurait questionné sur son utilisation et Hermione ne voulait qu'il ne se doute de rien. Elle avait déjà perdu du temps à se remettre de la pleine lune, la potion était si complexe à préparer qu'elle ne pouvait se permettre d'attendre plus. Elle lança un sort de présence et vit avec soulagement qu'elle était seule dans les environs. Chourave devait être dans la Grande Salle ou dans ses appartements et il ne semblait pas y avoir d'élèves comme Neville, assez féru de botanique pour venir étudier les plantes en dehors des cours. Elle prit les plantes qu'elle avait besoin et les amena rapidement à la pièce va et vient. Il fallait encore qu'elle dérobe certains ingrédients dans la réserve personnelle de Slughorn, ce qui était bien plus compliqué. Par prudence, elle se jeta un sort de désillusion et entra dans la réserve. Elle referma la porte et entendit quelqu'un entrer juste après elle. C'était Slughorn. Il s'aperçut que la porte n'était pas fermée à clé et la verrouilla à l'aide d'un sortilège. Hermione souffla et prit les ingrédients dont elle avait besoin. Lorsqu'elle essaya de d'ouvrir la porte avec un simple alohomora, la sorcière s'aperçut que Slughorn avait bloqué la porte avec l'aide d'un sortilège qui ne pouvait être déverrouiller que de l'extérieur. Elle essaya de nombreux sortilèges, de la magie blanche comme de la magie noire, mais rien ne changea.
Elle fit la revue de toutes les personnes qu'elle pouvait appeler et il y en avait très peu. Premièrement, parce que Remus ne devait pas être au courant, sous aucun prétexte, de deuxièmement, parce qu'elle n'avait rien pour écrire et envoyer une note magique et que l'utilisation d'un patronus était exclue. Elle n'arrivait plus à en faire un depuis bien longtemps, elle essaya tout de même, mais comme elle s'y attendait, cela ne fonctionna pas. Elle fouilla toute la réserve à la recherche de papier et d'une plume, ce qui lui prit deux bonnes heures. Qui aurait cru qu'une si petite pièce pouvait contenir autant de choses inutiles ? Elle avait trouvé des numéros de la gazette du sorcier datant de trente ans. Trente ans ! Lorsqu'elle avait emprunté des ingrédients à Rogue en deuxième année, cela avait été très facile, tout était rangé, ordonné, classé. Elle s'assit à même le sol, tout en cherchant une solution. Elle apparut soudainement et Hermione se demanda pourquoi elle n'y avait pas pensé avant.
—Accio papier et plume.
Les deux objets passèrent sous la porte et arrivèrent dans les mains de la voyageuse du temps. Elle rédigea un bref mot et ensorcela le papier pour qu'il aille trouver une aide. Elle attendit encore dix minutes avant que quelqu'un vienne ouvrir la réserve. Elle resta invisible, de peur que cela ne soit Slughorn qui cherchait quelque chose dans sa réserve. La porte s'ouvrit sur Severus qui se demandait ce que faisait Helena là-dedans.
—Par le string à paillettes de Morgane, Sev' ! Tu me sauves la vie.
—Par le string à paillettes de Morgane ? Vraiment ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Hermione lui fit promettre de ne pas rire et commença son récit. Sans grande surprise, Severus ne put retenir un sourire moqueur et secoua la tête, se demandant comment on pouvait avoir aussi peu de chance.
—Tu as tous les ingrédients dont on a besoin ?
—Oui, je ne sais pas si tu p—
—On commence maintenant. Il reste quatre jours avant le retour des autres, il faut qu'on avance le plus possible avant.
—Je pourrais rater les cours pour surveiller la potion ce n'est pas un problème.
—Ce n'est pas un problème, tu le fais tout le temps, potion ou pas.
—Il faudrait que tu doubles les doses, j'aurais besoin de cette potion pendant longtemps et beaucoup.
—C'est toi qui vas utiliser cette potion ?
—Pas seulement. Mais en partie oui.
—Mais pourquoi ?
—Je ne peux pas te le dire Sev'. Pas tout de suite. Je suis désolée, mais je ne sais pas comment tu vas réagir. Je sais que je t'en demande beaucoup, énormément même. Mais je n'ai pas le choix.
—Très bien, lui répondit-il d'une voix froide, je vais le faire mais je ne peux pas doubler les doses tout de suite. Pas avant de l'avoir réalisé une fois avant.
—Merci beaucoup Severus, je te le revaudrais.
—Pour quand en as-tu besoin.
—Prends le temps qu'il te faut.
—Mais…
—J'en ai besoin rapidement, mais il ne faut pas qu'elle soit bâclée, sinon il faudra tout recommencer et cela sera bien plus long. C'est une question de vie ou de mort. De santé mentale. Si j'en étais capable, je ne t'aurais jamais demandé d'accomplir cette lourde de tâche, mais tu es le seul à pouvoir le faire.
—La flatterie de mènera loin Grace, mais elle ne fonctionne pas avec moi.
Hermione étouffait dans la Grande Salle avec tous les élèves présents. Ils étaient revenus le soir même et les habitudes avaient repris, aucune maison ne se mélangeait, les combats futiles reprenaient. La jeune femme s'était habituée à voir peu de monde, à circuler librement qu'elle se sentait enfermée entre tous ces adolescents. C'était à dans des moments semblables qu'Hermione se demandait ce qu'elle faisait là. La barrière de l'âge était plus que problématique, elle avait vingt-trois ans par Merlin ! Pas dix-sept comme la grande majorité des élèves de septième année. Elle alluma une cigarette, mauvaise habitude qu'elle avait adopté à la mort d'Harry, sans penser tomber dans l'addiction et ne plus pouvoir s'en débarrasser. Elle finit rapidement la première et en alluma une deuxième, puis une troisième. Au bout de la cinquième, elle entendit des pas s'approcher d'elle et elle reconnut l'empreinte magique de la personne.
—Black, je t'ai déjà dit non.
—Et je peux savoir pourquoi ?
Hermione se retourna vivement et vit Sirius qui se tenait devant elle avec lui aussi une cigarette à la main. Hermione était persuadée que c'était Regulus qui était, encore, venu lui demandait de l'aide pour se battre en duel.
—Je croyais que c'était ton frère.
Le visage de Sirius se ferma et son regard se fit plus froid. Il avait passé de bonnes vacances et n'avait aucunement besoin que la nouvelle vienne lui gâcher cela.
—C'est étrange, il a eu la même réaction quand je lui ai parlé de toi. Vous vous ressemblez beaucoup.
—Je ne ressemble pas à Reg'.
—Ça aussi il l'a dit. Qu'est-ce qui t'amène ?
—Tu as parlé à mon frère ?
—C'est ce que j'ai cru dire Black. Tu es long à la détente.
—Mais pourquoi ?
—Il est venu à ma table à la bibliothèque et nous avons… brièvement parlé.
—Tu es amie avec mon frère ?
—Est-ce que j'ai dit ça ? Pas du tout. La dernière fois que je lui ai parlé, je lui ai jeté un sort assez sanglant… on peut dire.
Sirius ne répondit pas, il ne savait pas vraiment quoi dire de toute façon. Il n'était plus en très bon termes avec son frère depuis bien longtemps, depuis sa rentrée à Poudlard pour être tout à fait honnête avec lui-même et il ne lui avait pas parlé depuis qu'il avait quitté le square Grimmaurd pour se réfugier chez James.
—Qu'est-ce que tu fais là ?
—Comme toi, je viens fumer loin du regard des autres. Fumer n'est pas très bien perçu ici. Les gens ne comprennent pas. C'est moldu, même s'il y a des cigarettes sorcières depuis quelques années, peu de personnes les utilise.
—Je pensais qu'au contraire, fumer te permettait de coucher avec plus de filles, fumer accentue le côté « bad boy ».
—Le côté quoi ?
—C'est une expression moldue. Ça veut dire qu'elles aiment ton côté ténébreux.
—Je me passerais bien de ce côté.
—Personne n'aime qu'on lui rappelle ses mauvais côtés, pourtant ils font partis de notre personne. Sans eux, on ne serait pas les mêmes.
—Quels sont tes mauvais côtés alors ?
—Ils sont trop sombres pour que je te les révèle, même pour un Black. Ce qui est important, c'est que moi j'en ai conscience, les autres on s'en fout.
—Je ne te voyais pas comme ça Grace, je ne te voyais pas fumeuse, je ne pensais pas que tu te souciais aussi peu du regard des autres que tu le prétendais. Je ne pensais pas que tu étais aussi sombre.
—Pourquoi ? fut la seule réponse que Sirius reçut.
—Pourquoi je ne pensais pas que tu étais ainsi ?
—Pourquoi tu fumes ? Par plaisir ? Par habitude ?
—Un peu des deux, mais j'aime fumer, ça me détend.
—C'est l'exacte différence entre toi et moi. Tu fumes par pur plaisir, je fume pour mourir.
Comme pour appuyer son geste, Hermione prit une nouvelle cigarette et l'alluma tout en regardant Sirius, le regard sombre. Lui, n'y tenant plus, se lâcha et rit beaucoup, un très grand fou-rire, qu'Hermione ne comprit pas.
—Tu n'es pas sérieuse, il n'y a pas une once d'optimisme en toi ? Tu es jeune pourquoi veux-tu mourir par Merlin ?
—C'est difficile de croire au bonheur quand on l'a perdu Black, confia la voyageuse du temps.
Elle s'enfonça alors vers la forêt interdite, vers les arbres sombres, la nuit tombante. Ses cheveux ébènes virevoltaient avec le vent et ce fut à cet instant précis que Sirius Black entraperçut la noirceur qui dominait le cœur d'Hermione. Cette force noire qui s'enveloppait autour d'elle. Elle formait une sorte de cocon qui la protégeait mais qui paraissait dangereuse pour autrui. Cette enveloppe était l'exacte couleur de ses cheveux, aussi noirs que la nuit et la dimension terrifiante n'était pas loin. Sirius resta un long moment assis là, son mégot de cigarette entre les doigts, son regard posé là où se tenait Helena Grace quelques instants auparavant.
Ce fut seulement lorsque retentirent les douze coups de minuit qu'il se leva et regagna son dortoir. James, Remus et Peter dormaient déjà et le quatrième maraudeur se coucha dans son lit tout habillé, mais cette fois-ci, plus encore que les nuits précédentes, il n'arrivait pas à dormir. Son esprit était accaparé par les mots blessants que lui avait dit Grace. Le côté sombre de chaque personne. La volonté de mourir, quand on ne connaissait plus la signification du mot bonheur. Tout cela, Sirius ne l'avait que trop bien connu lors de son enfance, sous les doloris de son père et les autres sortilèges de torture de sa mère. Sa face sombre, il ne l'a connaissait que trop bien, mais il évitait d'y penser, cela remuait inutilement le couteau dans la plaie. Sirius était un Black. Il avait beau détesté sa famille plus que tout, et il le faisait savoir, mais la noirceur était là, présente, à guetter la moindre occasion pour ressortir. Il avait torturé des animaux sous les yeux attentifs de Bella lorsqu'il avait sept ans, il avait regardé son père torturait et violait une moldue, parce que c'était « amusant », il avait vu sa mère tuer les voisins moldus, parce qu'ils avaient osé la toucher par mégarde. Ces moments où la noirceur d'une personne était présente plus que tout l'avait rendu sombre lui aussi. Chaque membre de sa famille de fous avait sa part d'ombre. Même son oncle Alphard qui l'avait aidé lorsqu'il avait fugué, même sa cousine Andromeda qui avait épousé un né-moldu, ils ont tous une part de noirceur en eux, plus ou moins grande, plus ou moins visible, mais ils en avaient une, comme Sirius. Ils n'avaient pas le choix, c'était des Black.
Severus courait presque dans les couloirs de Poudlard. Ces satanés escaliers l'avaient pris pour cible et ils changeaient sans cesse de sens, sans qu'il ne puisse rien y faire. Il fallait qu'il se dépêche, Helena l'attendait dans la salle sur demande. S'ils avaient réussi, la potion devrait être prête ce soir. Après des semaines de dur labeur, ils avaient peut-être réussi. Si la potion devenait grise au contact d'une feuille de menthe cueillie pendant la pleine lune, cela signifiait que la potion était prête à être utilisée et selon Helena, cela devrait sauver des vies. Lorsqu'il arriva enfin dans le couloir du septième étage il passa trois fois devant le mur et entra dans la pièce qui était devenue un laboratoire de potion.
—Alors ?
—Je t'attendais. Je n'allais pas le faire sans toi, tu as été d'une grande d'aide. Quoi qu'il se passe, merci Sev'. Tu ne me connais pas tant que ça, tu sais que je cache beaucoup de choses mais tu as quand même accepté de m'aider et peu de personnes l'aurait fait dans ces circonstances, remercia-t-elle sincèrement le jeune homme.
—Arrête tu vas me faire pleurer, railla-t-il. Alors, la menthe ?
Hermione déposa délicatement la feuille dans le chaudron et ils attendirent que la potion devienne grise. Après plusieurs minutes, rien ne s'était passé et ils durent se rendre à l'évidence, ils avaient échoué.
—Mais, c'est impossible, je n'avais jamais raté de potion avant, sauf peut-être une fois en première année, ajouta le Serpentard devant le levé de sourcil d'Hermione, signifiant qu'elle ne le croyait pas.
—L'échec fait partit du processus.
—Laisse-moi rire, tu ne crois pas un mot de ce que tu dis.
Hermione eut un petit sourire désolé mais continua.
—C'est vrai mais…
Severus se retourna vers ce qui avait coupé Helena dans son élan et ses yeux tombèrent sur la potion. Elle avait désormais une belle couleur grise, semblable à la lune s'il en croyait les images moldues qu'il avait eu l'occasion de voir. Avant qu'il n'est pu dire quoi que ce soit, Helena se jeta dans ses bras ce qui le fit reculer de plusieurs mètres.
—Désolée, mais tu ne peux pas savoir à quel point cette potion est importante pour moi. Merci infiniment, je ne sais pas comment te remercier.
—Si tu me disais pourquoi tu as besoin de cette potion ?
Le sourire d'Hermione se fana, elle ne pouvait décemment pas lui révéler son secret, cela impliquait d'autres personnes et il fallait d'abord voir si cela fonctionnait.
—Sev', je ne peux pas te le dire, pas tout de suite. Mais je te le dirais, je te le promets. Il faut que j'y aille, quelqu'un connaît la potion mieux que moi et il faut qu'il la voit.
—Tu n'es pas censée avoir une retenue avec Rusard ?
—On est lundi ?
Severus hocha la tête et Hermione haussa les épaules, elle allait la rater, cela ne ferait sûrement qu'aggraver son cas mais ce n'était pas si grave. Hermione prit une fiole et versa un échantillon de potion à l'intérieur.
—On ne touche plus à la potion. Il faut vraiment que j'y aille Sev', on se voit plus tard.
Sur ces paroles, la jeune femme sortit en trombes de la salle sur demande et se précipita vers les appartements de Remus. Il n'y était pas et en voyant l'heure, Hermione s'aperçut qu'il devait diner. Elle partit alors vers la Grande Salle et entra assez bruyamment. Les têtes de la majorité des élèves se retournèrent vers elle et Hermione pensa qu'elle aurait peut-être dû se faire un peu plus discrète. Elle devait être en retenue tout de même. Elle vit Dumbledore parler avec Rusard, probablement de la retenue où Hermione n'était pas allée. C'était ridicule, elle ne devait commencer qu'il y a vingt minutes. Elle se dirigea avec fébrilité jusqu'à Remus, ce que ne manqua pas de remarquer Lily, depuis la table des Gryffondor.
—Il faut que je vous parle professeur Lucas, c'est urgent.
Le visage de Remus perdit toutes ses couleurs. Son esprit tournait à cent à l'heure, se demandant ce qu'Hermione avait bien pu faire pour entrer ainsi dans la Grande Salle aux yeux de tous, cela devait être très grave. Il se leva sous les yeux interrogateurs d'un bon nombre d'élèves et suivit Hermione dans un couloir.
—Tiens.
Hermione lui tendit la fiole et Remus l'observa l'air hébété.
—Qu'est-ce que c'est que ça ?
Le sourire d'Hermione se fana et son expression joyeuse retomba.
—Ça ne pouvait pas marcher du premier coup, évidemment.
Hermione éclata en sanglots devant un Remus plein d'incompréhension. Il serra son amie dans ses bras et lui caressa doucement les cheveux pour la calmer.
—Je ne comprends pas trop. Cette potion est censée faire quoi ?
—Ça n'a pas marché, je voulais tellement réussir, c'était si important. Mais j'ai échoué, et maintenant tu vas être déçu si je te le dis. Sev' avait préparé avec moi la potion tue-loup.
Ses sanglots reprirent de plus belle et Remus eut un petit sourire ému.
—Tu as fait de la potion tue-loup ?
—Oui, je voulais te faire plaisir, comme ça je pourrais aussi en donner à Remus, l'autre Remus. Mais j'ai échoué, tu n'as pas reconnu l'odeur et tu es le seul ici à en avoir pris.
—Evidemment, elle n'a pas encore été inventée. Mais Hermione, je pensais que tu le savais, la potion tue-loup n'a pas d'odeur.
Hermione releva brusquement la tête, n'étant pas sûre de comprendre ce que disait Remus.
—Quoi ?
—Tu as réussi la potion. Du moins je le pense.
—Mais, tu m'as dit qu'elle avait un goût infect.
—Hermione, tu me désespères, on vit dans un monde magique, rien ne devrait t'étonner. La potion est inodore, mais cela ne signifie pas qu'elle est dénuée de goût.
—Alors j'ai réussi ?
—Je pense que oui, il faudra attendre demain matin pour voir si je reconnais le goût immonde et une semaine de plus pour voir l'effet sur les loups.
Un large sourire éclaira le visage d'Hermione. Elle avait réussi, rien en cet instant précis aurait pu lui gâcher son bonheur. Ils allaient mieux vivre leurs pleines lunes. Bien sûr, la transformation serait toujours douloureuse, mais plus de morsures sur tout corps, plus de sang séché partout dans la salle sur demande ou dans les appartements de Remus. Hermione n'avait qu'une hâte, c'était de donner la potion au Remus jeune et de voir sa réaction le lendemain.
—Il faut que j'y retourne, mais merci Mione, merci pour tout ce que tu as fait pour moi.
—Ça m'aidera aussi.
—Je te connais Mione, je sais très bien que s'il n'y avait pas assez de potion, tu me la donnerais. A moi maintenant et à mon autre moi. On en reparle plus tard.
Les élèves de Poudlard ne comprirent pas pourquoi leur professeur de défense contre les forces du mal eut un sourire resplendissant en retournant s'asseoir, pas plus que les professeurs d'ailleurs. Minerva lui adressa un regard interrogateur, mais le voyageur du temps lui fit signe qu'ils en discuteraient plus tard.
Le lendemain, Hermione se précipita aux aurores chez Remus et le réveilla assez brutalement.
—Rem', il faut qu'on essaye ! Aller ! Je suis tellement impatiente.
—Je n'avais pas remarquer, ironisa-t-il d'une voix endormie. Je ne vais pas boire la potion tue-loup sans avoir mangé quelque chose avant. Laisse-moi m'habiller et on ira dans la grande salle.
—Je savais que tu dirais ça alors je suis allée aux cuisines, confia la jeune femme, maintenant mange, il faut qu'on essaye.
Remus s'exécuta, en râlant pour la forme et après avoir avalé une tartine et un café, il attrapa la fiole qu'Hermione lui avait donné hier et but une gorgée.
—Alors ?
—C'est infect ! s'exclama-t-il en grimaçant.
—Et c'est une bonne chose ?
—Elle est aussi infect que celle que me faisait Rogue, donc je pense que c'est une bonne chose.
Elle sortit une petite boite de sa poche et murmura amplificatum. La boite s'agrandit, et Remus vit que c'était une caisse, découpée en plusieurs compartiment avec sept colonnes et deux lignes. Sur le côté de la boite, il y avait marqué Rem' en lettres dorés.
—Qu'est-ce que c'est ?
—C'est ta réserve de potion pour cette semaine. Les sept colonnes sont numérotées de un à sept pour les sept jours précédant la pleine lune et les deux lignes sont pour ta potion du matin et du soir. J'ai fait deux autres caisses, une pour moi et une pour ton autre toi.
—Hermione, c'est énorme, tu as fait ça en trois fois, mais tu y as passé combien de temps ?
—Je n'ai pas dormi, avoua-t-elle. Ne me regarde pas comme ça, j'ai fait ça pour nous simplifier la vie. J'ai lu dans un livre que j'ai apporté quelle dose il fallait pour qu'elle fonctionne le mieux possible, j'ai trouvé des fioles de cette taille et je les aie dupliquées. Ce n'est pas si complexe. Je sais que tu n'as pas toujours prit la bonne dose, que tu essayais de trouver la potion deçà et là après ma troisième année, mais dorénavant, on aura la bonne dose et on pourra se contrôler. Toi, moi et l'autre Remus.
—J'aurais pu t'aider tu sais.
—Je ne dors pas bien en ce moment Rem', je n'y peux rien. Avec chance, je ferais peut-être une nuit plus longue demain.
—En ce moment ?
Hermione haussa les épaules et se tourna vers la fenêtre. Remus savait très bien que son amie ne dormait pas bien. Elle dormait très peu même. Les cauchemars peuplaient son sommeil et lorsque le sommeil n'est pas là, les souvenirs, eux sont bien présents. Lui-même se réveillait très souvent la nuit, et malgré le fait que ses rêves n'étaient jamais très agréables, au moins, il dormait.
—Attends, il fait encore nuit ? Tu m'as réveillé à quelle heure ?
—J'ai fini de faire les trois caisses, mettre en fioles la potion vers six heures, j'ai dû te réveiller vers six heures dix.
—Six heures ? s'exclama-t-il. Je me réveille à sept heures et demie d'habitude !
Hermione jeta un coup d'œil à sa montre et annonça avec un grand sourire qu'il était sept heures vingt-cinq et qu'ainsi, il ne devait pas être trop dépaysé. Il avait juste pris son petit déjeuner plus tôt que d'habitude.
—Je vais y aller, j'ai encore beaucoup de choses à faire.
—J'ai fini le livre sur le combat moldu que tu m'as offert à Noël, tu as promis de m'apprendre, j'attends toujours.
—Bien sûr, et je vais le faire. Je ne peux pas ce soir, je dois rattraper ma retenue de hier. Jeudi ça te va ?
—Je n'ai rien d'autre à faire Mione, tu le sais bien.
Hermione acquiesça et se dirigea vers sa salle commune, même si elle n'y allait que très rarement, c'était l'endroit le plus probable ou se trouvait Remus. Elle entra dans la salle commune, s'attirant les regards des élèves présents. Les septième année étaient près de la cheminée et se turent brusquement en la voyant. Leurs regards se faisaient pesant, comme s'ils parlaient d'elle avant qu'elle n'arrive. Elle s'approcha d'eux et se tourna vers Remus.
—Lupin, je dois te parler.
Il hocha la tête et se leva, suivit par James et Sirius, et de quelques secondes plus tard par le traitre-en-chef.
—Seule à seul. Cela ne vous concerne pas.
—Il ne va nulle part sans nous.
—Tu crois que je vais le tuer Black ?
—On ne sait jamais.
—Ce n'est aucunement mes intentions. Vous ne pensez pas qu'il peut se débrouiller tout seul ? Lupin n'est pas un chien qui est perdu sans ses maîtres, il est assez grand pour se débrouiller seul.
—C'est bon, je peux y aller seul, trancha Remus avant que ses amis ne répliquent.
—Merci, les autres, je n'ai pas besoin de vous.
Elle fit signe à Remus de la suivre hors de la salle commune et elle s'éloigna un peu des couloirs bondés. Les trois maraudeurs restants se regardèrent, ahuris, ne réalisant pas qu'ils avaient obéis à cette fille.
—Elle a un pouvoir de persuasion n'est-ce-pas ?
—Je pense qu'elle en a un, mais ce n'est pas sur nous qu'elle l'a utilisé, c'est sur Mumus. Il n'aurait jamais accepté si vite vous ne croyez pas ?
—Il est temps que j'aille chercher ma vieille cape.
Sirius et Peter suivirent James dans leur dortoir et virent la cape rangée dans la valise, mais le plus étrange, n'était non pas la cape en elle-même, ils s'étaient habitués à son pouvoir, mais au mot qu'il y avait posé dessus.
Aux maraudeurs les moins intelligents (oui c'est vous, ceux qui lisent cette lettre),
Inutile de prendre ta cape Potter, je t'ai à l'œil. Idem pour les sortilèges de désillusion. Je vous ai dit de ne pas nous suivre, alors ne le faites pas. :)
Ils se regardèrent de nouveau, ne sachant pas comment accueillir cette étrange nouvelle.
—Comment a-t-elle su ? Même Lily ne sait pas que je possède une cape d'invisibilité.
—Elle est douée, très douée.
—Qu'est-ce que tu veux dire Peter ?
—Elle a réussi à découvrir que tu as une cape d'invisibilité et à écrire ce mot sans qu'on ne le voit et à le déposer dans notre dortoir.
—Qu'est-ce que tu me veux ? demanda Remus, après avoir atterrit dans un couloir vide
Pour toute réponse, Hermione sortit une petite caisse et l'agrandit silencieusement. Elle tendit la boite volumineuse au sorcier qui l'examina avec attention.
—Qu'est-ce que c'est ?
—C'est une potion pour toi, que tu dois prendre matin et soir, en mangeant si possible, une semaine avant la pleine lune.
—Pourquoi ? demanda-t-il d'une voix tremblante à l'évocation de la pleine lune.
—Pour calmer Lunard.
Le visage de Remus devint blanc, Nick-Quasi-Sans-Tête aurait l'air de briller de mille feux à ses côtés.
—Tu n'as aucune raison de me faire confiance, Lupin, Remus. Mais je t'en conjure, prends cette potion. Elle te sauvera la vie.
Sur ses paroles énigmatiques, Hermione partit à grandes enjambées laissant un Remus pantois et perdu, qui ne savait plus quoi faire, ni qui écouter. Son cœur ou sa raison ? Son courage ou sa sagesse ? Remus avait pris sa décision. Il n'en parlerait pas aux maraudeurs. Pas tout de suite. Il ne savait pas encore s'il allait boire cette potion, mais ce qu'il savait, c'était que ses amis ne comprendraient pas son hésitation. Cela pouvait paraître étrange, mais Helena lui aspirait confiance, elle semblait vouloir vraiment l'aider. Même si avaler une potion, sans en connaître la composition et en provenance d'on ne sait où n'était pas très prudent. Pour l'heure, Remus décida seulement de réduire la caisse, de la glisser dans sa poche et de rejoindre ses amis, dans la salle commune des lions impétueux.
