« Rien n'est plus vivant qu'un souvenir. »

Federico Garcia Lorca

Les maraudeurs sortirent de la cabane hurlante, quelques minutes avant le lever du soleil, comme à chaque pleine lune. Il ne prenait pas le risque que Mme Pomfresh les découvre, le renvoi était assuré dans ce cas-là, et ils ne voulaient pas donner ce plaisir à Servilus. Ils se retransformèrent en humains et se mirent sous la cape d'invisibilité de James. Comme prévu, l'infirmière de Poudlard arriva quelques minutes plus tard et attendit que le soleil soit complètement levé. Elle ramena Remus à l'infirmerie et les trois maraudeurs sortirent de la cape.

—Vous avez passé la même nuit que moi ?

—Oui…

—Qu'est-ce qu'il a pris bon sang ? Il était CALME, Lunard n'est JAMAIS calme. Vous croyez qu'il est malade ?

—Il n'est pas malade, il l'a déjà été et jamais au grand jamais cela n'a calmé le loup, cela n'a fait qu'empirer la transformation et le réveil mais c'est tout.

—Peut-être c'est en lien avec ce que Grace lui a donné la semaine dernière ? Il est resté très vague quand on lui a posé des questions.

James et Sirius regardèrent Peter comme s'il venait de leur annoncer qu'il était ministre de la magie depuis dix ans.

—Queudver, par Merlin ! Comment as-tu fait le lien ?

—Ça m'est venu comme ça. C'est logique non ?

—Il faut qu'on trouve Grace, si elle a drogué Rem', elle est plus dangereuse qu'on ne le croit.

—Elle est dangereuse James, elle traîne avec Servilus en potions, elle parle à mon frère, on n'a toujours pas trouvé ce que c'était son explosion en novembre, mais elle est puissante. Il y a quelques jours, elle m'a dit qu'elle fumait pour mourir ! Mourir, sérieusement ?

—Elle t'a dit quoi ? C'est grave Sirius, elle veut mourir !

—Oh, arrête James, elle m'a dit qu'elle avait perdu le bonheur ou je ne sais quoi. C'est juste une fille qui a besoin qu'on s'intéresse à elle. Elle aime que l'attention soit concentrée sur elle.

James haussa les épaules, pas vraiment convaincu, mais il préféra changeait de sujet, il n'aimait pas se disputer avec Sirius et Helena Grace était loin d'être une raison suffisante pour le faire.

—Je ne vous ai pas dit, j'ai eu une nouvelle idée de farce pour les Serpentard.


Remus entra dans la salle sur demande, inquiet. Hermione venait toujours le voir, le lendemain de la pleine lune, après avoir dormi et récupérer des forces, mais cette fois-ci, elle ne l'avait pas fait. Cela pouvait arriver si elle était vraiment fatiguée et si elle était blessée assez profondément, mais la potion tue-loup aurait dû améliorer son état, non la faire dormir plus. Il était encore tôt le matin, Remus avait attendu que la nuit soit passée, si Hermione était si épuisée que cela, elle l'aurait contacté depuis. Elle avait le sommeil agité et ne dormait jamais plus de deux heures d'affilée, alors une journée et demie ? C'était tout bonnement impossible.

Il la vit allongée à même le sol, nue la respiration saccadée. Elle était pâle, très blanche, même ses cheveux noirs avaient perdu de leur éclat, comme si la vie quittait son corps. Il l'habilla d'un sort et essaya de la réveiller, sans succès. Ayant usé de tous les sortilèges qu'il connaissait et même de la façon moldue, à savoir deux gifles, il la conduisit à l'infirmerie, bien désolé de devoir en arriver là. Il ne voulait pas que Mme Pomfresh voit ses cicatrices, mais il n'avait pas le choix, c'était cela ou risquer la vie de son amie, et le choix était rapidement fait.

—Alors, qu'est-ce qu'elle a ?

—Je ne sais pas professeur Lucas, dit-elle d'un air désolé.

Elle exécuta de nombreux sortilèges de soins et d'autres pour établir un bilan médical. Une image de son corps apparut dans les airs et l'infirmière l'examina avec attention, poussant parfois un petit cri.

—A-t-elle été violée ?

—Pardon ?

—Ma question est simple monsieur Lucas, est-ce que votre nièce a été violée ? Elle a de nombreuses contusions autour de cette zone, et seul quelque chose de particulièrement violent et douloureux peut créer cela, quelque chose que la magie ne contrôle pas et ne peut pas réparer. Elle a aussi été torturée. C'est un fait. La majeure partie des cicatrices ont été cachée magiquement, mais la magie a ses propres limites et ne peut pas tout faire. Soyez rassuré, je ne parlerais à personne de cela, ni de son ou ses viols, je ne sais pas, ni de ses tortures, ni de la marque sur son bras. Ce sont les mangemorts qui lui ont fait cela n'est-ce pas ?

Remus, bien que contre sa volonté, lâcha un faible « oui ». Mme Pomfresh s'approcha de lui et posa une main réconfortante sur son épaule, tout en lui rappelant le secret médical.

—Je pense que votre nièce souffre d'une allergie, comment dire, assez grave. A-t-elle bu une potion nouvelle ces derniers jours ?

—Oui, mais je ne peux pas vous dire laquelle, ni vous expliquer pourquoi.

—Bien, mais c'est important de découvrir quel est l'ingrédient qui la rend dans cet état et ainsi, éviter formellement qu'elle en consomme à nouveau. Je vais analyser son sang pour voir les ingrédients inhabituels qu'il y a. Vous devriez y aller, votre classe va bientôt commencer. Je prendrais soin d'elle, actuellement, elle est la seule élève ici, même si les troisième année ont un cours de soin aux créatures magiques ce qui signifie qu'elle ne sera bientôt plus seule. Je vous enverrai un mot si elle se réveille avant que vous ne reveniez.


Hermione se réveilla trois jours plus tard, de bon matin, en entendant des voix qu'elle connaissait bien. James et Sirius se battaient pour savoir qui elle était vraiment et s'en était si lassant qu'elle s'en était lassée.

—Si vous pourriez arrêter de dire que je suis une dangereuse meurtrière ou une mangemort ou une espionne russe, ça m'arrangerait beaucoup.

—Grace ! Tu es réveillée.

—De toute évidence Black, je vois que tu as su exercé ton esprit critique pendant, on est quel jour ? Et qu'est-ce que je fais là ? Et vous ?

—Tu es à l'infirmerie. D'après ce que j'ai compris, tu as fait une réaction allergique à je-ne-sais-quoi.

—Et qu'est-ce que vous faites là ? Une visite de courtoisie ?

—Tu as empoisonné Rem' !

—Pardon ?

—Tu lui as donné quelque chose la semaine dernière et il est devenu calme.

La sorcière sourit, la potion tue-loup avait de toute évidence marché sur Remus, ce qui était une bonne chose, Severus et elle-même savait encore faire une potion, aussi complexe soit elle. Elle savait très bien ce que Sirius voulait dire par là, mais elle n'était pas censée savoir que Remus était un loup-garou, ainsi, elle préféra feindre l'ignorance.

—Lupin calme ? Voilà qui est étonnant. Ce n'est pas plutôt toi Black, le chien surexcité ? Après tout, je ne vous connais pas très bien, Remus est peut-être quelqu'un de très agité, même si ce n'est pas l'impression qu'il donne.

James donna un coup de coude à Sirius, lui faisant comprendre qu'il allait trop loin. Il n'allait pas révéler à une presqu'inconnue dont il ne connaissait pas grand-chose, un des plus grands secrets des maraudeurs avec les animagi, la carte et la cape d'invisibilité, même si cette dernière révélait plutôt des secrets des Potter. Ils se décidèrent à quitter l'infirmerie et à laisser Hermione seule.

Elle ne le fut pas longtemps, puisque Mme Pomfresh entra dans la pièce quelques secondes après le départ de James et Sirius. Elle lui fit la morale pour ne pas l'avoir appelée plus tôt, même si Hermione répétait qu'elle ne s'était réveillée que quelques minutes auparavant. L'infirmière lui fit un léger bilan médical, mais ne lui fit pas part de ses questionnements sur ses blessures, sur ses cicatrices lourdes à porter et sur ses contusions due à ses viols, qui ne guérirait sans doute jamais, pas plus que la blessure morale qu'ils avaient enclenchée. Elle lui fit part cependant de son allergie, qu'elle n'avait pas encore trouvée mais lui fit boire une potion pour la déduire, la prochaine fois qu'elle entrerait en contact avec l'ingrédient en question.

Elle se dirigea vers les appartements de Remus et le croisa en chemin, il se rendait à l'infirmerie pour la voir et il retourna sur ses pas pour la faire s'asseoir, elle était toujours fatiguée de la pleine lune, n'ayant pas pu se reposer convenablement à cause de son semi-coma.

—Tu penses que c'est à cause de la potion tue-loup que tu t'es évanouie ainsi ?

—Que veux-tu que ce soit d'autres ? Mme Pomfresh m'a dit que j'avais des plaques rouges sur une bonne partie du corps. Heureusement que je n'ai pas retrouvé mon physique normal cette fois-ci, mais je comprends pourquoi tu l'as fait. C'était un peu flippant.

—Mione, tu sais comment elle est, elle prend toujours soin de ses patients, parfois un peu trop, je suis d'ailleurs très étonné qu'elle t'ait laissé partir aussi tôt, mais ce n'est pas le sujet. Elle t'a fait un bilan médical, complet. Elle a vu que tu avais des contusions, beaucoup de blessure, qui ne peuvent pas guérir, dû à tes, à tes viols.

Un éclair de douleur passa à travers les yeux d'Hermione, se rappelant de cette horrible journée. Elle revit tout, les mains de Voldemort, puis celles des mangemorts, tous plus immonde les uns que les autres, elle ressentit la douleur, profonde, tranchante, intolérable, qui n'était pas partie pendant des jours entiers, elle la ressentait encore, elle était là, vive, sournoise qui attendait le moindre moment pour ressurgir. Hermione n'avait pas pu se défendre, elle était restée là, à attendre son sort, mais Ron venait de mourir, son corps était encore là, étendu sur le sol, comme un trophée de guerre, mais le trophée revenait au camp adverse. Elle n'avait pu détacher son regard du cadavre de son meilleur ami. La douleur physique s'était alors liée à la douleur psychologique et elle n'avait pas réagi. Elle s'était faiblement débattue, mais que pouvait-elle faire ? Dépourvue de baguette, à même le sol, aux mains de ses ennemis.

—Mione, Mione ! Reviens-moi. Je ne voulais pas te rappeler ces souvenirs-là. Je ne peux pas imaginer ce que cela doit être. Mione ? Aguamenti

Hermione reprit une bouffée d'air et regarda Remus, l'air un peu perdu, les yeux toujours dans le vague.

—Désolée Rem', je crois que j'étais perdue. Dans mes souvenirs.

—Il fallait que je te le dise, mais elle a promis de ne rien dire à personne, le secret médical, tu comprends. Elle a aussi vu tes cicatrices, celles que tu ne peux pas cacher, celles qu'aucune magie ne peut le faire. Elle ne dira rien pour ton bras.

—Est-ce qu'elle t'a parlé de d'autres cicatrices ?

Remus secoua la tête et la sorcière eut l'air soulagée, mais ne s'attarda pas sur ce sujet. Elle ne parla pas non plus de la discussion qu'elle avait surprise, si on veut, à l'infirmerie entre James et Sirius sur son sujet, ils auraient tout le temps de le faire plus tard. Pour l'heure, elle indiqua à Remus qu'il était temps qu'elle y aille, elle avait cours de métamorphose et par respect pour Minerva, elle n'allait pas le rater. Elle partit vers la salle de cours lorsqu'elle fut interpellée par Remus, le plus jeune.

—Grace, je peux te parler ?

—Bien sûr, je te suis.

—Merci, pour la potion. Je crois que les maraudeurs n'ont pas vraiment compris ce qu'il s'était passé, mais merci beaucoup. C'était la pleine lune la plus simple de mon existence. Mais comment as-tu su ? Personne ne s'en ait jamais douté en sept ans. Toi tu arrives comme ça et—

—Je suis comme toi Lupin, je comprends ce que tu endures.

Hermione laissa Remus pantois, avalant ce que la voyageuse du temps venait de lui dire. Il n'était plus le seul loup-garou de l'école. Il n'en revenait pas, comment était-ce possible ? Hermione, quant à elle, s'assit à sa place habituelle, au fond de la classe et fit un beau sourire à Remus, qui le lui rendit bien. Les autres maraudeurs n'eurent pas le temps de l'interroger, puisque le professeur McGonagall réclama le silence. Le cours démarrait.

—Aujourd'hui, nous allons commencer à étudier la métamorphose humaine. Nous avions brièvement évoqué le sujet l'an passé, mais seulement en théorie. Pour jeter un sortilège de métamorphose humaine, il ne faut pas seulement visualiser ce que vous voulez changer, il faut aussi le ressentir, voir les changements sur la personne. Mettez-vous par groupe de deux et essayez. N'oubliez pas le sortilège qui permettra d'annuler les métamorphoses, quel est ce sort ?

Reparifagex, répondit Lily.

—Bien Miss Evans, cinq points pour Gryffondor. Mais ce sort n'annule que les petites métamorphoses alors soyez prudents, je n'aimerais pas que la moitié de mes élèves se retrouvent à l'infirmerie avec un troisième bras ou des ailes d'hypogriffes. Commencez par changer la couleur de cheveux ou des yeux de votre camarade.

Hermione regarda ses camarades se mettre par groupe, la laissant seule. Cependant, à son grand étonnement, Remus se dirigea vers elle. La sorcière s'aperçut que James et Sirius s'étaient mis ensemble, comme la plupart du temps, et que Lily s'était mise avec Mary.

—Lupin, que fais-tu là ?

—Je voulais te parler et comme tu n'as pas de partenaire, je vais être le tien.

—Si ça peut te faire plaisir, tu veux me parler de la potion ?

—Pas uniquement. Tu en es une depuis longtemps ?

—Deux ans, à peu près, tu l'es depuis beaucoup plus longtemps que moi n'est-ce pas ?

—Depuis mes cinq ans. Comment as-tu été mordu ? Je sais que c'est personnel, mais je voulais savoir si c'est aussi douloureux pour tout le monde. C'est Greyback qui m'a mordu, je ne sais pas si tu le connais, tu n'es au Royaume-Uni que depuis quelques mois.

—Si, j'en ai entendu parler. C'est un ami proche qui m'a mordu. Je suis comme les maraudeurs tu comprends ?

—Tu es une ani—

—Pas ici ! Mais oui, j'en suis une. J'étais avec lui et j'ai détourné le regard une demie seconde et il m'a mordu, je n'ai pas pu me contrôler et je me suis retransformée en humaine. Depuis je suis un loup-garou.

—Tu en parles tellement librement, comme si tu l'avais totalement accepté.

—Je l'ai accepté Remus, je n'ai pas le choix. Je suis comme ça pour une fois par mois pendant le reste de ma vie. Je lui ai pardonné. Il ne l'a pas fait exprès. Ma transformation n'a rien à voir avec la tienne, mais je te comprends. Greyback est horrible, c'est tout à fait normal de vouloir te venger.

—Lupin, Grace, nous ne sommes pas dans un salon de thé ! La métamorphose humaine est incroyablement difficile à maîtriser ! Dépêchez-vous de vous y mettre.

Hermione eut un petit sourire et dégaina sa baguette immédiatement. Elle lança un sort à Remus, mais ce ne rendit pas vraiment compte de ce qu'elle modifiait. Lorsqu'elle s'arrêta, elle vit la copie conforme de Ron se tenir devant elle. Les élèves étaient éberlués, ils n'avaient jamais vu une telle transformation, encore moins de la part d'une de leur camarade. S'ils savaient que la camarade en question et leur professeur de défense contre les forces du mal étaient transformés grâce à la métamorphose humaine, un bon nombre d'entre eux n'y croirait pas. Hermione était toute tremblante, elle s'approcha de Ron, qui était en vérité Remus et posa sa main sur sa joue. Elle avait les yeux pleins de larmes et Remus la regardait, sans vraiment savoir quoi faire.

—Helena ?

—Miss Grace ? Monsieur Lupin, éloignez-vous d'elle. Miss Grace.

—Ron ! Tu ne peux pas m'abandonner, pas encore.

D'un coup de baguette, Minerva rendit son apparence à Remus et annonça d'une voix blanche que le cours était terminé. Remus resta l'air inquiet, et les autres maraudeurs ne partirent pas non plus, attendant leur ami.

—Monsieur Lupin, vous pouvez y aller. Messieurs Potter et Black aussi. Monsieur Pettigrow vous attend devant la porte.

Ils sortirent, non sans appréhension de la part de Remus. Minerva inspecta Hermione et lui jeta un jet d'eau au visage pour la faire sortir de sa transe.

—Qui était la personne que tu as vue ?

—C'était mon meilleur ami, Ron Weasley. Il est mort un an après la bataille de Poudlard, tué par Voldemort. J'ai encore pu m'échapper, mais il était déjà trop tard pour lui.

Hermione secoua la tête et sécha ses larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle remercia Minerva et s'en alla, le cœur lourd, la tête pleine de souvenirs de Ron et de leur trio.


Hermione avait évité tout contact avec les Gryffondor de son année pendant le reste de la journée. Tous les élèves de septième année n'avaient pas tardé à être au courant, les rumeurs se répandant comme une traînée de poudre. La sorcière était au milieu de la forêt interdite, à se battre contre le mannequin qu'elle s'était fabriqué. Elle savait que Remus s'inquièterait de ne pas la voir à son cours de défense contre les forces du mal, mais c'était au-dessus de ses forces de s'y rendre. Elle s'était déplacée dans la forêt interdite pour affronter le froid et la tempête. Il fallait qu'elle se prépare à toute éventualité de combat, et il ne serait pas forcément en été. Elle se retourna brusquement en entendant quelqu'un dépassait le périmètre de sécurité qu'elle avait tracé.

–Lupin, qu'est-ce que tu fais la ? commença-t-elle d'une voix agressive.

—Du calme Helena, je te cherchais.

—Pourquoi ?

—Pourquoi ? Mais enfin, tu m'as transformé totalement, tu es très puissante, et tu as pleuré quand tu m'as vu transformé. J'ai du mal à croire qu'on ne puisse pas contrôler en quoi on transforme son partenaire mais encore. Je voulais savoir qui était cette personne. Ron, c'est ça ?

—C'est mon meilleur ami.

—Oh je comprends, il te manque, pourquoi tu ne lui écris pas une lettre ?

—Il est mort, lui répondit la voyageuse d'une voix étouffée. Non, ne dit rien, c'est suffisamment difficile comme ça.

Elle se retourna, cachant ses larmes et réduisit son mannequin d'entraînement, puis elle transplana.


—C'est impossible ce que tu dis Remus, on ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard.

—Je le sais bien Lily, mais on était peut-être en dehors des limites de la protection magique. Je sais que ça ne tient pas vraiment, puisque je n'aurais pas pu y rentrer si facilement après, mais il n'y a pas d'autres explications.

—Son comportement est très étrange. C'est vrai quoi, elle te transforme en son meilleur ami, elle dit qu'elle veut mourir.

—On sait que tu ne l'aimes pas trop Sirius mais—

—Elle ne me donne pas l'occasion de l'apprécier, cette fille à autant de secret que Dumbledore ! C'est dingue.

—Je me demande quelque chose. Tu as dit que son meilleur ami était mort Rem'

—C'est ce qu'elle m'a dit en tout cas.

—Vous croyez que c'est possible que le Harry dont elle parlait quand on la trouvé à la tour d'astronomie, il soit mort aussi ? les questionna James.

—C'est possible, mais qui est ce Harry alors ? Un autre meilleur ami ? Son petit ami ? Son frère ? Une chose est sûre, il ne peut pas être qu'un simple ami. Il faut que j'y aille, j'ai un projet de runes à rendre pour la semaine prochaine et on doit s'y mettre aujourd'hui avec Alice. Envoyez-moi un hibou s'il y a du nouveau.

Lily partit, laissant les quatre maraudeurs dans leurs pensées.

—Il y a autre chose, de plus étrange encore. Elle sait que je suis un loup-garou et—

—Ah ! Je savais qu'il y avait quelque chose, elle t'a drogué ?

—Non Sirius, elle m'a donné une potion, qui permet de calmer le loup.

—C'est impossible Lunard, on en aurait entendu parler si une telle potion existait.

—Mais ça a marché.

—Comment a-t-elle deviné ?

—S'en ai une aussi.

—Voilà, ça explique tout, s'exclama Sirius.

James lui donna un coup de coude entre les côtes et lui montra Remus du regard. Celui-ci avait le regard blessé et Sirius se rendit compte de son erreur.

—Non, ce n'est pas ce que je voulais dire Rem', s'empressa-t-il de répondre. Mais tu es différent des autres loups et—

—Tu t'enfonces Patmol, ricana James.

—Elle sait que vous êtes des animagi.

Les trois animagi en question ouvrirent la bouche, sous le choc. Découvrir la condition de Remus était une chose, il suffisait d'être attentif au cycle de la lune, mais rien ne laissait deviner qu'il était des animagi. Même James n'en avait pas encore parlé à Lily.

—Quoi, mais comment… bégayèrent-ils

—Je ne sais pas, elle en est une aussi. C'est comme ça qu'elle a été transformée. Elle faisait comme vous et elle a été mordue. Elle ne m'a pas dit comment elle l'a su, mais elle cache quelque chose, c'est évident.

—Ça va être quoi la prochaine fois ? Elle est auror et vient nous espionner ?

—Il faut qu'on découvre ce que Helena Grace cache. Cette fille est bien trop louche. Mais pour l'heure, il fait qu'on finalise notre prochaine farce.

—J'ai hâte de voir la tête des Serpentard.