« Celui qui cache son secret est maître de sa route. »
Proverbe arabe.
Hermione se réveilla ce premier matin de février avec une étrange impression, comme si on lui préparait un mauvais tour. Depuis le temps, Hermione avait appris à se fier à son instinct et c'est avec appréhension qu'elle se dirigea vers la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner. Elle analysa sa nourriture, et vit qu'il n'y avait aucune potion ou plante étrange qui se trouvait au milieu de sa tartine. A l'aide du sortilège d'attraction, elle fit venir la nourriture des trois autres maisons. Elle vit sans grande surprise, que celle des Serpentard contenait de la potion faisant changer la couleur des cheveux en un beau rouge écarlate. Cela ne pouvait venir que d'un groupe de personnes.
Hermione eut alors une idée. Elle décida de prendre les maraudeurs à leur propre jeu et ainsi, de rendre Poudlard plus coloré. Elle ensorcela la nourriture à l'aide de plusieurs sortilèges et attendit patiemment que Poudlard se réveille. Plusieurs élèves avaient déjà mangé, mais ce n'était point un problème, leur apparence colorée se révèlerait plus tard.
Quelques minutes plus tard, l'affluence arriva et la salle se fit plus bruyante et chacun déjeuna avec entrain. Hermione se tenait près des portes d'entrée de la Grande Salle et vit les maraudeurs murmuraient quelque chose. A ce moment-là, elle activa ses sortilèges, et les Gryffondor se retrouvèrent avec une magnifique chevelure verte et des yeux assortis. Leur peau était d'ailleurs identique à celle de Shrek, du moins pour la couleur. Les Poufsouffle eux, avait la peau semblable à celle des schtroumpfs, des yeux bleus pareils à l'océan et des cheveux bleu ciel. Les Serpentard étaient si rouges, de colère comme de potion, et leur cheveux écarlates faisaient de l'ombre au lion de Gryffondor. Les Serdaigle étaient aussi lumineux que le soleil et leur peau doré semblait tout droit sortir d'une autre planète. Les professeurs, quant à eux, étaient devenus les différentes couleurs de l'arc-en-ciel, dans l'ordre où ils étaient assis, bien évidemment.
Les maraudeurs discutaient entre eux et cherchaient désespérément le ou la coupable de cette abomination. James vit alors Hermione, qui se tenait près des grandes portes le sourire aux lèvres.
—C'est Grace.
—Quoi ? Mais James.
—James a raison Peter, regarde-la. Elle a les yeux rouges, les cheveux bleus, la peau dorée et ses vêtements sont verts. Elle est la seule qui n'est pas totalement de la même couleur.
—GRACE ! Viens ici.
A leur plus grande surprise, la sorcière obéit, un sourire flottant sur son visage. Elle paraissait très fière d'elle, et incroyablement détendue, une première.
—Que me vaut l'honneur d'entendre ta douce voix Potter ?
—Enlève-moi ce sort tout de suite !
—La politesse est un concept très important pour moi, Potter, tu ne connais pas ce mot ? Quant à ta magnifique chevelure émeraude, n'est-elle pas belle ? Elle est en tout point semblable aux yeux de Lily-Jolie, tu ne trouves pas ?
—Tu ne réfutes pas ce que tu as fait ?
—Bien sûr que non Black, je suis beaucoup trop fière de moi pour le faire. N'est-ce pas magnifique, cela est beaucoup plus joyeux que les robes noires classiques non ? ironisa Hermione.
—Tu as foutu en l'air notre farce !
—Au contraire Black, les Serpentard sont, comme vous l'avez souhaité, vêtu de rouge, mais c'est bien plus amusant d'en faire profiter toute l'école n'est-ce pas ? Voyons, tu ne te trouves pas beau avec la peau de Shrek ?
—De qui ?
—Sûrement quelque chose moldu, intervint James. Je demanderai à Lily.
—Grace ! Enlève-moi ça !
—Non Black, tu ne connais pas l'expression, l'arroseur arrosé ? Elle correspond à merveille et le vert te sied parfaitement au teint. Quant à l'estompage de ce fabuleux sort, tu devras attendre quarante-huit heures.
—Pourquoi tu t'es transformé aussi ?
—Cela aurait été bien moins drôle si j'étais la seule de Poudlard en noir, tu ne crois pas Pettigrow ? Puisque je suis l'auteure de cette blague, je me suis mise aux couleurs de Poudlard. Plus de barrière entre les maisons, mais après tout, je ne suis que la nouvelle, je ne comprends pas votre petite guéguerre entre maisons.
Hermione eut un grand sourire et se dirigea vers la sortie mais se souvint de quelque chose.
—Un dernier point, plus vous voudriez enlever votre teinture avec un sort, plus elle restera longtemps, alors inutile de tenter quoi que ce soit.
—Tu ne peux pas faire ça !
—Bien sûr que si, c'est ce que je vais faire. Potter, si la prochaine fois tu ne veux pas te transformer en ce que mon imagination pense, tu ferais mieux de faire profiter ton talent à toute l'école. Se limiter seulement aux Serpentard serait du gâchis, tu ne crois pas ?
—Grace !
—Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Depuis qu'elle avait coloré l'entièreté des personnes présentes dans l'école, Hermione ne pouvait plus faire un pas sans que quelqu'un ne l'interpelle, ce qui était très pénible. Elle devait sans cesse utiliser la carte des maraudeurs, pour trouver un couloir vide, tout en faisant très attention que ses créateurs ne la voient pas avec. Même si la leur avait été confisquée et était sous clé dans le bureau de Rusard, elle n'avait pas encore trouvé d'excuse plausible qui permettrait que la carte se soit retrouvée en sa possession. La cape d'invisibilité était aussi bien pratique, mais là encore, elle ne pouvait l'emmener en cours avec elle. La cape ne pouvait pas être réduite, à cause de son pouvoir et le seul endroit où Hermione pouvait la mettre discrètement était dans son sac de perles, qui était bien caché dans la salle sur demande. Elle ne pouvait prendre le risque de le trimbaler avec elle, de peur qu'on le lui vole. Ce qui serait une véritable catastrophe puisqu'il y avait à l'intérieur toute sa vie entière, des photos d'elle avec ses parents, avec Harry, avec Ron, des photos de l'AD, la photo de l'ordre que Fol œil avait donné à Harry, ordre qui n'était pas encore constitué…
Elle ne pouvait se permettre que son sac tombe entre de mauvaises mains, entre d'autres mains tout simplement que les siennes, celle de Remus et à la limite celles de Minerva.
—Eh ! Ça fait deux mois que je ne t'ai pas parlé, je peux le faire non ?
—Qu'est-ce que tu veux Black ?
—C'est quoi ça ?
Regulus sortit de son sac en toile un livre marron assez volumineux. Il attendait une réponse mais Hermione haussa nonchalamment les épaules.
—Un livre ? Tu ne sais plus lire Black, le sang pur de monte à la tête ? Il est écrit, « duels pour les débutants, apprendre à se battre en dix leçons ».
—Sérieusement, duels pour les débutants ? Pourquoi tu m'as envoyé ça ?
—Je ne vois pas de quoi tu parles.
—A Noël ! Tu m'as offert ça à Noël.
—Nous sommes en février Black, pas en décembre.
Regulus poussa un long soupir et jeta un regard noir à Hermione. Elle faisait un exprès, c'était sur. Lui, un débutant ? Pas du tout ! Ses talents en duel méritaient d'être amélioré c'est tout.
—Tu voulais que je t'apprenne à te battre, ce qui est hors de question, tu as un livre pour le faire.
—Je n'ai pas besoin d'aide, encore moins d'un stupide livre.
—Très bien Black, fais comme tu veux. On se reverra sur le champ de bataille.
—Grace ! Apprends-moi !
—Tu n'as besoin de l'aide de personne, tu l'as dit toi-même. Maintenant je dois aller en cours.
—C'est ça, va rejoindre tes amis sang-de-bourbe et traître-à-leur-sang.
Le poing d'Hermione et la face de Regulus se rencontrèrent quelques secondes plus tard. La jeune femme n'avait pas pu contrôler son geste, mais ne le regrettait pas, il l'avait bien cherché. Regulus s'apprêtait à battre retraite quand Hermione secoua la tête.
—Tu ne crois quand même pas que tu vas t'en tirer comme ça Black ?
Elle lui jeta un sort qui lui coupa profondément la joue, puis toutes les autres parties du corps. Elle lui enroula de cordes magiques et lui asséna un dernier coup de poing qui le fit s'évanouir. Elle lui effaça la mémoire sur les derniers instants qu'il s'était passé et l'installa devant les portes de la Grande Salle avec une pancarte au-dessus de la tête.
Ici repose Regulus Arcturus Black, fier d'être sang-pur, mais se résignant à demander de l'aide aux sang-impurs puis à les traiter de sang de bourbe et de traître à leur sang.
Black, un élève manquant cruellement d'esprit critique et de talent en duels.
Paix ait son âme.
Lorsque les élèves passèrent devant lui pour aller déjeuner, certains ne purent se retenir de rire devant la pancarte, mais d'autres, en particulier les Serpentard s'arrêtent d'aller rapporter ce qu'ils avaient vu à leur directeur de maison et celui-ci au directeur de Poudlard lui-même. Dumbledore le réveilla d'un sortilège et Regulus papillona.
—Monsieur Black, pouvez-vous me dire le nom de votre agresseur ?
—Je ne sais pas, je me ne me souviens plus. Mon dernier souvenir remonte à ce matin.
Dumbledore entra dans son esprit et ressortit quelques secondes plus tard.
—Un sortilège a effacé sa mémoire. L'auteur de cette agression est très intelligent.
Son regard se fixa sur Hermione, qui comme les trois quarts de son temps, avait le visage dénué d'émotions. Il lui adressa un regard, qui se voulait interrogateur et accusateur mais qui fit plus rire la jeune femme intérieurement qu'autre chose.
—Miss Grace, pouvez-vous venir s'il vous plaît ?
—Qu'il y a-t-il professeur ?
—Votre camarade a été agressé !
—Et en quoi cela me concerne-t-il ? Cela serait une accusation très grave de me soupçonner ainsi, vous ne croyez pas. Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai rien à voir avec Regulus Black. Si vous voulez bien m'excuser, j'ai des choses plus urgentes à faire que rester admirer quelqu'un qui n'a plus de souvenirs.
Les maraudeurs étaient assis dans leur salle commune et discutaient de l'agression de Regulus.
—C'est Grace.
—James ! Pourquoi l'accuses-tu toujours ? Cela ne peut pas être elle à chaque fois.
—James a raison Rem', je sais que tu lui aussi reconnaissant de la potion qu'elle t'a donnée, mais cela ne fait pas d'elle une bonne personne. On a vu qu'elle utilisait la magie noire, elle est trop mystérieuse pour être innocente. Quant à ces Harry et Ron, on ne sait toujours pas qui ils sont.
—On ne le saura pas Sirius, elle ne te le dira pas.
—Il faudrait utiliser du veritaserum alors, si vous voulez lui soutirer ses secrets.
Pour la seconde fois en moins de deux semaines, James et Sirius se tournèrent vers Peter, l'air ahuris. Remus quant à lui, regardait tour à tour le duo puis Peter, puis encore le duo.
—Vous n'êtes pas sérieux quand même ?
—Bien sûr que si Rem', c'est une opportunité en or. On ira dans la réserve de Slughorn.
—Tu crois vraiment qu'elle ne va pas s'apercevoir de quelque chose. Comment tu vas l'attraper ? Tu crois qu'elle va attendre sagement que tu la kidnappe ?
—Je trouverai bien un moyen.
En effet, James trouva un moyen la semaine suivante. Il allait faire boire du veritaserum à Helena pendant le petit déjeuner, puis aller lui proposer de l'accompagner en cours et lui asséner un coup sur la tête ou un sortilège d'endormissement, il n'avait pas encore décidé, puis l'emmener dans une salle de classe vide et l'interroger.
Malheureusement pour James, Hermione était bien plus intelligente et avait beaucoup plus de ressources que le jeune homme ne pensait. Les maraudeurs suivirent son idée, même si Remus ne cessait de répéter que cela était une très mauvaise idée.
—Du calme Lunard, Cornedrue a toujours de bons plans non ? tenta de le rassurer Peter.
—Non Queudver, c'est justement ça le problème. Le dernier plan de James a déclenché la fonction défense de toutes les armures du cinquième étage. Dois-je te rappeler la fois où on a été enfermé dans un placard à balais toute la nuit parce que son plan a mal tourné ? Ou bien la fois où on est rentré par effraction dans le bureau de McGonagall, parce qu'on avait trop bu.
—Ça, c'était au départ le plan de Sirius, pas le mien. Quant au tien, on a perdu la carte.
—Ce n'était pas uniquement mon plan !
—Celui-là non plus, vous allez m'aider.
—On t'aide à chaque fois James.
—La voilà. Ayez l'air naturel. Naturel Peter, pas crispé.
Hermione s'installa à sa place habituelle et fut rapidement rejointe par les maraudeurs. Ils ne semblaient pas nets, même s'ils ne l'étaient jamais totalement, et Peter était si crispé qu'il cachait quelque chose, c'était une évidence.
—Grace, tu veux du jus de citrouille ?
Avant qu'Hermione n'ait eu le temps de répondre, il déposa un verre devant elle avec un sourire qui se voulait aimable. Sirius lui donna un coup de coude entre les côtes et Remus lui jeta un regard entendu, qui se voulait plus discret. Hermione attrapa le verre et l'huma discrètement. L'adepte des potions qu'elle était reconnue tout de suite l'odeur du veritaserum et ce fut avec un grand sourire qu'elle but le contenu de son verre. Elle mangea rapidement une tartine et accepta l'invitation des maraudeurs à l'accompagner en cours. Elle vit James lui lançait un sortilège d'endormissement mais ne réagit pas. Elle se réveilla quelques minutes plus tard dans une salle de classe vide et au vu de la poussière, qui ne semblait pas avoir été utilisée depuis des années.
—Quel est ton nom complet ?
—Helena Grace
—Date de naissance ?
—Dix-neuf septembre 1959.
—Bien. Quel est la potion que tu as donné à Remus avant la pleine lune ?
—Sirius, il y a d'autres questions prioritaires !
—Bien sûr que non ! On ne sait toujours pas qui a fait cette potion et qu'est-ce que c'est exactement.
—La potion permet de soulager les symptômes dus à la lycanthropie. Elle permet que le loup garde sa lucidité et qu'il soit donc inoffensif. Cela n'enlève cependant rien à la douleur pendant la transformation.
—Qui l'a fabriqué ?
—Sev' et moi.
—Servilus ! Il n'a pas essayé d'empoisonner Lunard ?
—Non.
La sorcière se garda bien de leur dire qu'il ne connaissait pas l'utilisation de cette potion.
—Bien, le sujet est clos. Comment as-tu su qu'on faisait une farce aux Serpentard ?
—L'instinct.
—Pourquoi avoir transformé toute la salle en arc-en-ciel ?
—Je n'aime pas la discrimination.
—Fais-tu de la magie noire ?
—Oui.
—As-tu agressé Black ? Regulus.
—Non.
—Qui est Ron ?
—Mon meilleur ami, je vous l'ai déjà dit.
—Et Harry ?
—Il n'existe pas de mot pour qualifier ma relation avec Harry, mais il est aussi mon meilleur ami.
—As-tu déjà tué quelqu'un ?
—Oui.
—On l'a notre preuve, elle a tué quelqu'un ! dit James en se tournant vers ses amis.
—J'ai une autre question, intervint Sirius. As-tu déjà torturé quelqu'un ?
Contre toute attente, Hermione éclata de rire et regarda les maraudeurs avec un air de pitié.
—Vous ne pensiez pas sérieusement que je n'avais pas reconnu le veritaserum dans mon verre. Même sans cela, vous ne m'adressez presque jamais la parole et soudainement vous venez me proposer du jus de citrouille ? Je pensais que vous étiez plus intelligents que cela, je dois dire que je suis déçue.
—Mais tu as bu le verre !
—Il existe d'autres moyens pour ne pas répondre aux veritaserum, je suis sûre que Black en connaît certains. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, j'ai mieux à faire que de me faire kidnapper par des pseudos farceurs. Pire, des pseudos Gryffondor qui préfèrent utiliser du veritaserum que de poser directement les questions. Vous faites honte à ma maison. Mais le plus plaisant, c'est que j'ai répondu à vos questions, mais vous ne saurez jamais si je vous ai dit la vérité ou non.
Hermione sortit de la pièce d'un pas précipité et les maraudeurs se regardèrent sans vraiment savoir quoi faire. Remus ouvrir la bouche mais James l'interrompit d'un geste.
— Si tu oses dire « je voulais l'avait bien dit » …
Remus se rétracta, tout en se disant qu'il était bien trop transparent envers les maraudeurs.
—On s'en ait plutôt bien sortit non ?
A peine Sirius eut fini sa phrase que quatre énormes sauts d'eau se déversèrent sur leurs têtes.
—Tu disais Patmol ?
Ils sortirent de la salle après s'être séchés. Ils arrivèrent en classe de botanique, leur escapade les avait faits raté le cours de métamorphose devant le regard étonné des autres Gryffondor et celui moqueur des Poufsouffle.
—James ! Qu'est-ce que tu as fait ! s'exclama Lily.
Elle s'approcha de lui et lorsqu'elle fut à un mètre, une alarme se déclencha, hurlant « alerte, ne pas approcher »
—Voilà ce qu'il y a. Tu t'es vu dans un miroir ?
James secoua la tête et Lily en invoqua un. Les maraudeurs se penchèrent tous dessus et se virent les cheveux écarlates, avec l'inscription « kidnappeur » marqué sur leur front.
—Qu'est-ce que c'est que ça ?
—A toi de me le dire.
—Je vais tout t'expliquer, mais après le cours.
Lily hocha la tête, attendant des explications de la part de son petit-ami. Et elles avaient intérêt à être bonne. Elle savait pertinemment qu'il s'était encore fourré dans un pétrin pas possible, mais elle était loin d'imaginer ce qui s'était réellement passé.
Hermione donna un coup de poing à son mannequin, qui le lui rendit bien vite. Elle enchaîna alors plusieurs sorts mais son adversaire fut plus rapide et l'expulsa à une dizaine de mètres. La Gryffondor se releva immédiatement avant de se rapprocher de son mannequin. Elle se concentra sur ce que lui avait appris le gardien et commença par un uppercut avant de jeter un sort de magie noire, que le mannequin bloqua sans ménagement. Elle para un sectumsempra puis jeta un avada kedavra pour terminer le combat. Elle ne se faisait pas de soucis pour son mannequin, il se rechargeait automatiquement et pourrait à nouveau combattre dans quelques heures. Elle soigna ses blessures, elle avait une belle coupure à la joue et s'était foulé la cheville. Il fallait vraiment qu'elle commence à chercher des sorts de soins. Elle en connaissait beaucoup, souvent pour des maléfices assez graves, mais n'était même pas capable de soigner une petite entorse.
—Je me doutais que je te trouverais là.
Hermione se retourna en entendant la voix de son ami et lui fit un sourire penaud.
—Rem' !
—Pourquoi tu ne m'as pas dit de venir, on se serait entraîné ensemble. Je sais que tu aimes le faire seule, mais on est une équipe, alors on doit s'entraîner ensemble. Dans quelques mois, il y aura probablement d'autres membres de l'ordre qui seront à côté de toi, avec d'autres mannequin.
—Leurs mannequins ne seront jamais aussi performant que les miens. Je sens que je vais avoir du mal à être en groupe. On parlera de ça en temps et en heure. Je pense que je suis prête à utiliser le feudeymon pour détruire les horcruxes.
—Déjà ?
—Cela fait un bon moment que je le maîtrise. La fois où tu m'as trouvé, quelque chose m'avait déconcentrée et je ne m'étais plus focalisée entièrement sur le sort et c'est cela qui m'a valu ma cicatrice, expliqua-t-elle en désignant son bras noir.
—Très bien. On le fera demain.
—Demain ?
—Il vaut mieux s'en débarrasser de le plus vite possible non ?
Hermione hocha la tête et ils marchèrent tranquillement vers Poudlard, le mannequin d'entraînement sous le bras. Chacun était perdu dans ses pensées, réfléchissant à l'horcruxe qu'ils allaient détruire le lendemain. Cette avancée allait être très importante pour le bien de leur quête, et Hermione stressait un peu de ne pas être à la hauteur. Si elle échouait ? Ils n'avaient pas toute la vie pour réessayer. Comment réagirait l'horcruxe ? Hermione avait peur de ce qu'elle allait découvrir comme souvenirs à travers cette abomination de magie noire. Elle se souvenait des récits de Ron et Harry, ainsi que de sa propre expérience lors de la destruction de la coupe d'Helga Poufsouffle, cela avait été vraiment horrible, ses pires souvenirs étaient remontés à la surface. Cependant, ses pires souvenirs de l'époque semblaient bien faibles en comparaison de ce qu'elle avait vécu ensuite. Hermione doutait. Serait-elle assez forte pour détruire la forme de magie noire la plus infâme qui puisse exister ?
