« Les souvenirs, c'est quelque chose qui vous réchauffe de l'intérieur et qui vous déchire violemment le cœur en même temps. »

Haruki Murakami

Le lendemain matin, Remus se réveilla à l'aube, s'habilla rapidement et se dirigea vers la salle sur demande le visage fermé. Il était très stressé à l'idée de détruire un horcruxe. Il n'avait jamais eu l'occasion de le faire lui-même ou d'assister à cette destruction particulière. Il passa trois fois devant le mur du septième et entra dans la pièce qui était désormais la chambre d'Hermione. Le stresse de Remus était bien faible comparé à celui de la jeune femme. Hermione avait une énorme pression sur les épaules et n'était pas sûre de pouvoir l'assumer seule.

Tu n'es pas seule, tu as Remus.

La voix dans sa tête n'avait pas tout à fait tort, mais Hermione ne pouvait s'empêcher de douter. Remus lui pardonnerait sûrement d'échouer, après avoir été en colère pendant quelques temps, pour ne pas l'avoir inclus dans ses essais, mais elle, n'était pas sûre de se pardonner si l'horcruxe n'était pas détruit dans la journée.

Hermione était déjà levée lorsque son ami franchit les portes de la salle sur demande. Elle lui adressa un sourire crispé et lui fit un signe de tête pour qu'ils sortent tous les deux de la pièce. Ils passèrent à nouveau trois fois devant le mur et la pièce où tout était caché apparue. Hermione donna quelques indications à Remus quant à l'endroit où se trouvait le diadème, mais ses souvenirs demeuraient assez vagues et une fouille de la salle fut une obligation. Après une bonne heure, Remus se retrouva à ouvrir une boîte noire et vit le diadème étincelant à l'intérieur. Il interpella Hermione et la sorcière accourut immédiatement.

—Tu sens la magie noire qui émane de cet objet ? C'est vraiment puissant, commença-t-il, l'air à la fois subjugué et terrifié.

Hermione acquiesça, toute aussi angoissée que son ami. Ils sortirent du château et se dirigèrent avec appréhension vers le cœur de la forêt interdite. Elle déposa au sol le diadème de Serdaigle et inspira un bon coup. Elle regarda Remus, avec un mélange de craintes, de stress et de détermination. Sans dire un mot, son ami posa une main d'encouragement sur son épaule et la pressa légèrement.

Hermione sortit sa baguette et murmura le sortilège feudeymon, tout bas. Les flammes jaillirent du diadème et deux silhouettes apparurent.

—Tu nous as abandonné. C'est ta faute si je suis mort. Tu n'es qu'une sale petite sang-de-bourbe. Comment ai-je pu être ami avec toi ? commença le Ron-Jedusor.

—Tu étais le cerveau du groupe, tu devais nous sauver. Sans toi, je serais vivant. Et dire que le sort de mes parents repose sur toi ! Tu es le maillon faible de notre trio, on t'a accepté par pitié. Tu n'as jamais été rien d'autre qu'un livre pour nous. Je ne suis pas ton frère, ton meilleur ami. Tu n'es rien pour moi, continua le Harry-Jedusor

Hermione était paralysée et les flammes baissaient en intensité. Elle avait de nombreuses larmes qui coulaient sur ses joues et tr mêlait de tout son être.

—Ne les écoutes pas Mione. Ce n'est pas eux, c'est l'horcruxe. Tu es plus forte que lui ! Détruis-le.

Hermione entendait la voix de Remus au loin, elle se concentra sur Harry et Ron et un détail la frappa. Ses amis avaient les yeux rouge sang. Que serait Harry sans ses yeux émeraude et Ron sans ses yeux bleu océan ? Elle prit alors conscience que cela n'était qu'une sombre illusion et mit toute sa puissance à détruire l'horcruxe. Lorsque les deux silhouettes disparurent, Hermione recula et s'affaissa dans les bras de son ami. Elle était partie dans un monde dont elle seule connaissait l'existence, mais cette fois-ci, Remus ne la réveilla pas à coup d'aguamenti, mais l'endormit grâce à un sortilège. Elle en avait bien besoin. Le sorcier n'avait pas vraiment su à quoi s'attendre lors de la destruction du diadème, mais certainement pas à cela. La magie noire qui avait émané était tout simplement terrifiante, spectaculaire. Hermione avait toujours les joues humides et des sillons de larmes s'étaient creusés, ce fut à cet instant que Remus prit sa décision, il regarda longuement la détresse d'Hermione, tout en sachant qu'elle ne pourrait pas détruire tous les horcruxes seule. Cela était impossible, l'état dans lequel elle s'était mise signifiait bien une chose, peu importe la puissance magique où la force mentale, on ne peut pas porter le poids du monde sur ses épaules. Hermione allait lui apprendre le sortilège du feudeymon, il l'avait décidé. Il ne l'a laissera plus porter seule le poids de la destruction de l'âme de Voldemort. Il ramassa le diadème qui avait été expulsé quelques mètres plus loin. Il prit Hermione dans ses bras et la porta jusqu'au château.

—On a réussi, Mione. On a détruit le premier horcruxe.


Les maraudeurs se dirigeaient vers une salle de classe vide, sans savoir ce qui les attendait vraiment. Lily leur avait envoyé un hibou alors qu'ils préparaient leur prochaine farce et avait été très mystérieuse. Ainsi, ils se hâtaient d'arriver, leur curiosité était au summum du possible. Ils arrivèrent dans la salle, où se trouvaient Lily, Mary, Alice et Dorcas en pleine discussion.

—Lily, qu'est-ce qu'on fait là ?

—J'avais parlé aux filles il y a quelques temps des recherches qu'on faisait sur la puissance magique et Mary a eu une idée.

La sorcière blonde prit la parole et expliqua aux maraudeurs ce qu'elle avait trouvé, ses amies étant déjà au courant.

—Je ne sais pas si vous le savez, mais ma mère est chercheuse. Elle travaille depuis toujours sur la magie au sens large, pourquoi certaines personnes ont de la magie en elles et pas d'autres, mais elle étudie toutes les formes de magie qu'il existe. La magie gobeline, la magie elfique, la vieille magie, la magie du sang… Je lui ai donc parlé de la nouvelle et elle a fait de nombreuses recherches sur ses yeux, j'ai dû lui montrer mes souvenirs, pour qu'elle comprenne que ses yeux étaient bels et bien blancs.

Mary raconta que sa mère avait eu énormément de mal à croire à cette histoire. Elle lui avait expliqué que la qualité magique d'une personne était déterminée par la couleur que ses yeux prenaient après avoir était mise sous sortilège.

—Tenez, je vais vous lire un passage. « De toutes les qualités magiques, il n'en existe pas une plus puissante que les yeux blancs, semblables à la neige. Cette forme de puissance est la plus pure, la plus dangereuse mais aussi la plus belle qu'il soit. »

—Ca veut dire quoi ? Que Grace est la fille qui va sauver le monde et tuer tous ses opposants en deux secondes ?

—C'est plus compliqué que cela Sirius. Ma mère m'a expliqué qu'Helena était la personne la plus puissante de notre époque. Peut-être plus que les fondateurs, c'est difficile à savoir pour eux. Elle n'est pas sûre qu'une telle puissance a déjà été répertoriée. Les personnes puissantes ne se mêlent pas toujours à la communauté magique. Leur puissance est dangereuse non seulement pour autrui, mais pour elles aussi. Toutes ses émotions, ses qualités, ses défauts sont démultipliés.

—Je ne saisis pas vraiment.

—Par exemple, ça t'est déjà arrivé de vouloir de venger n'est-ce pas ? Tu l'as peut-être fait, ou pas. Ce n'est pas important. Helena, à cause de sa puissance, ne peut réfréner son envie de se venger. Elle doit être constamment en contrôle sur elle-même, et c'est pour ça qu'elle a « explosé » en novembre. Il y a eu un trop plein de magie refoulée, de sentiments qui n'ont pas été pris en considération qu'elle n'a pas pu se retenir. Cette puissance relève plus d'un fardeau que d'une chance.

Les maraudeurs restèrent pensifs, ils réfléchissaient à ce que Mary venait de leur dire. Comment une fille de leur âge pouvait être aussi puissante ? C'était insensé !

—Il y a aussi autre chose. Pour être si puissante, Helena a fait des sacrifices énormes, probablement sans s'en rendre compte. Elle est exceptionnelle, mais une telle puissance engendre également une très grande souffrance, des explosions de magie, des crises de souvenirs.

—C'est ça qu'il s'est passé dans la tour d'astronomie !

—Oui, et je pense que ce n'était pas sa première et c'est presque sûr qu'elle en a refait par la suite. C'est souvent dû à un grand bouleversement émotionnel. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans sa vie, mais elle n'a pas dû être facile. Je ne connais pas sa plus grande peur, mais elle doit vraiment être terrifiée par cela. C'est un de ses grands défauts. Elle peut se retrouver devant sa peur, et être complètement désemparée mais pouvoir battre quelque chose de beaucoup plus puissant, beaucoup plus terrifiant pour la majorité de la population ensuite.

—Il faudrait demander à Lucas de réviser les épouvantards. On connaitrait sa plus grande peur.

—Je ne suis pas sûre Peter, cela peut être dangereux. Elle peut avoir de nouvelles crises de souvenirs, et être complètement perdue. Mais d'un autre côté, cela pourrait être très intéressant. Il faut qu'on réfléchisse, hésita Mary.

—Mary a aussi oublié de vous dire que vous êtes très chanceux de ne vous en être sortit qu'avec un mot sur la tête après l'avoir kidnappé.

—On l'a gardé pendant une semaine !

—C'est minime par rapport à ce que vous lui avait fait, Sirius. On ne le connait pas, on ne sait pas comment elle aurait pu réagir. C'est probablement elle qui a mis Black dans cet état-là. Elle est beaucoup plus forte que nous tous. Elle a battu Rogue en duel.

—Ne parle pas de Servilus Dorcas !

—Il faudrait que ta mère puisse la rencontrer, elle pourrait pleinement l'évaluer.

—Ce n'est pas une bête sauvage ! Aussi rare soit sa puissance, on ne peut pas l'étudier comme un animal dans un laboratoire ! Tu entends ce que tu dis Remus !

Les maraudeurs se regardèrent, méfiants. Ils craignaient ce qui allait se passer. A chaque fois que le sujet « Lunard » était abordé, même involontairement par des personnes qui n'avaient aucune idée de sa condition.

—Qu'est-ce que tu veux dire Lily ? demanda-t-il d'une voix tremblante.

—Nous ne sommes pas idiotes, vous n'êtes pas les seuls à avoir un groupe d'amis aux liens indéfectibles. Vous croyez qu'on ne fait que travailler lorsqu'on va à la bibliothèque ou quand on est toutes les quatre dans la salle commune ? Remus, tu es un loup-garou, ce n'est pas compliqué de le deviner, tu es malade lors de la pleine lune, tu as un « petit problème de fourrure » alors que tu n'as jamais eu de lapin pénible. Helena Grace a peut-être beaucoup de secrets que, soyons honnêtes, nous ne découvrirons jamais. Elle est trop méfiante, elle ne nous confiera jamais rien, aussi proches d'elle soit-on, ce qui n'est pas près d'arriver lorsqu'on voit comment vous vous comporter avec elle. Arrêtez de lui en vouloir pour rien. Ce n'est pas une mangemort, elle l'a prouvé. Alors que la mère de Mary « l'évalue », non ce n'est pas concevable. Toi mieux que personne tu devrais la savoir Remus. Tu crois que tu aimerais être enfermé dans une pièce simplement parce que tu changes d'apparence une fois par mois ? Vous me dégoutez ! finit Alice, essoufflée par sa tirade.

Elle partit sans un regard en arrière, suivit de près par Dorcas et Mary, puis par Lily qui jeta un regard noir à son petit-ami et au reste des maraudeurs.

—Qui aurait cru qu'Alice pouvait s'énerver comme ça ?

—La ferme Sirius, répondirent ses trois autres amis.


Hermione prenait son petit-déjeuner dans la grande salle lorsqu'elle vit Mary et Dorcas se diriger vers Remus, le sourire aux lèvres. Elles semblèrent lui demander quelque chose et hochèrent la tête. Elles descendirent de l'estrade en sautillant et rejoignirent Lily et Alice en chuchotant. La voyageuse du temps se leva et sortit immédiatement de la Grande Salle et jeta un regard à Remus qui signifiait « il faut qu'on parle ». Elle se hâta vers ses appartements et attendit impatiemment sur le canapé qu'il daigne arriver. Elle observa les quelques tableaux qui étaient là et vit avec grand étonnement que Remus avait laissé certains de ses vêtements trainés. Mais bien que Remus était un maniaque de l'organisation, cela n'était pas le plus étrange. Sa chemise, qui était d'ordinaire bleu ciel, avait un énorme trou bordé de noir. Elle prit la chemise et l'inspecta minutieusement. Elle reconnut sans peine le sortilège qui avait causé ces dégâts. Remus entra quelques secondes plus tard et vit Hermione qui se tenait debout, une de ses chemises dans les mains, en colère.

—Tu m'expliques ?

—Un sortilège a mal tourné, mais ce n'est rien, j'en ai d'autres.

—Je n'avais pas deviné, ironisa-t-elle. Ce que je veux savoir c'est pourquoi, par Morgane, tu as utilisé le feudeymon !

—Tu es mal placée pour me faire la morale, tu l'as utilisé pendant longtemps sans m'en parlé. Mais très bien, si tu veux je vais t'expliquer. Tu ne t'es pas vu pendant la destruction du diadème. Tu possédais une telle détresse en toi, voir Harry et Ron ainsi, habités par les ténèbres, cela t'a vraiment détruite. Je ne t'ai pas endormie par hasard. Tu paraissais perdue, si loin, que j'ai cru ne pas pouvoir te ramener. Je ne pense pas qu'un jet d'eau aurait suffi. Hermione, c'est une chose de voir Harry et Ron dans tes rêves et hallucinations, mais là, tu étais totalement consciente et tu étais dans ton état « normal ». Tu les as vu de tes propres yeux et cela a réveillé de vieux démons. Tu ne peux pas nier qu'entendre tes deux meilleurs amis te dirent de telles choses ne t'a pas affecté. Et je pense même que cela l'a fait, beaucoup plus que tu ne le penses. Tu ne te rappelles pas dans quel état tu étais, mais moi je le sais. Et je sais aussi que tu ne pourras pas affronter la destruction des horcruxes seule.

—Bien sûr que non, mais tu es là pour m'aider !

—Et c'est ce que je fais. On connait tous les deux ta puissance, on en a déjà parlé, mais si tu n'écoutes pas ton corps, tu n'y arriveras pas. Tu ne peux pas porter le poids du monde uniquement sur tes épaules. C'est pour cela qu'on est deux et qu'il y a trois bijoux du temps. Si l'un de nous est blessé, il peut se reposer sur l'autre, mais aussi il ne faut pas oublier qu'il y a trois bijoux, alors un cas de problème, il reste Minerva. C'est pourquoi, on va aller la voir et lui annoncer qu'on a détruit le premier horcruxe. Ce soir. Quant au feudeymon, je l'apprends pour que je puisse aussi détruire les horcruxes et t'aider à le faire. Nous sommes une équipe, alors nous détruirons ces foutus horcruxes tour à tour, ou ensemble au choix. C'est non négociable. Pourquoi tu m'as demandé de venir au fait ?

—Je t'ai vu avec Mary et Dorcas, elles avaient l'air beaucoup trop fières d'elles pour qu'elles ne préparent pas quelques choses, je voulais savoir ce qu'elles t'avaient demandé.

—Elles veulent que je fasse un cours sur les épouvantards. Elles prétendent avoir des lacunes sur le sujet et préfèrent être prêtes pour les ASPICS.

—Qu'est-ce que tu leur a répondu ?

—Je leur ai dit oui, je ne pouvais pas le leur refuser, cela aurait été bien trop suspect. Ce sera le sujet du prochain cours, je voulais commencer les patronus mais ce n'est pas grave.

—Quoi ! Je ne vais plus venir à tes cours Rem'. Je ne peux pas me retrouver face à un épouvantard, je ne pourrais pas le combattre. Quant aux patronus, je suis bien incapable d'en invoquer un.

—Ce n'est pas une loutre le tien ?

—C'était. Je n'ai plus réussi à faire de patronus corporel depuis la mort de Harry et plus de patronus du tout depuis celle de Ron. Je ne peux pas me montrer faible devant les autres, alors désolée, mais je vais devoir sécher vos cours professeur Lupin. Ou Lucas, comme tu veux.

—Peu importe, tu viendras t'entraîner ici. Il faut qu'on règle ce problème, tu pourrais avoir besoin d'avertir quelqu'un et être coincée si ce n'est pas le cas.

—C'est déjà arrivé.

Devant le visage interrogateur de Remus, Hermione lui expliqua comment elle s'était retrouvée enfermée dans la réserve de Slughorn, sans personne pour la délivrer. Elle avait dû attendre deux bonnes heures avant que Severus ne vint la chercher.


Les élèves de septième année avaient eu, comme l'avaient demandé Mary et Dorcas, un cours sur les épouvantards et chacun avait dû se débarrasser de sa plus grande peur. Ils avaient réussi, avec plus ou moins de facilité, mais les Gryffondor étaient ressortis déçus de ce cours, et cela était dû à l'absence de la voyageuse du temps. Comment avait-elle pu sécher ce cours, un des seuls qu'elle avait rater en défense contre les forces du mal et où il était important qu'elle vienne, pour que le groupe d'ami puisse enfin, connaitre la faiblesse d'Helena Grace. Non pour s'en servir contre elle, ce qui n'était nullement leurs intentions, mais pour la protéger de cela, ce qui pouvait paraitre étrange en vertu de l'animosité qu'il y avait entre elle et les maraudeurs depuis qu'ils lui avaient fait boire du veritaserum. Cependant, la principale raison de ce cours était tout simplement de la curiosité, qu'elle pouvait donc bien être la plus grande peur de la nouvelle, qui en apparence, n'avait peur de rien et avait le cœur comme le corps, aussi dur que de la roche.

Ils s'étaient dirigés vers la grande salle, pour déjeuner, la mine défaite. Ils virent avec stupéfaction qu'Hermione mangeait déjà à leur table. Ils se regardèrent tous et décidèrent implicitement de s'asseoir près d'elle.

—Grace.

—Black ?

—Pourquoi tu n'étais pas en défense tout à l'heure ?

—Sirius ! le réprimanda Lily.

—Je ne savais pas que mon emploi du temps t'importait tant mon cher. Ce n'est pas le premier cours que je rate, ni le dernier. Pourquoi celui-ci en particulier t'interpelle ?

Elle regarda Sirius dans les yeux, un air déterminé sur le visage qui fit baisser la plupart des têtes. Ils connaissaient tous la réponse, mais ne se doutaient pas qu'Hermione la connaissait aussi.

—Peut-être que vous avez trouvé ce que signifiaient mes yeux blancs lors de mon accident en novembre ?

—Comment le sais-tu ? demanda Lily d'une voix tremblante.

—Vous êtes beaucoup trop transparents mes chéris.

—Comment peux-tu faire ça ? C'est un viol de l'esprit ! s'énerva Dorcas.

Hermione, qui s'apprêtait à sortir de la grande salle se retourna brusquement et se rapprocha de la sorcière. Elle tremblait de tout son corps et les larmes lui étaient montées aux yeux. Elle leva la main et allait gifler Dorcas quand une voix dans sa tête la retient. Tu ne peux pas faire ça Hermione Granger. Tu ne peux pas frapper les gens aussi simplement que cela, parce qu'il ne partage pas ton avis. Cette voix féminine lui était familière, mais elle ne pouvait se rappeler qui à qui elle appartenait. Elle la chassa et se repris.

—Comment oses-tu ? Votre esprit n'est pas protégé. Je capte vos pensées aussi facilement que je vous entends parler ! Vous pensez à moi, c'est comme si vous parliez devant moi ! Vous conspirez contre moi et vous oser appeler ça un viol ! Je n'ai jamais pénétré dans votre esprit volontairement. Vous osez comparer cela à un viol, vous me dégoutez. Je ne vous ai rien fait, vous n'avez aucune idée de ce que c'est les séquelles d'un viol, alors arrêter de déblatérer des idioties pareilles, arrêtez de faire des recherches sur moi et FOUTEZ-MOI LA PAIX ! finit-elle en hurlant, les larmes aux yeux.

Elle sentit les larmes prêtes à couler et reprit immédiatement son masque de sang-froid, qui était bien trop fissuré à son goût. Elle sortit le plus calmement de la Grande Salle, sentant les regards des Gryffondor de son année sur son dos. Elle n'alla pas dans la salle sur demande mais se dirigea vers le parc de Poudlard, près de la forêt interdite. Elle s'assit près d'un tronc d'arbres et pleura pendant longtemps.

—Helena.

La jeune femme se retourna et vit Rogue, debout, à côté d'elle. Il y avait quelque chose qui avait changé sur son visage. Son masque à lui aussi était tombé. Il avait l'air inquiet. Severus Rogue était inquiet pour elle ! Il s'assit près d'elle et hésita avant de parler.

—Je t'ai entendu dans la grande salle, tu as été …, n'est-ce pas ? tenta-t-il, maladroitement.

Hermione hoqueta et sanglota de plus belle. Severus ne savait pas consoler quelqu'un. Aussi loin qu'il ne s'en souvienne, il n'avait jamais dû le faire. Mais Helena était devenue au fil des mois, une personne importante pour lui. C'est ce qui se rapprochait le plus d'une amie depuis sa dispute avec Lily, deux ans plus tôt. Alors, bien que cela lui coûta beaucoup, il se rapprocha d'Hermione et la prit dans ses bras. Il la berça, mais ne savait pas vraiment si cela était utile ou non, Hermione pleurait, puis hoqueter. Elle ne semblait pas préoccupée de le faire dans les bras de son ancien professeur de potions, elle pleurait, c'était tout.

—Tu as le droit de pleurer, Helena. Ce n'est pas parce que tu es forte et que tu ne montres pas te sentiments en public qu'il faut se retenir en privé. C'est normal.

Il s'apprêtait à continuer, mais il renonça. Il n'avait jamais été très doué avec les autres, ni avec les mots. Il continua alors de bercer Hermione, tout en lui caressant les cheveux. Hermione, elle, pleurait de tout son soul. Elle pleurait pour tout ce qu'elle avait vu, les horreurs de la guerre qu'elle avait traversées, elle relâchait la pression qu'elle avait sur les épaules depuis plusieurs années. Mais tout cela n'est qu'une parenthèse. Elle allait devoir se relever, sécher ses larmes, parler à Severus, revêtir son masque d'indifférence, devenir une façade de pierre. Penser nuit et jour à la mission, car elle ne pouvait pas échouer. Harry et Ron comptaient sur elle. Tous les autres morts aussi. Il faudrait aussi qu'elle parle avec Remus de son dérapage, mais pour l'instant, elle ne souciait pas de tout cela. Elle pleurait.