« Il n'y a pas plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Saint Jean

Les mois étaient passés et l'année scolaire touchait à sa fin. La grande majorité des élèves de cinquième et septième année faisaient la fermeture de la bibliothèque et restaient tard dans la nuit à travailler dans leur salle commune. Le mois de juin était très beau, même en Ecosse, et les autres élèves s'en donnaient à cœur joie. Peu d'entre eux restaient enfermés dans le château et préféraient prendre l'air et se baigner dans le lac, sans vraiment se soucier du calamar géant. Les examens finissaient à l'instant, et tous se précipitèrent hors du château, heureux d'avoir fini, mais nostalgique pour les septième année. C'était leur dernier examen à Poudlard. Plus que quelques jours et pour la majorité d'entre eux, ils n'y reviendraient plus jamais.

Deux élèves se tenaient à l'écart du bruit, à l'orée de la forêt interdite. Ces deux êtres auparavant solitaires, étaient devenus amis, à la plus grande surprise de leur entourage.

—L'année touche à sa fin, Sev', demanda Hermione

—Je n'avais pas deviné, répondit le jeune homme avec sarcasme.

—Si tu m'avais laissé finir… Tu n'es pas trop déçu de ne pas avoir découvert mon secret ? demanda-t-elle.

Le sorcier se renfrogna et lui adressa un regard noir avent de lui répondre.

—L'année n'est pas finie, et je n'ai jamais dit que je devais découvrir tes secrets avant la fin de celle-ci.

—Comment vas-tu faire alors ? Nos chemins font se séparer.

—Pourquoi en es-tu si sûre ?

—Parce que je le suis. Nous n'allons pas nous battre dans le même camp. Tu vas prendre la marque des ténèbres, n'est-ce pas ?

Cela raisonnait plus comme une affirmation qu'une question, mais Hermione attendait une réponse. Severus avait légèrement blanchi, et ses yeux n'étaient plus dénué d'expression et Hermione comprit alors.

—Ou peut-être tu l'as déjà ?

Pour toute réponse, Rogue releva lentement sa manche et la marque apparut. Elle ressortait vivement et contrastait avec sa peau blanche. Hermione ne dit rien, elle n'avait jamais su quand il avait été marqué, mais ne s'attendait pas à ce que cela se fasse si tôt.

—Tu n'as pas sursauter.

—Bien joué Sherlock !

Devant l'air incompréhensif de son ami, elle poursuivit :

—Référence moldue.

—Tu n'es pas surprise par cette marque, tout le monde recule de dégout lorsqu'ils la voient, mais pas toi.

—Je l'ai déjà vu. Quand as-tu pris la marque ?

—Cet été, un ami m'a présenté.

—Ce chien de Malefoy !

—Tu le connais ?

Hermione s'aperçut qu'elle en avait trop dit et répondit vaguement, ce qui n'empêcha pas Severus de hausser un sourcil, sans croire un traitre mot de ce qu'elle racontait.

—Nos chemins vont se séparer, nous ne sommes plus dans le même camp. L'avons-nous un jour été ?

La sorcière ne doutait pas de la réponse. Elle n'avait jamais été dans le même camp que Severus, dans celui de Rogue, oui, mais jamais dans celui de Sev'.

—Helena, attends.

—Je suis désolée Sev', peut-être on aurait pu être amis sans la guerre, mais ce n'est plus possible.

—La guerre ? Nous ne sommes pas en guerre.

—Ça ne saurait tarder. On sera adversaire sur le champ de bataille, et sache que je n'hésiterai pas à tuer les mangemorts, quels qu'ils soient.

Cette phrase raisonna dans les oreilles de Severus comme un avertissement. S'il se mettait en travers de son chemin, elle n'hésiterait pas à le tuer, peu importe leur amitié passée.

—Qu'est-ce qu'ils ont fait pour que tu les haïsses tant ?

—Ces personnes sont inhumaines. Elles torturent, violent, tuent, sans hésitation. Ces personnes ont détruit la vie de milliers de personnes. Ils m'ont détruite. Je suis désolée Sev', je t'aimais beaucoup, mais je ne peux pas. On se croisera sur le champ de bataille.

—Tu te trompes sur une chose, j'ai découvert un de tes secrets. Tu es un loup-garou.

—C'est vrai.

Severus regarda Hermione s'éloignait lentement, les cheveux au vent. Elle avait été sa seule amie depuis Lily, il ne pouvait pas vraiment considérer ses camarades de chambre comme des amis de confiance, et encore une fois, cette amitié était finie. Ses relations humaines avaient toujours été catastrophiques, mais Helena était entrée brusquement dans sa vie et il n'était pas prêt à la faire sortir. Ils avaient construit cette amitié, tout en sachant que l'autre avait des secrets qui pouvaient être dangereux, alors pourquoi la briser à cause d'une marque ? Severus connaissait la réponse, c'était la même que pour Lily : ses fréquentations, ses opinions sur le sang sorcier. Les insultes qu'il proférait aux nés-moldu. Le camp qu'il avait choisi.

Severus, une nouvelle fois, regarda une amie partir, sans se retourner, le laissant seul à son sort. Il fit ce qu'il faisait de mieux, il revêtit son masque de froideur et devint encore plus aigri qu'il était possible, au grand dam des Serdaigle de première année qui avaient eu le malheur de se retrouver sur son chemin.

Les deux amis ne le savaient pas encore, mais ils se retrouveraient bien plus tôt que prévu, l'un contre l'autre.


Remus corrigeait les copies d'examen des élèves de première année lorsqu'Hermione entra en trombe dans son bureau. Elle était perturbée, cela était voyant, elle faisait les cent pas en long, en large et en travers de la salle.

—Je finis ma copie et je suis à toi, mais par Merlin, peux-tu arrêter de bouger comme ça ?

Hermione obéit et s'assit sur la chaise la plus près d'elle et commença à taper sur la table avec ses doigts. Elle se mordait les lèvres, comme quand elle était stressée et bouger la tête de droite à gauche en marmonnant. Heureusement pour Remus, la copie était presque finie et il la termina rapidement, il était bien incapable de se concentrer quand Hermione était comme ça, cela l'insupportait.

—Qu'est-ce qu'il y a ?

—J'ai dit à Sev' que je ne voulais plus le voir, avoua-t-elle immédiatement.

—Mais pourquoi ?

—Il a la marque et je lui ai fait comprendre qu'on ne pouvait pas être amis et avoir des idéaux aussi différents, il va devenir mangemort et moi membre de l'ordre. C'est la suite logique.

—Je n'ai pas vraiment compris ton attachement à Rogue, mais il a changé de camp, alors, pourquoi il ne le referait pas ?

—Parce que Lily ne va pas mourir, j'empêcherais ça.

Nous empêcherons ça. Tu étais vraiment attachée à lui, hein ?

Hermione hocha la tête, après un temps d'hésitation. Elle soupira et releva la tête.

—Ça faisait du bien d'avoir quelqu'un qui ne connait rien de ta vie, mais qui t'apprécie quand même, il n'avait pas cet air de pitié,

—Je n'ai pas pitié de toi !

—Je sais Rem', et tu es l'ami le plus précieux que j'ai, mais la mission nous coûte beaucoup et à chaque fois que je te vois, je revois tout ce qu'on a perdu, tout ce qu'on a échoué à faire avec l'ordre, c'est vraiment cruel, je ne voulais pas le dire comme ça, mais on est les deux derniers survivants de notre monde et ça fait du bien de déchargé ce poids de mes épaules quelques heures par semaine. Mais l'année touche à sa fin et on va se concentrer sur la mission, il faut qu'on réfléchisse à quel horcruxe on va détruire.

—Je maitrise le feudeymon, j'ai fait plusieurs tests dans la forêt interdite et je pense que je pourrais détruire le prochain horcruxe. Tu es allée à tous les examens pour les ASPICS ? demanda-t-il, soucieux de changer de sujet

—Oui, et j'espère que tu seras content, c'est uniquement pour te faire plaisir.

—Mais je le suis, j'ai parlé avec mes collègues et la plupart était effaré que tu te présentes à l'examen sans avoir été à un seul de leurs cours.

—J'aimerais être là quand ils verront que j'ai eu mention « Optimal » à tous mes ASPICS.

—Il y aura peut-être une cérémonie de remise des diplômes. C'est ce qu'il y avait eu lorsque j'ai enseigné, je ne me souviens plus si on en a eu une.

Remus sembla brusquement se rappeler de quelque chose et commença, comme Hermione quelques minutes plus tôt, à faire les cent pas dans la pièce. Il semblait réfléchir et essayait de se souvenir en même temps.

—Rem' ! Qu'est-ce qu'il y a ?

—Les sorties à Pré-au-Lard sont finies n'est-ce-pas ?

—Non, il y en a une demain, pour la fin de l'année, mais tu n'as pas besoin qu'il y en ait une pour aller au village, tu es prof.

—Il va y avoir une attaque.

—Quoi ?

—Demain, il faut que j'aille voir Minerva.

—Rem', attends !

Ce fut trop tard pour Hermione, Remus était déjà sorti en courant de la pièce. La jeune femme qui s'était levée se laissa retombée mollement sur sa chaise, elle resta pensive pendant un long moment, et repensa à ce que Remus lui avait dit et qu'elle n'avait pas relevé. Il maitrisait le feudeymon. Ce qui était une grande avancée dans la mission. Elle n'était plus la seule capable de détruire les bouts d'âme de Voldy et ceci lui provoqua un intense soulagement. Elle attendit Remus, mais le sommeil l'emporta bien avant qu'il ne rentre.

Elle se réveilla deux heures plus tard, à cause d'un cauchemar, qui avait été la réalité. Cette nuit-là, c'était la mort de Ron, puis les nombreuses tortures qui avaient suivies. Elle vit qu'il n'y avait toujours pas de lumière dans les appartements de Remus et décida de sortir se promener dans le château, elle ne pouvait pas se rendormir après avoir vu le cadavre de Ron. Elle se dirigea naturellement vers la tour d'astronomie. Elle ne faisait pas attention où elle mettait les pieds et trébucha contre quelque chose, ou plutôt quelqu'un et fit un faible mouvement devant elle. C'était très certainement les maraudeurs, qui profitaient d'une de leurs dernières nuits à Poudlard pour récupérer la carte des maraudeurs.

—Fichue cape !

Elle continua son chemin, sans se préoccuper plus que nécessaire des maraudeurs. Eux étaient restés au même endroit, pantois. Ils n'étaient pas sûrs d'avoir bien entendus, mais les regards qu'ils se jetaient étaient éloquents. Ils avaient tous entendus la même chose.

—Vous croyez qu'elle a dit ça par hasard ? demanda James

—Elle n'avait pas de cape sur elle et n'importe qui aurait chercher à savoir contre quoi il s'était cogné. Sa réaction n'est pas normale.

—Mais Remus, cette fille n'est pas normale.

—Peter a raison Rem'.

—Elle nous avait déjà fait le coup quand elle avait donné la potion à Remus.

—Je le sais bien, mais comment aurait-elle pu savoir ? On ne l'a dit à personne. Même James ne l'a pas dit à Lily.

—Et elle ne parle pas aux filles, donc même si elles savaient, elles ne le lui auraient pas dit.

—Ça veut dire quoi ça ? James ! Tu leurs as dit.

—J'ai dit à Lily que je possédais une cape d'invisibilité, mais je lui ai affirmé qu'elle restait chez moi. Je ne lui ai jamais parlé de la carte ou des animagi !

—C'est bon James, on a d'autres problèmes à régler. Il faut qu'on se dépêche si on veut récupérer la carte.


Le lendemain, Hermione se dirigea tôt vers les appartements de Remus, qui était enfin rentré. Elle le questionna, mais il resta vague. Il avait parlé avec Minerva et la majorité des professeurs seraient de sortie et pourraient ainsi protéger les élèves. Ils ne pouvaient pas annuler la sortie, sous peine de paraitre suspicieux aux yeux de Dumbledore, la personne qui ne devait se douter de rien sur leur identité. Les trois amis vagabonderaient dans le village, baguette à la main, prêt à attaquer en cas d'attaque. Ce fut avec appréhension qu'Hermione accompagna les élèves. Remus lui avait glissé quelques mots qu'elle ne comprenait pas. « Protège-les, surtout Mary ». Elle ne comprenait pas qui était « les ». Etait-ce les maraudeurs, les filles, les Gryffondor, tous les élèves ? Elle n'en avait aucune idée. Et pourquoi Mary en particulier ? Qu'allait-il se passer ? Qu'est-ce que Remus savait de plus qu'elle ? Toutes ces questions restaient sans réponses, au plus grand désarroi de la voyageuse du temps.

Son amitié avec Mary lui était précieuse, il y avait une autre personne que Remus et Minerva qui pouvait, non pas la comprendre puisque la jeune femme était moi d'avoir vécu les atrocités qu'avait connu son amie, mais elle pouvait parler librement de Ron et Harry, de ses difficultés à s'adapter à cette époque, sans se sentir juger. Mary était une bonne personne et était-ce pour cela que Remus lui avait dit de la protéger ? Elle n'aurait jamais pensé pouvoir créer une amitié avec elle lorsqu'elle avait franchi les portes de la Grande Salle en septembre. Elle ne la connaissait pas et n'avait même jamais entendu parler d'elle, contrairement au reste de son groupe d'amis.

Un éclair de compréhension traversa les yeux d'Hermione. Elle n'avait jamais entendu parler de Mary avant sa rentrée en 1977. Elle avait étudié les archives de l'Ordre et son nom n'était mentionné nulle part, pas plus que sur les photos regroupant les membres de l'Ordre. Ce pourrait-il que… Non, c'était impossible. Hermione chassa rapidement ses pensées obscures de son esprit et se concentra sur la future attaque.

Remus jeta un regard entendu à Hermione, en désignant un groupe de personnes, vêtues de longues capes noires, qui semblait à l'écart. Le sorcier les avait repérés quelques minutes auparavant et les avait trouvés suspect. Ils étaient en juin et le mois était assez chaud cette année. Il était tout simplement incompréhensible de sortir avec de tels vêtements en cette saison. Minerva, elle, avait également vu un groupe suspicieux, au Nord du village. Après vérification, Pré-au-Lard était entouré par les mangemorts. La seule issue pour s'en sortir était le combat.

Hermione entra dans les trois balais et se dirigea vers les maraudeurs le pas hésitant

—Il y a des mangemorts partout. Prévenez les autres, protégez les plus jeunes, sortez vos baguettes, faites passer le message mais n'attaquez pas, ils le feront bien assez tôt.

A peine Hermione finit sa phrase qu'une explosion retentit, elle leur adressa un regard pressant et sortit en trombe de la pièce. Elle courut vers le lieu de l'attaque et analysa la scène. Il y avait deux quatrième année et un élève de troisième année qui avaient été attrapé par les mangemorts, certainement comme otage, mais la raison de cette attaque était encore mystérieuse, Voldemort l'avait sûrement ordonné pour avertir Dumbledore. Hermione, s'apercevant des cris de terreur des élèves n'hésita pas et attaqua.

Les sorts fusaient de partout. Malgré l'aide des habitants du village, l'armée combattant les mangemorts était bien inférieure numériquement à celle des mangemorts. Hermione était en tête à faire tomber le plus de mangemorts possible. Elle voulait dès à présent s'attaquer aux mangemorts les plus puissants. Plus vite ils mordraient la poussière, moins ils feraient de dégâts par la suite. La sorcière ne se gênait pas pour lancer des sortilèges de magie noire et les impardonnables, surtout l'avada kedavra. Certains élèves l'avaient regardée, décontenancés de voir leur camarade jeter de tels sorts, mais en avaient rapidement fait abstraction, ils avaient plus important à faire.

—Grace, derrière toi ! hurla James.

Hermione se retourna brusquement et se prit un doloris de plein fouet. Elle s'écroula sur le sol et vit que le père de son meilleur ami s'était précipité vers elle.

—Potter, va combattre, je m'occupe de moi, marmonna-t-elle entre ses dents.

Bien qu'hésitant, il partit vérifier que Lily et les maraudeurs allaient bien. Hermione se retenait de gémir, elle ne voulait pas donner au mangemort inconnu le plaisir de l'entendre hurler de douleur.

—J'ai entendu parler de toi petite sang-de-bourbe. Tu as donné du fil à retordre à mes compagnons, ta mort ne sera que le début de l'ascension du seigneur des ténèbres, dit une voix qui lui était familière.

—Moi aussi j'ai entendu parler de toi Malefoy. Et je n'ai pas peur de ton maitre. Tu pourras dire à Tom, qu'il a du souci à se faire.

Lucius Malefoy eut un moment de flottement et Hermione se releva, avant de lui jeter un sectusempra. Tant pis, pensa-t-elle, il ne savait probablement pas que Voldemort s'appelait en réalité Tom, il n'aurait pas pu faire passer le message. Elle inspira un grand coup, être sous le doloris n'était jamais agréable, mais elle avait désormais l'habitude et Malefoy n'y avait pas mis toute sa puissance. Elle se dirigea vers un groupe de mangemorts, qui semblaient être assez jeunes et commença, avec l'aide de Mary et Lily, à les affronter. Malgré les masques qu'ils portaient, Hermione les reconnu sans peine. Il y avait Mulciber, Avery et Regulus. Elle se chargea de ce dernier et lui asséna un grand coup de poing puis allia combat magique et moldu pour l'achever. Ses camarades de combat se débrouillaient bien et les mangemorts étaient tous deux stupefixiés.

—Helena, ça va ? James a dit que tu avais pris un doloris.

—Tout va bien, j'ai connu pire. Concentrons-nous sur le combat. Faites attention à vous.

Hermione prit le temps d'analyser la bataille. L'ensemble du corps enseignant combattait au côté de leurs élèves, mais ils étaient beaucoup mieux entrainés. Les sixième année était pour la plus part blessés et les plus âgés commençaient à faiblir. Elle vit Remus se battre contre quatre mangemorts et décida d'aller lui prêter main forte.

—Comme au bon vieux temps ! Combat Gardiens ?

Hermione hocha la tête et ils chargèrent. Le combat « gardiens » était le nom qu'ils avaient donné aux techniques que Pluton avait appris à Hermione, avant qu'ils n'aient le deuxième bijou du Temps. En peu de temps, ils achevèrent les mangemorts et se regardèrent avec un sourire.

—On n'est pas trop rouillé finalement, je pensais avoir plus de mal que cela.

Ils s'aperçurent alors que certains élèves les regardaient, subjugués. Il était vrai qu'ils ne combattaient pas comme la plupart des sorciers, mais inutile d'en faire tout un plat. Les mangemorts eux, ne s'étaient pas arrêtés et continuaient de combattre avec hargne

—Black ! Derrière-toi.

Comme Hermione avant lui, Sirius se retourna trop tard et reçut le sort en pleine poitrine. Il tomba lourdement sur le sol. Du sang commença à couler hors de son corps et Hermione vit qu'il avait reçu un sectusempra. Elle vit alors une personne s'écartait de la scène et la reconnue. Elle secoua la tête, elle devait tout d'abord sauver Sirius avant de réfléchir à autre chose.

—Sirius, tu ne peux pas m'abandonner… On a encore tellement de chose à faire ensemble !

—Potter pousse toi, Potter ! Laisse-moi l'examiner. Si c'est le sortilège auquel je pense, je connais le contre-sort.

—James, mon chéri. Laisse-la passer.

—Lily, la bataille n'est pas finie. Continue de stupéfixier les mangemorts. Fait en sorte qu'ils n'atteignent pas Sirius. Les autres, aidez-la. Potter, tu peux rester m'aider.

James hocha la tête et se décala pour laisser sa place à Hermione. Elle s'agenouilla et inspecta les blessures.

—Lupin, je m'occupe de lui. Remus. Tu seras plus utile à le protéger et à combattre ce qui lui ont fait ça.

Le maraudeur sembla sortir de sa torpeur et acquiesça. Hermione se concentra et puisa au fond d'elle pour murmurer la formule, avant que Sirius ne l'interrompit.

—Jamesie, tu as été le meilleur ami que j'ai pu avoir et-

—Black, tais-toi. Tu ne vas pas mourir. Tu n'en as pas le droit.

—Elle a raison, sale cabot, tu me feras ta déclaration d'amour plus tard, lui répondit James, un sourire entre ses larmes.

Vulnera sanentur, vulnera sanentur.

Hermione répéta la formule de nombreuses fois, jusqu'à ce que les blessures de Sirius se soient refermées et que le sang ait regagné son corps.

—Potter, porte-le loin d'ici. Je crois qu'il y a une infirmerie aux Trois Balais.

Hermione se releva et avant qu'elle ne put souffler, elle vit un sortilège noir se diriger vers elle. Elle s'apprêta à le recevoir, mais l'impact ne vint jamais. Une personne s'était jetée devant elle. Hermione retint difficilement ses larmes en voyant son amie étendue à ses pieds.

—Mary, chuchota-t-elle la voix tremblante.

Tous les combats s'étaient arrêtés et les mangemorts reçurent un signe, ils transplanèrent tous de concert. Tous les combattants, du moins ceux qui n'étaient pas blessés, se regroupèrent autour des deux jeunes femmes. Lily, Alice et dorcas s'étaient approchées mais n'avaient osé venir plus près.

—Hermione, murmura la sorcière d'une voix si basse que seule la concernée put l'entendre.

—Mary, pourquoi ? demanda-t-elle en pleurant.

—Tu es plus importante que moi, on le sait toutes les deux. Je suis fière d'avoir été ton amie. Tu vas y arriver, tu vas sauver le monde sorcier. Il n'y a que toi qui en est capable.

—Grace, trouve un sortilège, tu as sauvé Sirius.

—Il n'y a pas de contre-sort, Evans !

—Ne vous en faites pas, je suis morte au combat. J'ai contribué à faire la paix dans le monde. Vous avez été les meilleurs amis qu'on ait pu avoir. Helena, pense à ce que je t'ai dit. Harry et Ron seraient fiers de toi.

Les yeux gris de la jeune femme devinrent vides. Mary McDonald n'était plus.

—MARY ! poussa Hermione dans un hurlement déchirant. MARY.

Elle tomba sur sa poitrine en pleurs, comme le reste des élèves. James essayait tant bien que mal de réconforter Lily, mais ses propres larmes n'aidaient pas. Alice et Dorcas étaient dans les bras l'une de l'autre, Remus soutenait toujours Sirius. Personne ne pouvait y croire. Dumbledore s'approcha du corps de sa défunte élève, mais il ressentit une forte sensation de brûlure lorsqu'il arriva à moins de deux mètres d'elle.

—Albus, n'approchait pas plus. Miss Grace a placé un dôme de protection. Personne ne peut les approcher, avertit Minerva, les yeux brillants

—MARY, hurla Hermione dans un dernier sanglot avant de s'élever brusquement dans les airs.

Remus ferma les yeux et inspira grandement avant de les rouvrir. Hermione avait besoin de lui, il pleurait plus tard, sa crise n'allait pas être facile et il espérait seulement qu'elle n'allait pas blesser quelqu'un par mégarde. Comme en novembre, Hermione explosa et sa magie noire se libéra et repoussa toutes les personnes présentes de plusieurs mètres. Cependant, contrairement à la dernière fois, elle n'était pas silencieuse, mais elle hurlait à pleins poumons. Son cri était déchirant, tout le monde ressentait sa peine. Lorsqu'elle n'eut plus de voix, elle retomba brusquement sur le sol.

—N'approchez pas, elle peut toujours vous tuer.

—Elle est inconsciente professeur.

—Raison de plus.

Il enleva sa cape et enroula Hermione à l'intérieur, prenant soin de ne pas toucher la jeune femme. Il adressa un dernier regard au cadavre de Mary, ravala ses larmes et prit lentement le chemin de Poudlard, Hermione dans les bras.

Les élèves les regardèrent partir, comme si tout ce qu'ils avaient vécu n'était qu'un rêve, mais le corps de Mary, dans une flaque de sang les ramena vite à la réalité. La sorcière avait le sourie aux lèvres, mais son visage était déformé par une grimace de douleur.

—Chers élèves, je vous demande de regagner le château et pour ce qui sont blessés de se diriger vers l'infirmerie où Madame Pomfresh vous soignera. Ne restez pas ici.

Devant l'air sévère de leur directeur, les élèves obéirent et apprirent par la même occasion aux plus jeunes ce qu'ils venaient de se passer. Les septième année de Gryffondor restèrent là, à contempler le cadavre de leur amie. Lily se défit de l'étreinte de James et s'agenouilla près de sa défunte amie, suivie par Lily et Dorcas. Elles pleurèrent, ensemble, les bras dans les bras. Les maraudeurs, aussi, légèrement en retrait, debout.

Mary McDonald avait donné sa vie pour protéger un secret d'une importance capitale, dont elle seule mesurait le sens. Cette perte faisait mal. C'était la première d'une longue série, qui ne semblera jamais s'arrêter. Mary a donné sa vie pour la cause en laquelle elle croit profondément, mais cela est injuste. Elle méritait de vivre, plus que tout autre. Mary s'est sacrifiée, pour que des milliers de personne puisse vivre.

Hel Poudlard, depuis la plus haute tour du château admirait la scène, avec désolation. Une fois de plus, elle avait perdu une de ses enfants. Mais cette fois-ci, cela faisait mal, très mal. Mary était le courage incarné, digne membre de la maison Gryffondor, mais elle était aussi la sagesse même, Serdaigle l'aurait accueillie avec plaisir, elle avait un cœur en or, sa loyauté n'a jamais fait défaut, Poufsouffle aurait été fière de la comptait parmi les siens, son ambition et sa ruse aurait fait d'elle une parfaite Serpentard. Oui, la perte de Mary McDonald était terrible. Poudlard perdait son enfant et dans un autre temps, elle aurait fait une parfaite élue. De Poudlard et du Temps.