« Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d'Ormesson
Remus avait revêtu une robe de sorcier noire, qu'Hermione lui avait offert pour son anniversaire. Il ne pensait pas la mettre de sitôt, encore moins pour ce genre d'occasion, mais il ne pouvait décemment pas se rendre à un enterrement avec la même robe qu'il utilisait pour donner des cours. Il se regarda dans le miroir et soupira. Il était dans l'impression constante d'avoir échoué. Mary était la première de ses amis à mourir et c'était cette mort qui les avait faits rentrés dans l'Ordre du Phénix. Mais Mary avait été son amie et sa mort n'en était pas moins douloureuse, vingt ans après la première. Remus n'en avait pas parlé à Hermione avant ce jour, car il ne savait pas si cette mort pouvait être évitée. Cette mort avait marqué la fin de leur adolescence et ils avaient été propulsé dans le monde des adultes bien trop tôt. Avec le recul, Remus avait vu qu'on pouvait être propulsé dans ce monde-là bien plus tôt, comme Harry. Mais Mary, contrairement à sa dernière mort, avait choisi de mourir. Elle s'était sacrifiée pour Hermione. Remus se souvenait parfaitement du jour où Hermione était entrée en courant dans son appartement, l'air épuisée et les sillons de larmes toujours visibles sur ses joues et lui avait annoncée que la sorcière était au courant de tout. Il avait alors appris qu'Hermione possédait la pierre de Résurrection et qu'elle s'en était servie pour parler à Harry et Ron. Sur le coup, il avait eu peur de devoir gérer une nouvelle crise mais même si elle avait été perturbée de parler à ses meilleurs amis, cela lui avait fait plus de bien que de mal et elle n'avait pas chercher à les rappeler sur Terre.
—Rem'
La voix d'Hermione le fit brusquement sortir de ses pensées. La jeune femme était très belle dans sa robe noire qui contrastait grandement avec sa peau claire. Elle semblait venir tout droit d'un film en noir et blanc. Elle avait laissé ses cheveux détachés pour la première fois depuis longtemps et tripotait nerveusement ses bagues.
—Si tu ne veux pas le faire, ce n'est pas grave. Personne ne t'en voudra.
—Personne ne me connait. Mais il faut que je le fasse, pour elle.
Remus acquiesça et inspira un grand coup, avant de sortir de ses appartements au bras d'Hermione. Les deux amis se dirigèrent avec une légère appréhension dans le parc de Poudlard, où avait lieu l'enterrement. Ils se placèrent au fond, derrière les dernières chaises disposées dans le parc. Le cercueil de Mary se trouvait tout devant, près de sa famille. Derrière eux, se trouvaient Dorcas, Lily et Alice ainsi que les maraudeurs puis les élèves et les professeurs de Poudlard, ainsi que les amis de la famille. Les voyageurs se tenaient en retrait, les enterrements leur étaient déjà trop familier, et cela n'avait aucun sens si Remus pleurait alors qu'il n'était « que » son professeur de défense contre les forces, depuis moins d'un an. Ils s'étaient tous les deux promis de ne pas pleurer, pas en public, mais plus la cérémonie approchait, moins cela allait être facile.
—Je suis fier de toi Hermione.
—Pourquoi ? C'est entièrement ma faute si elle est morte.
—Pas du tout, tu as dirigé les opérations avec brio, tu viens de perdre ton amie, la seule qui excepté Minerva connaissait notre secret. Et tu arrives à trouver le courage de parler d'elle, devant toutes ces personnes qui ne nous connaissent pas, seulement parce que sa mère te l'a demandé. Elle aurait pu choisir n'importe qui d'autre, mais non, elle t'a choisi toi. Tu étais très proche de Mary. Vous avez réussi à créer une relation de confiance en quelques semaines, presque quelques jours. Il nous a fallu beaucoup plus de temps que cela pour qu'on ait une relation semblable. Tu as réussi à outre-passer les épreuves pour te lier d'amitié avec elle. Oui, elle connaissait notre secret, mais Minerva le connait aussi. Et tu n'as jamais eu de relation semblable.
—Elle a vingt ans de plus que moi. Ici.
—J'ai aussi vingt ans de plus que toi.
—Ce n'est pas pareil, nous on est ami. Ce qu'on a vécu nous liera à tout jamais, personne ne peut le comprendre. La personne sur qui je peux toujours compter, mon meilleur ami, ce n'était pas Mary, ni Sev'. Ça a toujours été toi Rem'. Je ne te suis pas assez redevable là-dessus, mais tu me pousses toujours plus haut, tu me pousses à faire les choses de mon mieux. Tu es l'ami dont tout le monde rêve. Tu es une personne en or et je ne te remercie pas assez pour tout ce que tu m'apportes. Et c'est pour cela que je te cache parfois des choses. Tu es le plus à même à m'engueler, à me comprendre, à me déchiffrer. Et je veux te protéger. De moi.
—Je n'ai pas besoin de ta protection Hermione. Et toi aussi tu es une amie en or, répondit-il, ému qu'Hermione se confie enfin à lui.
Ils se turent soudain, la cérémonie commençait. De nombreuses personnes vinrent parler de Mary, déposer des objets dans son cercueil. Il y avait un mage qui dirigeait la cérémonie et il appelait les personnes au fur et à mesure pour qu'elle vienne s'exprimer. Un cousin de la sorcière raconta des anecdotes sur la jeune femme, Minerva avait parlé du fait que Mary était une élève brillante, qui réussissait dans la grande majorité des cours et qui faisait la fierté des Gryffondor et de Poudlard. Enfin, le mage appela Hermione pour qu'elle fasse un discours.
Elle serra son poing et se dirigea lentement vers l'estrade, sous le regard interrogateur des personnes présentes qui au choix, ne la connaissait pas ou ne savait pas qu'elle était amie avec Mary.
—Tu en es capable Hermione.
—J'en doute Ron, murmura-t-elle à l'ombre qui était sortie de la bague.
Elle se tourna face à l'assistance et chercha le regard de Remus pour se donner du courage. Ce dernier lui fit un signe de tête et elle commença.
—Bonjour à toutes et à tous. Vous ne me connaissez probablement pas et vous demandez ce que je fais là. Je doute avoir ma place pour parler de Mary, que j'ai connu pendant moins d'un an. Lily, Alice, Dorcas, vous seriez sûrement plus légitime de vous trouver à ma place et je suis désolée de vous avoir ôter ce droit. J'ai rencontré Mary le jour de la rentrée, dans la salle commune des Gryffondor mais dire que nous avons eu un coup de foudre amical serait mentir. Nous ne nous sommes très peu parler, mais j'ai toujours vu que Mary était une bonne personne. Elle aidait les plus jeunes à s'adapter à Poudlard, à rendre leurs devoirs à l'heure. Elle était un soutien indéfectible pour ses amis. Mary était très intelligente. Elle m'a sauvé de moi-même. Elle m'a accepté en connaissant mes défauts, et par Morgane, j'en ai beaucoup. Mary, une fois qu'elle l'a connu, ne s'est plus souciée de mon passé, mais de mon futur, notre futur à tous. Mary était une personne en or, elle était d'une gentillesse infinie, toujours prête à aider. Mary avait un courage hors norme, ce qui l'a poussée à être répartie à Gryffondor, pour la plus grande fierté de notre fondateur et de notre école. Mary nous a quitté. Elle ne reviendra pas. Certains m'en voudront de dire les choses ainsi, mais c'est la vérité. Et c'est pour cela que je me dois d'honorer sa mémoire aujourd'hui. Mary a été la meilleure personne qu'il m'a été donnée de rencontrée depuis mon arrivée. La mort lui a injustement retiré la vie et les coupables payeront de l'avoir fait quitter le monde des vivants trop tôt. Lors de nos longues discussions, elle m'a fait promettre que si elle venait à disparaitre, je devais absolument lire de la poésie, art qu'elle affectionne tant. Alors Mary, j'espère que celui que je t'ai choisi te plaira.
« Je n'ai pu t'adresser un regard, un sourire,
Tu es partie trop vite et sans me prévenir…
Immense est mon regret. Je voudrais te le dire
Au-delà du chagrin, au-delà des soupirs.
Ta mort hante ma vie. Pour combler ton absence
Sans cesse je remue de précieux souvenirs.
Je trouve un réconfort en trompant ma souffrance
Au-delà du chagrin, au-delà des soupirs.
Mes plus tendres pensées vont vers toi dès l'aurore,
Je t'appelle et te parle avant de m'endormir,
Et bien étrangement ta voix me berce encore
Au-delà du chagrin, au-delà des soupirs. »
—Merci Mary de m'avoir fait rentrée dans ta vie. Je me battrai tous les jours, jusqu'à la fin de ma vie pour te rendre fière. Merci.
Hermione jeta enfin un regard vers l'assemblée, qu'elle n'avait pas regardé pendant tout le temps de son allocution. Les parents de Mary avaient l'air satisfait de son discours, les amis de la sorcière pleuraient, mais avaient tout de même l'air stupéfait de voir Hermione parlait de Mary. Remus, lui, avait les larmes aux yeux, mais paraissait très fier d'Hermione.
Elle se tourna et se dirigea vers le cercueil de son amie. Elle prit sur elle pour ne pas s'enfuir à grandes enjambées, mais elle s'était promis qu'elle le ferait. Elle retira la bague des Gaunt de son doigt et serra la pierre une dernière fois.
—Tu fais le bon choix Hermione. Moi aussi je suis fier de t'avoir eu dans ma vie. Je sais que nous n'avons pas la même relation qu'avec Harry, mais tu es ma meilleure amie. Je t'aime Hermione, ne nous oublie pas.
—Heureusement que nous n'avons pas la même relation qu'avec Harry, c'est ce qui en fait la richesse. Nous connaissons l'emplacement de la bague de cette époque, alors je ne devrais pas tarder à te rappeler.
—Fais attention, le pouvoir de cet horcruxe est plus dangereux que les autres, c'est en partie lui qui a tué Dumbledore.
—Ne me parle pas de lui. On se reverra Ron, et moi aussi je suis fière de t'avoir eu en amie.
Elle retira sa main de la bague et l'ombre de Ron disparut. Elle prit la main de Mary et la regarda. Elle était très belle, ses cheveux blonds lui encadraient la tête pour former une couronne, ses yeux étaient clos, elle avait été lavée de toute trace de sang. Elle paraissait si paisible qu'on pouvait croire qu'elle dormait, un seul détail gardait les pieds d'Hermione sur Terre, sa main était glacée. La jeune femme passa la bague à l'annuaire de Mary sans un mot puis accorda un dernier regard à son amie avant de s'enfuir sans un regard vers les visages ahuris des personnes présentes.
Elle s'assit près du lac noir, un peu à l'écart de l'enterrement. Peu de temps après, elle entendit quelqu'un la rejoindre et devina qu'il s'agissait de Remus.
—C'était très beau ce que tu lui as dit. Je suis certain qu'elle est fière de toi, et émue que tu lui aies choisi un aussi beau poème.
—L'auteure a réussi à mettre des mots sur mes sentiments. C'est exactement ce que je ressens. Je l'ai découvert à la mort d'Harry, mais comme il n'y a pas eu d'enterrement, je ne l'ai pas lu, de même pour Ron. Quant aux autres morts, nous en avons enterré très peu et je n'étais pas assez proche d'eux pour lire un poème. Lorsqu'elle m'a dit qu'elle aimait la poésie, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce poème. J'espère n'avoir offensé personne en disant les choses telles qu'elles sont. Souvent les gens n'aiment qu'on dise « mort » dans les enterrements.
—C'est la mère de Mary qui te l'a demandé. Elle sait ce qu'on a vécu. Elle se doutait bien que tu ne prendrais pas de pincettes. Tu as parlé au passé et évoquer sa mort, c'est la vérité, ce qui ne le comprennent ne sont pas dignes qu'on se soucie d'eux. Aller, Mione, qu'est-ce qu'il y a ?
—Je me demande si j'ai fait le bon choix.
—Pour la bague ?
—Non, bien sûr que non, j'étais sure de moi. Je parle d'avoir pris la place de Lily, Alice ou Dorcas. Elle l'a connaissait bien mieux que moi, elles étaient amies depuis des années. J'ai l'impression d'avoir pris leur droit de s'exprimer et de raconter leurs propres souvenirs.
—Ce n'est pas le cas.
Les deux voyageurs du temps se retournèrent brusquement, en entendant Dorcas parler.
—C'est vrai qu'on a été surprise de te voir parler, on ne se doutait pas que toi et Mary vous étiez amies, mais ton discours était très beau et le poème vraiment magnifique. Tu as honoré sa mémoire, et c'est le plus important.
—Viens avec nous. Tu étais une amie de Mary et les amis de mes amis sont mes amis.
—Merci Alice.
Elle jeta un regard à Remus qui l'incita à y aller. Elle lui adressa un petit sourire et lui intima qu'ils parleraient plus tard. Elle se dirigea d'un pas incertain derrière les trois Gryffondor. La cérémonie était terminée, mais Mary n'allait pas être enterrée à Poudlard, mais dans son village de naissance, en petit comité, seule sa famille serait présente. Cet enterrement rappelait beaucoup à Hermione l'enterrement de Dumbledore. Celui de Mary était beaucoup plus petit, il y avait beaucoup moins de monde, mais encore une fois, Poudlard était endeuillé et cela se ressentait.
Les maraudeurs étaient assis dans l'herbe, à l'orée de la forêt interdite. Les filles les avaient rejoints et se rapprocha d'un pas hésitant.
—Helena, viens avec nous.
—Je ne suis pas sûre de vouloir m'imposer.
—Grace ! viens.
Hermione s'assit à côté d'eux et écouta de loin leurs discussions d'une oreille lointaine. Elle réfléchissait toujours à la bataille, aux horcruxes, à l'Ordre.
—Helena ?
—Pardon, je pensais à autre chose.
—Comment as-tu su le contre-sort pour sauver Sirius.
—C'était un sectusempra. Disons que j'ai déjà eu affaire à ce sort. Heureusement pour Black, je connais le contre-sort.
—Mary n'a pas eu cette chance, si je tenais la personne qui a lancé ce sort…menaça James.
—Rodolphus Lestrange.
Ils fixèrent tous de concert Hermione qui ne semblait pas comprendre pourquoi.
—Tu l'as vu ? Comment peux-tu en être sûre ?
—J'ai aperçu une ombre et je pense que c'était lui. Ton frère n'est pas capable de lancer un tel sort et il n'y avait pas d'autre Black à l'horizon.
—Pourquoi tu parles de la famille de Sirius ?
—Tu ne leur as pas dit ? demanda-t-elle en se tournant vers le jeune homme en question.
—Dit quoi ?
—Le sort par lequel Mary a été tuée, c'est un Black qui l'a inventé. Ta cousine tarée, Hermione eut un frisson en la mentionnant, n'était pas là et qui d'autre aurait pu le jeter.
—Comment sais-tu que ce sort a été inventé par ma famille de fou ?
—Hum, j'ai lu beaucoup de livres et certains écrits par tes ascendants sont tombés entre mes mains, dit-elle dans un demi-mensonge.
Le maraudeur lui jeta un regard suspicieux mais ne rétorqua pas.
—Et, tu es sûre que c'était Lestrange ? Ce n'est pas la seule personne mariée à un Black, demanda Lily pour couper court à la conversation
—Je me suis occupée de Malefoy, ça ne peut pas être lui.
—Tu l'as tué ?
—Je ne sais pas. Je lui ai jeté un sectusempra et je l'ai laissé là. Peut-être que quelqu'un lui a lancé le contre-sort. Ne me regardez pas comme ça ! Lily, Potter, il y a un mangemort qui a perdu un œil à cause de vous. Et alors ? C'est peut-être lui qui a lancé le doloris sur des troisième année, c'est peut-être lui qui vous aurait torturé. Alors si j'ai tué Malefoy, je m'en contrefiche royalement.
—Tu as déjà tué des personnes ? demanda Remus, d'une voix hésitante.
—Lupin, ne recommence pas ! Bien sûr que j'ai tué des gens. Et avant que vous ne me posiez la question, je n'ai absolument aucune idée de combien. Je ne regrette aucune mort que j'ai causé, grâce à cela, j'ai sauvé des vies. Ne pensez pas que je vaux comme ces saletés de mangemorts, on doit combattre le mal par le mal, ou on n'y arrivera jamais et on échouera lamentablement. J'ai tué des gens et ça ne me fait rien. J'ai culpabilisé au début, mais je vous assure, on s'habitue.
Devant les airs choqués des Gryffondor de septième année, Hermione se rendit compte qu'elle était peut-être aller plus loin. Cela avait fait un choc lorsque Remus l'avait vu tué quelqu'un pour la première fois et elle n'aurait pas dû dire le fond de sa pensée ainsi. Main tant pis, ils l'auraient de toute façon découvert lorsqu'ils auraient combattu dans l'Ordre.
—Excusez-moi, marmonna-t-elle avant de s'éclipser rapidement.
Les Gryffondor la regardèrent s'enfuir mais ne la retinrent pas, ils ne savaient pas vraiment quoi lui dire. Le meurtre était quelque chose d'impardonnable pour eux et ils n'avaient jamais eu affaire à quelqu'un qui semblait fier d'avoir tué une personne. Lily repassa la conversation dans sa tête et quelque chose l'interpella.
—Elle a dit « ne recommence pas ». Tu lui as déjà parler Remus ?
—Pas de meurtres, non.
—Pourquoi est-ce qu'elle a dit recommencer alors ? se questionna Lily, plus pour elle-même que pour les autres.
Hermione s'était précipité vers le bord du lac, espérant que Remus serait toujours là. Elle n'était pas partie longtemps mais ils ne pouvaient pas le savoir alors, il avait peut-être regagné ses appartements. Elle l'aperçut près des portes du château et se précipita vers lui.
—Rem' !
Il se retourna brusquement et la jeune femme se réfugia dans ses bras en pleurant avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche. Il lui tapota le dos tout en cherchant les Gryffondor de septième année du regard, qu'est-ce qu'ils avaient pu lui dire pour qu'elle se mette dans cet état.
—J'ai grillé ma couverture, sanglota-t-elle.
Remus se retint de soupirer et attendit des explications plus poussées de la part de son amie.
—Je leur ai dit qui avait tué Mary et Sirius m'a dit comment je savais qu'il avait été inventé par un Black et j'ai lu les livres et j'ai dit que j'avais tué beaucoup de monde, marmonna-t-elle.
—Tu peux me réexpliquer plus calmement, je n'ai rien compris.
Hermione acquiesça et entreprit de raconter ce qu'il s'était passé, en séchant ses larmes. Remus, cette fois-ci, ne se retint pas de soupirer mais affirma qu'il n'y avait rien de grave, ils devaient simplement être encore plus prudents dorénavant.
—Eh bien je crois qu'on a largement échoué sur notre pari, rit Remus en désignant leurs larmes respectives.
Hermione eut un petit sourire entre ses larmes, et se tourna vers le parc. Elle vit alors une femme blonde qui se dirigeait vers elle. Elle l'a reconnue immédiatement et vint à sa rencontre.
—Bonjour Helena, je suis Eleanor McDonald. Vous devez être Remi, commença-t-elle en serrant la main d'Hermione puis celle de Remus. J'ai à vous parler, suivez-moi, nous avons besoin d'un endroit plus calme.
Les trois sorciers se dirigèrent vers l'orée de la forêt interdite et la mère de Mary jeta des sorts de silence autour d'eux.
—Je voudrais vous remerciez pour le discours que vous avez fait sur ma fille. Elle a toujours aimé la poésie, depuis son plus jeune âge et le poème que vous avez choisi représentait magnifiquement notre peine à tous.
—Mais ce n'est pas pour cela que vous êtes ici, je me trompe ?
—Vous avez raison Remi. Mary a sacrifié sa vie pour la cause et, non, ne vous excusez pas, ce n'est pas de votre faute, je serai reconnaissante si vous m'expliquiez en détails ce qu'il s'est passé.
Après un regard d'hésitation, Hermione raconta cet instant si pénible, elle prenait sur elle pour ne pas pleurer et faire de son récit, l'explication la plus fidèle des faits. Elle raconta même son abandon d'elle-même, lorsqu'elle libéra sa magie noire.
—Vous êtes une personne très puissante Helena, peut-être même plus que les fondateurs eux-mêmes.
—Je ne pense pas Mme McDonald. Je suis puissante, et je le sais. Mais je ne le suis pas plus que tous les fondateurs.
Eleanor sembla pensive et son regard tomba sur la bague d'Hermione, elle étouffa une exclamation de surprise, elle releva la tête vers Remus et vit une chaine qui pendait à son coup, sans en voir le bout.
—Vous êtes des élus du Temps.
Hermione s'étrangla avec sa salive et Remus se raidit, ses yeux étaient prêts à sortir de leur orbite. Il finit par se ressaisir et taper dans le dos d'Hermione.
—Ne me demandez pas de le répéter. J'en suis sûre. Vous n'auriez pas pu venir du futur avec un simple retourneur de temps et les formules qui permettent le voyage d'époque en époque ont été détruites il y a des siècles. Votre bague ne fait aucun doute, la magie qui en émane est incroyable.
—Com, comment l'avez-vous deviné ?
—Je travaille sur la magie depuis de nombreuses années, la magie du temps a été ma thèse lors de mon examen. Bien sûr à l'époque, je ne connaissais pas les Bijoux du Temps, mais je me suis instruite par la suite.
—Nous sommes les premiers élus depuis trois siècles. Vous n'avez jamais pu les rencontrer et Poudlard nous a garanti que ses élus étaient encore plus rares. Peu importe le nombre de thèses que vous avait faits, il n'y a aucun moyen que vous les ayez découverts.
—Ma chère, il y a encore beaucoup de choses que vous ignorez. Nicolas Flamel et Tom Jedusor ont chacun exploré différents chemins pour parvenir à l'immortalité, mais ce ne sont pas les seuls.
—Vous êtes immortelle ? demanda Remus, qui n'était pas sûr de ce qu'il venait de comprendre.
—Mary le savait-elle ? Quand êtes-vous née ?
—Ma famille n'est pas au courant de mes travaux sur la magie. Mon immortalité, comme vous l'appelez, en fait partie. Quant à ma naissance, Nicolas Flamel n'a qu'à bien se tenir, je suis bien plus vieille que lui.
La vieille femme, qui ne le paraissait pas, partit, les deux sorciers avaient répondu à ses questions, bien au-delà de ses espérances. Hermione et Remus se regardèrent abasourdis par cette femme qui s'en allait, comme si elle n'avait rien révéler de choquant. Cet enterrement était le plus étrange auquel ils avaient eu le malheur d'assister.
Le poème a été écrit par Isabelle Callis-Sabot
