« Il est bien rare qu'au regret d'avoir perdu u ami ne vienne se joindre le regret plus cruel encore de l'avoir quelquefois affligé. »

Céline Fée

Hermione était dans le parc de Poudlard, pour sa dernière soirée au château. Les élèves partiraient demain matin, à neuf heures et bien qu'elle ne prendrait pas le Poudlard express, elle devait s'en aller comme tout le monde. Cette année avait été bien particulière, mais avec tout ce qu'elle avait vécu à chaque nouvelle année, elle ne pouvait s'attendre à avoir une année reposante. Cependant, jamais quelques années auparavant elle n'aurait pu imaginer que sa septième année se ferait en 1977, vingt plus tôt que celle qu'elle aurait du faire, dans un monde sans mage noir. Elle avait rencontré les parents de son meilleur ami, avait révélé son potentiel magique à toute l'école, avait fabriqué de la potion tue-loup, était devenue amie avec son ancien, ou futur, professeur de potion, avait coloré les cheveux de tous les élèves de l'école, avait détruit un horcruxe était devenue amie avec une personne dont elle ignorait l'existence avant de remonter le temps, elle lui avait révélé son secret et les explications sur sa vie si compliquée puis avait combattu contre des mangemorts à Pré-au-lard, avait perdu une amie. Cette année avait été éprouvante, comme toutes les précédentes mais Hermione savait pertinemment que les prochaines le seraient tout autant.

Elle se décida à rentrer au château, elle voulait profiter une dernière fois de la fabuleuse nourriture puis de sa soirée dans la tour d'astronomie et passait sa nuit à parcourir le château une dernière fois. Elle le savait, elle n'y retournerait plus. Cet endroit qu'elle appréciait tant, qui l'avait vu grandir, faire ses premiers pas dans la vie magique, qui l'avait forgée, elle n'y séjournerait plus. Elle y retournerait sûrement, après tout, le fondateur de l'Ordre était Dumbledore et il y aurait toujours des compte-rendu à lui faire mais le château allait lui manquer. Là où tout avait commencé. Elle espérait juste qu'elle n'aurait pas à combattre une nouvelle fois ici, elle ne savait pas si elle en serait capable. Elle le savait d'avance, ses souvenirs ressurgiraient et Remus ne pourrait pas l'aider à gérer sa crise. Alors Hermione implorait Morgane, Merlin, les cinq fondateurs, mais elle savait que le destin aimait lui jouer des tours. La Destinée était mentionnée dans la troisième énigme du temps, mais la sorcière en était sûre, elle ne s'arrêterait pas à son voyage dans le temps. Hermione détestait ne pas maitriser sa vie et ses actions, mais plus le temps passé depuis qu'elle était devenue « élue du temps », plus elle perdait contrôle sur sa vie et Hermione n'aimait pas du tout les surprises, encore moins lorsqu'il s'agissait d'un Serpentard de sixième année qui se dirigeait vers elle.

—Black. Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d'une voix lasse.

—Tu as vu ce que tu m'as fait ?

Hermione le détailla, il avait le bras en écharpe, un œil au beurre noir et une fine cicatrice sur le visage. Mme Pomfresh la lui avait réparée, mais sa jambe le faisait toujours mal, si bien qu'il boitait. Il se trouvait dans un piteux état mais Hermione, après l'émotion des derniers jours, n'en avait que faire. Elle avait prévenu le jeune homme qu'ils ne seraient jamais amis, leurs camps se battaient l'un contre l'autre, mais il avait persisté à croire qu'il pouvait apprendre quelque chose de la jeune femme et la chute faisait mal.

—Je t'avais dit que nous nous verrons sur le champ de bataille, je ne pensais pas de sitôt mais cela s'est fait. Tu croyais quoi ? Que j'allais t'épargner parce qu'on avait parlé trois fois ? Les gens de ton espèce ont blessé des tas de personnes, un quatrième année a perdu l'usage de sa jambe à cause de vous. Mary est morte !

—Ce n'est pas moi qui l'ai tué !

—Ton cousin ! Par un sort inventé par ta famille ! Si tu n'as pas tué quelqu'un, tu le feras la prochaine fois. Tu crois que je ne t'ai pas vu lancé le doloris ? Tu crois que c'est réparable, que ce n'est rien mais j'aurais pu te tuer si j'en avais envie. Soit reconnaissant, je ne l'ai pas fait, mais j'en suis parfaitement capable.

—Tu as presque tué Lucius.

—Ainsi il n'est pas mort ? Tant pis, j'aurais plus de plaisir à le faire la prochaine fois.

—Tu penses qu'on est des ordures, mais tu n'es pas mieux. Tu avoues que tu prendrais plaisir à nous tuer, n'est-ce pas un comportement de mangemort ?

—Oh, mes principes sont aux antipodes des votres, en vous tuant, j'évite que vous tuiez des centaines d'autres personnes, que vous violez, torturez des êtres innocents, en raison de leur sang. Alors oui, je prendrais du plaisir à ôter la vie de chacun de tes compagnons parce que c'est tout ce qu'ils méritent. Ils sont déjà trop fous pour Azkaban. Je vous combattrai par les mêmes armes que vous utilisez. Les impardonnables, la magie noire. Tu pleurniches parce que tu as un bras cassé, mais ce qu'il se passera dans ta vie sera bien pire Black. Ce n'est pas parce que tu es dans le camp de la noirceur que tu seras à l'abri de la torture !

—Tu paieras pour ce que tu m'as fait Grace. On n'humilie pas un Black aussi facilement !

—C'est ça, menace-moi. Tu n'as pas encore compris que je peux te tuer d'un claquement de toi. Ton maitre peut le faire aussi. Tu ne seras jamais en sécurité nulle part. Et tu oses me menacer alors que je t'ai montré ma supériorité par deux fois, par la magie noire et par le combat moldu.

Elle lui jeta un regard méprisant et partit sans attendre de réponse de la part du sorcier. Elle monta jusqu'à la tour d'astronomie mais lorsqu'elle y arriva, à son grand regret, elle n'était pas déserte. La personne se retourna brusquement lorsqu'elle entendit les pas de la sorcière derrière elle.

—Helena, tu m'évites depuis des jours, j'ai cherché à te parler.

—Qu'est-ce que vous avez tous les Serpentard. C'est un concours, qui énervera le plus Helena Grace ? Le prix est fabuleux, bras droit et mangemort-en-chef de Voldy-chou. Qu'est-ce que tu veux Rogue ?

—Rogue ?

—Nous ne sommes plus dans le même camp. Je ne vais pas t'appeler Sev'. Je ne peux pas. Je pensais être plus forte que cela, mais je ne pourrais jamais te pardonner.

—De quoi est-ce que tu parles ?

—Tu oses me demander ça ? Tu es pire que je ne le pensais. C'est ta faute si Mary est morte !

—Je ne l'ai pas tuée ! Je ne connais même pas ce sort !

—Evidemment que tu ne connais pas ce sort ! C'est Lestrange qui l'a lancé. Mais c'est toi qui as lancé le sectusempra sur Sirius. Tu crois que je ne t'avais pas reconnu ? Ce n'est pas un simple masque qui va m'empêcher de te reconnaitre. Si je n'étais pas occupée à le soigner, Mary n'aurait jamais eu à se mettre devant moi. Elle s'est sacrifiée pour moi. A cause de toi !

—Comment connais-tu le sectusempra ? C'est toi qui l'as lancé sur Lucius ?

—Qui veux-tu que ce soit ? Et c'est vraiment ce qui importe ? Il n'est pas mort à ce que je sache, et même s'il l'était, je m'en fouterai royalement. Mary, elle, ne reviendra pas.

—Eh bien tu veux que je te dise, je n'en avais rien à faire d'elle. Sa mort ne me fait rien.

Hermione n'eut pas le temps de s'offusquer qu'elle gifla violemment Severus. Le jeune homme s'apprêtait à s'en aller lorsque la jeune femme le retint d'un geste.

—Tu ne crois quand même pas que tu vas t'en tirer ainsi. Ne me sors pas l'excuse de l'impulsivité des bouffondors, tu as insulté la mémoire de mon amie, tu dois le payer.

A peine finit elle sa phrase, qu'elle attaque d'un sort, que le jeune homme para sans problème. Ils enchaînaient les sorts à une vitesse déconcertante, encore plus que lors de leur précédent duel. Ils s'envoyaient chacun des sorts de magie noire complexe, sans vraiment réfléchir aux conséquences de leurs actes. Même si peu d'élèves montaient jusqu'en haut de la tour, les sorts avaient dû les interpeller puisqu'ils y avaient tout un groupe de première et deuxième année qui était attroupés à côté d'eux, mais les plus sensés s'étaient tout de même bien écartés.

—Endoloris

Hermione se prit le sortilège de plein fouet et tomba à genoux. Elle luttait pour ne pas hurler, même si le sort était bien moins virulent que celui lançait par Malefoy quelques jours auparavant.

—Tu veux jouer à ça Rogue, articula-t-elle entre ses dents.

Elle inspira puis se releva, avant de lancer un impero au Serpentard, elle lui fit ensuite se jeter à lui même le sort qu'il venait de lui administrer, mais le sorcier s'en défit rapidement. Les sorts montèrent encore en intensité et au moment où Hermione sentit qu'elle allait —enfin— prendre le dessus, sa baguette lui échappa des mains.

Elle se retourna, abasourdie, devant un Dumbledore au regard noir et à l'expression choquée.

—Jamais, depuis la création de Poudlard, de telles choses se sont produites. Dans mon bureau, immédiatement. Les autres, dispersez-vous, il me semble que vous avez vos valises à préparer.

Lorsqu'ils arrivèrent tous les deux dans le bureau du directeur, Hermione et Rogue virent leurs directeurs de maisons respectif qui les attendaient de pied ferme. Dumbledore les invita à s'asseoir d'un regard glacial et même si aucun des deux sorciers n'avait envie de le faire, ils obéirent de mauvais grâce.

—Vous pouvez tous deux vous estimez heureux que l'année soit terminée et que votre cursus aussi, vous auriez été renvoyé sur le champ. Vous rendez-vous compte de la gravité de vos actes. Vous avez utilisé de la magie noire au sein de l'école, en duel, avec pour spectateurs des élèves de première année. Jamais de tels comportements n'ont été observés depuis la création de l'école. Les nobles fondateurs de Poudlard se retournent dans leur tombe. J'espère que vous avez honte de vous. Poudlard est une école. La magie noire ni a pas sa place. Vous avez essayé de vous jeter des sortilèges de torture. Vous aurez pu vous tuer. Cela sera inscrit dans vos dossiers. Je doute fortement que les écoles de formation acceptent des élèves tels que vous.

—Professeur, l'Académie de Potions—

—Jugera par elle-même si vous êtes digne d'y entrer Monsieur Rogue.

—Et vous Miss Grace. Que vouliez-vous faire avant ces événements ? demanda Slughorn, peu ravit que son meilleur élève ne puisse probablement pas devenir maître des potions.

—Je ne compte pas faire d'étude, cela ne change rien à mes plans.

—Excusez-moi ? répondit alors Dumbledore, qui n'envisageait pas cela.

—Je ne vais pas faire d'études. Je vais me concentrer sur la lutte contre Lord Voldemort et je verrais une fois que je l'aurai exterminé, ainsi que chacun de ses petits chiens.

—Vous prononcer son nom.

—La peur d'un nom ne fait qu'accentuer la peur elle-même, professeur, dit-elle d'une voix doucereuse.

Avant que Dumbledore n'ait pu répondre, les maraudeurs entrèrent en trombe dans le bureau suivi par Alice, Dorcas et Lily. Cette dernière ralait et signifiait d'une voix forte à son petit-ami qu'il fallait attendre dehors.

—Vous nous avez demandé professeur ? demanda Sirius nonchalamment.

—Nous interrompons peut-être quelque chose.

—Non, nous avions fini, déclara Hermione d'une voix neutre.

—Miss Grace ! Je ne crois pas vous avoir autorisé à quitter mon bureau.

—Qu'est-ce que vous voulez me dire d'autre, professeur ? Vous l'avez dit vous-même, l'année est terminée, vous ne pouvez rien changer aux événements et peu importe vos discours moralisateurs, je ne regretterai pas mes actes. J'utilise la magie noire depuis un bon nombre d'années et cela ne va pas changer aujourd'hui. Vous ne pourrez pas me mettre les bâtons dans les roues pour mes études, je n'en ferais pas. Et si par malheur je survivrai à la Guerre, je révolutionnerai le système archaïque et conservateur du ministère de la magie. Je ne suis plus votre élève, vous n'avez pas d'autorité sur moi. Je n'en ai que faire du respect que vous avez acquis pour avoir battu Grindelwald, si vous vous interposez en travers de mon chemin, je ne le permettrai pas. Personne ne le fera et sûrement pas vous. Professeur McGonagall, professeur Slughorn, finit-elle d'un signe de tête.

—Tant que vous êtes sous ce château, vous êtes sous mon autorité.

—Je suis sous l'autorité de Poudlard et de Gryffondor. Mais ne vous inquiétez pas, je vais quitter le château sur le champ.

Hermione sortit de la pièce sous les regards interloqués des personnes présentes. Jamais personne n'avait osé remettre en cause l'autorité et les exploits de Dumbledore, encore moins aussi franchement. Les deux professeurs prirent congé et le directeur invita les élèves à s'asseoir sur les chaises qui étaient miraculeusement apparues. Ils attendirent tous que leur mentor parle. Ils se demandaient pour quelle raison il aurait bien pu les convoquer.

—Laissez-moi vous parler de l'Ordre du Phénix.


Hermione avait récupéré les quelques objets qui restaient dans la salle sur demande, les avaient mis dans son sac de perles et avaient quitter le château d'un dernier regard. Cet endroit allait lui manquer, c'était certain mais la jeune femme était également soulagée de partir. Dès qu'elle pénétrait dans la salle commune des Gryffondor, elle revoyait Harry et Ron jouer aux échecs, Neville qui parlait avec Seamus et Dean, Olivier Dubois qui réfléchissait à de nouvelles tactiques de Quidditch. Lorsqu'elle se promenait dans les couloirs, elle s'attendait à voir Colin Crivey débarquer avec son fichu appareil photo et les jumeaux Weasley à piéger le premier venu avec leur nouvelle farce. Lorsqu'elle entrait dans la salle sur demande elle espérait rencontrer l'AD au complet, qui s'exerçait à la défense contre les forces du mal. La seule fois où elle s'était rendue au terrain de Quidditch, elle avait revue Luna et sa tête de lion et tous les rouge et or qui encourageaient leur équipe. Poudlard, aussi beau soit l'endroit, était rempli de souvenirs, qu'Hermione peinait à oublier et quitter le château ne pouvait qu'être mieux. Ce fut tout de même avec un regard ému et plein de larmes qu'elle observa le château, avant de transplaner.

Elle arriva dans une petite ruelle de la rue des embrumes. Elle entra dans le premier commerce qu'elle vit. C'était une boutique de magie noire, semblable à Barjow et Beurk et Hermione flâna à travers les rayons. La boutique était déserte, ce qui n'était guère étonnant au vu de l'heure qu'il était. Hermione vit un collier en argent briller au détour d'un rayon. Elle s'aperçut qu'il n'était pas orné d'une pierre mais du signe des reliques de la Mort. Elle s'en empara, mais à sa grande surprise, elle ne sentit pas la magie noire émaner de ce bijou. Elle allait demander des explications à la sorcière qui tenait la boutique, mais elle s'arrêta lorsqu'elle vit quelqu'un qu'elle ne connaissait que trop bien entrer à l'intérieur de la pièce. C'était Lucius Malefoy, suivit de Rodolphus Lestrange. Ils se dirigèrent vers le fond de la boutique, là où les plus dangereux et les plus sombres objets étaient entreposés. Hermione par précaution, enfila la cape d'invisibilité d'Harry et se glissa à côté d'eux pour écouter leur conversation. Elle aurait bien voulu, comme toute bonne Gryffondor impulsive, venger Mary en les défiant en duels et en les achevant dans la souffrance, mais sa raison lui soufflait que ce n'était ni l'endroit, ni le moment.

—Le maitre cherche quelque chose de plus puissant Lucius. Quelque chose qui détruira tous les moldus présents à un kilomètre à la ronde.

—Cela me répugne de devoir approcher tous ces sang-de-bourbe aussi proche. Où elle est ?

—A Londres, Oxford Street je crois. Cherche plutôt un objet pour le maitre au lieu de te concentrer sur les moldus. Ce ne sont pas eux qui te jetteront le doloris si tu échoues. Pas ça, ce n'est pas assez puissant.

Hermione retint une exclamation de surprise. Ainsi, Voldemort voulait déjà se remettre à attaquer. Les moldus cette fois-ci. La rue en question était l'une des plus fréquentées de la ville, elle s'y était souvent rendue avec ses parents lorsqu'elle était enfant. S'il y avait une attaque là-bas, ce serait un véritable désastre. Elle attendit que les mangemorts sortent de la boutique pour se dévêtir de la cape. Heureusement, ils ne semblaient pas avoir trouvé quelque chose d'assez puissant pour détruire tous les moldus dans un rayon d'un kilomètre à l'intérieur de cette boutique. Hermione se dirigea vers le comptoir pour acheter le collier des Reliques de la Mort lorsqu'elle vit une dague, qu'elle reconnut immédiatement. Son regard tomba sur la marque de son bras, qui s'était remise à saigner.

—Cette dague, vous la vendez à combien ?

—L'homme qui vient de sortir la réservée pour sa femme.

—Mais il ne l'a pas acheté. Je peux mettre le double.

—Deux cents galions.

—Vous plaisantez !

—Ceci est mon dernier mot. C'est à prendre ou à laisser.

—Bien.

Hermione ressortit avec le collier autour du coup et la dague dans son sac. Elle lui avait couté très cher, mais en réalité c'était Harry qui payait. Elle n'avait pas pu résister à la prendre. Cette dague maudite, avec laquelle Bellatrix Lestrange l'avait marquée à jamais, ne pouvait pas tomber à nouveau entre ses mains. Combien d'innocents marquerait-elle encore ? Combien de vie aurait-elle ôter ? Hermione ne pouvait pas avoir cela sur la conscience. Sa simple vue lui donnait envie de vomir, mais elle ne pouvait pas laisser Rodolphus Lestrange l'offrir à sa femme. Hermione jeta un coup d'œil à sa montre et vit qu'il était déjà une heure du matin. Il était bien trop tard pour penser se rendre au chaudron baveur, mais elle n'était pas fatiguée de toute façon. Elle flâna dans Londres, réfléchissant à sa vie, à ce qu'elle était devenue.

La petite Hermione Granger qui avait rencontré Harry Potter et Ron Weasley dans le Poudlard express n'existait plus. Oh, Helena Grace ne l'avait pas remplacée, la jeune femme avait toujours beaucoup de mal avec ce patronyme. Hermione Granger était devenue Hermione, tout simplement. Derrière la miss-je-sais-tout, derrière le rat de bibliothèque, derrière la sang de bourbe, se cachait la véritable Hermione. De nombreuses personnes n'avaient jamais cherché à connaitre Hermione, comme n'avait jamais cherché à connaitre Harry, seulement l'élu, le survivant, et de même pour Ron, qui avait tout d'abord était connu par son nom de famille. Personne n'avait cherché à creuser sous la carapace des membres du trio d'or, comme ils étaient appelés. Certains avaient essayé, comme Neville, Luna ou Ginny, et d'une certaine façon, ils s'étaient révélés à eux. Mais personne ne connaitrait jamais Hermione mieux que Ron et Harry. Leur trio se complétait parfaitement, leur amitié était indestructible. Même la Mort n'avait pas pu la briser, elle était seulement parvenue à les séparer, mais Hermione le savait, un jour elle les retrouverait.

Hermione se lassa de parcourir sans but les rues de Londres et se glissa dans une ruelle sombre et se métamorphosa pour devenir un beau phénix, qui s'envola pour parcourir le ciel, un sac de perle coinçait dans le bec. L'aurore se levait et Hermione se fondait parfaitement dans le ciel rouge. Elle volait vers un endroit, là où personne ne pourrait la trouver. Elle volait vers ses rêves.