Celle que j'étais
Est morte pour faire naître
Celle que je suis.

Victor Dixen, Cogito

Sirius Black était fier d'appartenir à la maison des Gryffondor, et ce depuis son plus jeune âge, lorsqu'il y avait été réparti. Il avait tourné le dos à sa famille de sang-pur remplie de préjugés et cette maison lui correspondait en tout point. Cependant, les Gryffondor avaient également beaucoup de défauts et l'impulsivité en faisait malheureusement partie. Il avait décidé d'entrer dans la chambre d'Helena Grâce et de Remi Lucas sur un simple coup de tête, s'il avait su…

Tout d'abord, il n'avait pas parlé de son plan aux maraudeurs, ils étaient tous occupés et ils auraient plus de temps pour discuter de ce que Sirius trouverait s'il ne les dérangeait pas. Ensuite, le sorcier avait attendu que les deux personnes résidant dans la chambre s'en aillent, sans penser au moment où ils reviendraient. Pour finir, Sirius n'avait tout simplement pas réfléchi à ce qu'il allait faire.

Il entra dans la chambre, le plus discrètement possible et l'observa rapidement. Il n'y avait rien sur les tables de chevet, pas même un livre qui aurait pu lui donner un indice sur les recherches qu'ils faisaient. Il essaya d'entrer dans la salle de bain attenante, mais elle était verrouillée magiquement et après quelques tentatives de sortilèges de déverrouillage, il se se rendit compte que ce sortilège lui était inconnu. Il rebroussa le chemin lorsque quelque chose l'interpella. Sur la commode de la pièce, il y avait deux cadres, l'un représentait un jeune homme roux, que Sirius n'eut aucun de mal à identifier, Helena avait transformé Remus en sa copie conforme lors d'un cours de métamorphose, c'était son ami Ron. Sur l'autre cadre, les deux personnes étaient immobiles mais souriaient sincèrement à l'objectif, derrière eux, il y avait une étendue de sable blanc ainsi que la mer d'un très beau bleu. Sirius n'avait jamais entendu parler d'eux, peut-être était-ce d'autres personnes qu'Helena avait mentionné lors de sa crise, il ne se souvenait plus de leurs noms. Il attrapa le cadre et descendit les escaliers pour se précipiter vers les autres maraudeurs qui tenaient compagnie à Lily, Alice et Dorcas.

—Regardez ce que j'ai trouvé dans la chambre de Grace et Lucas.

Tandis que ses amis observaient le cadre, Lily s'offusqua.

—Tu es entré dans leur chambre par effraction !

—La porte était ouverte, je ne suis pas allé dans la salle de bain.

—Elle était verrouillée, hein Patmol ?

Sirius acquiesça, l'air défait. James le connaissait beaucoup trop bien, c'en devenait dérangeant.

—Qui ça peut bien être ?

—Vous croyez que c'est lui Harry ? Et la fille, ce serait qui ?

—Je ne pense pas que ce soit Harry, intervint Remus. Dans la tour d'astronomie, elle l'avait confondu avec James et cette personne est blonde aux yeux bleus, pas vraiment James si vous voulez mon avis.


Hermione et Remus se trouvaient dans le parc près de la maison de Dorcas, à réfléchir aux horcruxes. Ils en avaient détruit deux, connaissaient l'emplacement de deux autres, dont un très précisément, mais ils ne pourraient y aller seuls. La bague des Gaunt les amènera sans aucun problème à l'essayer, et ils ne pouvaient pas se permettre de perdre un membre de leur corps. Il faudra qu'ils y aillent accompagné, avec quelqu'un de l'Ordre qui n'avait perdu aucun être cher et en qui ils avaient confiance, ce qui réduisait énormément le nombre de possibilités.

—Je sens qu'ils préparent quelque chose, commença Remus.

—Qui ? L'Ordre, les mangemorts, Voldy ?

—Oh, Voldy prépare toujours quelque chose, mais je parlais des maraudeurs, ils nous fixaient avec beaucoup trop d'insistance hier.

—Ils ne peuvent pas nous avoir entendu, les sortilèges de silence sont toujours en place et ils ne connaissent pas assurdiato. Et puis je ferme souvent la porte à clé.

—Tu l'as fait aujourd'hui ?

Hermione secoua la tête et l'instinct de Remue le poussa à aller voir, bien que sceptique, la sorcière suivit son ami, elle l'avait envoyé un bon nombre de fois dans ses plans douteux, elle pouvait bien lui rendre la pareille. Ils entrèrent dans le couloir et entendirent des voix dans le salon. Ils virent avec stupéfaction les maraudeurs, Lily, Alice et Dorcas discutaient avec un cadre entre leurs mains, un cadre qui appartenait aux voyageurs du Temps.

Le sang de Remus ne fit qu'un tour et il se précipita vers eux avant de leur arracher le cadre des mains.

—On ne vous a jamais appris à vous mêler de vos affaires et à ne pas voler celle des autres ? cracha-t-il.

Il monta à l'étage et tout le monde le suivit du regard. Hermione le regardait, un petit sourire aux lèvres, pour une fois c'était elle qui avait gardé son sang froid et pas l'inverse, ça faisait du bien ! Elle jeta un regard noir aux Gryffondor présents dans la pièce et suivit Remus.

—Grace, attend ! C'était qui ces personnes ? demanda Sirius.

—Elles ne sont pas mortes au moins ?

—James ! chuchota Lily en lui donnant un coup de coude

—Non, il y a au moins deux de mes amis qui ne sont pas morts, ça fait du bien.

—Alors, pourquoi tu ne vas pas les voir ? Tu dis que tous tes amis sont morts mais tu ne vas pas rendre visite à ceux qui sont vivants !

—Ce sont des moldus n'est-ce pas ? dit alors Dorcas. La photo ne bouge pas.

—Tu es amie avec des moldus ? s'immisça alors Peter qui n'avait pas encore parlé.

—Ça te pose un problème ? demanda-t-elle d'une voix tremblante, ses yeux lançant des éclairs.

Le traître se recroquevilla sur lui-même et n'osa plus parler. Les autres se regardaient mais ne savaient plus quoi répondre.

—Pourquoi tu ne vas pas les voir s'ils te manquent tellement ?

—Ils habitent loin...

—Tu peux transplaner pour aller en Espagne, la distance n'est pas si grande. Et puis un portoloin, ça ne coûte pas si cher.

—Je ne pense pas que cela soit en Espagne, Sirius, répondit Alice.

—Qu'est ce qui te fait dire ça ?

—Il n'y a pas de barrière de corail en Espagne... Enfin je ne crois pas. Regarde bien dans le fond, il n'y a aucun doute possible.

—Ah, je savais que tu cachais quelque chose, tu n'es pas espagnole, tu es australienne !

—J'ai l'accent australien peut-être ? On a vécu un an en Australie, il y a quelques années.

—Ça ne répond toujours pas à ma question, pourquoi ne pas aller les voir ?

—Mêle-toi de tes affaires Sirius Black !

Hermione se retourna et garda son masque de froideur jusqu'à la chambre, avant de laisser les larmes couler lorsqu'elle s'assit sur son lit.

—Qu'est-ce que tu leur as dit ?

—Rem', je ne t'avais pas vu, je pensais que tu étais parti prendre l'air. Ils savent qu'ils sont moldus et australiens mais c'est tout. Ils l'ont deviné par eux-mêmes. Je n'aurais pas imaginer qu'ils fassent ça. Entrer dans notre chambre pour dérober des cadres. Heureusement qu'on a pas afficher Harry, ou même Tonks ou encore les maraudeurs.

Remus soupira et s'assit près d'Hermione. La jeune femme avait sorti de son sac la photo que Maugrey avait donné à Harry lors de l'été précédant sa cinquième année. Cette photo signifiait beaucoup pour elle. La sorcière pensait que cela était une époque révolue, qu'elle ne connaîtrait jamais, mais elle ne pouvait s'empêcher d'admirer tous ces sorciers, qui pour la plupart; avaient donné leur vie pour une noble cause. Elle était encore jeune, mais elle pensait déjà à reprendre la relève, avec l'armée de Dumbledore en quelque sorte. Comme elle avait été naïve. Elle ne pouvait croire que les personnes qu'elle avait tant admiré se trouvait en grande majorité dans la même maison qu'elle.

Ils n'avaient jamais réellement fait de photo de l'Ordre pendant la seconde guerre et Hermione le regrettait. Elle aurait aimé faire une photo réunissant les Weasley, Maugrey, Kingsley, Minerva, Emmeline Vance, Sturgis Podmore, Hagrid, Hestia Jones, Dedalus Diggle, et tous les autres. Un souvenir qui montrerait que la guerre n'avait pas existé uniquement dans leurs têtes et sur les cicatrices qui avaient été causées par leurs adversaires.

Remus sortit prendre l'air, il avait besoin de se retrouver seul et Hermione ne l'empêcha pas, parfois la solitude était le seul moyen d'évacuer ses sentiments, ses frustrations, et Ella et Alex en faisaient partie. Elle descendit les escaliers et s'installa dans le salon, un livre sur les différentes techniques de combat moldu entre les mains. Elle commença à le lire et vit les maraudeurs qui entrèrent dans la même pièce qu'elle. Ils s'arrêtent de parler brusquement et eurent l'air quelque peu gêné.

—Vous n'êtes pas obligé de vous arrêter de parler pour moi, dit la voyageuse du temps, sans lever le nez de son livre.

—On voulait, James se racla la gorge avant de poursuivre, s'excuser d'avoir fouiller dans vos affaires. On aurait pas dû faire ça.

—C'est le moins qu'on puisse dire.

—Lucas n'est pas là ? On voulait s'excuser devant lui aussi.

—Rem' est parti. Il ne reviendra pas avant quelques heures, quelques jours tout au plus. Il est vraiment en colère.

—Tout ça pour un cadre ?

—Oui Pettigrow, tout ça pour un cadre, soupira Hermione, passablement énervée.

—Mais pourquoi tant de cachotteries ? Enfin, je veux dire, on n'est pas vos ennemis, et—

Hermione referma brusquement son livre et se leva du fauteuil.

—Il faut que vous acceptiez de ne pas découvrir nos secrets, parce que ça n'arrivera jamais ! Nos secrets sont dangereux, Mary s'est sacrifiée pour les protéger, je le ferais aussi sans hésiter. Je ne vous raconterai jamais mon passé, ma vie, pourquoi je suis devenue celle que je suis aujourd'hui. Tout cela a une explication, mais vous ne la connaîtrez pas. Vous n'avez pas à fouiller dans ma chambre, dans mon sac. Si vous croyez que c'est comme ça que je vais vous faire confiance ! finir-elle essoufflée par sa tirade.

—Alors, tu ne vas pas nous dire qui était les deux personnes sur la photo ?

—Ils s'appellent Ella et Alex, ils sont cousins et vivent en Australie.

—Pourquoi n'allez-vous pas les voir s'ils vous manquent tant que ça ?

—On ne peut pas.

—Ne dis pas de conneries, un portoloin—

—Ce n'est pas le problème, Black. Ils ne se souviennent pas de nous. C'était plus prudent. On les a oubliettés.

Le dernier mot resta dans les oreilles des maraudeurs longtemps. Qu'avaient-ils donc à cacher qui soit si important pour oublietter leurs amis ? Avant qu'ils n'aient le temps de poser d'autres questions, Hermione avait quitté la pièce et était sortie dans le jardin. Elle vit les jumeaux Prewett s'entraîner en duel et elle resta les observer.

Ils étaient très doués, plus encore que tout ceux qu'Hermione avait eu l'occasion de voir se battre. Leurs baguettes semblaient ne faire qu'un avec leur bras, les sortilèges fusaient de toutes parts, seuls les rayonnements permettaient d'en voir le nombre puisque les deux sorciers ne parlaient pas. Ils transpiraient abondamment mais ne lâchaient rien. Hermione se rappela douloureusement ce qu'elle avait entendu sur eux, il avait fallu pas moins de cinq mangemorts, tous très bons en duel et en magie noire pour les tuer. La sorcière resta longtemps devant eux, admirative. Elle aurait beaucoup aimé savoir se battre ainsi. Elle excellait dans le combat « gardiens », était plutôt douée dans le combat moldu, et était forte en duel, grâce à son travail acharné et aux conseils de Harry et de Remus, mais elle était loin d'avoir la maîtrise des frères Prewett.

Lorsqu'ils finirent, Gideon se rendit soudain compte qu'Hermione était là, et les regardait sûrement depuis un bon bout de temps.

—Un problème Grace ?

—Pas du tout, je vous observais, vous êtes très doués.

Les deux frères se regardèrent, ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de parler avec Helena Grace mais une chose était sûre, elle ne faisait pas facilement de compliments.

—Vous n'avez pas besoin de dire quelque chose, c'est la stricte vérité. On doit vous le dire souvent, non ?

—Pas vraiment, les aurors sont habitués à nos talents de duellistes et les membres de l'Ordre ne font pas vraiment attention.

—Je ne crois pas que ce soit du talent. Vous avez certainement des prédispositions mais vous avez dû travailler comme des acharnés pour parvenir à ce résultat n'est-ce pas ?

—C'est vrai. Mais tu sembles vraiment surprise.

—Je ne vous ai jamais vu combattre, j'avais entendu que vous étiez doués, mais je ne savais pas à quel point.

—Merci. On a entendu que t'étais pas mal non plus, tu as combattu à la moldue pendant la bataille de Pré-au-Lard.

—Ce n'était pas du combat moldu, j'utilisais ma magie. On ne peut pas se battre uniquement au combat moldu contre des mangemorts. Je pensais que les sorciers avaient tort de ne pas se focaliser assez sur les méthodes moldues mais à vous voir tous les deux, j'ai peut-être eu tort.

—Tout le monde n'a pas notre talent, sourirent-ils en cœur.

—Plus sérieusement, continua Fabian, tu nous as vu nous entraîner, tu pourrais peut-être nous montrer comment tu t'entraînes ?

Hermione acquiesça et transplana avant de revenir quelques secondes plus tard, son mannequin d'entraînement entre les bras et vêtue d'une tenue de sport moldue.

—Combat moldu, combat sorcier, combat gardiens. Qu'est-ce que c'est ?

—C'est ce qui me sert pendant mes entraînements. Je l'ai construit moi-même. Les mannequins qui ne bougeaient pas ne me servaient pas, il me fallait autre chose et j'ai eu cette idée. C'est mon miroir. Il a exactement ma force, ma rapidité, ma puissance, mes réflexes, mes qualités et mes défauts.

—Une machine de guerre.

—En quelque sorte. Ensuite, suivant ce que je veux faire, je choisis le mode de combat et je passe à l'attaque. Vous voulez me voir faire quoi ?

—Combat moldu, dirent-ils d'une même voix. Mais tu n'échapperas pas à tout nous montrer.

Hermione régla le mannequin comme l'avaient demandé les frères Prewett et se mit en position. Elle attaqua directement et le mannequin répondit immédiatement. Elle enchaîna les coups et les techniques mais il répondait toujours. Elle combattit ainsi pendant dix bonnes minutes, sous les yeux ébahis des deux autres sorciers. Lorsqu'elle sentit qu'elle commençait à sérieusement fatiguer et que l'entraînement ne servirait plus à rien, elle évita un dernier coup et désactiva son mannequin.

—Je dois dire que je suis impressionné Grace, tu es vraiment très douée, même si je ne connais pas grand chose. Mais tous les coups que tu as donné, qu'est-ce que ça ferait vraiment sur quelqu'un.

Hermione après avoir bu un coup d'eau, s'approcha du mannequin et murmura une formule. Des tâches plus ou moins rouge apparurent sur tout le corps et la jeune femme les expliqua en détails.

—Les marques autour des yeux ne sont pas très foncées, cela montre que je lui ai fait un œil au beurre noire, tu vois la marque presque noir au niveau de sa côte ? S'ils avaient été une véritable personne, je la lui aurais cassée. Après il y aurait des bleus sur tout le corps, mais rien de très grave. J'ai voulu combattre pas le tuer.

—Tu es plus intéressante que je le pensais. Tu devrais t'ouvrir plus souvent aux autres Helena Grace, dit Gideon.

—En parlant de cela, continua Fabian, nous avons beau être aurors depuis quelques années, si nous sommes désarmés, nous ne savons plus rien faire. Ça te dirait de nous apprendre quelques techniques ?

—Seulement si vous m'apprenez à me battre en duel comme vous, répondit-elle avec un sourire sincère.


Deux jours passèrent, sans qu'Hermione n'ait de nouvelles de Remus. Elle savait qu'il était très en colère et que cette fois était sûrement celle de trop, la goutte d'eau qui fait déborder le vase comme diraient les moldus, mais elle commençait à s'inquiéter sérieusement. Il devait commencer à prendre sa potion tue-loup le lendemain, sinon la pleine lune serait très douloureuse et elle n'avait pas envie que son ami souffre plus qu'il était nécessaire. Elle descendit prendre son petit-déjeuner et vit que malheureusement, les autres personnes présentes dans la maison était déjà levée. Elle s'assit à leur grand étonnement à la table et commença à manger. Se sentant observée elle leur jeta un regard noir et ils se détournèrent pour la plupart vivement. Lorsqu'elle finit, elle débarrassa et lava le tout d'un coup de baguette, bien plus pratique que faire la vaisselle et partit s'asseoir dans le fauteuil où elle se cala confortablement avant de prendre un livre de magie noire.

Les regards des autres la pesaient mais elle préférait ne rien dire. Elle continua sa lecture lorsqu'un grand bruit, elle se releva et prit instinctivement sa baguette entre ses mains. Elle s'aperçut que Remus était là dans un piteux état. Elle s'approcha de lui et retint une exclamation.

—Que s'est-il passé le quinze avril de la pire année que nous avons connu ? demanda Hermione d'une voix froide.

—Helena, il est blessé, baisse ta baguette, ordonna Lily d'une voix ferme.

—Mon fils est né.

Toutes les personnes présentes dans la pièce poussèrent un cri de stupeur. Comment se faisait-il qu'ils n'avaient jamais entendu parler de ce fils ? Leur professeur était père mais ne s'occupait pas de lui ?

—Qui en est le parrain ? continua Remus, s'assurant lui aussi de l'identité d'Hermione.

—Harry. Par Morgane, Rem', qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle l'emmena dans la chambre grâce à un sortilège avant de lui administrer plusieurs potions pour le soigner.

Les personnes restantes, à savoir James, Sirius, Remus, Lily et Dorcas se regardèrent, toujours sous le choc de ce qu'il venait d'entendre. Ils ne pensaient pas récolter de nouvelles informations pendant un bout de temps avant cela et voilà qu'ils leur révélaient cela de leur plein gré.

—Il a un fils ? Mais pourquoi il n'est pas avec lui ?

La voix tremblante de Lily lui répondit.

—Je crois qu'on connaît la réponse Sirius. Ils ont dit qu'ils étaient les seuls survivants de quelque chose. Les seuls. Son fils doit être mort. Comme sa femme, ses parents, ses amis.

—Qu'est-ce qu'il a pu se passer là-bas ?

—Je n'en ai aucune idée. L'Espagne ne partage pas beaucoup d'informations. Contrairement au monde moldu où l'information n'a presque pas de frontières, dans le monde sorcier, chacun s'occupe de lui. Je peux t'assurer qu'aucun autre pays n'a entendu parler de tu-sais-qui, ou alors très peu et ne le prenne pas comme une menace sérieuse. Mais les pays aux alentours ne seront pas épargnés. Il est trop fou pour se contenter du Royaume-Uni.

—Mais Grace a un problème quand même. Pourquoi elle l'a menacé comme ça ? Elle l'a reconnu, il était blessé.

—Et elle avait tout à fait raison de le faire.

Les jeunes adultes se tournèrent vers la personne qui avait parlé, des airs interrogateurs sur le visage.

—Pourquoi ?

—On est en temps de guerre Black ! Les mangemorts peuvent envoyer des espions et à moins que la personne soit inconsciente, il faut toujours poser une question que seule les deux personnes connaissent. C'est le minimum de la sécurité. Ils ont de très bons réflexes, vous devrez les suivre. Temps de guerre. Vigilance constante.

—Mais les mangemorts ne pourraient pas entrer dans la maison, elle est protégée, ils ne connaissent pas son emplacement.

—Il peut déjà y avoir des traîtres.

Hermione descendit les escaliers et rejoignit Maugrey et les autres dans leur discussion.

—Qu'est ce que vous faites là Maugrey ? Toutes les cellules d'Azkaban sont remplies ? plaisanta-t-elle.

—Il y aura une réunion ici à vingt heures demain soir. L'Ordre au complet. Quant à vous, fit-il en désignant tout le monde excepté Hermione, vous ne parlez à personne de l'état de Lucas et aucune question. C'est un ordre. Grace, si tu pouvais leur apprendre comment se comporter en temps de guerre, ce serait bien.

Avant que quelqu'un n'ait pu répliquer, Maugrey transplana et les laissa bouche bée dans le salon.

—C'est toi qui lui a demandé de ne rien dire ? demanda Dorcas.

—Non, vous l'avez vu avec moi sans vous ? Et il a raison, il n'y a rien à dire. Si vous posez des questions à Rem', vous entendrez parler de moi.

—Qu'est-ce qu'il pensait en disant appendre à se comporter en temps de guerre ?

—Où sont vos baguettes ?

—La mienne est à l'étage, commença James avec hésitation.

—Première règle, ne jamais se séparer de sa baguette. C'est ce qui a coûté la vie aux parents de mon meilleur ami. Allez les chercher.

Lorsqu'ils furent revenus, Hermione eut un petit sourire en voyant leur baguette dans la poche arrière de leurs pantalons.

—Vous savez que des sorciers ont déjà perdu une partie de leur fesse en gardant la baguette derrière leur pantalon ?

—On dirait vraiment Maugrey, là.

—On verra quand tu seras à Sainte-Mangouste avec une fesse en moins Black. Donc, je le répète, ne vous séparez jamais de votre baguette. Deuxième règle, ne partez jamais seul en mission. Je ne pense pas que Dumby ou Maugrey vous laisserez partir seul mais si sur un coup de tête vous décidez d'y aller, envoyez une note, un patronus, ce que vous voulez. Troisième règle, il peut toujours y avoir des traitres alors, posez des questions dont seules les deux personnes sont au courant. C'est très important. Quatrième règle, c'est logique, mais vérifiez toujours qu'il n'y a personne lorsque vous parlez de la guerre et de l'Ordre. Cinquième règle, respectez les quatre precendentes du mieux que vous pouvez.

—C'est tout ?

—C'est déjà beaucoup plus que ce que vous ne le faites.

Lily remercia Hermione pour ses conseils et la voyageuse du Temps se sentent de trop sortit s'entraîner avec son mannequin sous le bras.